samedi 2 juin 2012

Eucharistie

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Veillons à la porte des Tabernacles solitaires… et soyons hosties avec Jésus. Hosties! c’est-à-dire comme des apparences sous lesquelles vivra, pensera, agira Jésus-Christ! Alors le moi mauvais est détruit, et ce mot devient vrai: ‘Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi’ (Ga2,20). Prêtons à Jésus nos immolations comme l’hostie lui prête sa forme et ses apparences.»

«A la sainte Messe, le monde chrétien par la voix du prêtre appelle Jésus-Christ! L’adorable Trinité le donne; le monde et le prêtre le reçoivent, ils l’offrent et le donnent à la Sainte Trinité qui vient de leur en faire don.»

«Jésus-Christ a fait jaillir, à la fois de son Cœur, ces deux dons de l’Eucharistie et du sacerdoce; que serait le sacerdoce sans l’Eucharistie? L’Eucharistie est le sacrifice et le sacerdoce est la tribu des sacrificateurs. Que ferait le prêtre sans l’Eucharistie? Le ministère principal du prêtre n’est-il pas d’offrir le sacrifice? Ainsi l’Eucharistie est, si l’on peut ainsi parler, la divine matière du sacerdoce.»

«Nous nous tiendrons cachées dans ce divin calice, semblables à la goutte d’eau que le prêtre mêle au vin de l’autel, afin que nos humbles réparations et notre sacrifice se mêlent au sacrifice de notre Sauveur, et que de son oblation et de la nôtre il ne soit fait qu’une seule oblation.»

«Des yeux de l’âme, il me semblait voir le Père céleste se penchant du ciel vers une réunion des ces âmes pour chercher sur la terre son Fils bien-aimé. Le prêtre élevait vers le Père céleste son Fils-Hostie, Soleil étincelant de la lumière divine; toutes ces âmes prosternées reflétaient avec un éclat incomparable ce divin Soleil, comme de splendides miroirs. Le Père y voyait son Fils mille fois répété, et il s’élançait à la fois vers son Fils et vers ces miroirs fidèles, avec la divine profusion de son amour et de ses complaisances.»

«L’Hostie est devenue l’indispensable de ma vie; je voudrais ne plus la quitter… Notre-Seigneur solitaire au Tabernacle vous appelle à partager sa vie de solitude et de silencieuse adoration. Que ne sommes-nous groupées bien nombreuses autour du Trésor-Hostie! J’en ai tant soif!»

«Etant un soir devant le Saint-Sacrement, j’eus le cœur subitement brisé de l’isolement ordinaire de Notre-Seigneur. Il était nuit; ma sœur, ma bonne et moi étions seules dans l’église. Quel prince de la terre, me disais-je, consentirait à vivre en pareil désert? Impossible de vous exprimer ce que je sentis alors sur l’immense amour du Cœur de Jésus seul là!... sur l’oubli, la froideur, l’indifférence des âmes!»

«Tout pour Jésus… Occupez-vous de votre Jésus, seul dans tant de sanctuaires, et tenez-Lui compagnie par le cœur; soyez sa petite adoratrice dans tous les lieux où Il est délaissé.»

mardi 29 mai 2012

L’égoisme et la piété ne sauraient vivre ensemble

Comment organisez-vous vos journées? Le matin, avec votre oraison, la messe, vos divers autres exercices, vous devez vous trouver encore libre d’assez bonne heure; vous avez ensuite à caser vos exercices du soir. Dans le cours de la journée, vous avez quelques instants de recuefflement à prendre par ci par là. Le reste du temps, dépensez-vous pour le prochain, pour votre mère surtout; ne vous fixez pas dans votre chambre, ne donnez pas à votre piété le vernis sauvage; notre piété doit être douce, affectueuse, prévenante, attrayante. E...] L’égoisme et la piété ne sauraient vivre ensemble. Certainement, il serait plus commode de vivre en solitude, de s’enfermer dans sa coquille, et de laisser les autres se débrouiller; mais tant que vous êtes dans voire famille, votre vertu doit consister à n’en pas négliger les devoirs en uien, tout en donnant à Notre-Seigneur vos exercices de piété et le constant souvenir de votre coeur...(lbid,Le 187)

[René Laurentin, "Marie Deluil-Martiny. Précurseur et martyre béatifiée par Jean-Paul II. La sainte de Marseille.", Fayard, Paris 2003.]

lundi 21 mai 2012

L’Eglise

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«L’Eglise, dans les diverses parties de sa vie, reflète, comme un très fidèle miroir, la vie de Jésus, son Chef et son Epoux. Tous les mystères, tous les actes de la vie de Notre-Seigneur sont devenus l’objet d’hommages particuliers, et de sources spéciales de grâces, appliquées avec une abondance plus ou moins grande, suivant les temps, les périls ou les besoins de l’Eglise.»

«N’ayez pas grand peur pour les dangers de l’Eglise: ce n’est pas l’Eglise qui est en danger, elle a la parole de Jésus-Christ, et rien ne l’ébranlera. Ceux qui sont en danger ce sont les dissidents et les opposants de toute nature…»

«Dans les maux extrêmes et universels que souffre l’Eglise, dans cette oppression infernale de la foi des peuples, dans cette désolation des cœurs chrétiens, et cette rage contre les Ordres religieux, ne faut-il pas essayer de réunir quelques mains suppliantes qui ne cessent de s’élever vers le Ciel, quelques cœurs qui crient sans cesse miséricorde, et qui offrent perpétuellement le Sang de Notre-Seigneur et leurs pauvres sacrifices en réparation de tant de crimes, et pour obtenir la fin des maux inouïs de l’Eglise.»

«Ah! que j’aime cette promptitude de soumission à Rome! C’est la pierre ferme; hors de là, point de vérité.»

«‘Il a fallu que le Christ souffrît et qu’il entrât ainsi dans sa gloire’ (Lc24,26); il faut que l’Eglise et les âmes passent par le même chemin. L’Eglise ne vit pas seulement un jour: quand les martyrs tombaient, comme tombent l’hiver les flocons de neige, n’eût-on pas pu croire que tout était perdu? Non, leur sang préparait les triomphes de l’avenir! Nous ne vivons pas pour nous, il faut tout voir dans les desseins de Dieu.»

«Le but de Satan, l’idéal des sectes est de chasser Jésus-Christ du monde, d’abolir jusqu’au souvenir de sa doctrine et de lui arracher les âmes: il faut donc aimer Jésus-Christ, nous unir à Jésus-Christ, imiter Jésus-Christ, gagner des âmes à Jésus-Christ.»

jeudi 17 mai 2012

Video sur les soeurs de clôture

Video sur les "Filles du Coeur de Jésus" fondées par la zélée Bienheureuse Marie Deluil-Martiny.

dimanche 13 mai 2012

Servidoras

Une lectrice m’a écrit le message suivant que je publie volontiers:

Cher D.,
             Merci pour ta réponse. Je suis contente que tu ais pu visiter le séminaire et les Soeur. Tu as beaucoup de chance. Sur toutes les photos des Servidoras, les Soeurs ont l'air très heureuse, elles sont radieuses. C'est vraiment bien que par ton blog, certaines jeunes femmes les connaissent et aillent les rencontrer. Ton travail porte de très bons fruits. C'est une bonne chose qu'elles aient des vocations. Nous avons tellement besoin de religieux et de religieuses fervents, qui soient un exemple, qui attirent les âmes à Dieu. Nous avons aussi deux maisons de Servidoras en France (il y a trois Soeurs par maison). J'espère que ces communautés grandiront. [...]

En union de prière,
(Lettre signée)








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Les Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará en France:

Communauté "Santa María Magdalena"
Presbytère 209 avenue de la IVème Republique
Le Cannet-des-Maures, Diócesis de Frejus-Toulon
Tel. +33 (494) 607327
E-Mail: c.mariamagdalena@servidoras.org

Communauté "Santa Clotilde"
Paroisse "Saint Ferréol"
66, Rue de l'Eglise
69700 Loire sur Rhône, Lyon
Tel. +33 (478 ) 732038
E-Mail: c.clotilde@servidoras.org

mercredi 9 mai 2012

Lettre à une jeune fille en discernement vocationnel

Je publie le texte tiré d’une oeuvre intéressante de saint Alphonse Marie de Liguori adressé à une jeune fille en discernement vocationnel:

Sœur bénie, vous délibérez sur l’état de vie que vous devez embrasser. Je vous vois agitée parce que le monde vous veut pour lui en prenant un mari; Jésus Christ vous veut aussi pour Lui pour vous prendre comme épouse en vous faisant religieuse dans quelque monastère observant. Considérez que de cette décision que vous devez prendre dépend votre salut éternel ; c’est pourquoi je vous recommande de prier chaque jour le Seigneur et de commencer a le faire dès que vous aurez lu ce présent écrit pour qu’Il vous donne la lumière et la force de choisir l’état de vie le plus avantageux pour vous sauver, afin que vous n’ayez pas à vous repentir plus tard du choix fait pour toute votre vie et pour toute l’éternité, alors qu’il ne sera plus de remède à l’erreur. Examinez donc ce qui vous est le plus favorable et ce qui peut vous rendre heureuse: avoir comme époux un homme de la terre ou Jésus Christ, Fils de Dieu et Roi du ciel ; réfléchissez qui des deux vous semble un meilleur époux et choisissez celui-là. La sainte vierge Agnès avait treize ans et parce qu’elle était très belle elle était aimée par beaucoup de gens: parmi eux se trouvait aussi le fils du préfet de Rome qui désirait l’épouser. Mais elle, pensant au Christ qui la voulait pour Lui, a répondu à celui-ci : j’ai trouvé un époux qui est meilleur que vous et que tous les rois de la terre ; donc, je ne peux pas l’échanger avec un autre. Et pour ne pas l’échanger elle a préféré perdre sa vie à ce tendre âge et elle est morte contente comme martyre pour le Christ. C'est la même chose qu'a répondu la sainte vierge Domitilla au conte Aurélien qui était un grand seigneur ; elle aussi est morte martyre, brûlée vive pour ne pas quitter Jésus Christ. Puis, examinez les conséquences que subit celui qui choisit le monde et celui qui choisit Jésus Christ. Le monde vous offre des biens de la terre, de beaux vêtements, des honneurs et des plaisirs. Au contraire, Jésus Christ vous présente des flagellations, des épines, des répulsions et des croix, étant donné que ceux-ci ont été les biens qu’Il s’est choisis pour Lui pendant tous les jours qu’Il a vécus sur cette terre ; mais après Ils vous offre deux biens immenses que le monde ne peut pas vous donner, c’est-à-dire la paix du cœur dans cette vie et le paradis dans l’autre. Aussi, avant de décider l’état de vie à embrasser, est-il nécessaire de penser que votre âme est éternelle et qu’après cette vie qui passe vite vous devrez passer dans l’éternité où, une fois entrée, on vous donnera un lieu perpétuel de châtiment ou de bonheur selon celui que vous avez mérité par les œuvres de votre vie. Et qu’après la mort vous habiterez cette maison de vie ou de mort éternelle où vous resterez pour toute l’éternité, ou sauvée pour toujours et heureuse au milieu des joies du paradis ou perdue et désespérée pour toujours au milieu des tourments de l’enfer. Pensez donc que toutes les choses de ce monde vont vite s’achever. Heureux celui qui se sauve, misérable celui qui se damne ! Rappelez-vous toujours de cette grande maxime de Jésus Christ : A quoi servirait à l’homme de gagner le monde entier s’il perd son âme ? Cette maxime a déterminé tant de chrétiens à s’enfermer dans les cloîtres ou à s’enfuir dans les déserts et tant de femmes à quitter le monde pour se donner au Seigneur et faire une sainte mort. Au contraire, considérez le sort misérable de tant de femmes, de tant de princesses et de reines qui dans le monde ont été servies, louées, honorées et presque adorées : mais si ces pauvres dames se sont damnées, à quoi leur servent à l’enfer de si nombreuses richesses, délices et honneurs offerts, sinon pour leur causer de la peine et des remords de conscience qui les tourmenteront pour toujours, pendant que Dieu sera Dieu, sans avoir aucun abri de leur éternelle ruine ? Mais regardons un peu les biens que donne le monde dans cette vie à celui qui le suit et les biens que Dieu offre à l’âme qui pour son amour quitte le monde. Celui-ci promet de grandes choses à ceux qui le suivent ; mais qui ne se rend pas compte que le monde est un traître qui promet et ne tient pas sa parole ? Mais même s’il tiendrait ses promesses, quels sont les biens qu’il offre ? Des biens terrestres. Mais donne-t-il la paix, la vie heureuse qu’il promet? Non, parce que tous ses biens satisfont les sens et la chair, mais ne comblent pas le coeur et l’âme. Notre âme a été créée par Dieu pour L’aimer dans cette vie et jouir de Lui dans l’autre; tous les biens de la terre, tous ses délices et toutes ses grandeurs restent en dehors du coeur, mais n’y entrent pas, car seulement Dieu peut le combler. Salomon appelait tous les biens mondains vanité et mensonge qui ne remplissent pas le coeur, mais l’affligent: Vanitas vanitatum et affliction spiritus. Et, en effet, l’expérience nous montre que plus on a de ces biens, plus on est angoissé et affligé. Si le monde contentait avec ses biens les princesses, les reines qui ne manquent pas de promenades, de comédies, de festins, de banquets, de palais, de carrosses, de beaux vêtements, de précieux bijoux, de servants et de servantes qui les servent et fassent leur cortège, toutes ces dames seraient satisfaites. Mais non ; ceux qui les croient ainsi se trompent : demandez-leur si elles jouissent de la paix, si elles vivent parfaitement heureuses; qu’est-ce qu’elles vous répondront ? Quelle paix, quel bonheur ! Chacune d’elles vous dira qu’elles mènent une vie malheureuse et qu’elles ne connaissent point la paix. Les mauvais traitements qu’elles reçoivent de leurs maris, les troubles causés par leurs enfants, les jalousies, les peurs, les besoins domestiques les font vivre dans de perpétuelles angoisses et amertumes. Chaque femme mariée peut se considérer martyre de la patience : seulement si elle en a ; autrement, elle subira un martyre en ce monde et un plus dur dans l’autre. Quand elle n’aurait aucune autre peine, seuls les remords de conscience suffiront à la tenir toujours dans le tourment, car elle vit attachée aux biens terrestres, pense peu à son âme, fréquente peu les sacrements, se recommande peu à Dieu ; et, privée de telles aides pour bien vivre, elle ne peut pas vivre sans péchés et sans de continuels remords de conscience. Et voilà que toutes les promesses de divertissement faites par le monde deviennent les amertumes et les peurs de leur damnation. Pauvre que je suis ! Dira-t-elle, qu’est-ce qu'il en sera de moi à l’heure de la mort avec cette vie que je mène, loin de Dieu et avec tant de péchés, allant toujours de mal en pis ? Je voudrais me retirer pour faire un peu d’oraison, mais les devoirs de ma famille et de la maison ne me le permettent pas ; je voudrais entendre les sermons, me confesser, communier souvent, frequenter l’église, mais mon mari ne le veut pas; il me manque souvent l’accompagnement nécessaire et les affaires continuelles, le soin des enfants, les visites et tant d’intrigues ne me quittent plus et me tiennent enfermée chez moi. Juste les jours de fête je peux aller entendre une messe. Que j’ai été folle quand j’ai voulu me marier ! J’aurais pu me faire sainte dans un monastère ! Mais toutes ces lamentations à quoi serviront-elles, sinon à agrandir sa peine, voyant qu’il n’est plus le temps de changer le choix qu’elle avait fait de rester dans le monde ? Et si sa vie sera amère, plus amère sera encore sa mort. Alors elle verra autour du lit les domestiques, le mari, les fils qui la pleureront ; mais tout cela ne la soulagera pas, mais l’affligera encore plus; et, ainsi affligée, pauvre en mérites et pleine de tourments pour son salut éternel, elle devra aller se présenter à Jésus-Christ qui la jugera. Au contraire, une religieuse qui a laissé le monde pour Jésus Christ, combien elle sera contente en vivant parmi tant d’épouses de Dieu dans une cellule solitaire loin du bruit du monde et des continuels et proches dangers de perdre Dieu qui s’y trouvent pour celui qui y vit ! Et combien plus elle se trouvera consolée dans la mort pour avoir passé ses années en oraisons, en mortifications et en tant d’exercices de visites au Saint Sacrement, de confessions, de communions, d’actes d’humilité, d’espérance et d’amour envers Jésus Christ. Et bien que le demon ne cesse pas d’attirer son attention vers les défauts de sa jeunesse, l’Epoux Céleste, pour lequel elle a laissé le monde, saura bien la consoler ; et, ainsi, pleine de confiance, elle mourra en embrassant le crucifix qui la conduira au ciel pour vivre dans un éternel bonheur. Soeur bienheureuse, vu que vous devez choisir votre état de vie, choisissez celui que vous voudriez avoir choisi à l’heure de la mort. A cette heure là, chacune verra finie sa présence dans le monde et dira : Oh, si je m’étais faite sainte ! Oh, si j’avais abandonné le monde et m’étais donnée à Dieu ! Mais maintenant ce qui est fait est fait ; il ne me reste plus autre chose que de donner mon dernier souffle et aller entendre Jésus Christ qui me dira : Viens, bienheurese, te réjouir avec moi pour toujours ; ou : Va à l’enfer séparée de moi pour toujours. C’est à vous a présent de choisir : ou le monde ou Jésus Christ. Si vous choisissez le monde, sachez que tôt ou tard vous vous en repentirez. Donc, réfléchissez bien. Dans le monde il y a de nombreuses femmes qui se perdent ; dans les monastères, celles qui se perdent sont rares. Recommandez-vous au crucifix et à la Sainte Vierge Marie pour qu’Ils vous fassent choisir ce qui est mieux pour votre salut éternel. Si vous voulez vous faire religieuse, efforcez-vous encore à vous faire sainte : car si vous pensez vivre au monastère d’une manière relâchée et imparfaite, comme vivent certaines moniales, il ne vous sert pas d’y entrer, puisque vous aurez une vie malheureuse et malheureuse sera aussi votre mort. Puis, si vous avez de la répugnance à la pensée de vous enfermer dans un monastère, je ne puis pas vous conseiller l’état du mariage, étant donné que Saint Paul ne le conseille à personne sauf cas de nécessité absolue, ce qui j’espère n’est pas votre cas ; au moins restez chez vous et cherchez à vous sanctifier. Pendant neuf jours je vous demande de prier Notre Seigneur Jésus-Christ de vous donner la lumière et la force pour choisir l’état qui vous aidera le plus à vous sauver. Priez aussi Notre Dame de vous obtenir cette grâce par sa puissante intercession.

mardi 8 mai 2012

Lettre à une jeune fille en discernement vocationnel

Je publie le texte tiré d’une oeuvre intéressante de saint Alphonse Marie de Liguori adressé à une jeune fille en discernement vocationnel:

Sœur bénie, vous délibérez sur l’état de vie que vous devez embrasser. Je vous vois agitée parce que le monde vous veut pour lui en prenant un mari; Jésus Christ vous veut aussi pour Lui pour vous prendre comme épouse en vous faisant religieuse dans quelque monastère observant. Considérez que de cette décision que vous devez prendre dépend votre salut éternel ; c’est pourquoi je vous recommande de prier chaque jour le Seigneur et de commencer a le faire dès que vous aurez lu ce présent écrit pour qu’Il vous donne la lumière et la force de choisir l’état de vie le plus avantageux pour vous sauver, afin que vous n’ayez pas à vous repentir plus tard du choix fait pour toute votre vie et pour toute l’éternité, alors qu’il ne sera plus de remède à l’erreur. Examinez donc ce qui vous est le plus favorable et ce qui peut vous rendre heureuse: avoir comme époux un homme de la terre ou Jésus Christ, Fils de Dieu et Roi du ciel ; réfléchissez qui des deux vous semble un meilleur époux et choisissez celui-là. La sainte vierge Agnès avait treize ans et parce qu’elle était très belle elle était aimée par beaucoup de gens: parmi eux se trouvait aussi le fils du préfet de Rome qui désirait l’épouser. Mais elle, pensant au Christ qui la voulait pour Lui, a répondu à celui-ci : j’ai trouvé un époux qui est meilleur que vous et que tous les rois de la terre ; donc, je ne peux pas l’échanger avec un autre. Et pour ne pas l’échanger elle a préféré perdre sa vie à ce tendre âge et elle est morte contente comme martyre pour le Christ. C'est la même chose qu'a répondu la sainte vierge Domitilla au conte Aurélien qui était un grand seigneur ; elle aussi est morte martyre, brûlée vive pour ne pas quitter Jésus Christ. Puis, examinez les conséquences que subit celui qui choisit le monde et celui qui choisit Jésus Christ. Le monde vous offre des biens de la terre, de beaux vêtements, des honneurs et des plaisirs. Au contraire, Jésus Christ vous présente des flagellations, des épines, des répulsions et des croix, étant donné que ceux-ci ont été les biens qu’Il s’est choisis pour Lui pendant tous les jours qu’Il a vécus sur cette terre ; mais après Ils vous offre deux biens immenses que le monde ne peut pas vous donner, c’est-à-dire la paix du cœur dans cette vie et le paradis dans l’autre. Aussi, avant de décider l’état de vie à embrasser, est-il nécessaire de penser que votre âme est éternelle et qu’après cette vie qui passe vite vous devrez passer dans l’éternité où, une fois entrée, on vous donnera un lieu perpétuel de châtiment ou de bonheur selon celui que vous avez mérité par les œuvres de votre vie. Et qu’après la mort vous habiterez cette maison de vie ou de mort éternelle où vous resterez pour toute l’éternité, ou sauvée pour toujours et heureuse au milieu des joies du paradis ou perdue et désespérée pour toujours au milieu des tourments de l’enfer. Pensez donc que toutes les choses de ce monde vont vite s’achever. Heureux celui qui se sauve, misérable celui qui se damne ! Rappelez-vous toujours de cette grande maxime de Jésus Christ : A quoi servirait à l’homme de gagner le monde entier s’il perd son âme ? Cette maxime a déterminé tant de chrétiens à s’enfermer dans les cloîtres ou à s’enfuir dans les déserts et tant de femmes à quitter le monde pour se donner au Seigneur et faire une sainte mort. Au contraire, considérez le sort misérable de tant de femmes, de tant de princesses et de reines qui dans le monde ont été servies, louées, honorées et presque adorées : mais si ces pauvres dames se sont damnées, à quoi leur servent à l’enfer de si nombreuses richesses, délices et honneurs offerts, sinon pour leur causer de la peine et des remords de conscience qui les tourmenteront pour toujours, pendant que Dieu sera Dieu, sans avoir aucun abri de leur éternelle ruine ? Mais regardons un peu les biens que donne le monde dans cette vie à celui qui le suit et les biens que Dieu offre à l’âme qui pour son amour quitte le monde. Celui-ci promet de grandes choses à ceux qui le suivent ; mais qui ne se rend pas compte que le monde est un traître qui promet et ne tient pas sa parole ? Mais même s’il tiendrait ses promesses, quels sont les biens qu’il offre ? Des biens terrestres. Mais donne-t-il la paix, la vie heureuse qu’il promet? Non, parce que tous ses biens satisfont les sens et la chair, mais ne comblent pas le coeur et l’âme. Notre âme a été créée par Dieu pour L’aimer dans cette vie et jouir de Lui dans l’autre; tous les biens de la terre, tous ses délices et toutes ses grandeurs restent en dehors du coeur, mais n’y entrent pas, car seulement Dieu peut le combler. Salomon appelait tous les biens mondains vanité et mensonge qui ne remplissent pas le coeur, mais l’affligent: Vanitas vanitatum et affliction spiritus. Et, en effet, l’expérience nous montre que plus on a de ces biens, plus on est angoissé et affligé. Si le monde contentait avec ses biens les princesses, les reines qui ne manquent pas de promenades, de comédies, de festins, de banquets, de palais, de carrosses, de beaux vêtements, de précieux bijoux, de servants et de servantes qui les servent et fassent leur cortège, toutes ces dames seraient satisfaites. Mais non ; ceux qui les croient ainsi se trompent : demandez-leur si elles jouissent de la paix, si elles vivent parfaitement heureuses; qu’est-ce qu’elles vous répondront ? Quelle paix, quel bonheur ! Chacune d’elles vous dira qu’elles mènent une vie malheureuse et qu’elles ne connaissent point la paix. Les mauvais traitements qu’elles reçoivent de leurs maris, les troubles causés par leurs enfants, les jalousies, les peurs, les besoins domestiques les font vivre dans de perpétuelles angoisses et amertumes. Chaque femme mariée peut se considérer martyre de la patience : seulement si elle en a ; autrement, elle subira un martyre en ce monde et un plus dur dans l’autre. Quand elle n’aurait aucune autre peine, seuls les remords de conscience suffiront à la tenir toujours dans le tourment, car elle vit attachée aux biens terrestres, pense peu à son âme, fréquente peu les sacrements, se recommande peu à Dieu ; et, privée de telles aides pour bien vivre, elle ne peut pas vivre sans péchés et sans de continuels remords de conscience. Et voilà que toutes les promesses de divertissement faites par le monde deviennent les amertumes et les peurs de leur damnation. Pauvre que je suis ! Dira-t-elle, qu’est-ce qu'il en sera de moi à l’heure de la mort avec cette vie que je mène, loin de Dieu et avec tant de péchés, allant toujours de mal en pis ? Je voudrais me retirer pour faire un peu d’oraison, mais les devoirs de ma famille et de la maison ne me le permettent pas ; je voudrais entendre les sermons, me confesser, communier souvent, frequenter l’église, mais mon mari ne le veut pas; il me manque souvent l’accompagnement nécessaire et les affaires continuelles, le soin des enfants, les visites et tant d’intrigues ne me quittent plus et me tiennent enfermée chez moi. Juste les jours de fête je peux aller entendre une messe. Que j’ai été folle quand j’ai voulu me marier ! J’aurais pu me faire sainte dans un monastère ! Mais toutes ces lamentations à quoi serviront-elles, sinon à agrandir sa peine, voyant qu’il n’est plus le temps de changer le choix qu’elle avait fait de rester dans le monde ? Et si sa vie sera amère, plus amère sera encore sa mort. Alors elle verra autour du lit les domestiques, le mari, les fils qui la pleureront ; mais tout cela ne la soulagera pas, mais l’affligera encore plus; et, ainsi affligée, pauvre en mérites et pleine de tourments pour son salut éternel, elle devra aller se présenter à Jésus-Christ qui la jugera. Au contraire, une religieuse qui a laissé le monde pour Jésus Christ, combien elle sera contente en vivant parmi tant d’épouses de Dieu dans une cellule solitaire loin du bruit du monde et des continuels et proches dangers de perdre Dieu qui s’y trouvent pour celui qui y vit ! Et combien plus elle se trouvera consolée dans la mort pour avoir passé ses années en oraisons, en mortifications et en tant d’exercices de visites au Saint Sacrement, de confessions, de communions, d’actes d’humilité, d’espérance et d’amour envers Jésus Christ. Et bien que le demon ne cesse pas d’attirer son attention vers les défauts de sa jeunesse, l’Epoux Céleste, pour lequel elle a laissé le monde, saura bien la consoler ; et, ainsi, pleine de confiance, elle mourra en embrassant le crucifix qui la conduira au ciel pour vivre dans un éternel bonheur. Soeur bienheureuse, vu que vous devez choisir votre état de vie, choisissez celui que vous voudriez avoir choisi à l’heure de la mort. A cette heure là, chacune verra finie sa présence dans le monde et dira : Oh, si je m’étais faite sainte ! Oh, si j’avais abandonné le monde et m’étais donnée à Dieu ! Mais maintenant ce qui est fait est fait ; il ne me reste plus autre chose que de donner mon dernier souffle et aller entendre Jésus Christ qui me dira : Viens, bienheurese, te réjouir avec moi pour toujours ; ou : Va à l’enfer séparée de moi pour toujours. C’est à vous a présent de choisir : ou le monde ou Jésus Christ. Si vous choisissez le monde, sachez que tôt ou tard vous vous en repentirez. Donc, réfléchissez bien. Dans le monde il y a de nombreuses femmes qui se perdent ; dans les monastères, celles qui se perdent sont rares. Recommandez-vous au crucifix et à la Sainte Vierge Marie pour qu’Ils vous fassent choisir ce qui est mieux pour votre salut éternel. Si vous voulez vous faire religieuse, efforcez-vous encore à vous faire sainte : car si vous pensez vivre au monastère d’une manière relâchée et imparfaite, comme vivent certaines moniales, il ne vous sert pas d’y entrer, puisque vous aurez une vie malheureuse et malheureuse sera aussi votre mort. Puis, si vous avez de la répugnance à la pensée de vous enfermer dans un monastère, je ne puis pas vous conseiller l’état du mariage, étant donné que Saint Paul ne le conseille à personne sauf cas de nécessité absolue, ce qui j’espère n’est pas votre cas ; au moins restez chez vous et cherchez à vous sanctifier. Pendant neuf jours je vous demande de prier Notre Seigneur Jésus-Christ de vous donner la lumière et la force pour choisir l’état qui vous aidera le plus à vous sauver. Priez aussi Notre Dame de vous obtenir cette grâce par sa puissante intercession.

samedi 5 mai 2012

Allons à Jésus par Marie

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Marie, dans l’incomparable mesure de sa sainteté et de son amour, a d’abord reçu du ciel le lys de sa Virginité, puis son Jésus, puis les âmes, chacun de ces dons augmentant la splendeur des deux autres. Vierge sans tache, Mère de Jésus, elle est devenue son Epouse sur le Calvaire pour y enfanter nos âmes et devenir notre Mère. Les âmes que Jésus aime d’un amour spécial suivent toutes ce chemin.»

