mardi 19 août 2014

Nous avons un Dieu pour ami

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

Berchem, 24 juillet 1874.

Mes chères petites Soeurs, mon coeur m’avait bien dit votre deuil, avant que m’arrive votre touchante lettre. Pauvre terre ! on n’y voit que larmes, séparations, douleurs ! Mon Dieu, qu’il est heureux que Jésus y soit avec nous ! Que deviendrions-nous sans Lui ?... Je me demande comment ceux qui n’ont pas la foi supportent la vie, en certaines heures de détresse, d’écrasement du coeur.

Mais nous, nous avons un Dieu pour ami, pour frère, pour époux; Il est là, toujours là... Tout passe, et Il reste; tout nous manque un jour, Il est encore près de nos coeurs, tous disparaissent et Lui ne nous quitte pas ; personne ne comprend la profondeur de certaines de nos blessures intimes, et Lui il compte tout, il sonde tous nos déchirements, Il les adoucit avec une délicatesse divine.

Chacun peut dire Il est à moi, et nul ne me le ravira. Et quand je resterais seule, Il n’en serait pas moins là, aussi doux, aussi tendre, aussi miséricordieux, aussi ami et frère de mon âme.

Voilà ce qui console dans toutes les épreuves; mon pauvre coeur connaît les arrachements, et vous pouvez le croire quand il vous dit que la terre entière est insuffisante pour panser ces plaies-là ; Jésus seul a du baume et il ne le refuse jamais.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

vendredi 15 août 2014

Prier le Rosaire

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

« En méditant avec plus de piété que jamais les mystères du saint Rosaire, et en en récitant les prières, nous accomplirons une des saintes œuvres de notre vocation. La dernière partie de la vie de Marie que nous honorons tout spécialement, et que nous nous efforçons d’imiter en ce qui nous est possible, a été tout occupée du double sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ (sur le Calvaire et dans l’Eucharistie), et de son propre dévouement à l’Eglise. Nous imiterons donc Marie, en méditant dans notre cœur les mystères sacrés de la vie, de la mort et du triomphe de Notre-Seigneur, dont chaque dizaine nous apportera les précieux souvenirs. En invoquant Marie de nos lèvres, pendant que notre âme se rendra présents tous ces divins mystères, nous lui demanderons d’intervenir en notre faveur et de parler à Dieu pour empêcher la ruine de son peuple. »

lundi 11 août 2014

La télévision au couvent ?

L'utilisation de la télévision au sein du couvent est un moyen ravageur pour parvenir au relâchement des Ordres religieux. Il faut l'utiliser rarement et seulement pour voir quelque film édifiant ou quelque documentaire instructif, son usage n'est acceptable que dans ces conditions. Mais en certains lieux, la télévision est utilisée fréquemment et de façon inconvenante, devenant le cancer des communautés religieuses. En regardant certaines émissions télévisées, on permet la dissipation de l'esprit de ferveur, de mortification, de dévotion et de pénitence. Les films racontent souvent des histoires d'intrigues, de chantages, de vengeances, de passions, de flirts, de trahisons et de tout ce qu'il y a de pire dans le monde. Sans parler de ces programmes qui montrent effrontément des femmes déshabillées. Ces choses ne sont pas édifiantes, et finissent inévitablement par conduire au relâchement de l'esprit religieux.

Malheureusement, si on fait remarquer aux religieux relâchés qu'il vaudrait mieux éteindre la télévision, ils nous accuse d'être trop intransigeant. Heureusement, dans les Ordres religieux de stricte observance, il ne se trouve pas de télévisions, ou s'il y en a, elles sont utilisées rarement et avec beaucoup de prudence. Dans ces lieux de prière, pour se tenir informé de ce qui arrive dans le monde, on lit les journaux et des magasines catholiques.

Nous devons prier Sainte Thérèse de Lisieux afin qu'elle intercède pour les pauvres religieux qui vivent de manière détendue leur vocation.

jeudi 7 août 2014

Encouragement

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny. Lettre d'encouragement dans la vie spirituelle.]

21 avril 1876.

Courage, ma fille, courage ! Jésus mérite bien que nous préférions ses intérêts divins aux bas intérêts de notre nature; n’attendons pas que la mort nous en donne trop tard la conviction. C’est à cette dernière heure où tout nous quit tera et où nous quitterons tout, que nous verrons clairement le néant des créatures e du monde, le néant des affections purement humaines, le néant de l’amour-propre, la fou de l’esprit du monde et l’inutilité, le danger même d’une foule de satisfactions naturelles auxquelles nous sommes assez misérables, vous, moi, hélas ! et tant d’autres, pour nous laisser prendre. C’est alors que nous gémirons d’avoir abaissé jusqu’à ce qui est terrestre nos âmes nobles et immortelles, faites pour Dieu, et que lui seul peut satisfaire et remplir.

Apprenons-le dès maintenant, ma fille, laissons les ombres, courons après la réalité. Montons, montons vers ce qui est céleste; car c’est descendre pour nous que de nous coller à ce qui est de la terre et du monde ; c’est descendre. ma fille. Et nous coller à l’amour-propre, à notre volonté aveugle, à notre jugement faussé par le péché, à notre moi corrompu, hideux, ennemi de Jésus-Christ, c’est plus que descendre, c’est nous avilir, nous dégrader, c’est condamner notre éme, elle, qui est le prix du sang précieux de Jésus-Christ, à la nourritur des pourceaux. Et voilà pourtant, ma fille, ce que le monde, et même le monde à demichrétien, appelle monter, s’élever, se grandir, se mettre à sa vraie place ! Voilà ce que, par Ia plus étrange aberration de pensées et de sentiments, ce pauvre monde appelle gloire, honneur, bonheur, noblesse, grandeur. Voilà en quoi il se complaît jusqu’au jour terrible de l’Eternjté, où toutes ces illusions basses et insensées tomberont, où l’on s’éveillera de tous ces rêves, et où il faudra bien reconnaître qu’on s’est trompé qu’entre les affirmations d’un Dieu dans l’Evangile, et du monde dans ses fausses maximes, c’est Dieu qui avait raison !... Oh ! quelle honte alors pour l’âme qui verra qu’appelée à des destinées si hautes, elle s’est roulée dans la poussière ici-bas ! Et, si elle n’est pas allée jusqu’à se rouler dans la boue et qu’elle n’ait pas consommé sa ruine, quelle expiation au moins l’attend en purgatoire ! Et quel malheur pour elle, quel irréparable malheur, si elle a roulé dans la boue, la boue de l’orgueil ou des passions, si elle est tombée d’une existence vide et folle, dans une vie qui tue la vie de la grâce, et si elle est descendue ainsi dans la mort... Tout est fini, tout est perdu. Hélas ! ce n’est point là un rêve d’une imagination ardente, c’est, ma fille, ce qui arrive tous les jours. Tous les jours pour des milliers d’âmes, la mort ferme la porte des illusions, des folies, des frivolités, des adorations de soi-même, des jouissances terrestres et des rébellions contre Dieu ; et ouvre la porte du jugement, de la honte, du désespoir et de la mort éternelle. Tous les jours, la mort pour des milliers d’âmes, d’âmes demi-chrétiennes dans le monde, d’âmes, hélas ! hélas ! demireligieuses dans les cloîtres !... la mort ferme la porte des compromis, des exigences de l’amour-propre, des satisfactions naturelles, des révoltes contre l’autorité, — apparentes ou secrètes, — des complaisances et des flatteries envers soi-même, et envers les créatures, des lâchetés, des fautes volontaires, de l’estime orgueilleuse de son jugement et de ses pensées, des jouissances au détriment du devoir, que sais-je ?... Et la mort ouvre la porte du jugement, de la confusion immense, des regrets amers et des longues tortures expiatrices du purgatoire, loin de Dieu L.. — Oh ! pensez à ce moment terrible : quand une âme religieuse, lâche, souillée, misérable, se trouve pour la première fois, seule, en face de l’Epoux divin délaissé, oublié par elle ; quand elle lui présente sa couronne de fiancée, salie, flétrie, sa robe en lambeaux, ses mains vides, son coeur qui s’est si souvent préféré aux intérêts de Dieu, ses pieds couverts de la poussière du monde, et de la boue de son amour-propre que répondre, où se cacher, et par quelles flammes faudra-t-il qu’elle passe pour refaire son vêtement de gloire et atteindre une place au ciel ?... Que sera-ce si elle a trahi, outragé en face ici-bas, Celui qu’elle devait aimer et faire aimer par-dessus toutes choses ; si elle est noire des souillures de ses rébellions, si elle arrive comme un monstre en face de celui qui l’avait consacrée pour être éternellement sa bien-aimée ?... Je crois que son enfer sera tel qu’aucune expression humaine ne peut le rendre !...

