jeudi 21 mai 2015

Vocation

Il y a longtemps que j’ai réçu une lettre d’une jeune fille qui, les larmes aux yeux, a senti le besoin de lancer un appell affligé:

Cher frère en Christ,
                                   je vous écris afin que mon témoignage puisse servir à toutes les jeunes filles qui se sentent appelées à la vie religieuse. Je suis une jeune fille de vingt ans et, à défaut de mon âge , j’ai vécu très intensément, et si je pouvais retourner en arrière, je revivrais chaque instant de ma vie. A douze ans, j’ai commencé, presque par hazard, à frequenter un ordre de clôture étroite qui m’a emmenée à aimer sans mesure le Christ et son Ėglise. Quand j’etais petite, j’ai toujours pensé qu’un jour je me donnerais au Christ…au sein de celle que j’appellais ma vraie maison, c’est –à- dire dans quelque couvent de mon ordre préféré et il est inutile de dire que mes parents ne m’ont jamais donné la permission d’entrer au couvent et que jai anxieusement attendu le jour de mon dix-huitième anniversaire. Lorsque on était en train de preparer la fête de mon anniversaire, moi, dans mon for intérieur, je préparais mon âme à se donner à l’Ėpoux Bien-Aimé. Quelques mois après, je partis en disant à mes parents que cette retraite spirituelle n’aurait pas été comme les autres et que tôt au tard je serais retournée…Je commençai mon chemin sous la direction des moniales saintes et fidéles à l’ordre et à la observance, des personnes qui donneraient leur propre vie afin de rester fidèles à leur profession. J’avais une joie qui dérivait de moi-même et que personne-pensai –je-pouvait jamais m’ ôter. Bien-sûr, il y aurait des difficultés, mais les problèmes existent même dans l’amour entre deux creatures. De bonne heure, mes parents sè rendirent compte que cette retraite n’aurait pas eu de retour. Très affligés, ils vinrent me voir et, désespérés, les larmes aux yeux, ils me supplièrent de retourner…Je retournai chez moi, dans l’espoir de tôt revenir. Et il se passa comme ça. Quelques semaines après, je retournai au même ordre, mais au sein d’une étroite clôture. Je parle des Clarisses de l’ Immaculée que vous- mêmes vous citez dans votre blog. Jamais de la vie, j’avais senti una joie si grande et je suis sûre que je ne la sentirai plus. Tout en vivant derrière ces grilles, je me sentais libre. Il est difficile à croire, mais il était bien cela. Pour moi, il s’agissait de l’antichambre du Paradis. Même à présent, je ferais n’importe quoi, pour y retourner. Je vous écris les larmes aux yeux et la mort au coeur, je vous en prie: encouragez chaque personne à ne pas abandonner la voie de la consécration au Christ, parce que- croyez- moi- on meurt vraiement. O présent, je suis engagée, je vis dans une famille aisée, j’ étudie et je ne manque de rien…poutant- je vous le dis- je manque de tout. Je donnerais ma propre vie pourvu que je puisse retourner en arrière de quelques ans, mais il est malheureusement impossible, et sûre de ça, je continue a survivre en espérant d’avoir encore un minimum de joie. Je vous en prie- au nom du Christ et de la Sainte Vierge- faites l’impossible, mais encouragez et aidez ceux qui ont la tentation d’abandonner, ditez- eux que la joie se trouve seulement sur la voie que le Christ a choisi pour nous.
Merci bien pour votre blog.

Chère soeur en Christ,
                                      tutoye-moi (je le préfère).

Je te remercie pour ton témoignage que je crois utile aux personnes hésitantes pour l’ état de vie à choisir.

Pourtant, dans ta lettre, j’ ai remarqué un peu de découragement. Ma chère, chaque chrétien doit espérer en Dieu, il ne doit donc rien craindre, et la joie spirituelle doit toujours habiter son âme. Es- tu sûre de ne plus pouvoir embrasser la vie religieuse parmi le Clarisses de l’ Immaculée ou bien dans quelques autres ordres religieux? Et si, par hazard, Dieu veut que tu sois une nouvelle Zélie Guérin (la mère de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus)? En tout état de cause, tu ne peux pas vivre de regret tout le rest de ta vie. Confie- toi à la Médiatrice de toutes le grâces et tu verras qu’ on trouvera une solution. Si tu m’ écriras encore par l’avenir, j’ espére de tout mon Coeur, de te sentir l’ âme heureuse et pleine de joie spirituelle.

Je tiens beaucoup au salut éternel de ton âme, car tu as été payée cher par le Christ cloué sur la Croix. Confie toujours dans Jésus et Marie!

Je t’ exhorte à accomplir la volonté de Dieu sur toi et je te salue fraternellement en Cordibus Jesu et Marie.

Cordialiter

dimanche 17 mai 2015

Recevoir les inspirations

Nous appelons inspirations tous les attraits, mouvements, reproches et remords intérieurs, lumières et connaissances que Dieu- fait en nous, prévenant notre coeur en ses bénédictions par son soin et amour paternel, afin de nous réveiller, exciter, pousser et attirer aux saintes vertus, à l’amour céleste, aux bonnes résolutions, bref, à tout ce qui nous achemine à notre bien éternel. C’est ce que l’Epoux appelle heurter à la porte et parler au coeur de son Epouse, la réveiller quand elle dort, la crier et réclamer quand elle est absente, l’inviter à son miel et à cueillir des pommes et des fleurs en son jardin, et à chanter et faire résonner sa douce voix à ses oreilles.

Pour l’entière résolution d’un mariage, trois actions doivent entrevenir quant à la damoiselle que l’on veut marier: car premièrement, on lui propose le parti; secondement, elle agrée la proposition, et en troisième lieu, elle consent. Ainsi Dieu voulant faire en nous, par nous et avec nous, quelque action de grande charité, premièrement, il nous la propose par son inspiration; secondement, nous l’agréons; tiercement, nous y consentons; car, comme pour descendre au péché il y a trois degrés, la tentation, la délectation et le consentement, aussi y en a-t-il trois pour monter à la vertu l’inspiration, qui est contraire à la tentation, la délectation en l’inspiration, qui est contraire à la délectation de la tentation, et le consentement à l’inspiration, qui est contraire au consentement à la tentation.

Quand l’inspiration durerait tout le temps de notre vie, nous ne serions pourtant nullement agréables à Dieu si nous n’y prenions plaisir; au contraire, sa divine Majesté en serait offensée, comme il le fut contre les Israélites auprès desquels il fut quarante ans, comme il dit, les sollicitant à se convertir, sans que jamais ils y voulussent entendre dont il jura contre eux en son ire qu’onques ils n’entreraient en son repos. Aussi le gentilhomme qui aurait longuement servi une damoiselle, serait bien fort désobligé si, après cela, elle ne voulait aucunement entendre au mariage qu’il désire.

Le plaisir qu’on prend aux inspirations est un grand acheminement à la gloire de Dieu, et déjà on commence à plaire par icelui à sa divine Majesté: car si bien cette délectation n’est pas encore un entier consentement, c’est une certaine disposition à icelui. Et si c’est un bon signe et chose fort utile de se plaire à ouïr la parole de Dieu, qui est comme une inspiration extérieure, c’est chose bonne aussi et agréable à Dieu de se plaire en l’inspiration intérieure : c’est ce plaisir, duquel parlant l’Epouse sacrée, elle dit : « Mon âme s’est fondue d’aise, quand mon bien-aimé a parlé ». Aussi le gentilhomme est déjà fort content de la damoiselle qu’il sert et se sent favorisé, quand il voit qu’elle se plaît en son service.

Mais enfin c’est le consentement qui parfait l’acte vertueux; car si étant inspirés et nous étant plu en l’inspiration, nous refusons néanmoins par après le consentement à Dieu, nous sommes extrêmement méconnaissants et offensons grandement sa divine Majesté, car il semble bien qu’il y ait plus de mépris. Ce fut ce qui arriva à l’Epouse; car, quoique la douce voix de son bien-aimé lui eût touché le coeur d’une sainte aise, si est-ce néanmoins qu’elle ne lui ouvrit pas la porte, mais s’en excusa d’une excuse frivole; de quoi l’Epoux justement indigné, passa outre et la quitta. Aussi le gentilhomme qui après avoir longuement recherché une damoiselle et lui avoir rendu son service agréable, enfin serait rejeté et méprisé, aurait bien plus de sujet de mécontentement que si la recherche n’avait point été agréée ni favorisée. Résolvez-vous, Philothée, d’accepter de bon coeur toutes les inspirations qu’il plaira à Dieu de vous faire; et quand elles arriveront, recevez-les comme les ambassadeurs du Roi céleste, qui désire contracter mariage avec vous. Oyéz paisiblement leurs propositions ; considérez l’amour avec lequel vous êtes inspirée, et caressez la sainte inspiration. Consentez, mais d’un consentement plein, amoureux et constant à la sainte inspiration; car en cette sorte, Dieu, que vous ne pouvez obliger, se tiendra pour fort obligé à votre affection. Mais avant que de consentir aux inspirations des choses importantes ou extraordinaires, afin de n’être point trompée, conseillez-vous toujours à votre guide, à ce qu’il examine si l’inspiration est vraie ou fausse ; d’autant que l’ennemi voyant une âme prompte à consentir aux inspirations, lui en propose bien souvent des fausses pour la tromper, ce qu’il ne peut jamais faire tandis qu’avec humilité elle obéira à son conducteur.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 13 mai 2015

Allons à Jésus par Marie

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Marie, dans l’incomparable mesure de sa sainteté et de son amour, a d’abord reçu du ciel le lys de sa Virginité, puis son Jésus, puis les âmes, chacun de ces dons augmentant la splendeur des deux autres. Vierge sans tache, Mère de Jésus, elle est devenue son Epouse sur le Calvaire pour y enfanter nos âmes et devenir notre Mère. Les âmes que Jésus aime d’un amour spécial suivent toutes ce chemin.»