«Allons à Jésus par Marie. Que cette divine Mère forme nos cœurs selon le sien, et qu’elle nous obtienne de connaître Jésus, d’aimer Jésus, d’imiter Jésus, et de devenir d’autres Jésus. C’est ce que nous lui demanderons avec d’humbles instances, en la suppliant en même temps de faire triompher dans le monde les intérêts sacrés de son divin Fils.»

mardi 1 mai 2012

L'aridité durant la méditation

S’il vous arrive, Philothée, de n’avoir point de goût ni de consolation en la méditation, je vous conjure de ne vous point troubler, mais quelquefois ouvrez la porte aux paroles vocales : lamentez-vous de vous-même à Notre Seigneur, confessez votre indignité, priez-le qu’il vous soit en aide, baisez son image si vous l’avez [..]. Autres fois, prenez un livre en main, et le lisez avec attention jusques à ce que votre esprit soit réveillé et remis en vous ; piquez quelquefois votre coeur par quelque contenance et mouvement de dévotion extérieure, vous prosternant en terre, croisant les mains sur l’estomac, embrassant un crucifix: cela s’entend si vous êtes en quelque lieu retiré.

Que si après tout cela vous n’êtes point consolée, pour grande que soit votre sécheresse, ne vous troublez point, mais continuez à vous tenir en une contenance dévote devant votre Dieu. Combien de courtisans y a-t-il qui vont cent fois l’année eu la chambre du prince sans espérance de lui parler, mais seulement pour être vus de lui et rendre leur devoir. Ainsi devons-nous venir, ma chère Philothée, à la sainte oraison, purement et simplement pour rendre notre devoir et témoigner notre fidélité. Que s’il plaît à la divine Majesté de nous parler et s’entretenir avec nous par ses saintes inspirations et consolations intérieures, ce nous sera sans doute un grand honneur et un plaisir délicieux; mais s’il ne lui plaît pas de nous faire cette grâce, nous laissant là sans nous parler, non plus que s’il ne nous voyait pas et que nous ne fussions pas en sa présence, nous ne devons pourtant pas sortir, ains au contraire nous devons demeurer là, devant cette souveraine bonté, avec un maintien dévotieux et paisible; et lors infailliblement il agréera notre patience, et remarquera notre assiduité et persévérance, si qu’une autre fois, quand nous reviendrons devant lui, il nous favorisera et s’entretiendra avec nous par ses consolations, nous faisant voir l’aménité de la sainte oraison. Mais quand il ne le ferait pas, contentons-nous, Philothée, que ce nous est un honneur trop plus grand d’être auprès de lui et à sa vue.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

samedi 28 avril 2012

Je veux consoler Jésus

(Extrait d'une lettre d'une jeune fille attirée par la vie religieuse)

Je voudrais vous remercier pour votre merveilleux blog. Il m'a redonné courage. [...] Je voudrais consoler le Seigneur et réparer pour toutes les offenses qui lui sont faites. Voici ce que j'avais écrit dans le carnet qui me sert à "analyser" mes envies: "Mon souhait le plus cher est de pouvoir consoler Jésus, panser ses plaies, L'adorer, essuyer ses larmes ; passer ma vie auprès de Lui, tout Lui donner, ne rien garder pour moi, tout sacrifier à son amour; vivre de Lui, pour Lui, en Lui; L'aimer jusqu'à me fondre totalement en Lui; Le contempler; Le supplier d'épargner les pécheurs, de leur accorder sa miséricorde, de leur donner la foi. Je veux consoler Jésus de tous les outrages faits à son Sacré Coeur et au Coeur Immaculé de sa Mère. Si je le pouvais, j'aimerais Lui faire oublier toutes ses souffrances, essuyer les larmes d'eau et de sang qu'Il a versé pour nous.

mercredi 25 avril 2012

Unissez vos souffrances aux agonies que le Coeur de Jésus a souffertes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

26 janvier 1875.

Ma chère fille et Soeur en Notre-Seigneur, il me tardait bien de pouvoir revenir auprès de vous. Le doux Jésus vous a donc un peu remontée? Mais, sans doute comme vous voulez être sa petite victime, Il n’aura pas manqué de frapper bientôt à la porte de votre coeur avec sa croix : Courage ! Jésus ne mérite-t-Il pas d’être courageusement servi et généreusement aimé par quelques âmes quand tant d’autres l’outragent, le délaissent, le méprisent? Lorsqu’Il n’a presque plus dans le monde où reposer son coeur, ne faut-il pas qu’il puisse se réfugier dans l’âme de ses filles et y trouver l’amour, le dévouement et le sacrifice? Dieu compte tout, ma chère fille, et il est bien content de tout ce que vous faites pour son oeuvre, dans la mesure de vos forces. Remontez bien votre courage, et unissez toutes vos souffrances aux agonies que le Coeur de Jésus a souffertes. Tenez-vous sur l’autel afin qu’il vous offre avec lui.

Il faut s’aguerrir un peu. Quand on se porte bien, il ne faut s’épargner en rien; quand on est souffrant, il faut accepter les soins sans les chercher ; il faut les recevoir comme une aumône faite à Notre-Seigneur Jésus-Christ en notre personne, car nous sommes toutes les pauvres de Jésus : c’est-à-dire les recevoir humblement, généreusement, trouvant touj ours que c’est trop pour nous ; portant nos souffrances avec un coeur bien soumis et d’un extérieur doux et content, pour l’édification et la consolation du prochain. Autrement, que ferait-on de nous dans les fondations qui se préparent et où tout peut manquer à la fois ?... Ce courage sur soi-même ne s’apprend pas en un jour; mais, avec la grâce et la bonne volonté, les bien portantes et les malades ne peuvent manquer de l’acquérir. Et cette vertu a cela d’excellent qu’elle peut nous accompagner dans les plus rudes extrémités, et même à la mort. Avec elle on peut mourir l’arme au bras, comme un vaillant soldat de Dieu.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

jeudi 19 avril 2012

Expérience vocationnelle

Une jeune fille m'a écrit pour me raconter son expérience vocationnelle chez les Filles du Coeur de Jésus fondées par la zélée Bienheureuse Marie Deluil-Martiny.

Cher D.,
              Je ne trouverai jamais assez de mots pour te remercier de m'avoir conseillé le couvent des Filles du Coeur de Jésus. Ca a été une expérience extraordinaire qui a allumé un grand feu dans mon coeur. Ces soeurs semblent être des anges blancs sur terre. Elles m'ont accueillie avec beaucoup de disponibilité et d'amour. Cela se voit qu'elles aiment ardemment les Coeurs de Jésus et Marie. Leur prière ne cesse jamais, un hymne continu de louanges jusqu'au plus haut des cieux, sans signe de fatigue mais avec joie et amour. En ces jours, j'ai prié intensément et j'ai demandé au Seigneur quelle voie Il veut que je suive pour L'aimer de plus en plus. Aujourd'hui pendant la Messe, avant de partir, durant le dernier chant d'adoration avec le Très Saint exposé, mon coeur s'est mis à battre la chamade et j'ai commencé à pleurer presque contre ma volonté et j'ai ressenti une émotion indescriptible, à quel point Jésus nous aime, son Coeur bat ainsi pour nous !!!

Encore merci pour toute ta précieuse aide !

Bons baisers dans les Coeurs de Jésus et Marie !!

(Lettre signée)


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Les jeunes qui veulent passer quelques jours de retraite spirituelle dans le monastère de clôture des Filles du Cœur de Jésus de Marseille pour discerner leur propre vocation, peuvent les contacter en écrivant à ces adresses:

Monastère des Filles du Cœur de Jésus
68 Traverse de la Serviane
Les Trois Lucs
13012 Marseille

Tél. 04 91 93 43 46

dimanche 15 avril 2012

L'amour n'est pas aimé!

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

« O mes sœurs, l'amour n'est pas connu, l'amour n'est pas aimé ! Quand j'ai vu la haine du monde pour le Dieu qui est amour... les mépris et les outrages du monde pour Celui à qui toute puissance appartient au Ciel et sur la terre... quand j'ai vu l'armée de Satan dévaster le champ des âmes pour lesquelles mon Maître a déversé son sang, « mon cœur s'est fondu comme la cire au-dedans de moi-même. », et comme « l'amour désire faire plus qu'il ne peut, et qu'il croit que tout lui est possible et permis, » j'ai osé demander au divin Amour de se former une petite légion de Vierges qui soient des Séraphins de la terre : d'âmes prêtes à la souffrance, ardentes au dévouement, que l'obéissance seule, guidée par la prudence qui appartient à l'autorité, puisse arrêter dans la voie du sacrifice, d'âmes livrées et abandonnées à son action divine, en qui ses desseins de miséricorde se réalisent pleinement ; d'âmes eucharistiques, réparatrices et apostoliques ; d'âmes hosties, unies à Lui, transformées en Lui, offertes et sacrifiées par Lui, avec Lui et pour Lui, consommées en Lui, qui ne vivent plus, mais dans lesquelles il vive, et dont la vie soit cachée avec Lui, en Dieu ; des hosties vivantes, dans lesquelles il achève en quelque sorte sa passion, et dont il dispose selon son bon plaisir... dans l'intérêt de sa gloire. »

« Les sectes n'enseignent que la poursuite de la jouissance des sens, le matérialisme, l'égoïsme le plus révoltant ; nous leur opposerons la poursuite de l'abnégation la plus entière, la vigueur de la perfection intérieure et une mortification continuelle ne toutes choses, autant que possible ; un généreux amour de la Croix ; l'esprit de sacrifice, l'esprit d'union à Jésus immolé, qui est l'esprit même du Christianisme ; l'exquise pureté et les chastesdélicatesses de la virginité ; l'oubli de nos intérêts propres ; et le sacrifice total de nous-mêmes pour la plus grande gloire de Dieu. »

mercredi 11 avril 2012

Faire aimer Jésus!