Mais, tous les jours aussi, ma fille, pour bienr des âmes fidèles, la mort adoucie et souriante, ferme comme une bienfaitrice et une amie la porte des tribulations, des douleurs, des sacrifices, des luttes contre la nature et le monde, des mortifications, des humiliations, des travaux obscurs, de l’amour-souffrant, des privations, des angoisses, des persécutions et des mépris soufferts, des critiques endurées de la part des fous du monde, des injustices supportées, des souffrances imposées à la nature, de la pauvreté, des épreuves de tous genres, des combats de l’humilité et de l’obéissance, des efforts persévérants contre le démon et contre soi-même, et elle ouvre la porte de l’éternité bienheureuse, du repos éternel, du bonheur sans fin. O joie ineffable de cette première rencontre face à face avec le Sauveur de nos âmes, purifiées par son sang divin et fidèles à sa loi !... Mais, si c’est une âme consacrée, une âme épouse de Jésus, la voyez-vous, ma fille, se précipitant de la terre avec une joie plus incomparable encore !... Jésus, Marie, tout le ciel arrivent à sa rencontre; l’Epoux divin et l’épouse consacrée se réunissent pour jamais ; plus de pleurs, plus de souffrances, plus de craintes ; elle ne perdra plus son Bien-Aimé, elle le possède dans la gloire, dans l’amour triomphant, elle est vic- torieuse pour l’éternité, elle est dans son Coeur adorable, elle n’en sortira plus. Elle l’a aimé dans l’agonie, elle l’aime dans le bonheur sans mesure et sans terme ; elle jouit de sa gloire, elle règne avec lui pour toujours. Ses douleurs passées sont des diamants attachés à sa couronne; sa pauvreté est devenue une robe étin celante des richesses du ciel ; son humble obéis sance est devenue un trône et un sceptre ; ses humiliations lui sont un manteau royal ; son amour-souffrant lui est une auréole éblouissante; le monde insensé ou méchant, auj la plaignait ou la méprisait ici-bas, le monde est sous ses pieds ; elle est reine, épouse du Roi éternel. Son coeur nage dans une joie sans bornes, qui ne lui sera pas ravie : L’oeil de l’homme n’a point vu, son coeur n’a pas compris, son intelligence n’a pas sondé ce que le divin Epoux des âmes réserve dans le ciel de délices et de gloire à ses bien-aimées. Hâtons-nous, ma fille, courons, souffrons, traversons tout ; armées de la grâce, renversons tous les obstacles ; sacrifions-nous, méprisons-nous, travaillons, mourons et arrivons meurtries mais heureuses, à ce terme où Jésus nous attend. La route est semée d’épines patience, le ciel les vaut bien ; pas à pas, nous atteindrons le but. Suivons la grâce, et selon la mesure qui nous en est donnée, n’accordons rien à la nature, cédons tout à Dieu. A mesure que nous avancerons dans la carrière, la lumière augmentera, la grâce deviendra plus abondante, l’amour divin plus exigeant, nous donnerons davantage; et donnant ainsi d’heure en heure tout ce que Jésus demandera, nous arriverons à la mort, le coeur vide de nous-mêmes mais plein de Dieu, nous l’aurons glorifié par notre entier sacrifice sur la terre, il nous glorifiera et nous béatifiera pour l’éternité. N’attendons plus ; si nous sommes lâches au début, si nous ne suivons pas pleinemènt la grâce de jour en jour, malheur à nous Remettre sa fidélité à plus tard en face d’un Dieu si bon qui ne demande que petit à petit avec une infinie sagesse, mais qui demande le tout qui nous est possible avec la grâce de l’heure présente, de moment en moment, c’est être lâche, ingrate, téméraire; c’est compromettre sa persévérance et risquer la victoire dernière, le trône et la gloire du ciel !

Courage et confiance, Jésus est avec nous.
Allons ! et mourons avec lui !...


[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

dimanche 3 août 2014

De la retraite spirituelle

Ressouvenez-vous donc, Philothée, de faire toujours plusieurs retraites en la solitude de votre coeur, pendant que corporellement vous êtes parmi les conversations et affaires; et cette solitude mentale ne peut nullement être empêchée par la multitude de ceux qui vous sont autour, car ils ne sont pas autour de votre coeur, ains autour de votre corps, si que votre coeur demeure lui tout seul en la présence de Dieu seul. [...] Les père et mère de sainte Catherine de Sienne lui ayant ôté toute commodité du lieu et de loisir pour prier et méditer, Notre Seigneur l’inspira de faire un petit oratoire intérieur en son esprit, dedans lequel se retirant mentalement, elle pût parmi les affaires extérieures vaquer à cette sainte solitude cordiale. Et depuis, quand le monde l’attaquait, elle n’en recevait nulle incommodité, parce, disait-elle, qu’elle s’enfermait dans son cabinet intérieur, où elle se consolait avec son céleste Epoux. Aussi dès lors elle conseillait à ses enfants spirituels de se faire une chambre dans le coeur et d’y demeurer.

Retirez donc quelquefois votre esprit dedans votre coeur, où, séparée de tous les hommes, vous puissiez traiter coeur à coeur de votre âme avec son Dieu [...].

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 30 juillet 2014

L’Eglise

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«L’Eglise, dans les diverses parties de sa vie, reflète, comme un très fidèle miroir, la vie de Jésus, son Chef et son Epoux. Tous les mystères, tous les actes de la vie de Notre-Seigneur sont devenus l’objet d’hommages particuliers, et de sources spéciales de grâces, appliquées avec une abondance plus ou moins grande, suivant les temps, les périls ou les besoins de l’Eglise.»

«N’ayez pas grand peur pour les dangers de l’Eglise: ce n’est pas l’Eglise qui est en danger, elle a la parole de Jésus-Christ, et rien ne l’ébranlera. Ceux qui sont en danger ce sont les dissidents et les opposants de toute nature…»

«Dans les maux extrêmes et universels que souffre l’Eglise, dans cette oppression infernale de la foi des peuples, dans cette désolation des cœurs chrétiens, et cette rage contre les Ordres religieux, ne faut-il pas essayer de réunir quelques mains suppliantes qui ne cessent de s’élever vers le Ciel, quelques cœurs qui crient sans cesse miséricorde, et qui offrent perpétuellement le Sang de Notre-Seigneur et leurs pauvres sacrifices en réparation de tant de crimes, et pour obtenir la fin des maux inouïs de l’Eglise.»

«Ah! que j’aime cette promptitude de soumission à Rome! C’est la pierre ferme; hors de là, point de vérité.»

«‘Il a fallu que le Christ souffrît et qu’il entrât ainsi dans sa gloire’ (Lc24,26); il faut que l’Eglise et les âmes passent par le même chemin. L’Eglise ne vit pas seulement un jour: quand les martyrs tombaient, comme tombent l’hiver les flocons de neige, n’eût-on pas pu croire que tout était perdu? Non, leur sang préparait les triomphes de l’avenir! Nous ne vivons pas pour nous, il faut tout voir dans les desseins de Dieu.»

«Le but de Satan, l’idéal des sectes est de chasser Jésus-Christ du monde, d’abolir jusqu’au souvenir de sa doctrine et de lui arracher les âmes: il faut donc aimer Jésus-Christ, nous unir à Jésus-Christ, imiter Jésus-Christ, gagner des âmes à Jésus-Christ.»

samedi 26 juillet 2014

Confiance et courage

Confiance et courage; tenons notre cœur en haut, avec Jésus, notre âme dans le Tabernacle, et tout notre être dans la petitesse, l’humilité, l’abaissement. Petite et simple comme une enfant, voilà votre devise actuelle. Plus tard, on fera plus, avec la grâce. Quand Jésus vous le dira, ne craignez pas les petits actes de simplicité qui humilient l’esprit humain et l’amour-propre. Se renoncer et s’abaisser! (4 juillet 1873, Le 190)

[...] Faites-vous petite, petite, si petite, que Jésus seul vous aperçoive. Satan redoute les humbles. Et puis, méditez cette parole: Et ils ne virent plus que Jésus seul! (Mt 17, 8) Ah! ne voyez plus que Lui dans tout ce que vous devez aimer pour Lui. Votre coeur est si petit! Faut-il encore le partager pour l’offrir à ce divin Jaloux des cœurs ?... Vous avez tout quitté de vos affections de la terre; ne raccrochez rien pour vous des affections spirituelles et de devoir. Petite et seule: méditez cela. Petite par l’humilité [...]. Seule, par le détachement de tout ce qui n’est pas Jésus, par la vue de Jésus seul en votre pauvre Mère et en vos chères Soeurs, par le renoncement à vous-même (Ibid., Le 191).


[René Laurentin, "Marie Deluil-Martiny. Précurseur et martyre béatifiée par Jean-Paul II. La sainte de Marseille.", Fayard, Paris 2003.]

mardi 22 juillet 2014

Clarisses de l’Immaculée

Il y a quelques années, dans une revue italienne est parue une lettre ouverte d’une jeune sœur du monastère des Clarisses de l’Immaculée de Creazzo, dans la province Vicenza (Italie). Par l’intermédiaire de cette lettre, elle voulait répondre à la question que beaucoup de ses connaissances s’étaient posée : pourquoi avoir abandonné le monde pour s’enfermer dans un monastère de clôture ? Car, dans le monde, elle était une jeune étudiante brillante et passait son temps libre sans soucis, en se divertissant jusqu’à l’épuisement. Elle ne pensait pas du tout à entrer dans un ordre religieux. Même si elle avait tout ce qu’une jeune peut désirer, elle sentait un grand vide intérieur. Ce mode de vie ne peut certainement pas remplir le cœur de l’homme car, comme nous enseigne Saint Augustin, il a été créé pour aimer Dieu, et il est inquiet jusqu’à ce qu’il ne se repose pas en Lui. Ce sentiment de vide intérieur était si déprimant qu’il la faisait pleurer. Un jour, en discutant avec une personne de foi, elle a compris que la vie sans Jésus n’a aucun sens.