«Allons à Jésus par Marie. Que cette divine Mère forme nos cœurs selon le sien, et qu’elle nous obtienne de connaître Jésus, d’aimer Jésus, d’imiter Jésus, et de devenir d’autres Jésus. C’est ce que nous lui demanderons avec d’humbles instances, en la suppliant en même temps de faire triompher dans le monde les intérêts sacrés de son divin Fils.»

samedi 9 mai 2015

Consacrer ma vie à Dieu

Une italienne m'a écrit une très belle lettre intitulé : “Consacrer ma vie à Dieu”, je veux vous la faire lire pour votre construction sprituelle. Voici la traduction :

Cher Frère,
                   Cette semaine j'ai reçu une nouvelle merveilleuse! Dans la direction sprituelle, mon directeur a accueilli avec joie mon insistance de vouloir consacrer ma vie à Dieu. Il m'avait recommandé de prendre un peu de temps pour savoir si c'était le bon choix. Ces 3 derniers mois je n'ai pas perdu 1 jour pour aller à la messe, j'ai prié avec ferveur pour comprendre ce que veut le Seigneur pour moi de façon à ce que je puisse accomplir sa Volonté au mieux. Maintenant la conscience d'être à lui est claire. Jésus m'a séduite avec Son extraordinaire beauté, avec les mots qu'il m'offre tous les jours au travers la Sainte Messe, il m'a conquise dans la Communion, il a pris possession de mon coeuret de mon âme. Et jour après jour il me fait la court de mille façons. Petit à petit ma fragilité humaine et ma misère sans frontière entrent en jeu. Il met à l'épreuve ma fidélité mais Satan essaye de me faire douter. Ça se passe surtout pendant l'adoration Eucharistique, le moment que j'attends avec impatience, comme une fiancée qui veut courir vers son amoureux pour rester avec lui. Il cherche à me détruire avec le soupson que ce sont mes désirs, que je suis trop stupide et faible pour m'unir à Jésus en lui consacrant ma vie. Mais le bon Dieu connait notre coeur et nos fragilités et ne va pas au delà de nos forces. Avec Sa Grâce, je me relève plus forte qu'avant mais aussi plus convaincue. Je comprends donc que l'épreuve est une immense grâce que le Seigneur nous donne parce qu'en serrant Sa main et à travers Sa force, on est plus fort qu'avant. Je suis de plus en plus amoureuse de Lui jour après jour. Le matin je sens qu'il est près de moi comme seul un amoureux peut le faire. Il me remplit d'attentions toute la journée, il m'envahit de tendresse chaque fois que je pense à lui et je prononce Son doux nom. Donc tu dois te demander quelle est la bonne nouvelle : j'ai dit au directeur spirituel que je ne pourrai pas rester longtemps au monde, je demandais donc la fondation du nouvel ordre, dont nous parlions. Il a dit qu'avant l'été les travaux de construction de l'église du centre de “...” commenceront et de là se dressera le monastère. Maman Celeste lui fera comprendre comment elle veut que soit cet ordre. Je suis tellement heureuse que mon âme parfois semble vouloir prendre le vol vers la patrie céleste. Pour le moment personne ne connaît ma vocation à part le directeur et l'amie dont je te parlais, elle aussi appelée à la vie consacrée.

Ma mère a commencé à soupçonner quelque chose mais moi je n'ai pas encore dit un seul mot à ce sujet. Un de ces matins, elle me demandait ce qu'étaient ces “secrets” que j'ai avec Père A., vu que depuis trois mois nous parlons plus souvent. Elle m'a demandé si je voulais devenir Soeur, je lui ai suggéré de le demander à Dieu. Elle est en train de faire le même chemin de foi que moi, à la différence qu'elle a toujours été proche du Seigneur et grâce à ses prières Dieu a pu m'attirer à Lui. De plus elle a toujours désiré avoir un fils prêtre et je m'attendais donc à une reaction différente. Elle a dit que je ne dois pas devenir bonne soeur (quand les gens disent “devenir bonne soeur” ils le disent de façon méprisante), que je dois fonder une famille, que je ne suis pas faite pour vivre renfermée et qu'on peut aimer Dieu sans devenir soeur. J'ai attendu qu'elle s'en aille pour cacher mes larmes. Elle n'a pas eu un seul mot de ma part à ce sujet mais je crains maintenant le jour où je devrais en parler à mes parents. Mes amis riront sûrement de moi et me tourneront le dos, mes proches ne me comprendront pas et se moqueront de moi. C'est peut être ce que veut Jésus. Je suis une personne très sensible et je ne supporte pas d'éprouver de la douleur pour n'importe quelle bétise, mais avec Jésus je suis prête à affronter tous les adversaires. S'il me veut comme épouse, personne au monde ne pourra s'opposer à Sa volonté.

Pour moi et pour ce projet de vie je te demande la prière. J'en serai sûrement reconnaissante.

Salutations à Jésus et Marie

(lettre signée)

mardi 5 mai 2015

Désirer les sacrifices

Un bon moyen de trouver le temps plus court d’ici à votre entrée dans la vie religieuse, c’est de ne pas vous contenter de former sans cesse d’ardents désirs d’atteindre ce but; mais de vous combattre énergiquement vous-même et de vous préparer par le renoncement et le sacrifice, à cette vie à laquelle vous aspirez. Désirer est facile, cela ne coûte rien, et on croit quelquefois être bien fervent parce qu’on désire beaucoup... Se renoncer, se vaincre, coûte, et rudement quelquefois; de sorte que l’âme un peu pares-seuse est plus contente de passer son temps à désirer ce qu’elle attend, qu’à se renoncer dans le moment présent. Cet écueil est un peu le vôtre, ma bien-aimée Fille, et c’est de ce côté qu’il faudrait porter vos soins et voire courage [...}. « Oh! que je serai heureuse, me dites-vous, lorsqu’enfermée dans le cloître, les sacrifices se succèderont sans les choisir! » Dites-moi, je vous prie, chère petite Enfant, si, actueliemnet, dans votre maison, vous ne pouvez pas trouver aisément ce bonheur des sacrifices qui se succèdent sans les choisir? Pourquoi ne vous en emparez-vous pas? Parce qu’il est plus facile de désirer les sacrifices que de les faire; parce que le démon s’inquiète un peu de vous voir bien ardente dans de simples désirs, pourvu qu’en vous poussant à regarder au loin, au lieu de regarder votre route actuelle, il vous aide à ne pas vous occuper de pratiquer avec énergie, actuellement, ce renoncement que vous rêvez pour plus tard. Étudiez votre journée, et vous verrez que d’occasions vous avez de vous vaincre!... (Le 185-186).

[René Laurentin, "Marie Deluil-Martiny. Précurseur et martyre béatifiée par Jean-Paul II. La sainte de Marseille.", Fayard, Paris 2003.]

vendredi 1 mai 2015

Bénédictines

La communauté compte 9 soeurs. La plus jeune est novice, elle a 31 ans, la plus âgée a 89 ans. Il y a aussi une prépostulante qui continue son discernement. Les offices sont en grégorien, seules les lectures sont en français, ce sont les lectures officielles du Missel Romain. La Messe est en français mais chantée par les Soeurs en grégorien. Les Soeurs ont une heure d'oraison par jour (une demi heure le matin et une demi heure l'après-midi), et entre une demi heure et trois quart d'heure de lectio divine par jour. Elles portent l'habit traditionnel, avec la guimpe. La communauté est consacrée à la Sainte Vierge et au Sacré Coeur, ces consécrations sont renouvelées tous les ans. Le monastère a été créé en 1946 pour permettre aux santés fragiles de vivre une authentique vie bénédictine, adaptée à leur santé. Il y a donc plusieurs aménagements. Le temps de sommeil est plus long (les Laudes sont à 7h30 et les Vigiles à 20h45). Les offices sont plus courts que la normale, la communauté à des autorisations spéciales de Rome pour cela. Les horaires sont vu avec la Prieure, suivant ce qui correspond le mieux à chacune, sauf en ce qui concerne les moments communautaires (offices, Chapitre, récréation, réfectoire - sauf au petit déjeuner qui peut être pris avant ou après Laudes -). Elles ont gardé l'usage du Chapitre des Coulpes, qu'elles essaient de faire régulièrement. Il s'agit d'une réunion pendant laquelle chaque soeur, en commençant par celles qui ont un rang plus élevé (Prieure, Sous-Prieure, membre du conseil, soeurs anciennes...), se met à genoux et demande pardon pour les fautes extérieures. Il ne s'agit pas d'une confession. Ce ne sont que les fautes extérieures qui sont abordées, par exemple, si on fait trop de bruit, qu'on ne respecte pas les horaires, qu'on est trop irritable, qu'on est souvent en retard... Les Constitutions prévoient que les soeurs se confessent toutes les deux semaines. Elles sont deux confesseurs et un troisième qui est un confesseur extraordinaire, moine à l'Abbaye Saint Pierre de Solesmes, qui vient une fois par trimestre. Les soeurs ne jeûnent pas à cause de leur santé. Elles ne mangent jamais de viande le vendredi et lors des Vigiles pénitentielles, pour les grandes solennités, elles suppriment un aliment au choix de leur petit déjeuner. Lorsqu'elles se trompent à l'office, ou qu'elles arrivent en retard, ou qu'elles font un grand bruit au réfectoire, elles se mettent à genoux au milieu de la pièce et attendent que la Prieure les autorise à se relever. Elles n'ont pas d'activité lucrative du fait de leur petit nombre, mais Mère Prieure en cherche une. Au réfectoire, il n'y a pas de service car elles sont trop peu nombreuses, chaque soeur va se servir. A l'un des repas (le midi ou le soir, cela dépend des jours et de qui est la lectrice), les nouvelles sont lues, à l'autre, un livre enregistré sur cassette est écouté. Il règne dans ce monastère une atmosphère de paix et de joie. Les soeurs sont très joyeuses et très accueillantes. Elles ont une hôtellerie dans laquelle elles peuvent recevoir des personnes pour une retraite. Elles vendent quelques produits monastiques au rez-de-chaussée de l'hôtellerie (leurs confitures et leur tilleul, ainsi que des produits d'autres monastères). Elles respectent une clôture papale stricte. Il y a une grille pour séparer le choeur des religieuses de la chapelle et des grilles au parloir, ouvertes en leur centre car elles ont voulu exprimer leur retrait du monde, et en même temps le fait qu'elles sont proche du monde par la prière. Elles ont une cuisinière et une aide ménagère. Les soeurs aînées avaient le droit à des heures de ménage ou de cuisine, et comme il y a peu de soeurs et qu'elles ne pouvaient plus assurer tout le travail nécessaire, Mère Prieure a préféré embaucher ces personnes. Elle a dit que leur vocation première c'est la prière et qu'il vaut donc mieux sacrifier le travail que la prière.

