jeudi 17 avril 2014

Qu'il faut honorer et invoquer les Saints

Puisque Dieu nous envoie bien souvent les inspira. tions par ses anges, nous devons aussi lui renvoyer fréquemment nos aspirations par la même entremise. Les saintes âmes des trépassés qui sont en paradis avec les anges et, comme dit Notre Seigneur, égales et pareilles aux anges, font aussi le même office, d’inspirer en nous et d’aspirer. pour nous par leurs saintes oraisons. Ma Philothée, joignons nos coeurs à ces célestes esprits et âmes bienheureuses ; comme les petits rossignols apprennent à chanter avec les grands, ainsi, par le sacré commerce que nous ferons avec les saints, nous saurons bien mieux prier et chanter les louanges divines : « Je psalmodierai, disait David, à la vue des Anges. »

Honorez, révérez et respectez d’un amour spécial la sacrée et glorieuse Vierge Marie : elle est mère de notre souverain Père, et par conséquent notre grand’mère. Recourons donc à elle, et, comme ses petits-enfants, jetons-nous à son giron avec une confiance parfaite; à tous moments, à toutes occurences réclamons cette douce Mère, invoquons son amour maternel, et, tâchant d’imiter ses vertus, ayons en son endroit un vrai coeur filial.

Rendez-vous fort familière avec les anges; voyez-les souvent invisiblement présents à votre vie, et surtout aimez et révérez celui du diocèse auquel vous êtes, ceux des personnes avec lesquelles vous vivez, et spécialement le vôtre; suppliez-les souvent, louez-les ordinairement, et employez leur aide et secours en toutes vos affaires, soit spirituelles soit temporelles, afin qu’ils coopèrent à vos intentions.

Le grand Pierre Favre, premier prêtre, premier prédicateur, premier lecteur en théologie de la sainte Compagnie du nom de Jésus, et premier compagnon du bienheureux Ignace, fondateur d’icelle, venant un jour d’Allemagne, où il avait fait des grands services à la gloire de Notre Seigneur, et passant en ce diocèse, lieu de sa naissance, racontait qu’ayant traversé plusieurs lieux hérétiques, il avait reçu mille consolations d’avoir salué en abordant chaque paroisse les anges protecteurs d’icelles, lesquels il avait connu sensiblement lui avoir été propices, soit pour le garantir des embûches des hérétiques, soit pour lui rendre plusieurs âmes douces et dociles à recevoir la doctrine de salut. Et disait cela avec tant de recommandation, qu’une damoiselle, lors jeune, l’ayant ouï de sa bouche, le récitait il n’y a que quatre ans, c’est-à-dire plus de soixante ans après, avec un extrême sentiment. Je fus consolé cette année passée de consacrer un autel sur la place en laquelle Dieu fit naître ce bienheureux homme, au petit village du Villaret, entre nos plus âpres montagnes.

Choisissez quelques saints particuliers, la vie desquels vous puissiez mieux savourer et imiter, et en l’intercession desquels vous ayez une particulière confiance: celui de votre nom vous est déjà tout assigné dès votre baptême.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

dimanche 13 avril 2014

Je veux consoler Jésus

(Extrait d'une lettre d'une jeune fille attirée par la vie religieuse)

Je voudrais vous remercier pour votre merveilleux blog. Il m'a redonné courage. [...] Je voudrais consoler le Seigneur et réparer pour toutes les offenses qui lui sont faites. Voici ce que j'avais écrit dans le carnet qui me sert à "analyser" mes envies: "Mon souhait le plus cher est de pouvoir consoler Jésus, panser ses plaies, L'adorer, essuyer ses larmes ; passer ma vie auprès de Lui, tout Lui donner, ne rien garder pour moi, tout sacrifier à son amour; vivre de Lui, pour Lui, en Lui; L'aimer jusqu'à me fondre totalement en Lui; Le contempler; Le supplier d'épargner les pécheurs, de leur accorder sa miséricorde, de leur donner la foi. Je veux consoler Jésus de tous les outrages faits à son Sacré Coeur et au Coeur Immaculé de sa Mère. Si je le pouvais, j'aimerais Lui faire oublier toutes ses souffrances, essuyer les larmes d'eau et de sang qu'Il a versé pour nous.