Ce fut la première fois qu’elle sentit «l’appel » de Dieu. Après un temps, elle a décidé de passer quelques jours de retraite au monastère de Creazzo. Elle est restée fascinée de l’amour, de la douceur et de l’amabilité avec laquelle elle a été reçue par les Clarisses de l’Immaculée (jeune ordre religieux de stricte observance). Dans le silence du monastère elle a réussi finalement à retrouver la paix qu’elle voulait tant. Environ un an après, elle a quitté définitivement le monde pour entrer en clôture et pour s’unir plus étroitement à Dieu, selon la Règle de Sainte Claire.



vendredi 18 juillet 2014

Vocation prêtre

Une lectrice m’a écrit le message suivant que je publie volontiers :

Cher D,
               (...) je visite toujours avec plaisir ton blog qui est tellement intéressant !

Il fait du bien à l’âme de savoir qu’il y a tant de gens (et même des jeunes) qui parlent des choses spirituelles, tandis que la majorité des choses qui nous entourent sont superficielles...

Je te remercie pour tout, même pour tes réponses qui arrivent au cœur !

Etant donné que sur ton blog on parle des vocations, je crois que c’est nécessaire qu’on y trouve aussi les témoignages des prêtres saints et il me fait plaisir de me rappeler de Don Angelo, à la commémoration du premier anniversaire de sa mort, survenue le 21 novembre 2010. Il était toujours disponible avec tous, toujours prêt à consoler ceux qui étaient dans la souffrance, avec peu de mots mais avec beaucoup de bonne volonté. Un seul regard, une seule parole étaient suffisantes pour que les difficultés soient plus faciles à porter. Il était cohérent dans tout ce qu’il enseignait et indiquait : il était le premier à le mettre en pratique. Patience, discrétion et humilité étaient ses caractéristiques. Il a vécu pleinement le charisme de Don Bosco. Don Angelo ne s’est pas ménagé, il savait convaincre et enthousiasmer. Il était animé d’une profonde spiritualité, de l’amour pour Jésus Christ, pour Marie le Secours des chrétiens, pour Don Bosco et pour l’Eglise.

Merci pour tout.

(Lettre signée)


Chère sœur en Christ,
                                     Je suis content que tu continues à fréquenter le blog. Pour moi c'est une joie qu’il y ait encore des personnes qui sont intéressées par les sujets spirituels.

Don Bosco disait qu’un prêtre ne va jamais seul ni au paradis ni en enfer : il est toujours accompagné par le grand nombre d’âmes, sauvées par son saint ministère et avec son bon exemple, ou perdues par sa négligence dans l’accomplissement de ses devoirs et avec son mauvais exemple.

Donc, il faut prier le Seigneur d’envoyer de nombreux prêtres saints qui travaillent pour le bien des âmes.

Je profite de l’occasion pour te porter mes plus cordiales salutations in Corde Regis,

Cordialiter

lundi 14 juillet 2014

La perfection de la vie chrétienne

L'objet propre de la Théologie ascétique et mystique, c'est la perfection de la vie chrétienne.

Il a plu à la bonté divine de nous communiquer, outre la vie naturelle de l'âme, une vie surnaturelle, la vie de la grâce, qui est une participation à la vie même de Dieu, ainsi que nous l'avons montré dans notre Tr. de Gratia. Comme cette vie nous est donnée en vertu des mérites infinis de N. S. Jésus Christ, et qu'il en est la cause exemplaire la plus parfaite, on l'appelle avec raison vie chrétienne. Toute vie a besoin de se perfectionner, et elle se perfectionne en se rapprochant de sa fin. La perfection absolue c'est l'obtention de cette fin ; ce n'est qu'au ciel que nous l'atteindrons : là nous posséderons Dieu par la vision béatifique et l'amour pur, et notre vie aura son plein épanouissement ; alors en effet nous serons semblables à Dieu, parce que nous le verrons tel qu'il est, similes ei erimus quoniam videbimus eum sicuti est (Joan., III, 2). Sur terre nous ne pouvons acquérir qu’une perfection relative, en nous rapprochant sans cesse de cette union intime avec Dieu qui nous prépare à la vision béatifique. C’est de cette perfection relative que nous allons traiter : après avoir exposé les principes généraux sur la nature de la vie chrétienne, sa perfection, l’obligation de tendre à cette perfection et les moyens généraux par lesquels on y parvient, nous décrirons successivement les trois voies, purgative, illuminative et unitive par lesquelles passent les âmes généreuses, avides de progrès spirituel.

["Précis de Théologie Ascétique et Mystique", Adolphe Tanquerey, 1854-1932]

jeudi 10 juillet 2014

Purification de l'âme

« Les fleurs, dit l’Epoux sacré, apparaissent en notre terre, le temps d’émonder et tailler est venu. » Qui sont les fleurs de nos coeurs, o Philothée, sinon les bons désirs ? Or, aussitôt qu’il paraissent, il faut mettre la main à la serpe, pour retrancher de notre conscience toutes les oeuvres mortes et superflues. La fille étrangère, pour épouser l’Israélite, devait ôter la robe de sa captivité, rogner ses ongles et raser ses cheveux: et l’âme qui aspire à l’honneur d’être épouse du Fils de Dieu, se doit « dépouiller du vieil homme et se revêtir du nouveau », quittant le péché; puis, rogner et raser toutes sortes d’empêchements qui détournent de l’amour de Dieu. C’est le commencement de notre santé que d’être purgé de nos humeurs peccantes.

Saint Paul tout en un moment fut purgé d’une purgation parfaite, comme fut aussi sainte Catherine de Gênes, sainte Madeleine, sainte Pélagie et quelques autres; mais cette sorte de purgation est toute miraculeuse et extraordinaire en la grâce, comme la résurrection des morts en la nature, si que nous ne devons pas y prétendre. La purgation et guérison ordinaire, soit des corps soit des esprits, ne se fait que petit à petit, par progrès, d’avancement en avancement, avec peine et loisir. Les anges ont des ailes sur l’échelle de Jacob, mais ils ne volent pas, ains montent et descendent par ordre, d’échelon en échelon. L’âme qui monte du péché à la dévotion est comparée à l’aube, laquelle s’élevant ne chasse pas les ténèbres en un instant, mais petit à petit. La guérison, dit l’aphorisme, qui se fait tout bellement, est toujours plus assurée; les maladies du coeur aussi bien que celles du corps, viennent à cheval et en poste, mais elle s’en revont à pied et au petit pas.

Il faut donc être courageuse et patiente, o Philothée, en cette entreprise. Hélas ! quelle pitié est-ce de voir des âmes lesquelles, se voyant sujettes à plusieurs imperfections après s’être exercées quelquefois en la dévotion, commencent à s’inquiéter, se troubler et décourager, laissant presque emporter leur coeur à la tentation de tout quitter et retourner en arrière. Mais aussi, de l’autre côté, n’est-ce pas un extrême danger aux âmes lesquelles, par une tentation contraire, se font accroire d’être purgées de leurs imperfections le premier -jour de leur purgation, se tenant pour parfaites avant presque d’être faites, en se mettant au vol sans ailes? O Philothée, qu’elles sont en grand péril de rechoir, pour s’être trop tôt ôtées d’entre les mains du médecin! Ah! ne vous levez pas « avant que la lumière soit arrivée, dit le Prophète, levez-vous après que vous aurez été assis » ; et lui-même pratiquant cette leçon et ayant été déjà lavé et nettoyé, demande de l’être derechef.

L’exercice de la purgation de l’âme ne se peut ni doit finir qu’avec notre vie: ne nous troublons donc point de nos imperfections, car notre perfection consiste à les combattre, et nous ne saurions les combattre sans les voir, ni les vaincre sans les rencontrer. Notre victoire ne gît pas à ne les sentir point, mais à ne point leur consentir; mais ce n’est point leur consentir que d’en être incommodé. Il faut bien que pour l’exercice de notre humilité, nous soyons quelquefois blessés en cette bataille spirituelle; néanmoins nous ne sommes jamais vaincus sinon lorsque nous avons perdu ou la vie ou le courage. Or, les imperfections et péchés véniels ne nous sauraient ôter la vie spirituelle, car elle ne se perd que par le péché mortel ; il reste donc seulement qu’elles ne nous fassent point perdre le courage [...]. C’est une heureuse condition pour nous en cette guerre, que nous soyons toujours vainqueurs, pourvu que nous voulions combattre.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

dimanche 6 juillet 2014

Vivons désormais les yeux fixés sur l’éternité

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

23 avril 1876.

Que n’avez-vous été ici, pour ces moments si pénibles et cette visite de la mort ! Je vous ai regrettées toutes, non seulement pour l’adoucissement de ma peine, mais encore pour votre instruction et votre avancement spirituel ; le spectacle de notre fin est une si grande leçon Toute vie est courte, même celles qui semblent les plus longues ; et puis, il faut tout quitter, et s’en aller, seul à Dieu !... Et alors, quels regrets pour toutes nos lâchetés, nos impatiences, nos raisonnements, nos infidélités, notre amour-propre !... Réparons le passé, ma fille, et vivons désormais les yeux fixés sur l’éternité où nous attend un si bon Maître si nous sommes fidèles, un si grand juge, si nous sommes lâches et tièdes.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

mercredi 2 juillet 2014

Méditations spirituelles

1. Considérez les grâces corporelles que Dieu vous a données : quel corps, quelles commodités de l’entretenir, quelle santé, quelles consolations loisibles pour icelui, quels amis, quelles assistances. Mais cela considérez-le avec une comparaison de tant d’autres personnes qui valent mieux que vous, lesquelles sont destituées de ces bénéfices : les uns gâtés de corps, de santé, de membres; les autres abandonnés à la merci des opprobres et du mépris et déshonneur; les autres accablés de pauvreté; et Dieu n’a pas voulu que vous fussiez si misérable.