L'adresse des Bénédictines de Flée est : Monastère La Paix Notre Dame, 72500 FLEE (France).

lundi 27 avril 2015

Tout pour les Prêtres

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Les Prêtres sont les bras de l’Eglise, toujours levés pour sacrifier et pour offrir ; et toute l’Eglise devrait sans cesse, unie à eux, sacrifier et offrir par ces mains consacrées. Hélas ! Dieu ne reçoit pas cette gloire, à cause de l’indifférence et de l’ingratitude des hommes. Et Il veut réunir des âmes à Lui, des âmes tellement unies au Sacerdoce qu’elles soient comme une seule âme avec l’âme du Prêtre pour glorifier l’Adorable Trinité par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ ; mais en passant par l’âme du Prêtre pour le sacrifier et l’offrir.»

«Je donnerais volontiers ma vie pour que Notre-Seigneur trouve dans ses Prêtres ce qu’il attend d’eux; je la donnerais pour qu’un seul d’entre eux réalisât pleinement son plan divin; il y en a qui, certes, le font; mais je veux dire que pour qu’un seul de plus le fasse, ma vie serait volontiers donnée. Ô admirable union d’immolation, d’amour, de zèle, entre le Cœur de Jésus et le cœur de son Prêtre.»

«Le meilleur moyen d’aider les Prêtres, c’est de s’immoler pour eux!...»

«L’union à l’autel, l’union au Sacrifice, cette identification d’une vie entière aux Ministres du Seigneur afin qu’ils célèbrent plus dignement; c’est un attrait qui est sublime, c’est du pur catholicisme; aider les Prêtres, se dévouer pour eux!»

«Par Marie et avec Marie, elles adoreront, serviront et offriront Jésus Prêtre et Victime à l’Autel (l'Eucharistie), et Jésus Prêtre et Victime sanglante au Calvaire (les souvenirs du Calvaire). Par Marie et avec Marie, elles aideront et serviront Jésus Prêtre et Victime dans ses Prêtres (l’Eglise) par leurs immolations et leurs prières.»

dimanche 19 avril 2015

Sauver l'âme

Imaginez-vous d’être en une rase campagne, toute seule avec votre bon ange, comme était le

jeune Tobie allant en Ragès, et qu’il vous fait voir en haut le paradis ouvert, avec les plaisirs représentés en la méditation du paradis que vous avez faite ; puis, du côté d’en bas, il vous fait voir l’enfer ouvert, avec tous les tourments décrits en la méditation, et mise à genoux devant votre bon ange:

1. Considérez qu’il est très vrai que vous êtes au milieu du paradis et de l’enfer, et que l’un et l’autre est ouvert pour vous recevoir, selon le choix que vous en ferez.

2. Considérez que le choix que l’on fait de l’un ou de l’autre en ce monde, durera éternellement en l’autre.

3. Et encore que l’un et l’autre soit ouvert pour vous recevoir, selon que vous le choisirez, si est-ce que Dieu, qui est appareillé de vous donner, ou l’un par sa justice ou l’autre par sa miséricorde, désire néanmoins d’un désir nonpareil que vous choisissiez le paradis; et votre bon ange vous en presse de tout son pouvoir, vous offrant de la part de Dieu mille grâces et mille secours pour vous aider à la montée.

4. Jésus-Christ, du haut du ciel, vous regarde en sa débonnaireté et vous invite doucement : «Viens, o ma chère âme, au repos éternel entre les bras de ma bonté, qui t’a préparé les délices immortelles en l’abondance de son amour ». Voyez de vos yeux intérieurs la sainte Vierge qui vous convie maternellement: «Courage, ma fille, ne veuille pas mépriser les désirs de mon Fils, ni tant de soupirs que je jette pour toi, respirant avec lui ton salut éternel ». Voyez les saints qui vous exhortent, et un million de saintes âmes qui vous convient doucement ne désirant que de voir un jour votre coeur joint au leur, pour louer Dieu, à jamais, et vous assurant que le chemin du ciel n’est point si malaisé que le monde le fait : «Hardiment, vous disent-elles, très chère amie; qui considérera bien le chemin de la dévotion par lequel nous sommes montées, il verra que nous sommes venues en ces délices, par des délices incomparablement plus souèvesque celles du monde.

Election

1. O enfer, je te déteste maintenant et éternellement; je déteste tes tourments et tes peines; je déteste ton infortunée et malheureuse éternité, et surtout ces éternels blasphèmes et malédictions que tu vomis éternellement contre mon Dieu. Et retournant mon coeur et mon âme de ton côté, o beau paradis, gloire éternelle, félicité perdurable, je choisis à jamais irrévocablement mon domicile et mon séjour dedans tes belles et sacrées maisons, et en tes saints et désirables tabernacles. Je bénis, o mon Dieu, votre miséricorde et accepte l’offre qu’il vous plaît de m’en faire. [...]

2. Acceptez les faveurs que la Vierge et les saints vous présentent; promettez-leur que vous vous acheminerez à eux ; tendez la main à votre bon ange afin qu’il vous y conduise; encouragez votre âme à ce choix.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 15 avril 2015

Qu'il faut honorer et invoquer les Saints

Puisque Dieu nous envoie bien souvent les inspira. tions par ses anges, nous devons aussi lui renvoyer fréquemment nos aspirations par la même entremise. Les saintes âmes des trépassés qui sont en paradis avec les anges et, comme dit Notre Seigneur, égales et pareilles aux anges, font aussi le même office, d’inspirer en nous et d’aspirer. pour nous par leurs saintes oraisons. Ma Philothée, joignons nos coeurs à ces célestes esprits et âmes bienheureuses ; comme les petits rossignols apprennent à chanter avec les grands, ainsi, par le sacré commerce que nous ferons avec les saints, nous saurons bien mieux prier et chanter les louanges divines : « Je psalmodierai, disait David, à la vue des Anges. »

Honorez, révérez et respectez d’un amour spécial la sacrée et glorieuse Vierge Marie : elle est mère de notre souverain Père, et par conséquent notre grand’mère. Recourons donc à elle, et, comme ses petits-enfants, jetons-nous à son giron avec une confiance parfaite; à tous moments, à toutes occurences réclamons cette douce Mère, invoquons son amour maternel, et, tâchant d’imiter ses vertus, ayons en son endroit un vrai coeur filial.

Rendez-vous fort familière avec les anges; voyez-les souvent invisiblement présents à votre vie, et surtout aimez et révérez celui du diocèse auquel vous êtes, ceux des personnes avec lesquelles vous vivez, et spécialement le vôtre; suppliez-les souvent, louez-les ordinairement, et employez leur aide et secours en toutes vos affaires, soit spirituelles soit temporelles, afin qu’ils coopèrent à vos intentions.

Le grand Pierre Favre, premier prêtre, premier prédicateur, premier lecteur en théologie de la sainte Compagnie du nom de Jésus, et premier compagnon du bienheureux Ignace, fondateur d’icelle, venant un jour d’Allemagne, où il avait fait des grands services à la gloire de Notre Seigneur, et passant en ce diocèse, lieu de sa naissance, racontait qu’ayant traversé plusieurs lieux hérétiques, il avait reçu mille consolations d’avoir salué en abordant chaque paroisse les anges protecteurs d’icelles, lesquels il avait connu sensiblement lui avoir été propices, soit pour le garantir des embûches des hérétiques, soit pour lui rendre plusieurs âmes douces et dociles à recevoir la doctrine de salut. Et disait cela avec tant de recommandation, qu’une damoiselle, lors jeune, l’ayant ouï de sa bouche, le récitait il n’y a que quatre ans, c’est-à-dire plus de soixante ans après, avec un extrême sentiment. Je fus consolé cette année passée de consacrer un autel sur la place en laquelle Dieu fit naître ce bienheureux homme, au petit village du Villaret, entre nos plus âpres montagnes.