[Dans les écrits de Sainte Thérèse de Lisieux]

J.M.J.T.
15 Octobre 89.
Jésus +

Ma Céline chérie,
                              Si tu savais comme tu as touché le coeur de ta Th.!... Tes petits pots sont RAVISSANTS, tu ne sais pas le plaisir qu'ils m'ont fait!... Céline... Ta lettre m'a fait bien bien plaisir; j'ai senti combien nos âmes sont faites pour se comprendre , pour marcher par la même voie!... La vie... ah! c'est vrai que pour nous elle n'a plus de charme... mais je me trompe c'est vrai que les charmes du monde se sont évanouis pour nous, mais c'est une fumée... et la réalité nous reste, oui, la vie c'est un trésor... chaque instant c'est une éternité, une éternité de joie pour le ciel, une éternité de voir Dieu face à face, de n'être qu'un avec lui!... Il n'y a que Jésus qui est; tout le reste n'est pas... aimons-le donc à la folie, sauvons-lui des âmes, ah! Céline, je sens que Jésus demande de nous deux, de désaltérer sa soif en lui donnant des âmes, des âmes de prêtres surtout, je sens que Jésus veut que je te dise cela, car notre mission c'est de nous oublier, de nous anéantir... nous sommes si peu de chose... et pourtant Jésus veut que le salut des âmes dépende de nos sacrifices, de notre amour, il nous mendie des âmes... ah! comprenons son regard! si peu savent le comprendre, Jésus nous fait la grâce insigne de nous instruire lui-même, de nous montrer une lumière cachée!... Céline... la vie sera courte, l'éternité est sans fin... Faisons de notre vie un sacrifice continuel, un martyre d'amour, pour consoler Jésus, il ne veut qu'un regard, un soupir, mais un regard et un soupir qui soient pour lui seul!... Que tous les instants de notre vie soient pour lui seul, que les créatures ne nous touchent qu'en passant... Il n'y a qu'une seule chose à faire pendant la nuit, l'unique nuit de la vie qui ne viendra qu'une fois, e'est d'aimer, d'Aimer Jésus de toute la force de notre coeur et de lui sauver des âmes pour qu'il soit aimé... Oh! faire aimer Jésus! Céline! comme je parle bien avec toi... c'est comme si je parlais à mon âme... Céline, il me semble qu'à toi je peux tout dire... […]

Sr Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face
nov. carm. ind.

mardi 3 avril 2012

Méditer sur la Passion de Jésus-Christ

L’oraison mettant notre entendement en la clarté et lumière divine, et exposant notre volonté â la chaleur de l’amour céleste, il n’y a rien qui purge tant notre entendement de ses ignorances et notre volonté de ses affections dépravées : c’est l’eau de bénédiction qui, par son arrosement, fait reverdir et fleurir les plantes de nos bons désirs, lave nos âmes de leurs imperfections et désaltère nos coeurs de leurs passions.

Mais surtout je vous conseille la mentale et cordiale, et particulièrement celle qui se fait autour de la vie et passion de Notre Seigneur: en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui ; vous apprendrez ses contenances, et formerez vos actions au modèle des siennes. Il est la lumière du monde: c’est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés et illuminés; c’est l’arbre de désir à l’ombre duquel nous nous devons rafraîchir; c’est la vive fontaine de Jacob pour le lavement de toutes nos souillures. Enfin, les enfants à force d’ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage; et nous, demeurant près du Sauveur par la méditation, et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 28 mars 2012

Ne refuses pas ta vocation

Il y a longtemps que j’ai réçu une lettre d’une jeune fille qui, les larmes aux yeux, a senti le besoin de lancer un appell affligé:

Cher frère en Christ,
                                   je vous écris afin que mon témoignage puisse servir à toutes les jeunes filles qui se sentent appelées à la vie religieuse. Je suis une jeune fille de vingt ans et, à défaut de mon âge , j’ai vécu très intensément, et si je pouvais retourner en arrière, je revivrais chaque instant de ma vie. A douze ans, j’ai commencé, presque par hazard, à frequenter un ordre de clôture étroite qui m’a emmenée à aimer sans mesure le Christ et son Ėglise. Quand j’etais petite, j’ai toujours pensé qu’un jour je me donnerais au Christ…au sein de celle que j’appellais ma vraie maison, c’est –à- dire dans quelque couvent de mon ordre préféré et il est inutile de dire que mes parents ne m’ont jamais donné la permission d’entrer au couvent et que jai anxieusement attendu le jour de mon dix-huitième anniversaire. Lorsque on était en train de preparer la fête de mon anniversaire, moi, dans mon for intérieur, je préparais mon âme à se donner à l’Ėpoux Bien-Aimé. Quelques mois après, je partis en disant à mes parents que cette retraite spirituelle n’aurait pas été comme les autres et que tôt au tard je serais retournée…Je commençai mon chemin sous la direction des moniales saintes et fidéles à l’ordre et à la observance, des personnes qui donneraient leur propre vie afin de rester fidèles à leur profession. J’avais une joie qui dérivait de moi-même et que personne-pensai –je-pouvait jamais m’ ôter. Bien-sûr, il y aurait des difficultés, mais les problèmes existent même dans l’amour entre deux creatures. De bonne heure, mes parents sè rendirent compte que cette retraite n’aurait pas eu de retour. Très affligés, ils vinrent me voir et, désespérés, les larmes aux yeux, ils me supplièrent de retourner…Je retournai chez moi, dans l’espoir de tôt revenir. Et il se passa comme ça. Quelques semaines après, je retournai au même ordre, mais au sein d’une étroite clôture. Je parle des Clarisses de l’ Immaculée que vous- mêmes vous citez dans votre blog. Jamais de la vie, j’avais senti una joie si grande et je suis sûre que je ne la sentirai plus. Tout en vivant derrière ces grilles, je me sentais libre. Il est difficile à croire, mais il était bien cela. Pour moi, il s’agissait de l’antichambre du Paradis. Même à présent, je ferais n’importe quoi, pour y retourner. Je vous écris les larmes aux yeux et la mort au coeur, je vous en prie: encouragez chaque personne à ne pas abandonner la voie de la consécration au Christ, parce que- croyez- moi- on meurt vraiement. O présent, je suis engagée, je vis dans une famille aisée, j’ étudie et je ne manque de rien…poutant- je vous le dis- je manque de tout. Je donnerais ma propre vie pourvu que je puisse retourner en arrière de quelques ans, mais il est malheureusement impossible, et sûre de ça, je continue a survivre en espérant d’avoir encore un minimum de joie. Je vous en prie- au nom du Christ et de la Sainte Vierge- faites l’impossible, mais encouragez et aidez ceux qui ont la tentation d’abandonner, ditez- eux que la joie se trouve seulement sur la voie que le Christ a choisi pour nous.
Merci bien pour votre blog.

Chère soeur en Christ,
                                      tutoye-moi (je le préfère).

Je te remercie pour ton témoignage que je crois utile aux personnes hésitantes pour l’ état de vie à choisir.

Pourtant, dans ta lettre, j’ ai remarqué un peu de découragement. Ma chère, chaque chrétien doit espérer en Dieu, il ne doit donc rien craindre, et la joie spirituelle doit toujours habiter son âme. Es- tu sûre de ne plus pouvoir embrasser la vie religieuse parmi le Clarisses de l’ Immaculée ou bien dans quelques autres ordres religieux? Et si, par hazard, Dieu veut que tu sois une nouvelle Zélie Guérin (la mère de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus)? En tout état de cause, tu ne peux pas vivre de regret tout le rest de ta vie. Confie- toi à la Médiatrice de toutes le grâces et tu verras qu’ on trouvera une solution. Si tu m’ écriras encore par l’avenir, j’ espére de tout mon Coeur, de te sentir l’ âme heureuse et pleine de joie spirituelle.

Je tiens beaucoup au salut éternel de ton âme, car tu as été payée cher par le Christ cloué sur la Croix. Confie toujours dans Jésus et Marie!

Je t’ exhorte à accomplir la volonté de Dieu sur toi et je te salue fraternellement en Cordibus Jesu et Marie.

Cordialiter

mardi 20 mars 2012

La dévotion est la douceur des douceurs et la reine des vertus

Le monde voit que les dévots jeûnent» prient et souffrent les injures, servent les malades, donnent aux pauvres, veillent, contraignent leur colère, suffoquent et étouffent leurs passions, se privent des plaisirs sensuels et font telles et autres sortes d’actions, lesquelles en elles-mêmes et de leur propre substance et qualité sont âpres et rigoureuses; mais le monde ne voit pas la dévotion intérieure et cordiale, laquelle rend toutes ces actions agréables, douces et faciles. Regardez les abeilles sur le thym: elles y trouvent un suc fort amer, mais en le suçant elles le convertissent en miel, parce que telle est leur propriété. O mondains, les âmes dévotes trouvent beaucoup d’amertume en leurs exercices de mortification, il est vrai, mais en les faisant elles les convertissent en douceur et suavité. Les feux, les flammes, les roues et les épées semblaient des fleurs et des parfums aux martyrs, parce qu’ils étaient dévots; que si la dévotion peut donner de la douceur aux plus cruels tourments et à la mort même, qu’est-ce qu’elle fera pour les actions de la vertu ?