2. Considérer les dons de l’esprit: combien y a-t-il au monde de gens hébétés, enragés, insensés; et pourquoi n’êtes-vous pas du nombre ? Dieu vous a favorisée. Combien y en a-t-il qui ont été nourris rustiquement et en une extrême ignorance; et la Providence divine vous a fait élever civilement et honorablement.

3. Considérez les grâces spirituelles : o Philothée ! vous êtes des enfants de l’Eglise; Dieu vous a enseigné sa connaissance dès votre jeunesse. Combien de fois vous a-t-il donné ses sacrements ? combien de fois, des inspirations, des lumières intérieures, des répréhensions pour votre amendement? combien de fois vous a-t-il pardonné vos fautes ? combien de fois, délivrée des occasions de vous perdre où vous étiez exposée ? Et ces années passées, n’étaient-ce pas un loisir et commodité de vous avancer au bien de votre âme? Voyez un peu parle menu combien Dieu vous a été doux et gracieux.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

samedi 28 juin 2014

Vivre dans le monastère

(Extrait d'une lettre d'une jeune fille attirée par la vie religieuse)


Cher D.,
                merci pour ta réponse rapide et encourageante.

Je ne pourrai pas entrer au monastère avant Noël. J'ai encore plusieurs communautés à visiter et mon discernement est loin d'être fini. [...] J'aimerais vraiment entrer plus tôt, mais s'il s'agit de ma vocation, je ne pourrai pas l'abandonner. Par contre, si Dieu m'appelle ailleurs, je pense qu'un an d'attente sera le maximum.

[…] Tu n'as pas à t'inquiéter que je ne veuille plus entrer au monastère. Depuis que je suis rentrée de mon stage, j'ai l'impression d'étouffer. C'est comme si ma vie était devenue vide. Jamais je ne pourrai m'habituer à une vie dans le monde. Je n'arrive pas à être vraiment unie à Dieu. Peu importe le temps qui passe et les activités que je fais, il y a un manque en moi. Alors ne t'inquiète surtout pas.

Merci beaucoup pour l'information sur les Soeurs. Avant de les contacter, j'aimerais tout de même en parler à mon directeur spirituel. J'utiliserai volontiers le texte que tu as écrit. Je ne saurai pas mieux faire. Merci beaucoup.

En union de prière,
(Lettre signée)

mardi 24 juin 2014

Unissez vos souffrances aux agonies que le Coeur de Jésus a souffertes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

26 janvier 1875.

Ma chère fille et Soeur en Notre-Seigneur, il me tardait bien de pouvoir revenir auprès de vous. Le doux Jésus vous a donc un peu remontée? Mais, sans doute comme vous voulez être sa petite victime, Il n’aura pas manqué de frapper bientôt à la porte de votre coeur avec sa croix : Courage ! Jésus ne mérite-t-Il pas d’être courageusement servi et généreusement aimé par quelques âmes quand tant d’autres l’outragent, le délaissent, le méprisent? Lorsqu’Il n’a presque plus dans le monde où reposer son coeur, ne faut-il pas qu’il puisse se réfugier dans l’âme de ses filles et y trouver l’amour, le dévouement et le sacrifice? Dieu compte tout, ma chère fille, et il est bien content de tout ce que vous faites pour son oeuvre, dans la mesure de vos forces. Remontez bien votre courage, et unissez toutes vos souffrances aux agonies que le Coeur de Jésus a souffertes. Tenez-vous sur l’autel afin qu’il vous offre avec lui.

Il faut s’aguerrir un peu. Quand on se porte bien, il ne faut s’épargner en rien; quand on est souffrant, il faut accepter les soins sans les chercher ; il faut les recevoir comme une aumône faite à Notre-Seigneur Jésus-Christ en notre personne, car nous sommes toutes les pauvres de Jésus : c’est-à-dire les recevoir humblement, généreusement, trouvant touj ours que c’est trop pour nous ; portant nos souffrances avec un coeur bien soumis et d’un extérieur doux et content, pour l’édification et la consolation du prochain. Autrement, que ferait-on de nous dans les fondations qui se préparent et où tout peut manquer à la fois ?... Ce courage sur soi-même ne s’apprend pas en un jour; mais, avec la grâce et la bonne volonté, les bien portantes et les malades ne peuvent manquer de l’acquérir. Et cette vertu a cela d’excellent qu’elle peut nous accompagner dans les plus rudes extrémités, et même à la mort. Avec elle on peut mourir l’arme au bras, comme un vaillant soldat de Dieu.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

dimanche 22 juin 2014

Sortie du monastère

Une lectrice m'a écrit pour me parler des...

Cher D.,
             J'ai lu ta lettre ouverte (en italien) à la jeune fille qui est sortie du monastère à cause des pressions de sa famille. Je ne sais pas si cela est possible, mais peut-être que tu pourrai lui transmettre le témoignage d'une soeur que je connais ?

Cette soeur vient du Kenya. Elle a tout quitté pour suivre l'appel de Dieu, sa famille, son pays (elle fait partie d'une Congrégation française), ses études. Mais cela ne s'est pas fait sans heurte. Pendant un an, sa famille a refusé d'entendre parlé de sa vocation et l'a forcée à travailler. Elle réussissait cependant à trouver du temps pour aller à la maison des Soeurs et y passait tout son temps libre. Au bout d'un an, elle a enfin pu entrer au couvent avec l'autorisation de ses parents (qui était obligatoire). Mais là encore, elle a subi de grande pression. Une fois par mois, elle a droit à un appel téléphonique de sa famille. a chaque fois, sa maman pleurait tellement, qu'elle a fini par lui demander de ne plus l'appeler. C'était très dur pour elle car elle était dans un pays étranger, avec une autre culture, elle devait apprendre une nouvelle langue, elle n'avait presque pas de contact avec sa famille. Mais elle m'a dit que Dieu donne la grâce. Si nous suivons notre vocation, si nous faisons la volonté de Dieu, alors il suffit de s'abandonner totalement entre ses mains, peu importe ce qu'il en coûte, et le Seigneur nous soutiendra, Il nous aidera à tenir dans les épreuves. Et puis il faut se rappeler qu'il n'y a qu'en remplissant notre vocation qu'on peut être heureux. Sinon, on court le risque de passer sa vie entière à avoir des regrets et à se poser des questions sur comment aurait pu être notre vie si nous avions suivi l'appel de Dieu. J'ai été en contact avec beaucoup de religieux, tous m'ont dit qu'au début, tous les parents posent problème, à différents niveaux, de l'opposition totale à la peine affichée et difficile à supporter pour la personne entrant au couvent, mais ils finissent presque tous par accepter en voyant leur enfant si heureux.

En union de prière,
(Lettre signée) 

jeudi 19 juin 2014

Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre


Parmi les jeunes filles attirées par la vie religieuse, gagne de plus en plus d’intérêt l'Institut des Sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre, branche féminine de l’Institut de Christ Roi Souverain Prêtre. Les premières trois filles (françaises) se sont réunies en 2001, puis en 2004 il y a eu leur prise d’habit, à la présence du Cardinal Ennio Antonelli, qui était alors Archevêque de Florence. En 2008 elles ont obtenu la reconnaissance officielle par le Saint-Siège, devenant ainsi un institut religieux de Droit Pontifical. C’est une très bonne chose, parce-que habituellement doivent passer beaucoup plus d’années avant d’obtenir l’approbation de Rome. Actuellement (juin 2014) les Sœurs Professes sont 11, plus 14 Novices et 3 Postulantes: dans quelques années les vocations, toutes jeunes et ferventes, ont considérablement prospéré. Les Sœurs viennent de la France (la plupart d’entre elles est de langue maternelle française), des États-Unis d’Amérique, de l’Irlande, de l’Allemagne e même…de la Suède!

Leur maison mère est située à Sieci, un hameau de la ville de Pontassieve, dans la province de Florence. Elles habitent aussi une maison religieuse dans le Jura Suisse et une autre en Allemagne (où maintenant il y a le siège du noviciat), mais est probable que dans l’avenir elles puissent ouvrir de nombreux autres couvents, partout dans le monde, grâce aux nombreuses vocations dont elles bénéficient.

Actuellement la Supérieure Générale est Mère Caroline-Marie de la Trinité (dans la photo ci à coté). 


Cet institut religieux est lié à l’ancienne et vénérable forme liturgique du Rite Romain (la soi-disant “Messe en latin”, également appelée “Messe Tridentine”), qui plaît tellement aux jeunes gens pour le sens fort du sacré que ce rite émane. Il ya beaucoup de filles qui chaque année sont attirées par Dieu pour entrer chez les Sœurs Adoratrices, tandis que de nombreux autres instituts religieux n’ont plus de vocations depuis des décennies. Quel est le secret pour avoir tant de vocations? En plus de beaucoup de prière, il est nécessaire de mener un style de vie authentiquement évangélique, vivant simplement, humblement, avec ferveur et observant fidèlement sa Règle approuvée par l'Église. Il est vraiment réconfortant de voir que, malgré la sécularisation de la société contemporaine, beaucoup de filles quittent le monde pour embrasser la vie religieuse et de devenir les épouses de Jésus-Christ. L'un des buts de cet ordre est de prier avec ferveur le Seigneur pour la sanctification des prêtres: il y en a tellement besoin! Les Sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre mènent principalement la vie contemplative, mais ils ne sont pas religieuses cloîtrées. 