Choisissez quelques saints particuliers, la vie desquels vous puissiez mieux savourer et imiter, et en l’intercession desquels vous ayez une particulière confiance: celui de votre nom vous est déjà tout assigné dès votre baptême.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

samedi 11 avril 2015

Je veux consoler Jésus

(Extrait d'une lettre d'une jeune fille attirée par la vie religieuse)

Je voudrais vous remercier pour votre merveilleux blog. Il m'a redonné courage. [...] Je voudrais consoler le Seigneur et réparer pour toutes les offenses qui lui sont faites. Voici ce que j'avais écrit dans le carnet qui me sert à "analyser" mes envies: "Mon souhait le plus cher est de pouvoir consoler Jésus, panser ses plaies, L'adorer, essuyer ses larmes ; passer ma vie auprès de Lui, tout Lui donner, ne rien garder pour moi, tout sacrifier à son amour; vivre de Lui, pour Lui, en Lui; L'aimer jusqu'à me fondre totalement en Lui; Le contempler; Le supplier d'épargner les pécheurs, de leur accorder sa miséricorde, de leur donner la foi. Je veux consoler Jésus de tous les outrages faits à son Sacré Coeur et au Coeur Immaculé de sa Mère. Si je le pouvais, j'aimerais Lui faire oublier toutes ses souffrances, essuyer les larmes d'eau et de sang qu'Il a versé pour nous.

mardi 7 avril 2015

De la fréquente Communion

Le Sauveur a institué ce sacrement très auguste de l’Eucharistie qui contient réellement sa chair et son sang, afin que qui la mange vive éternellement; c’est pourquoi, quiconque en use souvent avec dévotion affermit tellement la santé et la vie de son âme, qu’il est presque impossible qu’il soit empoisonné d’aucune sorte de mauvaise affection. On ne peut être nourri de cette chair et vivre des affections de mort; si que, comme les hommes demeurant au paradis terrestre pouvaient ne mourir point selon le corps, par la force de ce fruit vital que Dieu y avait mis, ainsi peuvent-ils ne point mourir spirituellement, par la vertu de ce sacrement de vie. Que si les fruits les plus tendres et sujets à corruption, comme sont les cerises, les abricots et les fraises, se conservent aisément toute l’année étant confits au sucre et au miel, ce n’est pas merveille si nos coeurs, quoique frêles et imbéciles, sont préservés de la corruption du péché lorsqu’ils sont sucrés et emmiellés de la chair et du sang incorruptibles du Fils de Dieu. O Philothée! les chrétiens qui seront damnés demeureront sans réplique lorsque le juste Juge leur fera voir le tort qu’ils ont eu de mourir spirituellement, puisqu’il leur était si aisé de se maintenir en vie et en santé par la manducation de son Corps qu’il leur avait laissé à cette intention. « Misérables, dira-t-il, pourquoi êtes-vous mort, ayant à commandement le fruit et la viande de la vie ? » [...].



(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

vendredi 3 avril 2015

Missionnaires

Une fille française m'a écrit pour me parler des Missionnaires de la Charité

Cher D.,
[...] Ce matin, j'ai regardé un film sur Mère Teresa. Quelle grande sainte ! Son oeuvre est admirable, elle était si unie à Dieu, sans même s'en rendre compte.

J'ai donc regardé ce documentaire sur Mère Teresa et les Missionnaires de la Charité, et je me suis rendue compte que tu n'en as pas parlé dans ton blog. Pourtant, c'est une Congrégation très fervente et stricte. La Congrégation regroupe tous les états de vie : des Soeurs apostoliques et contemplatives, des Frères apostoliques et contemplatifs, des Pères, les Coopérateurs (des laïcs qui s'occupent des pauvres d'abord dans leur famille, leur entourage, leur travail, qui font des actes d'amour que personne ne fait, parmi eux il y a les Coopérateurs Souffrants, des malades, souvent hospitalisés ou très handicapés, qui ne peuvent pas servir les pauvres, mais offrent leurs souffrances pour une Soeur, un Frère ou un Père en particulier, et participent ainsi à l'apostolat des Missionnaires de la Charité), le mouvement Corpus Christi, pour les prêtres séculiers (il fait la promotion de la sainteté pour ces prêtres), des Laïcs consacrés et des Volontaires.

Je connais surtout la façon de vivre des Soeurs, mais le même esprit de dévouement, de charité, de service de Dieu dans les pauvres, fait vivre toute la Congrégation.

Les Soeurs ne possèdent que deux saris, une paire de sandale, un chapelet et un livre de prière. Elles vivent comme les pauvres afin de pouvoir servir les pauvres. Elles se font pauvres avec eux. Leur vie est très exigeante. Elles abandonnent tout pour se consacrer à servir Dieu dans les plus pauvres des pauvres. Elles vivent à l'indienne (elles portent le sari, mangent avec les mains, sont assises par terre à l'église). C'était la volonté de Dieu, trouver des âmes victimes qui s'offrent pour l'Inde. Elles s'occupent des mourrants, des malades, des orphelins, des handicapés, de tous les pauvres qui ont besoin d'elles.

Les Soeurs contemplatives ont aussi une forme d'apostolat en recevant des personnes souhaitant vivre quelques jours de recueillement et en allant à la rencontre des plus pauvres des pauvres spirituellement parlant (les malades, les prisonniers...). Quand elles croisent des gens dans le besoin matériel, elles leur donne ce qu'elles peuvent pour les aider.

Les jeunes filles intéressées pas le charisme des Missionnaires de la Charité peuvent prendre contact avec une maison et venir passer 15 jours de " Come and See ". Des jeunes filles de tous les pays sont acceptées à condition de pouvoir apprendre l'anglais, qui est la langue de la Congrégation, mais il y a peu de Soeurs européennes car les jeunes filles européennes ont du mal à sortir de leur confort.

Le but général des Missionnaires de la Charité est d'apaiser la soif de Jésus-Christ sur la Croix, soif d'amour et des âmes, par la pauvreté absolue, la chasteté angélique et l'obéissance joyeuse des Soeurs. Le but particulier est d'emmener le Christ dans les maisons et les rues des bidonvilles, parmi les malades, les mourants, les mendiants et les petits enfants des rues. Les malades seront soignés autant que possible dans leurs pauvres maisons. Les petits enfants auront une école dans les bidonvilles. Les mendiants seront recherchés et visités dans leurs trous à l'extérieur de la ville ou dans les rues. Pour être capable de faire tout cela - les Soeurs doivent d'abord apprendre à vivre une véritable vie intérieure d'union intime avec Dieu - et à Le chercher et Le voir dans tout ce qu'elles font pour les pauvres. Il n'y aura aucune différence entre les Soeurs - elles doivent toutes apprendre à cultiver la terre, cuisiner, soigner et enseigner un peu - et être toujours prêtes à accomplir n'importe laquelle de ces tâches si l'obéissance l'exige.

En union de prière,
(Lettre signée)

lundi 30 mars 2015

Sacrifice et sacrement de la messe

1. Je ne vous ai encore point parlé du soleil des exercices spirituels, qui est le très saint, sacré et très souverain sacrifice et sacrement de la messe, centre de la religion chrétienne, coeur de la dévotion, âme de la piété, mystère ineffable qui comprend l’abîme de la charité divine, et par lequel Dieu s’appliquant réellement à nous, nous communique magnifiquement ses grâces et faveurs.

2. L’oraison faite en l’union de ce divin sacrifice a une force indicible, de sorte, Philothée, que par icelui, l’âme abonde en célestes faveurs, comme appuyée sur son bien-aimé, qui la rend si pleine d’odeurs et suavités spirituelles, qu’elle ressemble à une colonne de fumée de bois aromatique, de la myrrhe, de l’encens et de toutes les poudres du parfumeur, comme il est dit ès Cantiques.

3. Faites donc toutes sortes d’efforts pour assister tous les jours à la sainte messe, afin d’offrir avec le prêtre le sacrifice de votre Rédempteur à Dieu son Père, pour vous et pour toute l’Eglise. Toujours les anges en grand nombre s’y trouvent présents, comme dit saint Jean Chrysostôme, pour honorer ce saint mystère; et nous y trouvant avec eux et avec une même intention, nous ne pouvons que recevoir beaucoup d’influences propices par une telle société. Les choeurs de l’Eglise triomphante et ceux de l’Eglise militante se viennent attacher et joindre à Notre Seigneur en cette divine action, pour avec lui, en lui et par lui ravir le coeur de Dieu le Père et rendre sa miséricorde toute nôtre. Quel bonheur a une âme de contribuer dévotement ses affections pour un bien si précieux et désirable.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

vendredi 27 mars 2015

Croissance des vocations pour les sœurs Adoratrices du Cœur Royal de N.S. Jésus-Christ


La semaine dernière, il y a eu à Florence, dans l’église dédiée aux Saints Michel et Gaëtan, desservie par les prêtres de l’Institut du Christ Roi de Gricigliano, deux cérémonies très émouvantes pour toute cette famille religieuse, et en particulier pour sa branche féminine, dont la devise est «In Corde Regis (dans le Cœur du Roi)».