Le sucre adoucit les fruits mal mûrs et corrige la crudité et nuisance de ceux qui sont bien mûrs; or, la dévotion est le vrai sucre spirituel, qui ôte l’amertume aux mortifications et la nuisance aux consolations : elle ôte le chagrin aux pauvres et l’empressement aux riches, la désolation à l’oppressé et l’insolence au favorisé, la tristesse aux solitaires et la dissolution à celui qui est en compagnie; elle sert de feu en hiver et de rosée en été, elle sait abonder et souffrir pauvreté» elle rend également utile l’honneur et le mépris, elle reçoit le plaisir et la douleur avec un coeur presque toujours semblable, et nous remplit d’une suavité merveilleuse.

Contemplez l’échelle de Jacob (car c’est le vrai portrait de la vie dévote) : les deux côtés entre lesquels on monte, et auxquels les échelons se tiennent, représentent l’oraison qui impètre l’amour de Dieu et les sacrements qui le confèrent; les échelons ne sont autre chose que les divers degrés de charité par lesquels l’on va de vertu en vertu, ou descendant par l’action au secours et support du prochain, ou montant par la contemplation à l’union amoureuse de Dieu, Or voyez, je vous prie, ceux qui sont sur l’échelle : ce sont des hommes qui ont des coeurs angéliques, ou des anges qui ont des corps humains ; ils ne sont pas jeunes, mais ils le semblent être, parce qu’ils sont pleins de vigueur et agilité spirituelle ; ils ont des ailes pour voler, et s’élancent en Dieu par la sainte oraison, mais ils ont des pieds aussi pour cheminer avec les hommes par une sainte et amiable conversation; leurs visages sont beaux et gais, d’autant qu’ils reçoivent toutes choses avec douceur et suavité; leurs jambes, leurs bras et leurs têtes sont tout à découvert, d’autant que leurs pensées, leurs affections et leurs actions n’ont aucun dessein ni motif que de plaire à Dieu. Le reste de leurs corps est couvert, mais d’une belle et légère robe, parce qu’ils usent voirement de ce monde et des choses mondaines, mais d’une façon toute pure et sincère, n’en prenant que légèrement ce qui est requis pour leur condition : telles sont les personnes dévotes.

Croyez-moi, chère Philothée, la dévotion est la douceur des douceurs et la reine des vertus, car c’est la perfection de la charité. Si la charité est un lait, la dévotion en est la crème; si elle est une plante, la dévotion en est la fleur; si elle est une pierre précieuse, la dévotion en est l’éclat ; si elle est un baume précieux, la dévotion en est l’odeur, et l’odeur de suavité qui conforte les hommes et réjouit les anges.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

vendredi 16 mars 2012

De la retraite spirituelle

Ressouvenez-vous donc, Philothée, de faire toujours plusieurs retraites en la solitude de votre coeur, pendant que corporellement vous êtes parmi les conversations et affaires; et cette solitude mentale ne peut nullement être empêchée par la multitude de ceux qui vous sont autour, car ils ne sont pas autour de votre coeur, ains autour de votre corps, si que votre coeur demeure lui tout seul en la présence de Dieu seul. [...] Les père et mère de sainte Catherine de Sienne lui ayant ôté toute commodité du lieu et de loisir pour prier et méditer, Notre Seigneur l’inspira de faire un petit oratoire intérieur en son esprit, dedans lequel se retirant mentalement, elle pût parmi les affaires extérieures vaquer à cette sainte solitude cordiale. Et depuis, quand le monde l’attaquait, elle n’en recevait nulle incommodité, parce, disait-elle, qu’elle s’enfermait dans son cabinet intérieur, où elle se consolait avec son céleste Epoux. Aussi dès lors elle conseillait à ses enfants spirituels de se faire une chambre dans le coeur et d’y demeurer.

Retirez donc quelquefois votre esprit dedans votre coeur, où, séparée de tous les hommes, vous puissiez traiter coeur à coeur de votre âme avec son Dieu [...].

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

lundi 12 mars 2012

Choisissez Jésus Christ

1. Imaginez-vous d’être derechef en une rase campagne, avec votre bon ange toute seule, et à côté gauche vous voyez le diable assis sur un grand trône haut élevé, avec plusieurs des esprits infernaux auprès de lui, et tout autour de lui, une grande troupe de mondains qui tous à tête nue le reconnaissent et lui font hommage, les uns par un péché, les autres par un autre. Voyez la contenance de tous les infortunés courtisans de Cet abominable roi: regardez les uns furieux de haine, d’envie et de colère; les autres qui s’entre tuent ; les autres haves, pensifs et empressés à faire des richesses; les autres attentifs à la vanité, sans aucune sorte de plaisir qui ne soit inutile et vain; les autres vilains, perdus, pourris en leurs brutales affections. Voyez comme ils sont tous sans repos, sans ordre et sans contenance; voyez comme ils se méprisent les uns les autres et comme ils ne s’aiment que par des faux semblants. Enfin, vous verrez une calamiteuse république, tyrannisée de ce roi maudit, qui vous fera compassion.

2. Du côté droit, voyez Jésus-Christ crucifié, qui, avec un amour cordial, prie pour ces pauvres endiablés, afin qu’ils sortent de cette tyrannie, et qui les appelle à soi; voyez une grande troupe de dévots qui sont autour de lui avec leurs anges. Contemplez la beauté de ce royaume de dévotion. Qu’il fait beau voir cette troupe de vierges, hommes et femmes, plus blanches que le lys ; cette assemblée de Veuves, pleines d’une sacrée mortification et humilité Voyez le rang de plusieurs personnes mariées qui vivent si doucement ensemble avec respect mutuel, qui ne peut être sans une grande charité: voyez comme ces dévotes âmes marient le soin de leur maison extérieure avec le soin de l’intérieur, l’amour du mari avec celui de l’Epoux céleste. Regardez généralement partout, vous les verrez tous en une contenance sainte, douce, amiable, qu’ils écoutent Notre Seigneur, et tous le voudraient planter au milieu de leur coeur. Ils se réjouissent, mais d’une joie gracieuse, charitable et bien réglée; ils~ s’entr’aiment, mais d’un amour sacré et très pur. Ceux qui ont des afflictions en ce peuple dévot, ne se tourmentent pas beaucoup et n’en perdent point contenance. Bref, voyez les yeux du Sauveur qui les console, et que tous ensemblement aspirent à lui.

3. Vous avez meshui quitté Satan avec sa triste et malheureuse troupe, par les bonnes affections que vous avez conçues, et néanmoins vous n’êtes pas encore arrivée au Roi Jésus, ni jointe à son heureuse et sainte compagnie de dévots, ains vous avez été toujours entre l’un et l’autre.

4. La Vierge sainte avec saint Joseph, saint Louis, sainte Monique, et cent mille autres qui sont en l’escadron de ceux qui ont vécu emmi le monde, vous invitent et encouragent.

5. Le Roi crucifié vous appelle par votre nom propre : « Venez, o ma bien aimée, venez afin que je vous couronne. »

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

jeudi 8 mars 2012

Les femmes les plus heureuses du monde

Le monde pense que les sœurs de clôture sont des femmes qui mènent une vie triste et malheureuse. Lui ne comprend rien aux choses spirituelles, c’est pour cela qu’il a des discours erronés.

Il y a quelque temps, j’ai visité un monastère de clôture de la branche contemplative des Servantes (Servidoras). Ce fut une expérience touchante d ‘entrer dans le parloir et de voir les sœurs au-delà des grilles. Presque toutes étaient jeunes et leurs visages irradiaient une grande joie intérieure. Parler avec elles a été une chose très intéressante et le temps est passe très vite. Elles ont été très gentilles et cordiales, mais la charité fraternelle est pratiqué principalement avec la prière et la pénitence en faveur des âmes. Même s’il est «caché », cet apostolat est très important pour l’Eglise, le Corps Mystique du Christ.

Je suis convaincu que les sœurs qui appartiennent aux ordres religieux fervents et observants sont les femmes les plus heureuses du monde. Pourtant, le monde ne peut pas comprendre ces choses...

dimanche 4 mars 2012

Désirer les sacrifices

Un bon moyen de trouver le temps plus court d’ici à votre entrée dans la vie religieuse, c’est de ne pas vous contenter de former sans cesse d’ardents désirs d’atteindre ce but; mais de vous combattre énergiquement vous-même et de vous préparer par le renoncement et le sacrifice, à cette vie à laquelle vous aspirez. Désirer est facile, cela ne coûte rien, et on croit quelquefois être bien fervent parce qu’on désire beaucoup... Se renoncer, se vaincre, coûte, et rudement quelquefois; de sorte que l’âme un peu pares-seuse est plus contente de passer son temps à désirer ce qu’elle attend, qu’à se renoncer dans le moment présent. Cet écueil est un peu le vôtre, ma bien-aimée Fille, et c’est de ce côté qu’il faudrait porter vos soins et voire courage [...}. « Oh! que je serai heureuse, me dites-vous, lorsqu’enfermée dans le cloître, les sacrifices se succèderont sans les choisir! » Dites-moi, je vous prie, chère petite Enfant, si, actueliemnet, dans votre maison, vous ne pouvez pas trouver aisément ce bonheur des sacrifices qui se succèdent sans les choisir? Pourquoi ne vous en emparez-vous pas? Parce qu’il est plus facile de désirer les sacrifices que de les faire; parce que le démon s’inquiète un peu de vous voir bien ardente dans de simples désirs, pourvu qu’en vous poussant à regarder au loin, au lieu de regarder votre route actuelle, il vous aide à ne pas vous occuper de pratiquer avec énergie, actuellement, ce renoncement que vous rêvez pour plus tard. Étudiez votre journée, et vous verrez que d’occasions vous avez de vous vaincre!... (Le 185-186).