Pour contacter ces sœurs, s'il vous plaît écrivez (en français) à l'adresse suivante:

Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre
Maison du Cœur Royal
Via di Gricigliano, 45
I-50065 SIECI (FI)
e-mail: adoratrices@icrsp.org

Si vous résidez en Suisse, l'adresse la plus proche est la suivante:

Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre
Maison du Cœur Eucharistique
Les Côtes
CH-2340 LE NOIRMONT (Canton Jura)


Voici quelques photos édifiantes:

Mère Caroline-Marie de la Trinité avec son frère prêtre, M. le Chanoine Marc Téqui




Une postulante en robe de mariée s'apprête à prendre l'habit de novice accompagnée de son frère bras dessous



L'évêque coupe les cheveux d'une postulante en robe de mariage 
avant de prendre l'habit de novice



Novices en recevant la Communion à genoux



lundi 16 juin 2014

Conseils sur la méditation

Il faut surtout, Philothée, qu’au sortir de votre méditation vous reteniez les résolutions et délibérations que vous aurez prises, pour les pratiquer soigneusement ce leur-là. C’est le grand fruit de la méditation, sans lequel elle est bien souvent, non seulement inutile, mais nuisible, parce que les vertus méditées et non pratiquées enflent quelquefois l’esprit et le courage, nous étant bien avis que nous sommes tels que nous avons résolu et délibéré d’être, ce qui est sans doute véritable si les résolutions sont vives et solides; mais elles ne sont pas telles, ains vaines et dangereuses, si elles ne sont pratiquées. Il faut donc par tous moyens s’essayer de les pratiquer, et en chercher les occasions petites ou grandes : par exemple, si j’ai résolu de gagner par douceur l’esprit de ceux qui m’offensent, je chercherai ce jour-là de les rencontrer pour les saluer amiablement ; et si je ne les puis rencontrer, au moins de dire bien d’eux, et prier Dieu en leur faveur. [...]

Il vous arrivera quelquefois qu’incontinent après la préparation, votre affection se trouvera toute émue en Dieu : alors, Philothée, il lui faut lâcher la bride, sans vouloir suivre la méthode que je vous ai donnée; car bien que pour l’ordinaire, la considération doive précéder les affections et résolutions, si est-ce que le Saint-Esprit vous donnant les affections avant la considération, vous ne devez pas rechercher la considération, puisqu’elle ne se fait que pour émouvoir l’affection. Bref, toujours quand les affections se présenteront à vous, il les faut recevoir et leur faire place, soit qu’elles arrivent avant ou après toutes les considérations. Et quoique j’aie mis les affections après toutes les considérations, je ne l’ai fait que pour mieux distinguer les parties de l’oraison; car au demeurant, c’est une règle générale qu’il ne faut jamais retenir les affections, ains les laisser toujours sortir quand elles se présentent. Ce que je dis non seulement pour les autres affections, mais aussi pour l’action de grâces, l’offrande et la prière qui se peuvent faire parmi les considérations; car il ne les faut non plus retenir que les autres affections, bien que, par après, pour la conclusion de la méditation, il faille les répéter et reprendre. Mais quant aux résolutions, il les faut faire après les affections et sur la fin de toute la méditation, avant la conclusion, d’autant qu’ayant à nous représenter des objets particuliers et familiers, elles nous mettraient en danger, si nous les faisions parmi les affections, d’entrer en des distractions.

Emmi les affections et résolutions, il est bon d’user de colloque, et parler tantôt à Notre Seigneur, tantôt aux anges et aux personnes représentées aux mystères, aux saints et à soi-même, à son coeur [...].

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

jeudi 12 juin 2014

Un peu de sacrifice, une éternité de bonheur!

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

13 mai 1874.

Courage! Jésus est content de votre bonne volonté ! Pour nous, soyons contentes de Lui, parce qu’il est souverainement parfait et aimable! et soyons mécontentes de nous, parce que nous ne sommes que néant et misères. Nous faisons ce que nous pouvons et encore avec mifie imperfections et ce que nous pouvons n’est rien; heureusement, le Coeur miséricordieux de Jésus regarde non tant à nos actes qu’à nos intentions et au fond de notre volonté que sa grâce maintient unie à Lui. Plus l’union grandit, plus nos misères nous sont dévoilées; nous sommes ténèbres, et plus nous nous approchons de Jésus qui est la vraie Lumière, plus nous voyons clairement nos plaies et nos innombrables imperfections. Plus l’union à la sainteté deviendra étroite, plus le contraste avec notre immense misère, avec notre néant pécheur, nous apparaîtra grand ! Mais, si nous sommes bien humbles, Jésus couvrira tout du manteau de son sang, de ses mérites, de ses miséricordes, et un jour au Ciel, du manteau de sa gloire Confiance !... Un peu de sacrifice, une éternité de bonheur! Un peu d’union douloureuse à Jésus-Victime, une éternité d’union ineffable à Jésus glorieux et triomphant ! C’est pour nous qu’Il a souffert... Oserions-nous l’aimer et ne pas vouloir de ses souffrances ? Voudrions-nous le suivre à la joie sans l’avoir suivi à la douleur !... L’amour ne pourrait souffrir un pareil choix. Et puis, l’amour qui veut l’union ne peut supporter les obstacles ces obstacles sont le misérable moi, la nature, l’amour-propre, l’esprit propre, etc... Sacrifions tout, détruisons tout, écartons tout ce qui gêne l’union intime de nos âmes avec Jésus ! Il en coûte, mais il en coûte encore plus de sentir un mur entre le Bien-Aimé et nos pauvres âmes. Plus rien que Jésus ! Qu’Il vous fasse cette grâce, demandez-la pour moi. Amour à notre Mère du Ciel ! Portez-Lui mon coeur et dites-Lui combien je L’aime.

Menez mon âme partout avec la vôtre.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

dimanche 8 juin 2014

Cœur de Jésus

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Le Cœur de Jésus déborde et ne peut plus contenir les torrents d’amour qu’il veut verser sur le monde. Ah! qu’il laisse échapper ces flots bénis et que les cœurs soient vaincus par tant de tendresse.»

«Ayons confiance en son très doux, très puissant, très sage, très amoureux Cœur! La pauvre nature a des peurs involontaires, des calculs involontaires sur le possible ou le probable. Mais qu’est-ce que cela? Un vent léger qui ride l’eau à la surface… Là-dessous, avec la grâce, l’eau profonde est calme et sans mouvement et la volonté, pleine de confiance et d’amour, est ancrée dans l’Océan de l’abandon, à la toute-puissance, à la sagesse, à l’amour du Cœur de Jésus.»

«Tout est si grand en Notre-Seigneur Jésus-Christ qu’il semble vraiment que si l’on pouvait compter les battements de son Divin Cœur, chacun d’eux mériterait non seulement un hommage, mais un hommage spécial, car de chacun d’eux, comme d’une source, s’échappent les eaux vives de la grâce. Le Cœur de Jésus est un abîme sans fond dans lequel on trouve toujours de plus sublimes, de plus riches, de plus immenses trésors, à mesure qu’on y pénètre davantage.»

«Le Sang et l’Eau ne vont point sans la plaie; ni la plaie sans eux. ‘De son côté transpercé sortit aussitôt du sang et de l’eau’ (Jn19,34). Impossible d’entrer dans la Plaie, sans être comme arrosé du Sang dont elle est tout imprégnée. Jésus parle, touche, attendrit, par la plaie de son Cœur, lave et guérit par le Sang et l’Eau de sa Plaie, cache et garde ceux qu’il a sauvés, dans le plus profond de l’abîme d’amour de son Cœur ouvert par sa Plaie.»

«Ce qui blesse au Cœur, ce sont les outrages, l’ingratitude, l’oubli et même la langueur des cœurs consacrés à Lui d’une manière spéciale, de ses plus proches amis. Aussi la sainteté d’un Prêtre fait-elle ses plus douces délices. Ah! ma vie, je la lui donne, s’il la veut si misérable! Mais qu’il ait cette gloire et cette joie.»

«Aimer, chanter, acclamer, la foule sait le faire en face de ce Cœur qui a tant aimé les hommes. Prier, compatir, offrir, réparer, souffrir en face de ce Cœur qui a puisé toutes les agonies et toutes les douleurs, ah! c’est la part des amis privilégiés. Allons-y, allons-y, malgré notre petitesse.»

mercredi 4 juin 2014

Vocation religieuse

Une jeune fille m'a écrit pour me raconter son expérience vocationnelle chez les Filles du Coeur de Jésus fondées par la zélée Bienheureuse Marie Deluil-Martiny.

Cher D.,
              Je ne trouverai jamais assez de mots pour te remercier de m'avoir conseillé le couvent des Filles du Coeur de Jésus. Ca a été une expérience extraordinaire qui a allumé un grand feu dans mon coeur. Ces soeurs semblent être des anges blancs sur terre. Elles m'ont accueillie avec beaucoup de disponibilité et d'amour. Cela se voit qu'elles aiment ardemment les Coeurs de Jésus et Marie. Leur prière ne cesse jamais, un hymne continu de louanges jusqu'au plus haut des cieux, sans signe de fatigue mais avec joie et amour. En ces jours, j'ai prié intensément et j'ai demandé au Seigneur quelle voie Il veut que je suive pour L'aimer de plus en plus. Aujourd'hui pendant la Messe, avant de partir, durant le dernier chant d'adoration avec le Très Saint exposé, mon coeur s'est mis à battre la chamade et j'ai commencé à pleurer presque contre ma volonté et j'ai ressenti une émotion indescriptible, à quel point Jésus nous aime, son Coeur bat ainsi pour nous !!!