Samedi 21 mars 2015, fête de Saint Benoît de Nursie (patron secondaire de l’Institut avec Saint François de Sales et Saint Thomas d’Aquin) à 10 heures, Premiers Vœux de quatre religieuses (de trois nationalités différentes: irlandaise, américaine et française), qui ont remplacé le voile blanc des novices avec celui noir des professes: Sœur Anne-Marie de l’Immaculé Conception, Sœur Sarah-Marie du Précieux Sang de l’Agneau Royal, Sœur Anne-Laure-Marie de la Sainte Famille et Sœur Monica-Marie du Buon Pasteur.

Mercredi 25 mars 2015, fête de l’Annonciation de la B.V. Marie, à 10 heures, Prise d’habit remis par Son Eminence Révérendissime Raymond Leo Cardinal Burke, à trois postulantes (deux des États-Unis et une de l’Allemagne) qui, comme des véritables «sponsae Christi», étaient habillées d’abord en robe de mariée et puis ont revêtu l’habit avec le voile blanc de novice, en obtenant également leurs nouveaux noms religieux: Sœur Marissa de Notre-Dame de la Paix, Sœur Bernadette-Marie de l’Enfant Jésus et Sœur Claire-Pascaline-Marie de la Sainte Croix.

 Après cela, le nombre des professes est désormais de quinze, celui des novices est de treize, tandis que les postulantes sont maintenant trois, de nationalité française. Elle vivent, maintenant, pas seulement dans la maison mère de Gricigliano (la «Maison du Cœur Royal») près de Florence, mais aussi dans un couvent en Suisse et dans un autre en Allemagne.

Remercions le Seigneur pour cette pluie bénie des vocations à la vie religieuse, à la gloire de Dieu et de Sa Sainte Eglise!

jeudi 26 mars 2015

Immolation de victimes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny a propos des Filles du Cœur de Jésus]

«Comme Marie, sur le Calvaire, a offert le premier et grand Sacrifice, unie au Prêtre éternel, Jésus-Christ, et a renouvelé chaque jour ce Sacrifice par les mains de Saint Jean, ainsi ces âmes offriront Jésus-Hostie, immolé d’autel en autel par toute la terre, d’heure en heure, unies à tous les Prêtres du monde, célébrant de cœur avec eux, ‘suivant l’Agneau partout où il va’, partout où il s’immole.

Aussi peut-on dire combien elles devront avoir l’Esprit du Calvaire, ni dans quelle plénitude, par la miséricorde du Cœur de Jésus, leur seront conférés les mérites du Précieux Sang du Sauveur immolé, pour l’employer au salut du monde, mais surtout de ceux qui doivent être, par la sainteté de leur vie, la lumière du monde, c’est-à-dire des âmes Sacerdotales et des âmes consacrées à Dieu. […]

Enfin, Marie, par l’excès de sa douleur au Calvaire, a enfanté en la personne de Saint Jean, tous les Prêtres. Là, elle en a été faite l’Institutrice et la Mère; c’est pourquoi ensuite, au Cénacle et dans les premières années de l’Eglise, elle a formé, nourri et instruit les Apôtres, les Prêtres. Par Elle, comme un canal, sont arrivées toutes les grâces nécessaires au Sacerdoce.

Ainsi les Filles du Cœur de Jésus, seront-elles les aides, les auxiliaires des Prêtres. En même temps que l’exercice de leur mystique sacerdoce et de leur immolation de victimes, glorifiera Jésus-Christ et Marie, tous les mérites de ces états seront exclusivement consacrés au salut des Prêtres et à la réparation des blessures que font au Cœur de Jésus les âmes de ceux qui faillissent à leur éminente vocation.

Les Religieuses de cette Congrégation feront une profession spéciale de se dévouer au Prêtre, d’aider le Prêtre, de sanctifier le Prêtre, par leurs quotidiennes et incessantes immolations. Elles formeront une phalange invisible et cachée, qui soutiendra les bras du Prêtre, fertilisera ses travaux, et l’aidera à atteindre la sublimité de sa vocation.»

dimanche 22 mars 2015

La méditation sur l'enfer

Préparation

1. Mettez-vous en la présence divine.

2. Humiliez-vous et demandez son assistance.

3. Imaginez-vous une ville ténébreuse, toute brûlante de soufre et de poix puante, pleine de citoyens qui n’en peuvent sortir.

Considérations

1. Les damnés sont dedans l’ab!me infernal comme dedans cette ville infortunée, en laquelle ils souffrent des tourments indicibles en tous leurs sens et en tous leurs membres, parce que, comme ils ont employé tous leurs sens et leurs membres pour pécher, ainsi souffriront-ils en tous leurs membres et en tous leurs sens les peines dues au péché: les yeux, pour leurs faux et mauvais regards, souffriront l’horrible vision des diables et de l’enfer; les oreilles, pour avoir pris plaisir aux discours vicieux, n’ouïront jamais que pleurs, lamentations et désespoirs ; et ainsi des autres.

2. Outre tous ces tourments, il y en a encore un plus grand, qui est la privation et perte de la gloire de Dieu, laquelle ils sont forclos de jamais voir. Que si Absalon trouva que la privation de la face amiable de son père David était plus ennuyeuse que son exil, o Dieu! quel regret d’être à jamais privé de voir votre doux et suave visage!

3. Considérez surtout l’éternité de ces peines, laquelle seule rend l’enfer insupportable. Hélas! si une puce en notre oreille, si la chaleur d’une petite fièvre nous rend une courte nuit si longue et ennuyeuse, combien sera épouvantable la nuit de l’éternité avec tant de tourments! De cette éternité, naissent le désespoir éternel, les blasphèmes et rages infinies.


Affections et résolutions

1. Epouvantez votre âme par les paroles de Job: « O mon âme, pourrais-tu bien vivre éternellement avec ces ardeurs perdurables et emmi ce feu dévorant ? Veux-tu bien quitter ton Dieu pour jamais?

2. Confessez que vous l’avez mérité, mais combien de fois! Or, désormais je veux prendre parti au chemin contraire; pourquoi descendrais-je en cet abîme ?

3. Je ferai donc tel et tel effort pour éviter le péché, qui seul peut me donner cette mort éternelle.

Remerciez, offrez, priez.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 18 mars 2015

Méditer sur la Passion de Jésus-Christ

L’oraison mettant notre entendement en la clarté et lumière divine, et exposant notre volonté â la chaleur de l’amour céleste, il n’y a rien qui purge tant notre entendement de ses ignorances et notre volonté de ses affections dépravées : c’est l’eau de bénédiction qui, par son arrosement, fait reverdir et fleurir les plantes de nos bons désirs, lave nos âmes de leurs imperfections et désaltère nos coeurs de leurs passions.

Mais surtout je vous conseille la mentale et cordiale, et particulièrement celle qui se fait autour de la vie et passion de Notre Seigneur: en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui ; vous apprendrez ses contenances, et formerez vos actions au modèle des siennes. Il est la lumière du monde: c’est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés et illuminés; c’est l’arbre de désir à l’ombre duquel nous nous devons rafraîchir; c’est la vive fontaine de Jacob pour le lavement de toutes nos souillures. Enfin, les enfants à force d’ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage; et nous, demeurant près du Sauveur par la méditation, et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

samedi 14 mars 2015

Offrir Jésus

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Chaque battement de nos cœurs devrait être un acte d’offrande de Jésus et d’union à son Sacrifice perpétuel pour la gloire du Père. Cachés, perdus en Jésus-Christ, revêtus de Jésus-Christ, tellement unis à Jésus-Christ, que sa vie devienne notre vie, voilà ce que nous devrions être pour atteindre la fin du Sacrifice de Jésus.»

«Notre-Seigneur semble avoir fait un autel dans mon âme, où Il s’offre incessamment à son Père et à l’Adorable Trinité. Il paraît vouloir qu’elle se tienne en sa présence, devant cet autel, dans une incessante adoration, se contentant de me regarder et de m’unir aux actes divins qu’Il opère.»

«Le grand attrait de mon âme sera toujours, par delà la question des âmes, dans l’offrande de Jésus-Christ Lui-même à l’Adorable Trinité, pour lui rendre tous les hommages d’amour, de bénédiction, de louange, d’action de grâces, toute la gloire, tout l’honneur qui Lui sont dûs, et que Jésus-Christ seul peut Lui rendre.»