[René Laurentin, "Marie Deluil-Martiny. Précurseur et martyre béatifiée par Jean-Paul II. La sainte de Marseille.", Fayard, Paris 2003.]

mercredi 29 février 2012

L’oraison mentale

Mais vous ne savez peut-être pas, Philothée, comme il faut faire l’oraison mentale; car c’est une chose laquelle, par malheur, peu de gens savent en notre âge. C’est pourquoi je vous présente une simple et brève méthode pour cela, en attendant que, par la lecture de plusieurs beaux livres qui ont été composés sur ce sujet, et surtout par l’usage, vous en puissiez être plus amplement instruite. Je vous marque premièrement la préparation, laquelle consiste en deux points, dont le premier est de se mettre en la présence de Dieu, et le second, d’invoquer son assistance. Or, pour vous mettre en la présence de Dieu, je vous propose quatre principaux moyens, desquels vous vous pourrez servir à ce commencement.

Le premier gît en une vive et attentive appréhension de la toute présence de Dieu, c’est-à-dire que Dieu est en tout et partout, et qu’il n’y a lieu ni chose en ce monde où il ne soit d’une très véritable présence; de sorte que, comme les oiseaux, où qu’ils volent, rencontrent toujours l’air, ainsi, où que nous allions, où que nous soyons, nous trouvons Dieu présent. Chacun sait cette vérité, mais chacun n’est pas attentif à l’appréhender. Les aveugles ne voyant pas un prince qui leur est présent, ne laissent pas de se tenir en respect s’ils sont avertis de sa présence; mais la vérité est que d’autant qu’ils ne le voient pas, ils s’oublient aisément qu’il soit présent, et s’en étant oubliés, ils perdent encore plus aisément le respect et la révérence. Hélas, Philothée, nous ne voyons pas Dieu qui nous est présent; et, bien que la foi nous avertisse de sa présence, si est-ce que ne le voyant pas de nos yeux, nous nous en oublions bien souvent, et nous comportons comme si Dieu était bien loin de nous; car encore que nous sachions bien qu’il est présent à toutes choses, si est-ce que n’y pensant point, c’est tout autant comme si nous ne le savions pas. [...]

Le second moyen de se mettre en cette sacrée présence, c’est de penser que non seulement Dieu est au lieu où vous êtes, mais qu’il est très particulièrement en votre coeur et au fond de votre esprit, lequel il vivifie et animé de sa divine présence, étant là comme le coeur de votre coeur et l’esprit de votre esprit; car, comme l’âme étant répandue par tout le corps se trouve présente en toutes les parties d’icelui, et réside néanmoins au coeur d’une spéciale résidence, de même Dieu étant très présent à toutes choses, assiste toutefois d’une spéciale façon à notre esprit: et pour cela David appelait Dieu, «Dieu de son coeur », et saint Paul disait que « nous vivons, nous nous mouvons et sommes en Dieu ». En la considération donc de cette vérité, vous exciterez une grande révérence en votre coeur à l’endroit de Dieu, qui lui est si intimement présent.

Le troisième moyen, c’est de considérer notre Sauveur, lequel en son humanité regarde dès le ciel toutes les personnes du monde, mais particulièrement les chrétiens qui sont ses enfants, et plus spécialement ceux qui sont en prière, desquels il remarque les actions et déportements. Or, ceci n’est pas une simple imagination, mais une vraie vérité; car encore que nous ne le voyions pas, si est-ce que de là-haut il nous considère : saint Etienne le vit ainsi au temps de son martyre. Si que nous pouvons bien dire avec l’épouse : « Le voilà qu’il est derrière la paroi, voyant par les fenêtres, regardant par les treillis. »

La quatrième façon consiste à se servir de la simple imagination, nous représentant le Sauveur en son humanité sacrée comme s’il était près de nous, ainsi que nous avons accoutumé de nous représenter nos amis et de dire : je m’imagine de voir un tel qui fait ceci et cela, il me semble que je le vois, ou chose semblable. Mais si le très Saint Sacrement de l’autel était présent, alors cette présence serait réelle et non purement imaginaire ; car les espèces et apparences du pain seraient comme une tapisserie, derrière laquelle Notre Seigneur réellement présent nous voit et considère, quoi que nous ne le voyions pas en sa propre forme.

Vous userez donc de l’un de ces quatre moyens, pour mettre votre âme en la présence de Dieu avant l’oraison; et ne faut pas les vouloir employer tous ensemblement, mais seulement un à la fois, et cela brièvement et simplement.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

samedi 25 février 2012

Sacrifice et sacrement de la messe

1. Je ne vous ai encore point parlé du soleil des exercices spirituels, qui est le très saint, sacré et très souverain sacrifice et sacrement de la messe, centre de la religion chrétienne, coeur de la dévotion, âme de la piété, mystère ineffable qui comprend l’abîme de la charité divine, et par lequel Dieu s’appliquant réellement à nous, nous communique magnifiquement ses grâces et faveurs.

2. L’oraison faite en l’union de ce divin sacrifice a une force indicible, de sorte, Philothée, que par icelui, l’âme abonde en célestes faveurs, comme appuyée sur son bien-aimé, qui la rend si pleine d’odeurs et suavités spirituelles, qu’elle ressemble à une colonne de fumée de bois aromatique, de la myrrhe, de l’encens et de toutes les poudres du parfumeur, comme il est dit ès Cantiques.

3. Faites donc toutes sortes d’efforts pour assister tous les jours à la sainte messe, afin d’offrir avec le prêtre le sacrifice de votre Rédempteur à Dieu son Père, pour vous et pour toute l’Eglise. Toujours les anges en grand nombre s’y trouvent présents, comme dit saint Jean Chrysostôme, pour honorer ce saint mystère; et nous y trouvant avec eux et avec une même intention, nous ne pouvons que recevoir beaucoup d’influences propices par une telle société. Les choeurs de l’Eglise triomphante et ceux de l’Eglise militante se viennent attacher et joindre à Notre Seigneur en cette divine action, pour avec lui, en lui et par lui ravir le coeur de Dieu le Père et rendre sa miséricorde toute nôtre. Quel bonheur a une âme de contribuer dévotement ses affections pour un bien si précieux et désirable.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mardi 21 février 2012

Conseils sur la méditation

Il faut surtout, Philothée, qu’au sortir de votre méditation vous reteniez les résolutions et délibérations que vous aurez prises, pour les pratiquer soigneusement ce leur-là. C’est le grand fruit de la méditation, sans lequel elle est bien souvent, non seulement inutile, mais nuisible, parce que les vertus méditées et non pratiquées enflent quelquefois l’esprit et le courage, nous étant bien avis que nous sommes tels que nous avons résolu et délibéré d’être, ce qui est sans doute véritable si les résolutions sont vives et solides; mais elles ne sont pas telles, ains vaines et dangereuses, si elles ne sont pratiquées. Il faut donc par tous moyens s’essayer de les pratiquer, et en chercher les occasions petites ou grandes : par exemple, si j’ai résolu de gagner par douceur l’esprit de ceux qui m’offensent, je chercherai ce jour-là de les rencontrer pour les saluer amiablement ; et si je ne les puis rencontrer, au moins de dire bien d’eux, et prier Dieu en leur faveur. [...]

Il vous arrivera quelquefois qu’incontinent après la préparation, votre affection se trouvera toute émue en Dieu : alors, Philothée, il lui faut lâcher la bride, sans vouloir suivre la méthode que je vous ai donnée; car bien que pour l’ordinaire, la considération doive précéder les affections et résolutions, si est-ce que le Saint-Esprit vous donnant les affections avant la considération, vous ne devez pas rechercher la considération, puisqu’elle ne se fait que pour émouvoir l’affection. Bref, toujours quand les affections se présenteront à vous, il les faut recevoir et leur faire place, soit qu’elles arrivent avant ou après toutes les considérations. Et quoique j’aie mis les affections après toutes les considérations, je ne l’ai fait que pour mieux distinguer les parties de l’oraison; car au demeurant, c’est une règle générale qu’il ne faut jamais retenir les affections, ains les laisser toujours sortir quand elles se présentent. Ce que je dis non seulement pour les autres affections, mais aussi pour l’action de grâces, l’offrande et la prière qui se peuvent faire parmi les considérations; car il ne les faut non plus retenir que les autres affections, bien que, par après, pour la conclusion de la méditation, il faille les répéter et reprendre. Mais quant aux résolutions, il les faut faire après les affections et sur la fin de toute la méditation, avant la conclusion, d’autant qu’ayant à nous représenter des objets particuliers et familiers, elles nous mettraient en danger, si nous les faisions parmi les affections, d’entrer en des distractions.

Emmi les affections et résolutions, il est bon d’user de colloque, et parler tantôt à Notre Seigneur, tantôt aux anges et aux personnes représentées aux mystères, aux saints et à soi-même, à son coeur [...].