Encore merci pour toute ta précieuse aide !

Bons baisers dans les Coeurs de Jésus et Marie !!

(Lettre signée)


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Les jeunes qui veulent passer quelques jours de retraite spirituelle dans le monastère de clôture des Filles du Cœur de Jésus de Marseille pour discerner leur propre vocation, peuvent les contacter en écrivant à ces adresses:

Monastère des Filles du Cœur de Jésus
68 Traverse de la Serviane
Les Trois Lucs
13012 Marseille

Tél. 04 91 93 43 46

samedi 31 mai 2014

Jésus Christ vous veut pour Lui

Je publie le texte tiré d’une oeuvre intéressante de saint Alphonse Marie de Liguori adressé à une jeune fille en discernement vocationnel:

Sœur bénie, vous délibérez sur l’état de vie que vous devez embrasser. Je vous vois agitée parce que le monde vous veut pour lui en prenant un mari; Jésus Christ vous veut aussi pour Lui pour vous prendre comme épouse en vous faisant religieuse dans quelque monastère observant. Considérez que de cette décision que vous devez prendre dépend votre salut éternel ; c’est pourquoi je vous recommande de prier chaque jour le Seigneur et de commencer a le faire dès que vous aurez lu ce présent écrit pour qu’Il vous donne la lumière et la force de choisir l’état de vie le plus avantageux pour vous sauver, afin que vous n’ayez pas à vous repentir plus tard du choix fait pour toute votre vie et pour toute l’éternité, alors qu’il ne sera plus de remède à l’erreur. Examinez donc ce qui vous est le plus favorable et ce qui peut vous rendre heureuse: avoir comme époux un homme de la terre ou Jésus Christ, Fils de Dieu et Roi du ciel ; réfléchissez qui des deux vous semble un meilleur époux et choisissez celui-là. La sainte vierge Agnès avait treize ans et parce qu’elle était très belle elle était aimée par beaucoup de gens: parmi eux se trouvait aussi le fils du préfet de Rome qui désirait l’épouser. Mais elle, pensant au Christ qui la voulait pour Lui, a répondu à celui-ci : j’ai trouvé un époux qui est meilleur que vous et que tous les rois de la terre ; donc, je ne peux pas l’échanger avec un autre. Et pour ne pas l’échanger elle a préféré perdre sa vie à ce tendre âge et elle est morte contente comme martyre pour le Christ. C'est la même chose qu'a répondu la sainte vierge Domitilla au conte Aurélien qui était un grand seigneur ; elle aussi est morte martyre, brûlée vive pour ne pas quitter Jésus Christ. Puis, examinez les conséquences que subit celui qui choisit le monde et celui qui choisit Jésus Christ. Le monde vous offre des biens de la terre, de beaux vêtements, des honneurs et des plaisirs. Au contraire, Jésus Christ vous présente des flagellations, des épines, des répulsions et des croix, étant donné que ceux-ci ont été les biens qu’Il s’est choisis pour Lui pendant tous les jours qu’Il a vécus sur cette terre ; mais après Ils vous offre deux biens immenses que le monde ne peut pas vous donner, c’est-à-dire la paix du cœur dans cette vie et le paradis dans l’autre. Aussi, avant de décider l’état de vie à embrasser, est-il nécessaire de penser que votre âme est éternelle et qu’après cette vie qui passe vite vous devrez passer dans l’éternité où, une fois entrée, on vous donnera un lieu perpétuel de châtiment ou de bonheur selon celui que vous avez mérité par les œuvres de votre vie. Et qu’après la mort vous habiterez cette maison de vie ou de mort éternelle où vous resterez pour toute l’éternité, ou sauvée pour toujours et heureuse au milieu des joies du paradis ou perdue et désespérée pour toujours au milieu des tourments de l’enfer. Pensez donc que toutes les choses de ce monde vont vite s’achever. Heureux celui qui se sauve, misérable celui qui se damne ! Rappelez-vous toujours de cette grande maxime de Jésus Christ : A quoi servirait à l’homme de gagner le monde entier s’il perd son âme ? Cette maxime a déterminé tant de chrétiens à s’enfermer dans les cloîtres ou à s’enfuir dans les déserts et tant de femmes à quitter le monde pour se donner au Seigneur et faire une sainte mort. Au contraire, considérez le sort misérable de tant de femmes, de tant de princesses et de reines qui dans le monde ont été servies, louées, honorées et presque adorées : mais si ces pauvres dames se sont damnées, à quoi leur servent à l’enfer de si nombreuses richesses, délices et honneurs offerts, sinon pour leur causer de la peine et des remords de conscience qui les tourmenteront pour toujours, pendant que Dieu sera Dieu, sans avoir aucun abri de leur éternelle ruine ? Mais regardons un peu les biens que donne le monde dans cette vie à celui qui le suit et les biens que Dieu offre à l’âme qui pour son amour quitte le monde. Celui-ci promet de grandes choses à ceux qui le suivent ; mais qui ne se rend pas compte que le monde est un traître qui promet et ne tient pas sa parole ? Mais même s’il tiendrait ses promesses, quels sont les biens qu’il offre ? Des biens terrestres. Mais donne-t-il la paix, la vie heureuse qu’il promet? Non, parce que tous ses biens satisfont les sens et la chair, mais ne comblent pas le coeur et l’âme. Notre âme a été créée par Dieu pour L’aimer dans cette vie et jouir de Lui dans l’autre; tous les biens de la terre, tous ses délices et toutes ses grandeurs restent en dehors du coeur, mais n’y entrent pas, car seulement Dieu peut le combler. Salomon appelait tous les biens mondains vanité et mensonge qui ne remplissent pas le coeur, mais l’affligent: Vanitas vanitatum et affliction spiritus. Et, en effet, l’expérience nous montre que plus on a de ces biens, plus on est angoissé et affligé. Si le monde contentait avec ses biens les princesses, les reines qui ne manquent pas de promenades, de comédies, de festins, de banquets, de palais, de carrosses, de beaux vêtements, de précieux bijoux, de servants et de servantes qui les servent et fassent leur cortège, toutes ces dames seraient satisfaites. Mais non ; ceux qui les croient ainsi se trompent : demandez-leur si elles jouissent de la paix, si elles vivent parfaitement heureuses; qu’est-ce qu’elles vous répondront ? Quelle paix, quel bonheur ! Chacune d’elles vous dira qu’elles mènent une vie malheureuse et qu’elles ne connaissent point la paix. Les mauvais traitements qu’elles reçoivent de leurs maris, les troubles causés par leurs enfants, les jalousies, les peurs, les besoins domestiques les font vivre dans de perpétuelles angoisses et amertumes. Chaque femme mariée peut se considérer martyre de la patience : seulement si elle en a ; autrement, elle subira un martyre en ce monde et un plus dur dans l’autre. Quand elle n’aurait aucune autre peine, seuls les remords de conscience suffiront à la tenir toujours dans le tourment, car elle vit attachée aux biens terrestres, pense peu à son âme, fréquente peu les sacrements, se recommande peu à Dieu ; et, privée de telles aides pour bien vivre, elle ne peut pas vivre sans péchés et sans de continuels remords de conscience. Et voilà que toutes les promesses de divertissement faites par le monde deviennent les amertumes et les peurs de leur damnation. Pauvre que je suis ! Dira-t-elle, qu’est-ce qu'il en sera de moi à l’heure de la mort avec cette vie que je mène, loin de Dieu et avec tant de péchés, allant toujours de mal en pis ? Je voudrais me retirer pour faire un peu d’oraison, mais les devoirs de ma famille et de la maison ne me le permettent pas ; je voudrais entendre les sermons, me confesser, communier souvent, frequenter l’église, mais mon mari ne le veut pas; il me manque souvent l’accompagnement nécessaire et les affaires continuelles, le soin des enfants, les visites et tant d’intrigues ne me quittent plus et me tiennent enfermée chez moi. Juste les jours de fête je peux aller entendre une messe. Que j’ai été folle quand j’ai voulu me marier ! J’aurais pu me faire sainte dans un monastère ! Mais toutes ces lamentations à quoi serviront-elles, sinon à agrandir sa peine, voyant qu’il n’est plus le temps de changer le choix qu’elle avait fait de rester dans le monde ? Et si sa vie sera amère, plus amère sera encore sa mort. Alors elle verra autour du lit les domestiques, le mari, les fils qui la pleureront ; mais tout cela ne la soulagera pas, mais l’affligera encore plus; et, ainsi affligée, pauvre en mérites et pleine de tourments pour son salut éternel, elle devra aller se présenter à Jésus-Christ qui la jugera. Au contraire, une religieuse qui a laissé le monde pour Jésus Christ, combien elle sera contente en vivant parmi tant d’épouses de Dieu dans une cellule solitaire loin du bruit du monde et des continuels et proches dangers de perdre Dieu qui s’y trouvent pour celui qui y vit ! Et combien plus elle se trouvera consolée dans la mort pour avoir passé ses années en oraisons, en mortifications et en tant d’exercices de visites au Saint Sacrement, de confessions, de communions, d’actes d’humilité, d’espérance et d’amour envers Jésus Christ. Et bien que le demon ne cesse pas d’attirer son attention vers les défauts de sa jeunesse, l’Epoux Céleste, pour lequel elle a laissé le monde, saura bien la consoler ; et, ainsi, pleine de confiance, elle mourra en embrassant le crucifix qui la conduira au ciel pour vivre dans un éternel bonheur. Soeur bienheureuse, vu que vous devez choisir votre état de vie, choisissez celui que vous voudriez avoir choisi à l’heure de la mort. A cette heure là, chacune verra finie sa présence dans le monde et dira : Oh, si je m’étais faite sainte ! Oh, si j’avais abandonné le monde et m’étais donnée à Dieu ! Mais maintenant ce qui est fait est fait ; il ne me reste plus autre chose que de donner mon dernier souffle et aller entendre Jésus Christ qui me dira : Viens, bienheurese, te réjouir avec moi pour toujours ; ou : Va à l’enfer séparée de moi pour toujours. C’est à vous a présent de choisir : ou le monde ou Jésus Christ. Si vous choisissez le monde, sachez que tôt ou tard vous vous en repentirez. Donc, réfléchissez bien. Dans le monde il y a de nombreuses femmes qui se perdent ; dans les monastères, celles qui se perdent sont rares. Recommandez-vous au crucifix et à la Sainte Vierge Marie pour qu’Ils vous fassent choisir ce qui est mieux pour votre salut éternel. Si vous voulez vous faire religieuse, efforcez-vous encore à vous faire sainte : car si vous pensez vivre au monastère d’une manière relâchée et imparfaite, comme vivent certaines moniales, il ne vous sert pas d’y entrer, puisque vous aurez une vie malheureuse et malheureuse sera aussi votre mort. Puis, si vous avez de la répugnance à la pensée de vous enfermer dans un monastère, je ne puis pas vous conseiller l’état du mariage, étant donné que Saint Paul ne le conseille à personne sauf cas de nécessité absolue, ce qui j’espère n’est pas votre cas ; au moins restez chez vous et cherchez à vous sanctifier. Pendant neuf jours je vous demande de prier Notre Seigneur Jésus-Christ de vous donner la lumière et la force pour choisir l’état qui vous aidera le plus à vous sauver. Priez aussi Notre Dame de vous obtenir cette grâce par sa puissante intercession.