«Voilà le modèle, regardez-le, méditez-le sans cesse et imitez-le! Honneur, amour, respect profond, service fervent, hommages incessants à Jésus-Hostie, sans cesse exposé à nos adorations. Union continuelle au sacrifice de l’autel: offrande non interrompue, par le cœur, du Calice élevé dans les mains des prêtres. Et, pour être victimes avec Jésus-Christ, avec Marie: sacrifice, sacrifice!... Offrons le Sang de Jésus et les larmes de Marie, offrons les sentiments, les mérites, le martyre, les réparations, les actions de grâce de leurs Cœurs sacrés.»

mardi 10 mars 2015

L’égoisme et la piété ne sauraient vivre ensemble

Comment organisez-vous vos journées? Le matin, avec votre oraison, la messe, vos divers autres exercices, vous devez vous trouver encore libre d’assez bonne heure; vous avez ensuite à caser vos exercices du soir. Dans le cours de la journée, vous avez quelques instants de recuefflement à prendre par ci par là. Le reste du temps, dépensez-vous pour le prochain, pour votre mère surtout; ne vous fixez pas dans votre chambre, ne donnez pas à votre piété le vernis sauvage; notre piété doit être douce, affectueuse, prévenante, attrayante. E...] L’égoisme et la piété ne sauraient vivre ensemble. Certainement, il serait plus commode de vivre en solitude, de s’enfermer dans sa coquille, et de laisser les autres se débrouiller; mais tant que vous êtes dans voire famille, votre vertu doit consister à n’en pas négliger les devoirs en uien, tout en donnant à Notre-Seigneur vos exercices de piété et le constant souvenir de votre coeur...(lbid,Le 187)

[René Laurentin, "Marie Deluil-Martiny. Précurseur et martyre béatifiée par Jean-Paul II. La sainte de Marseille.", Fayard, Paris 2003.]

vendredi 6 mars 2015

Apostolat dans le champ de l’instruction des jeunes


Il y a de nombreuses congrégations féminines ,,dominicaines”, qui suivent la règle de Saint Dominique. Parmi les meilleures sont ,,les Dominicaines du Saint-Esprit”, société de vie apostolique de droit pontifical avec six fondations en France. Ces sœurs s’occupent du très important apostolat dans le champ de l’instruction des jeunes. Dans les écoles de l’Etat il est possible de trouver des professeurs ennemis de la religion, qui enseignent une doctrine contraire à l’Evangile, en mettant de la confusion parmi les jeunes élèves. Par exemple, ils enseignent que l’avortement, le divorce, les unions homosexuelles, l’utilisation des anticonceptionnels et d’autres choses de ce genre sont des ,,droits civiques”. C’est nécessaire que les jeunes bénéficient d’une bonne instruction didactique, accompagnée d’une vraie formation religieuse qui les aide non seulement à trouver facilement un emploi, mais aussi à être de bons citoyens et chrétiens. A quoi bon être experte dans quelque matière, avoir un bon lieu de travail, si après on vit constamment dans le péché mortel?

Les Dominicaines du Saint-Esprit prennent soin de six écoles en France. Elles sont des sœurs de stricte observance qui attirent de nombreuses vocations religieuses, malgré la tres grande crise vocationnelle qui a frappé d’autres congrégations françaises. Combien édificatrice est la manière dévote dont elles portent leur habit religieux traditionnel. Ce n’est pas avec la sécularisation de la vie religieuse qu’on obtient des vocations, mais avec un retour à l’observance et à la ferveur des Fondateurs de ces ordres!

J’espère que ces bonnes sœurs pourront ouvrir des écoles encore dans d’autres pays européens comme l’Italie et l’Espagne, car le besoin d’un enseignement authentiquement catholique est très fort. Malheureusement, certaines écoles italiennes d’inspiration catholique ressemblent plutôt aux écoles de l’Etat, il suffit de penser qu’elles fêtent même leur stupide fête d’Halloween.

lundi 2 mars 2015

L’amour de Dieu

On se retire en Dieu parce qu’on aspire à lui, et on y aspire pour s’y retirer; si que l’aspiration en Dieu et la retraite spirituelle s’entretiennent l’une l’autre, est toutes deux proviennent et naissent des bonnes pensées.

Aspirez donc bien souvent en Dieu, Philothée, par des courts mais ardents élancements de votre coeur: admirez sa beauté, invoquez son aide, jetez-vous en esprit au pied de la croix, adorez sa bonté, interrogez-le souvent de votre salut, donnez-lui mille fois le jour votre âme, fichez vos yeux intérieurs sur sa douceur, tendez-lui la main, comme un petit enfant à son père, afin qu’il vous conduise, mettez-lui sur votre poitrine comme un bouquet délicieux, plantez-le en votre âme comme un étendard, et faites mille sortes de divers mouvements de votre coeur pour vous donner de l’amour de Dieu, et vous exciter à une passionnée et tendre dilection de ce divin Epoux.

On fait ainsi les oraisons jaculatoires, que le grand saint Augustin conseille si soigneusement à la dévote dame Proba. Philothée, notre esprit s’adonnant à la hantise, privauté et familiarité de son Dieu, se parfumera tout de ses perfections ; et si, cet exercice n’est point malaisé, car il se peut entrelacer en toutes nos affaires et occupations, sans aucunement les incommoder, d’autant que, soit en la retraite spirituelle, soit en ces élancements intérieurs, on ne fait que des petits et courts divertissements qui n’empêchent nullement, ains servent de beaucoup à la poursuite de ce que nous faisons.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

jeudi 26 février 2015

Réflexions spirituelles

- Considérez qu’il n’y a que tant d’ans que vous n’étiez point au monde, et que votre être était un vrai rien. Où étions-nous, o mon âme, en ce temps-là ? Le monde avait déjà tant duré, et de nous, il n’en était nulle nouvelle.

- Dieu vous a fait éclore de ce rien, pour vous rendre ce que vous êtes, sans qu’il eût besoin de vous, ains par sa seule bonté.

- Considérez l’être que Dieu vous a donné; car c’est le premier être du monde visible, capable de vivre éternellement et de s’unir parfaitement à sa divine Majesté.

- Dieu ne vous a pas mise en ce monde pour aucun besoin qu’il eût de vous, qui lui êtes du tout inutile, mais seulement afin d’exercer en vous sa bonté, vous donnant sa grâce et sa gloire. Et pour celà il vous a donné l’entendement pour le connaître, la mémoire pour vous souvenir de lui, la volonté pour l’aimer, l’imagination pour vous représenter ses bienfaits, les yeux pour voir les merveilles de ses ouvrages, la langue pour le louer, et ainsi des autres facultés.

- Etant créée et mise en ce monde à cette intention, toutes actions contraires à icelle doivent être rejetées et évitées, et celles qui ne servent de rien à cette fin doivent être méprisées, comme vaines et superflues.

- Considérez le malheur du monde qui ne pense point à cela, niais vit comme s’il croyait de n’être créé que pour bâtir des maisons, planter des arbres, assembler des richesses et faire des badineries.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

dimanche 22 février 2015

Eucharistie

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Veillons à la porte des Tabernacles solitaires… et soyons hosties avec Jésus. Hosties! c’est-à-dire comme des apparences sous lesquelles vivra, pensera, agira Jésus-Christ! Alors le moi mauvais est détruit, et ce mot devient vrai: ‘Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi’ (Ga2,20). Prêtons à Jésus nos immolations comme l’hostie lui prête sa forme et ses apparences.»

«A la sainte Messe, le monde chrétien par la voix du prêtre appelle Jésus-Christ! L’adorable Trinité le donne; le monde et le prêtre le reçoivent, ils l’offrent et le donnent à la Sainte Trinité qui vient de leur en faire don.»

«Jésus-Christ a fait jaillir, à la fois de son Cœur, ces deux dons de l’Eucharistie et du sacerdoce; que serait le sacerdoce sans l’Eucharistie? L’Eucharistie est le sacrifice et le sacerdoce est la tribu des sacrificateurs. Que ferait le prêtre sans l’Eucharistie? Le ministère principal du prêtre n’est-il pas d’offrir le sacrifice? Ainsi l’Eucharistie est, si l’on peut ainsi parler, la divine matière du sacerdoce.»

«Nous nous tiendrons cachées dans ce divin calice, semblables à la goutte d’eau que le prêtre mêle au vin de l’autel, afin que nos humbles réparations et notre sacrifice se mêlent au sacrifice de notre Sauveur, et que de son oblation et de la nôtre il ne soit fait qu’une seule oblation.»

«Des yeux de l’âme, il me semblait voir le Père céleste se penchant du ciel vers une réunion des ces âmes pour chercher sur la terre son Fils bien-aimé. Le prêtre élevait vers le Père céleste son Fils-Hostie, Soleil étincelant de la lumière divine; toutes ces âmes prosternées reflétaient avec un éclat incomparable ce divin Soleil, comme de splendides miroirs. Le Père y voyait son Fils mille fois répété, et il s’élançait à la fois vers son Fils et vers ces miroirs fidèles, avec la divine profusion de son amour et de ses complaisances.»

«L’Hostie est devenue l’indispensable de ma vie; je voudrais ne plus la quitter… Notre-Seigneur solitaire au Tabernacle vous appelle à partager sa vie de solitude et de silencieuse adoration. Que ne sommes-nous groupées bien nombreuses autour du Trésor-Hostie! J’en ai tant soif!»

«Etant un soir devant le Saint-Sacrement, j’eus le cœur subitement brisé de l’isolement ordinaire de Notre-Seigneur. Il était nuit; ma sœur, ma bonne et moi étions seules dans l’église. Quel prince de la terre, me disais-je, consentirait à vivre en pareil désert? Impossible de vous exprimer ce que je sentis alors sur l’immense amour du Cœur de Jésus seul là!... sur l’oubli, la froideur, l’indifférence des âmes!»

«Tout pour Jésus… Occupez-vous de votre Jésus, seul dans tant de sanctuaires, et tenez-Lui compagnie par le cœur; soyez sa petite adoratrice dans tous les lieux où Il est délaissé.»

mercredi 18 février 2015

Faire aimer Jésus!