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

vendredi 17 février 2012

Confession

L’ennemi de l’humanité cherche à éloigner les âmes de Jésus, en mettant des craithes absurdes, comme par exemple une peur exagérée de se mal confesser. Voilà l’extrait d’une lettre d’une jeune fille:

Un problème parmi les plus importants pour moi, est que je ne sais pas si je fais tout correctément, si je me confesse bien, si je bien reçois la Communion, si je prie bien…et cette incertitude fait que j’évite la Communion, la prière, etc…Si j’étais sûre en avance que le Signeur est content de ma confession, je courerais. Cependant, je m’arrête a un Dieu- Amour, qui m’appelle, peut-être, à me consacrer à Lui, mais j’ai peur de m’approcher à Lui. Pries pour moi, afin que le Seigneur me donne le courage de faire ce qu’ Il attend de moi.
Chère soeur en Christ,
                                     il y a beaucoup de mois qu’on s’écrit des e-mail, je suis content que pendant ce temps, tu as persévéré dans ton chemin spirituel et dans le discernement vocational. Tu ne dois jamais te rendre, mais il faut toujours avancer dans le chemin de perfection chrétienne. Ne t’inquiètes pas trop des péchés commis, car le Signeur est miséricordieux et nous pardonne volentiers lorsque nous nous confessons avec un repentir sincère. Aucune fille n’est digne d’être l’épouse de Jésus, car Lui, Il est Dieu, par contre nous tous, enfants d’ Ève, nous sommes pécheurs. Quand le Seigneur accorde à quelqun le don de la vocation réligieuse, Il ne le fait pas sur la base des mérites, mais pour amour. Si tu deviendras réligieuse (je l’ espère vivement), ce ne sara pas pour tes mérites, mais simplement parce que Jésus l’a voulu, car Il est bon. Le diable ne veut pas que tu vives chrétiennement, et c’ est pourquoi il cherche à t’éloigner de Jésus, en te faisant tomber dans la tristesse et le découragement. Quand une personne est découragée et démoralisée, il est facile pour le diable l’éloigner de la prière et de la Communion. Tu ne dois pas tomber dans ce piège. Tu ne peux plus vivre sans Jésus, parce que quand ton amour pour Lui est froid, il y a beacoup de douleur dans ton coeur tu dois beaucoup aimer Jésus, mais il y a beaucoup de distractions et tentations dans le monde; c’est pourquoi, j’espère tant que tu puisses entrer dans un monastère. Là, il sera facile pour toi de vivre le christianisme avec ferveur, là tu ne pourras que penser à aimer Dieu de tout ton coeur, sans te distraire avec les choses inutiles de la terre. Tu dois chercher à vivre ta foi joieusement et éloigner toutes les craintes inutiles. Il faut prier chaque jour, sans craindre de “prier mal” ,l’important est ne pas se distraire volontairement au cours de la prière. De plus, il serait bon de dialoguer avec Jésus et Marie. Oui, tu peux parler fraternellement avec eux, en racontant tes problèmes, tes souffrances, tes désirs, mais surtout en leur disant que tu les aimes et que tu veux les aimer pour le reste de l’éternité, etc. Saint Alphonse a écrit un livret très joli qui explique la manière dont il faut dialoguer avec Dieu. Pour ce qui concerne la confession, tu ne dois pas craindre; l’important est être repenti des fautes commises, puis il suffit de ne confesser que les péchés mortels, mais, si tu veux, tu peux confesser même les péchés véniels. Pour commettre un péché mortel, il faut que tu raisonnes de telle façon: “Ce que je suis en train de faire est une faute grave qui offense beaucoup Dieu, j’en suis pleinement consciente et j’y consense pleinement”. Si tu ne sais pas qu’une chose est une faute grave, ou bien si tu n’avais pas la pleine conscience ou tu n’as pas totalement consenti avec ta volonté, tu peux être sûre de ne pas avoir commis des péchés mortels. De toute façon, si ton confesseur est un bon prête, tu peux lui raconter tes doutes de conscience et il aidera à comprendre s’il s’agissait de péchés mortels, péchés véniels ou même de simples scrupules. Le diable ne veut pas que tu fasses la Communion, parce que de telle façon tu te lies totalement à Jésus. Il devient tout à toi, et tu deviens toute à Lui. Quand Jesus est en toi, tu dois Lui dire des mots d’amour, tu dois Lui dire que tu L’aimes et que tu veux L’ aimer encore plus parce qu’Il le mérite; tu dois Lui dire que tu es disposée a Lui donner ta vie, que tu ne veux aimer que Lui, que tu veux que toutes les âmes L’aiment, qu’Il règne sur tous les coeurs des hommes, que toutes les âmes se sauvent et aillent au Ciel pour l’aimer à jamais; tu dois Lui dire que tu préfères mourir plutôt que commettre même un seul péché de pleine conscience. Après ta confession, tu peux continuer à recevoir la Communion jusqu’à quand tu n’es pas sûre d’avoir commis un péché mortel. Les théologiens einsegnent que si tu doutes d’être en état de grâce ou bien de péché mortel, tu peux recevoir la Communion, mais il est bon de réciter avant tout et de tout ton coeur, un “acte de contrition”, c’est- à- dire une prière dont tu demandes pardon à Dieu de toutes les fautes, non tant pour avoir merité ses punitions, mais surtout parce que tu as offensè Lui, Il qu’est infinimment bon et digne d’ être aimé au de là de tout chose. En te communiant, tu éloigneras les scrupules, mais surtout tu éloigneras la tentation du diable qui veut que tu ne t’approches pas à la Communion, c’est- à- dire à Jésus. La Communion te donnera la force de résister aux tentations, et te donnera une ferveur plus grande dans la prière et t’ allumera de charité vers Dieu et vers ton prochain. J’ espère avoir été utile, dans quelque mesure, mais je reste à ta disposition pour d’autres explications.

En Jésus et Marie,
Cordialiter

lundi 13 février 2012

Les âmes victimes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

Berchem, octobre 1874.

Au fond, nous le savons toujours, pour vos âmes : elles sont dans la Plaie du Coeur de Jésus, elles sont sur l’Autel, là où sont toujours les âmes victimes ; elles sont dans l’oblation et dans l’immolation continuelle, avec l’Amour Crucifié. Elles reçoivent Jésus, elles l’offrent, elles se donnent à Lui et sont emportées avec Lui dans son perpétuel sacrifice. Quel don que Jésus et quelle offrande !...

L’Adorable Trinité nous donne Jésus blessé, ensanglanté... En le recevant ainsi, couvert de plaies, ne devons-nous pas le consoler, le dédom-mager, lui rendre autant d’honneur qu’il a reçu de mépris, panser et adoucir ses blessures par la compassion, l’amour sans réserve ?...

Nous le recevons pour réparer, et nous l’offrons ensuite pour le glorifier. Que ce commerce et ce don mutuel entre la Sainte Trinité et nos pauvres âmes est quelque chose d’admirable et d’émouvant ! Mes Soeurs, usons là notre vie; recevoir Jésus, s’unir à Lui, l’offrir et s’offrir avec Lui pour glorifier le Père Céleste, c’est assez et c’est tout. Par cette perpétuelle communion, dans la Croix, et par cette perpétuelle offrande, notre coeur bat à sa pauvre façon du même battement que le Coeur de Dieu, si on peut ainsi s’exprimer, puisque le Père Céleste donne sans cesse Jésus-Christ au monde, et le reçoit sans cesse offert d’autel en autel.

La Très Sainte Vierge Marie est là comme partout, notre Institutrice et notre Mère; c’est par Elle que la Très Sainte Trinité nous donne Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est Marie qui est l’Autel sur lequel l’âme le reçoit; le coeur par lequel l’âme l’aime et l’embrasse, les mains par lesquelles l’âme l’offre de nouveau à Dieu, l’âme aussi par laquelle nous jetons vers le Ciel ce cri des âmes acerdotales et victimes « Que par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, et en Jésus-Christ, tout honneur et toute gloire vous soient rendus, ô Dieu (1) ! »

Tout par Lui, et nous cachées en Lui, ensevelies dans sa mort et offertes avec Lui dans l’Unité du Grand Sacrifice; est-ce que la grandeur de cette voie royale des Ames-Victimes ne suffit pas à remplir nos désirs, à apaiser la soif de nos âmes, et à entraîner à tous les sacrifices ?...

Priez pour nous, mes chères Soeurs, afin que nous marchions généreusement au grand but que notre Dieu nous a fait.

La grâce seule peut en donner la force; et les petites victimes ne peuvent rien que par leur union avec la Grande et Divine Victime.

- (1) Canon de la Messe.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

jeudi 9 février 2012

Comme il faut communier

Commencez le soir précédent à vous préparer à la sainte communion par plusieurs aspirations et élancements d’amour, vous retirant un peu de meilleure heure afin de vous pouvoir aussi lever plus matin. Que si la nuit vous vous réveillez, remplissez soudain votre coeur et votre bouche de quelques paroles odorantes, par le moyen desquelles votre âme soit parfumée pour recevoir l’Epoux, lequel, veillant pendant que vous dormez, se prépare à vous apporter mille grâces et faveurs, si de votre part vous êtes disposée à les recevoir. Le matin levez-vous avec grande joie, pour le bonheur que vous espérez, et vous étant confessée, allez avec grande confiance, mais aussi avec grande humilité, prendre cette viande céleste qui vous nourrit à l’immortalité. [...]

L’ayant reçu, excitez votre coeur à venir faire hommage à ce Roi de salut; traitez avec lui de vos affaires intérieures, considérez-le dedans vous, où il s’est mis pour votre bonheur; enfin, faites-lui tout l’accueil qu’il vous sera possible, et comportez-vous en sorte que l’on connaisse en toutes vos actions que Dieu est avec vous. Mais quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la sainte messe, communiez au moins de coeur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur.

Votre grande intention en la communion doit être de vous avancer, fortifier et consoler en l’amour de Dieu; car vous devez recevoir pour l’amour ce que le seul amour vous fait donner. Non, le Sauveur ne peut être considéré en une action ni plus amoureuse ni plus tendre que celle-ci, en laquelle il s’anéantit, par manière de dire, et se réduit en viande afin de pénétrer nos âmes et s’unir intimement au coeur et au corps de ses fidèles.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)