mardi 27 mai 2014

Aimer les âmes

[Dans les écrits de Sainte Thérèse de Lisieux]

18 (?) mars 1888


Ma chère petite Pauline,
                                       […] c'est bien vrai qu'il faut que la goutte de fiel soit mêlée à tous les calices. mais je trouve que les épreuves aident beaucoup à se détacher de la terre, elles font regarder plus haut que ce monde. Ici-bas rien ne peut nous satisfaire, on ne peut goûter un peu de repos qu'en étant prête à faire la volonté du Bon Dieu.

[…] O Pauline, quand Jésus m'aura déposée sur le rivage béni du Carmel je veux me donner tout entière à lui, je ne veux plus vivre que pour lui. Oh non je ne craindrai pas ses coups, car, même dans les souffrances les plus amères on sent toujours que c'est sa douce main qui frappe, je l'ai bien senti à Rome au moment même où j'aurais cru que la terre aurait pu manquer sous mes pas. Je ne désire qu'une chose quand je serai au Carmel, c'est de toujours souffrir pour Jésus La vie panse si vite que vraiment il vaut mieux avoir une très belle couronne et un peu de mal que d'en avoir une ordinaire sans mal Et puis. pour une souffrance supportée avec joie, quand je pense que pendant toute l'éternité on aimera mieux le Bon Dieu! Puis en souffrant on peut sauver les âmes Ah! Pauline si au moment de ma mort je pouvais avoir une âme à offrir A Jésus. que je semis heureuse! Il y aurait une Ame qui serait arrachée au feu de l'enfer et qui bénirait Dieu toute l'éternité. Ma petite soeur chérie, je vois que je ne t'ai pas encore parlé de ta lettre. qui m'a fait pourtant bien plaisir. O Pauline, je suis bien heureuse que le Bon Dieu m'ait donné une soeur comme toi, j'espère que tu prieras pour ta pauvre petite fille afin qu'elle corresponde aux grâces que Jésus veut bien lui faire; elle a grand besoin de ton aide car elle est BIEN PEU ce qu elle voudrait être.

[…] Céline t'embrasse bien. cette pauvre petite soeur a mal à un pied, je crois qu'elle ne va pas pouvoir aller aux Vêpres. Presque tout le monde est malade chez mon oncle; vraiment la vie n'est pas gaie, il est bien difficile de s'y attacher.

[…] Embrasse pour moi ma Mère CHÉRIE.

vendredi 23 mai 2014

Vocation

Il y a longtemps que j’ai réçu une lettre d’une jeune fille qui, les larmes aux yeux, a senti le besoin de lancer un appell affligé:

Cher frère en Christ,
                                   je vous écris afin que mon témoignage puisse servir à toutes les jeunes filles qui se sentent appelées à la vie religieuse. Je suis une jeune fille de vingt ans et, à défaut de mon âge , j’ai vécu très intensément, et si je pouvais retourner en arrière, je revivrais chaque instant de ma vie. A douze ans, j’ai commencé, presque par hazard, à frequenter un ordre de clôture étroite qui m’a emmenée à aimer sans mesure le Christ et son Ėglise. Quand j’etais petite, j’ai toujours pensé qu’un jour je me donnerais au Christ…au sein de celle que j’appellais ma vraie maison, c’est –à- dire dans quelque couvent de mon ordre préféré et il est inutile de dire que mes parents ne m’ont jamais donné la permission d’entrer au couvent et que jai anxieusement attendu le jour de mon dix-huitième anniversaire. Lorsque on était en train de preparer la fête de mon anniversaire, moi, dans mon for intérieur, je préparais mon âme à se donner à l’Ėpoux Bien-Aimé. Quelques mois après, je partis en disant à mes parents que cette retraite spirituelle n’aurait pas été comme les autres et que tôt au tard je serais retournée…Je commençai mon chemin sous la direction des moniales saintes et fidéles à l’ordre et à la observance, des personnes qui donneraient leur propre vie afin de rester fidèles à leur profession. J’avais une joie qui dérivait de moi-même et que personne-pensai –je-pouvait jamais m’ ôter. Bien-sûr, il y aurait des difficultés, mais les problèmes existent même dans l’amour entre deux creatures. De bonne heure, mes parents sè rendirent compte que cette retraite n’aurait pas eu de retour. Très affligés, ils vinrent me voir et, désespérés, les larmes aux yeux, ils me supplièrent de retourner…Je retournai chez moi, dans l’espoir de tôt revenir. Et il se passa comme ça. Quelques semaines après, je retournai au même ordre, mais au sein d’une étroite clôture. Je parle des Clarisses de l’ Immaculée que vous- mêmes vous citez dans votre blog. Jamais de la vie, j’avais senti una joie si grande et je suis sûre que je ne la sentirai plus. Tout en vivant derrière ces grilles, je me sentais libre. Il est difficile à croire, mais il était bien cela. Pour moi, il s’agissait de l’antichambre du Paradis. Même à présent, je ferais n’importe quoi, pour y retourner. Je vous écris les larmes aux yeux et la mort au coeur, je vous en prie: encouragez chaque personne à ne pas abandonner la voie de la consécration au Christ, parce que- croyez- moi- on meurt vraiement. O présent, je suis engagée, je vis dans une famille aisée, j’ étudie et je ne manque de rien…poutant- je vous le dis- je manque de tout. Je donnerais ma propre vie pourvu que je puisse retourner en arrière de quelques ans, mais il est malheureusement impossible, et sûre de ça, je continue a survivre en espérant d’avoir encore un minimum de joie. Je vous en prie- au nom du Christ et de la Sainte Vierge- faites l’impossible, mais encouragez et aidez ceux qui ont la tentation d’abandonner, ditez- eux que la joie se trouve seulement sur la voie que le Christ a choisi pour nous.
Merci bien pour votre blog.

Chère soeur en Christ,
                                      tutoye-moi (je le préfère).

Je te remercie pour ton témoignage que je crois utile aux personnes hésitantes pour l’ état de vie à choisir.

Pourtant, dans ta lettre, j’ ai remarqué un peu de découragement. Ma chère, chaque chrétien doit espérer en Dieu, il ne doit donc rien craindre, et la joie spirituelle doit toujours habiter son âme. Es- tu sûre de ne plus pouvoir embrasser la vie religieuse parmi le Clarisses de l’ Immaculée ou bien dans quelques autres ordres religieux? Et si, par hazard, Dieu veut que tu sois une nouvelle Zélie Guérin (la mère de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus)? En tout état de cause, tu ne peux pas vivre de regret tout le rest de ta vie. Confie- toi à la Médiatrice de toutes le grâces et tu verras qu’ on trouvera une solution. Si tu m’ écriras encore par l’avenir, j’ espére de tout mon Coeur, de te sentir l’ âme heureuse et pleine de joie spirituelle.

Je tiens beaucoup au salut éternel de ton âme, car tu as été payée cher par le Christ cloué sur la Croix. Confie toujours dans Jésus et Marie!

Je t’ exhorte à accomplir la volonté de Dieu sur toi et je te salue fraternellement en Cordibus Jesu et Marie.

Cordialiter

lundi 19 mai 2014

Recevoir les inspirations

Nous appelons inspirations tous les attraits, mouvements, reproches et remords intérieurs, lumières et connaissances que Dieu- fait en nous, prévenant notre coeur en ses bénédictions par son soin et amour paternel, afin de nous réveiller, exciter, pousser et attirer aux saintes vertus, à l’amour céleste, aux bonnes résolutions, bref, à tout ce qui nous achemine à notre bien éternel. C’est ce que l’Epoux appelle heurter à la porte et parler au coeur de son Epouse, la réveiller quand elle dort, la crier et réclamer quand elle est absente, l’inviter à son miel et à cueillir des pommes et des fleurs en son jardin, et à chanter et faire résonner sa douce voix à ses oreilles.