[Dans les écrits de Sainte Thérèse de Lisieux]


J.M.J.T.
15 Octobre 89.
Jésus +

Ma Céline chérie,
                              Si tu savais comme tu as touché le coeur de ta Th.!... Tes petits pots sont RAVISSANTS, tu ne sais pas le plaisir qu'ils m'ont fait!... Céline... Ta lettre m'a fait bien bien plaisir; j'ai senti combien nos âmes sont faites pour se comprendre , pour marcher par la même voie!... La vie... ah! c'est vrai que pour nous elle n'a plus de charme... mais je me trompe c'est vrai que les charmes du monde se sont évanouis pour nous, mais c'est une fumée... et la réalité nous reste, oui, la vie c'est un trésor... chaque instant c'est une éternité, une éternité de joie pour le ciel, une éternité de voir Dieu face à face, de n'être qu'un avec lui!... Il n'y a que Jésus qui est; tout le reste n'est pas... aimons-le donc à la folie, sauvons-lui des âmes, ah! Céline, je sens que Jésus demande de nous deux, de désaltérer sa soif en lui donnant des âmes, des âmes de prêtres surtout, je sens que Jésus veut que je te dise cela, car notre mission c'est de nous oublier, de nous anéantir... nous sommes si peu de chose... et pourtant Jésus veut que le salut des âmes dépende de nos sacrifices, de notre amour, il nous mendie des âmes... ah! comprenons son regard! si peu savent le comprendre, Jésus nous fait la grâce insigne de nous instruire lui-même, de nous montrer une lumière cachée!... Céline... la vie sera courte, l'éternité est sans fin... Faisons de notre vie un sacrifice continuel, un martyre d'amour, pour consoler Jésus, il ne veut qu'un regard, un soupir, mais un regard et un soupir qui soient pour lui seul!... Que tous les instants de notre vie soient pour lui seul, que les créatures ne nous touchent qu'en passant... Il n'y a qu'une seule chose à faire pendant la nuit, l'unique nuit de la vie qui ne viendra qu'une fois, e'est d'aimer, d'Aimer Jésus de toute la force de notre coeur et de lui sauver des âmes pour qu'il soit aimé... Oh! faire aimer Jésus! Céline! comme je parle bien avec toi... c'est comme si je parlais à mon âme... Céline, il me semble qu'à toi je peux tout dire... […]

Sr Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face
nov. carm. ind.

samedi 14 février 2015

Que Jésus soit aimé de tous les coeurs!

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Aimer c’est se donner; aimer c’est se livrer; aimer c’est se sacrifier; aimer c’est s’enchaîner à ce que l’on aime; aimer c’est brûler; aimer c’est se consumer; aimer c’est avoir une si grande soif de voir aimer ce qu’on aime que rien ne coûte pour l’obtenir; aimer c’est chercher partout mille vies, mille cœurs pour les sacrifier et les embraser, et pour les jeter en trophée sous les pas du Bien-Aimé vainqueur.»

«Aimez bien Jésus qui vous a aimée jusqu’à la pauvreté de la crèche, jusqu’à l’humilité de Nazareth, jusqu’au dénuement du désert, jusqu’à l’excès de la sainte Cène, jusqu’à l’agonie du Jardin, jusqu’à la honte du Prétoire, jusqu’aux tourments de la Flagellation et du Couronnement d’épines, jusqu’au martyre de l’adieu à sa Mère, jusqu’au supplice de la Croix, jusqu’à la soif brûlante de sa dernière heure, jusqu’à son délaissement de l’agonie, jusqu’au dernier soupir de son Cœur, jusqu’au coup de lance et à l’épuisement de son Sang par cette Blessure sacrée! Ah! aimez! aimez!»

«N’avoir qu’un amour: Jésus. Qu’un désir: Lui plaire et ne plaire qu’à Lui. Me détruire pour qu’Il vive en moi. Qu’un but: sa gloire, l’extension du règne de son Cœur. Qu’un travail: le faire aimer. Qu’une demeure: la Plaie de son Cœur au tabernacle. Ne plus mettre de bornes à l’amour. Désespérer de moi et tout attendre de Lui.»

mardi 10 février 2015

Solesmes

Une jeune fille française m'a gentiment suggéré de parler d'un monastère cloîtré qu'elle apprécie beaucoup.

Les moniales bénédictines de l'Abbaye Sainte Cécile de Solesmes ont été fondées en 1866 par Jenny-Cécile de Bruyère, fille spirituelle de Dom Guéranger. Elle était malade et ne pouvait se préparer à sa Première Communion. Par conséquent, Dom Guéranger a commencé à lui enseigner la Doctrine Catholique et a vu que Cécile était une fille très spirituelle, celle-ci ayant fait sa Première Communion le 28 mars 1857 à Sablé-Sur-Sarthe (la ville de Dom Guéranger). Le 12 octobre 1861, à l'âge de 16 ans, elle est devenue vierge consacrée. Elle a lu la biographie de Sainte Gertrude et s'est sentie attirée par la vocation bénédictine et a demandé à Dom Guéranger de devenir la première moniale de Solesmes. Dom Guéranger était trop occupé avec ses monastères masculins et a refusé sa proposition. Mais il y avait beaucoup de filles à Sablé-Sur-Sarthe (près de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes) et à Marseille (près de l'abbaye Sainte-Madeleine de Solesmes, fondation des moines de Solesmes) jeunes filles qui avaient un grand intérêt pour la liturgie et la sainte doctrine comme à Solesmes. Dom Guéranger parla à son Prieur, Dom Couturier (le second abbé de Solesmes après Dom Guéranger) qui lui déclara que c'était peut-être bien la volonté de Dieu.

Fin 1866, le chantier s'ouvrir. Les moniales furent formées par Dom Guéranger, plein de zèle, et Cécile Bruyère fut élue abbesse de Sainte Cécile à l'âge de seulement 21 ans. Avant de mourir, Dom Guéranger dit à Cécile de prendre soin du monastère masculin de Saint-Pierre de Solesmes. Cela lui fit beaucoup souffrir parce qu'elle devait quitter la clôture pour s'y rendre.

Aujourd'hui, le monastère de Sainte Cécile est considéré comme un des meilleurs de France. Une fois rentré à Sainte Cécile (doppo sei entrata a Sainte Cécile), il faut apprendre par coeur la Règle de Saint Benoît, ( bisogna imapare a memoria la santa regola di Sa Benedetto). De plus, il est nécessaire d'étudier l'histoire du monachisme au noviciat, la liturgie, la doctrine, le merveilleux chant grégorien, la Bible et le Latin.

Elles vivent avec une observance stricte et respectent attentivement la clôture papale. Elles ont par conséquent gardé les grilles aux parloirs, à l'église, etc. Beaucoup de prières sont récitées en latin qui, par sa noblesse est maîtresse qui élève mieux que toutes les langues l'âme au sacré. Quand une soeur fait des erreurs, elle est tenue de faire "satisfaction", ou réparation. L'usage de s'incliner toujours devant l'abbesse s'est conservé.

Leur principal artisanat est la réalisation de parements liturgiques et d'icônes sacrées.

Abbaye Sainte-Cécile
23, rue Jules Alain
72300 Solesmes
France

Téléphone : 02 43 95 45 02
Fax : 02 43 95 52 01

vendredi 6 février 2015

Comme il faut communier

Commencez le soir précédent à vous préparer à la sainte communion par plusieurs aspirations et élancements d’amour, vous retirant un peu de meilleure heure afin de vous pouvoir aussi lever plus matin. Que si la nuit vous vous réveillez, remplissez soudain votre coeur et votre bouche de quelques paroles odorantes, par le moyen desquelles votre âme soit parfumée pour recevoir l’Epoux, lequel, veillant pendant que vous dormez, se prépare à vous apporter mille grâces et faveurs, si de votre part vous êtes disposée à les recevoir. Le matin levez-vous avec grande joie, pour le bonheur que vous espérez, et vous étant confessée, allez avec grande confiance, mais aussi avec grande humilité, prendre cette viande céleste qui vous nourrit à l’immortalité. [...]

L’ayant reçu, excitez votre coeur à venir faire hommage à ce Roi de salut; traitez avec lui de vos affaires intérieures, considérez-le dedans vous, où il s’est mis pour votre bonheur; enfin, faites-lui tout l’accueil qu’il vous sera possible, et comportez-vous en sorte que l’on connaisse en toutes vos actions que Dieu est avec vous. Mais quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la sainte messe, communiez au moins de coeur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur.

Votre grande intention en la communion doit être de vous avancer, fortifier et consoler en l’amour de Dieu; car vous devez recevoir pour l’amour ce que le seul amour vous fait donner. Non, le Sauveur ne peut être considéré en une action ni plus amoureuse ni plus tendre que celle-ci, en laquelle il s’anéantit, par manière de dire, et se réduit en viande afin de pénétrer nos âmes et s’unir intimement au coeur et au corps de ses fidèles.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

lundi 2 février 2015

Vraie dévotion

Vous aspirez à la dévotion, très chère Philothée, parce qu’étant chrétienne, vous savez que c’est une vertu extrêmement agréable à la divine Majesté : mais, d’autant que les petites fautes que l’on commet au commencement de quelque affaire s’agrandissent infiniment au progrès et sont presque irréparables à la fin, il faut avant toutes choses que vous sachiez que c’est que la vertu de dévotion; car, d’autant qu’il n’y en a qu’une vraie, et qu’il y en a une quantité de fausses et vaines, si vous ne connaissiez quelle est la vraie, vous pourriez vous tromper et vous amuser à suivre quelque dévotion impertinente et superstitieuse.

Arélius peignait toutes les faces des images qu’il faisait, à l’air et ressemblance des femmes qu’il aimait, et chacun peint la dévotion selon sa passion et fantaisie. Celui qui est adonné au jeûne se tiendra pour bien dévot pourvu qu’il jeûne, quoique son coeur soit plein de rancune; et n’osant point tremper sa langue dedans le vin ni même dans l’eau, par sobriété, ne se feindra point de la plonger dedans le sang du prochain par la médisance et calomnie. Un autre s’estimera dévot parce qu’il dit une grande multitude d’oraisons tous les jours, quoiqu’après cela sa langue se fonde toute en paroles fâcheuses, arrogantes et injurieuses parmi ses domestiques et voisins. L’autre tire fort volontiers l’aumône de sa bourse pour la donner aux pauvres, mais il ne peut tirer la douceur de son coeur pour pardonner à ses ennemis; l’autre pardonnera à ses ennemis, mais de tenir raison à ses créanciers, jamais qu’à vive force de justice. Tous ces gens-là sont vulgairement tenus pour dévots, et ne le sont pourtant nullement. Les gens de Saül cherchaient David en sa maison; Michol ayant mis une statue dedans un lit et l’ayant couverte des habillements de David, leur fit accroire que c’était David même qui dormait malade : ainsi beaucoup de personnes se couvrent de certaines actions extérieures appartenant à la sainte dévotion, et le monde croit que ce soient gens vraiment dévots et spirituels; mais en vérité ce ne sont que des statues et fantômes de dévotion.

La vraie et vivante dévotion, o Philothée, présuppose l’amour de Dieu, ains elle n’est autre chose qu’un vrai amour de Dieu; mais non pas toutefois un amour tel quel: car, en tant que l’amour divin embellit notre âme, il s’appelle grâce, nous rendant agréables à sa divine Majesté; en tant qu’il nous donne la force de bien faire, il s’appelle charité; mais quand il est parvenu jusques au degré de perfection auquel il ne nous fait pas seulement bien faire, ains nous fait opérer soigneusement, fréquemment et promptement, alors il s’appelle dévotion. Les autruches ne volent jamais; les poules volent, pesamment toutefois, bassement et rarement; mais les ,aigles, les colombes et les arondelles volent souvent, vitement et hautement. Ainsi les pécheurs ne volent point en Dieu, ains font toutes leurs courses en la terre et pour la terre; les gens de bien qui n’ont pas encore atteint la dévotion volent en Dieu par leurs bonnes actions, mais rarement, lentement et pesamment; les personnes dévotes volent en Dieu fréquemment, promptement et hautement. Bref, la dévotion n’est autre chose qu’une agilité et vivacité spirituelle par le moyen de laquelle la charité fait ses actions en nous, ou nous par elle, promptement et affectionnément; et comme il appartient à la charité de nous faire généralement et universellement pratiquer tous les commandements de Dieu, il appartient aussi à la dévotion de les nous faire faire promptement et diligemment. C’est pourquoi celui qui n’observe tous les commandements de Dieu, ne peut être estimé ni bon ni dévot, puisque pour être bon il faut avoir la charité, et pour être dévot il faut avoir, outre la charité, une grande vivacité et promptitude aux actions charitables.

Et d’autant que la dévotion gît en certain degré d’excellente charité, non seulement elle nous rend prompts et actifs et diligents à l’observation de tous les commandements de Dieu; mais outre cela, elle nous provoque à faire promptement et affectionnément le plus de bonnes oeuvres que nous pouvons, encore quelles ne soient aucunement commandées, ains seulement conseillées ou inspirées. Car tout ainsi qu’un homme qui est nouvellement guéri de quelque maladie chemine autant qu’il lui est nécessaire, mais lentement et pesamment, de même le pécheur étant guéri de son iniquité, il chemine autant que Dieu lui commande, pesamment néanmoins et lentement jusques à tant qu’il ait atteint à la dévotion; car alors, comme un homme bien sain, non seulement il chemine, mais il court et saute « en la voie des commandements de Dieu », et, de plus, il passe et court dans les sentiers des conseils et inspirations célestes. Enfin, la charité et la dévotion ne sont non plus différentes l’une de l’autre que la flamme l’est du feu, d’autant que la charité étant un feu spirituel, quand elle est fort enflammée elle s’appelle dévotion : si que la dévotion n’ajoute rien au feu de la charité, sinon la flamme qui rend la charité prompte, active et diligente, non seulement à l’observation des commandements de Dieu, mais à l’exercice des conseils et inspirations célestes.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

jeudi 29 janvier 2015

Oportet Illum regnare

En 2002, un prêtre m’a demandé si je voulais l’accompagner dans la chapelle d’un monastère de clôture pour lui servir la Messe qu’il devait y célébrer. J’ai pris les habits et nous sommes partis. J’ai été surpris par la piété des sœurs et par l’attention avec laquelle elles participaient à la Messe. C’étaient les Filles du Cœur de Jésus-Christ, un ordre religieux fondé par la bienheureuse Marie Deluil-Martiny, dont le corps est demeuré intact depuis 1884. Sa biographie m’a beaucoup édifié.

Les Filles du Cœur de Jésus passent beaucoup d’heures par jours en prière pour réparer les offenses faites au Cœur de Jésus, pour obtenir de Dieu la victoire sur la société qui complote contre l’Eglise (comme la maçonnerie), pour réparer les sacrilèges contre le Saint Sacrement, pour avoir de nombreux prêtres saints et pour d’autres intentions pieuses. Encore, elles ont la belle dévotion de réciter chaque jour les derniers 7 mots prononcés par Jésus sur la Croix. Quelques jeunes qui ont passé quelques jours dans leur monastère de Vénise m’ont dit qu’elles ont été enthousiasmées par l’ambiance de ferveur et de piété qui y règne. Elles me l’ont décrit comme une oasis de paix pour l’âme.

Je suis heureux que les Filles du Cœur de Jésus-Christ aient gardé la fidélité a la Doctrine Catholique et leur ancien habit, le même que portait leur fondatrice. Leur spiritualité a une ,,saveur” jésuite, étant donne qu’elle est liée à la spiritualité de Saint Ignace de Loyola, l’héroïque fondateur de la Société de Jésus. Je considère que leur ordre religieux est un des meilleurs ordres féminins de clôture.



Les jeunes qui veulent passer quelques jours de retraite spirituelle dans ce monastère italien ou dans d’autres monastères des Filles du Cœur de Jésus, pour discerner leur propre vocation, peuvent les contacter en écrivant à ces adresses:

Monastère du Sacré-Coeur de Jésus
68, Traverse de la Servianne
Les Trois Lucs
13012 Marseille
France

dimanche 25 janvier 2015

Les âmes victimes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

Berchem, octobre 1874.

Au fond, nous le savons toujours, pour vos âmes : elles sont dans la Plaie du Coeur de Jésus, elles sont sur l’Autel, là où sont toujours les âmes victimes ; elles sont dans l’oblation et dans l’immolation continuelle, avec l’Amour Crucifié. Elles reçoivent Jésus, elles l’offrent, elles se donnent à Lui et sont emportées avec Lui dans son perpétuel sacrifice. Quel don que Jésus et quelle offrande !...

L’Adorable Trinité nous donne Jésus blessé, ensanglanté... En le recevant ainsi, couvert de plaies, ne devons-nous pas le consoler, le dédom-mager, lui rendre autant d’honneur qu’il a reçu de mépris, panser et adoucir ses blessures par la compassion, l’amour sans réserve ?...

Nous le recevons pour réparer, et nous l’offrons ensuite pour le glorifier. Que ce commerce et ce don mutuel entre la Sainte Trinité et nos pauvres âmes est quelque chose d’admirable et d’émouvant ! Mes Soeurs, usons là notre vie; recevoir Jésus, s’unir à Lui, l’offrir et s’offrir avec Lui pour glorifier le Père Céleste, c’est assez et c’est tout. Par cette perpétuelle communion, dans la Croix, et par cette perpétuelle offrande, notre coeur bat à sa pauvre façon du même battement que le Coeur de Dieu, si on peut ainsi s’exprimer, puisque le Père Céleste donne sans cesse Jésus-Christ au monde, et le reçoit sans cesse offert d’autel en autel.

La Très Sainte Vierge Marie est là comme partout, notre Institutrice et notre Mère; c’est par Elle que la Très Sainte Trinité nous donne Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est Marie qui est l’Autel sur lequel l’âme le reçoit; le coeur par lequel l’âme l’aime et l’embrasse, les mains par lesquelles l’âme l’offre de nouveau à Dieu, l’âme aussi par laquelle nous jetons vers le Ciel ce cri des âmes acerdotales et victimes « Que par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, et en Jésus-Christ, tout honneur et toute gloire vous soient rendus, ô Dieu (1) ! »

Tout par Lui, et nous cachées en Lui, ensevelies dans sa mort et offertes avec Lui dans l’Unité du Grand Sacrifice; est-ce que la grandeur de cette voie royale des Ames-Victimes ne suffit pas à remplir nos désirs, à apaiser la soif de nos âmes, et à entraîner à tous les sacrifices ?...

Priez pour nous, mes chères Soeurs, afin que nous marchions généreusement au grand but que notre Dieu nous a fait.

La grâce seule peut en donner la force; et les petites victimes ne peuvent rien que par leur union avec la Grande et Divine Victime.

- (1) Canon de la Messe.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]