Pour l’entière résolution d’un mariage, trois actions doivent entrevenir quant à la damoiselle que l’on veut marier: car premièrement, on lui propose le parti; secondement, elle agrée la proposition, et en troisième lieu, elle consent. Ainsi Dieu voulant faire en nous, par nous et avec nous, quelque action de grande charité, premièrement, il nous la propose par son inspiration; secondement, nous l’agréons; tiercement, nous y consentons; car, comme pour descendre au péché il y a trois degrés, la tentation, la délectation et le consentement, aussi y en a-t-il trois pour monter à la vertu l’inspiration, qui est contraire à la tentation, la délectation en l’inspiration, qui est contraire à la délectation de la tentation, et le consentement à l’inspiration, qui est contraire au consentement à la tentation.

Quand l’inspiration durerait tout le temps de notre vie, nous ne serions pourtant nullement agréables à Dieu si nous n’y prenions plaisir; au contraire, sa divine Majesté en serait offensée, comme il le fut contre les Israélites auprès desquels il fut quarante ans, comme il dit, les sollicitant à se convertir, sans que jamais ils y voulussent entendre dont il jura contre eux en son ire qu’onques ils n’entreraient en son repos. Aussi le gentilhomme qui aurait longuement servi une damoiselle, serait bien fort désobligé si, après cela, elle ne voulait aucunement entendre au mariage qu’il désire.

Le plaisir qu’on prend aux inspirations est un grand acheminement à la gloire de Dieu, et déjà on commence à plaire par icelui à sa divine Majesté: car si bien cette délectation n’est pas encore un entier consentement, c’est une certaine disposition à icelui. Et si c’est un bon signe et chose fort utile de se plaire à ouïr la parole de Dieu, qui est comme une inspiration extérieure, c’est chose bonne aussi et agréable à Dieu de se plaire en l’inspiration intérieure : c’est ce plaisir, duquel parlant l’Epouse sacrée, elle dit : « Mon âme s’est fondue d’aise, quand mon bien-aimé a parlé ». Aussi le gentilhomme est déjà fort content de la damoiselle qu’il sert et se sent favorisé, quand il voit qu’elle se plaît en son service.

Mais enfin c’est le consentement qui parfait l’acte vertueux; car si étant inspirés et nous étant plu en l’inspiration, nous refusons néanmoins par après le consentement à Dieu, nous sommes extrêmement méconnaissants et offensons grandement sa divine Majesté, car il semble bien qu’il y ait plus de mépris. Ce fut ce qui arriva à l’Epouse; car, quoique la douce voix de son bien-aimé lui eût touché le coeur d’une sainte aise, si est-ce néanmoins qu’elle ne lui ouvrit pas la porte, mais s’en excusa d’une excuse frivole; de quoi l’Epoux justement indigné, passa outre et la quitta. Aussi le gentilhomme qui après avoir longuement recherché une damoiselle et lui avoir rendu son service agréable, enfin serait rejeté et méprisé, aurait bien plus de sujet de mécontentement que si la recherche n’avait point été agréée ni favorisée. Résolvez-vous, Philothée, d’accepter de bon coeur toutes les inspirations qu’il plaira à Dieu de vous faire; et quand elles arriveront, recevez-les comme les ambassadeurs du Roi céleste, qui désire contracter mariage avec vous. Oyéz paisiblement leurs propositions ; considérez l’amour avec lequel vous êtes inspirée, et caressez la sainte inspiration. Consentez, mais d’un consentement plein, amoureux et constant à la sainte inspiration; car en cette sorte, Dieu, que vous ne pouvez obliger, se tiendra pour fort obligé à votre affection. Mais avant que de consentir aux inspirations des choses importantes ou extraordinaires, afin de n’être point trompée, conseillez-vous toujours à votre guide, à ce qu’il examine si l’inspiration est vraie ou fausse ; d’autant que l’ennemi voyant une âme prompte à consentir aux inspirations, lui en propose bien souvent des fausses pour la tromper, ce qu’il ne peut jamais faire tandis qu’avec humilité elle obéira à son conducteur.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

jeudi 15 mai 2014

Allons à Jésus par Marie

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Marie, dans l’incomparable mesure de sa sainteté et de son amour, a d’abord reçu du ciel le lys de sa Virginité, puis son Jésus, puis les âmes, chacun de ces dons augmentant la splendeur des deux autres. Vierge sans tache, Mère de Jésus, elle est devenue son Epouse sur le Calvaire pour y enfanter nos âmes et devenir notre Mère. Les âmes que Jésus aime d’un amour spécial suivent toutes ce chemin.»

«Allons à Jésus par Marie. Que cette divine Mère forme nos cœurs selon le sien, et qu’elle nous obtienne de connaître Jésus, d’aimer Jésus, d’imiter Jésus, et de devenir d’autres Jésus. C’est ce que nous lui demanderons avec d’humbles instances, en la suppliant en même temps de faire triompher dans le monde les intérêts sacrés de son divin Fils.»

dimanche 11 mai 2014

Consacrer ma vie à Dieu

Une italienne m'a écrit une très belle lettre intitulé : “Consacrer ma vie à Dieu”, je veux vous la faire lire pour votre construction sprituelle. Voici la traduction :

Cher Frère,
                   Cette semaine j'ai reçu une nouvelle merveilleuse! Dans la direction sprituelle, mon directeur a accueilli avec joie mon insistance de vouloir consacrer ma vie à Dieu. Il m'avait recommandé de prendre un peu de temps pour savoir si c'était le bon choix. Ces 3 derniers mois je n'ai pas perdu 1 jour pour aller à la messe, j'ai prié avec ferveur pour comprendre ce que veut le Seigneur pour moi de façon à ce que je puisse accomplir sa Volonté au mieux. Maintenant la conscience d'être à lui est claire. Jésus m'a séduite avec Son extraordinaire beauté, avec les mots qu'il m'offre tous les jours au travers la Sainte Messe, il m'a conquise dans la Communion, il a pris possession de mon coeuret de mon âme. Et jour après jour il me fait la court de mille façons. Petit à petit ma fragilité humaine et ma misère sans frontière entrent en jeu. Il met à l'épreuve ma fidélité mais Satan essaye de me faire douter. Ça se passe surtout pendant l'adoration Eucharistique, le moment que j'attends avec impatience, comme une fiancée qui veut courir vers son amoureux pour rester avec lui. Il cherche à me détruire avec le soupson que ce sont mes désirs, que je suis trop stupide et faible pour m'unir à Jésus en lui consacrant ma vie. Mais le bon Dieu connait notre coeur et nos fragilités et ne va pas au delà de nos forces. Avec Sa Grâce, je me relève plus forte qu'avant mais aussi plus convaincue. Je comprends donc que l'épreuve est une immense grâce que le Seigneur nous donne parce qu'en serrant Sa main et à travers Sa force, on est plus fort qu'avant. Je suis de plus en plus amoureuse de Lui jour après jour. Le matin je sens qu'il est près de moi comme seul un amoureux peut le faire. Il me remplit d'attentions toute la journée, il m'envahit de tendresse chaque fois que je pense à lui et je prononce Son doux nom. Donc tu dois te demander quelle est la bonne nouvelle : j'ai dit au directeur spirituel que je ne pourrai pas rester longtemps au monde, je demandais donc la fondation du nouvel ordre, dont nous parlions. Il a dit qu'avant l'été les travaux de construction de l'église du centre de “...” commenceront et de là se dressera le monastère. Maman Celeste lui fera comprendre comment elle veut que soit cet ordre. Je suis tellement heureuse que mon âme parfois semble vouloir prendre le vol vers la patrie céleste. Pour le moment personne ne connaît ma vocation à part le directeur et l'amie dont je te parlais, elle aussi appelée à la vie consacrée.

Ma mère a commencé à soupçonner quelque chose mais moi je n'ai pas encore dit un seul mot à ce sujet. Un de ces matins, elle me demandait ce qu'étaient ces “secrets” que j'ai avec Père A., vu que depuis trois mois nous parlons plus souvent. Elle m'a demandé si je voulais devenir Soeur, je lui ai suggéré de le demander à Dieu. Elle est en train de faire le même chemin de foi que moi, à la différence qu'elle a toujours été proche du Seigneur et grâce à ses prières Dieu a pu m'attirer à Lui. De plus elle a toujours désiré avoir un fils prêtre et je m'attendais donc à une reaction différente. Elle a dit que je ne dois pas devenir bonne soeur (quand les gens disent “devenir bonne soeur” ils le disent de façon méprisante), que je dois fonder une famille, que je ne suis pas faite pour vivre renfermée et qu'on peut aimer Dieu sans devenir soeur. J'ai attendu qu'elle s'en aille pour cacher mes larmes. Elle n'a pas eu un seul mot de ma part à ce sujet mais je crains maintenant le jour où je devrais en parler à mes parents. Mes amis riront sûrement de moi et me tourneront le dos, mes proches ne me comprendront pas et se moqueront de moi. C'est peut être ce que veut Jésus. Je suis une personne très sensible et je ne supporte pas d'éprouver de la douleur pour n'importe quelle bétise, mais avec Jésus je suis prête à affronter tous les adversaires. S'il me veut comme épouse, personne au monde ne pourra s'opposer à Sa volonté.

Pour moi et pour ce projet de vie je te demande la prière. J'en serai sûrement reconnaissante.

Salutations à Jésus et Marie

(lettre signée)