mercredi 9 avril 2014

De la fréquente Communion

Le Sauveur a institué ce sacrement très auguste de l’Eucharistie qui contient réellement sa chair et son sang, afin que qui la mange vive éternellement; c’est pourquoi, quiconque en use souvent avec dévotion affermit tellement la santé et la vie de son âme, qu’il est presque impossible qu’il soit empoisonné d’aucune sorte de mauvaise affection. On ne peut être nourri de cette chair et vivre des affections de mort; si que, comme les hommes demeurant au paradis terrestre pouvaient ne mourir point selon le corps, par la force de ce fruit vital que Dieu y avait mis, ainsi peuvent-ils ne point mourir spirituellement, par la vertu de ce sacrement de vie. Que si les fruits les plus tendres et sujets à corruption, comme sont les cerises, les abricots et les fraises, se conservent aisément toute l’année étant confits au sucre et au miel, ce n’est pas merveille si nos coeurs, quoique frêles et imbéciles, sont préservés de la corruption du péché lorsqu’ils sont sucrés et emmiellés de la chair et du sang incorruptibles du Fils de Dieu. O Philothée! les chrétiens qui seront damnés demeureront sans réplique lorsque le juste Juge leur fera voir le tort qu’ils ont eu de mourir spirituellement, puisqu’il leur était si aisé de se maintenir en vie et en santé par la manducation de son Corps qu’il leur avait laissé à cette intention. « Misérables, dira-t-il, pourquoi êtes-vous mort, ayant à commandement le fruit et la viande de la vie ? » [...].



(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

samedi 5 avril 2014

Missionnaires

Une fille française m'a écrit pour me parler des Missionnaires de la Charité

Cher D.,
[...] Ce matin, j'ai regardé un film sur Mère Teresa. Quelle grande sainte ! Son oeuvre est admirable, elle était si unie à Dieu, sans même s'en rendre compte.

J'ai donc regardé ce documentaire sur Mère Teresa et les Missionnaires de la Charité, et je me suis rendue compte que tu n'en as pas parlé dans ton blog. Pourtant, c'est une Congrégation très fervente et stricte. La Congrégation regroupe tous les états de vie : des Soeurs apostoliques et contemplatives, des Frères apostoliques et contemplatifs, des Pères, les Coopérateurs (des laïcs qui s'occupent des pauvres d'abord dans leur famille, leur entourage, leur travail, qui font des actes d'amour que personne ne fait, parmi eux il y a les Coopérateurs Souffrants, des malades, souvent hospitalisés ou très handicapés, qui ne peuvent pas servir les pauvres, mais offrent leurs souffrances pour une Soeur, un Frère ou un Père en particulier, et participent ainsi à l'apostolat des Missionnaires de la Charité), le mouvement Corpus Christi, pour les prêtres séculiers (il fait la promotion de la sainteté pour ces prêtres), des Laïcs consacrés et des Volontaires.

Je connais surtout la façon de vivre des Soeurs, mais le même esprit de dévouement, de charité, de service de Dieu dans les pauvres, fait vivre toute la Congrégation.

Les Soeurs ne possèdent que deux saris, une paire de sandale, un chapelet et un livre de prière. Elles vivent comme les pauvres afin de pouvoir servir les pauvres. Elles se font pauvres avec eux. Leur vie est très exigeante. Elles abandonnent tout pour se consacrer à servir Dieu dans les plus pauvres des pauvres. Elles vivent à l'indienne (elles portent le sari, mangent avec les mains, sont assises par terre à l'église). C'était la volonté de Dieu, trouver des âmes victimes qui s'offrent pour l'Inde. Elles s'occupent des mourrants, des malades, des orphelins, des handicapés, de tous les pauvres qui ont besoin d'elles.

Les Soeurs contemplatives ont aussi une forme d'apostolat en recevant des personnes souhaitant vivre quelques jours de recueillement et en allant à la rencontre des plus pauvres des pauvres spirituellement parlant (les malades, les prisonniers...). Quand elles croisent des gens dans le besoin matériel, elles leur donne ce qu'elles peuvent pour les aider.

Les jeunes filles intéressées pas le charisme des Missionnaires de la Charité peuvent prendre contact avec une maison et venir passer 15 jours de " Come and See ". Des jeunes filles de tous les pays sont acceptées à condition de pouvoir apprendre l'anglais, qui est la langue de la Congrégation, mais il y a peu de Soeurs européennes car les jeunes filles européennes ont du mal à sortir de leur confort.

Le but général des Missionnaires de la Charité est d'apaiser la soif de Jésus-Christ sur la Croix, soif d'amour et des âmes, par la pauvreté absolue, la chasteté angélique et l'obéissance joyeuse des Soeurs. Le but particulier est d'emmener le Christ dans les maisons et les rues des bidonvilles, parmi les malades, les mourants, les mendiants et les petits enfants des rues. Les malades seront soignés autant que possible dans leurs pauvres maisons. Les petits enfants auront une école dans les bidonvilles. Les mendiants seront recherchés et visités dans leurs trous à l'extérieur de la ville ou dans les rues. Pour être capable de faire tout cela - les Soeurs doivent d'abord apprendre à vivre une véritable vie intérieure d'union intime avec Dieu - et à Le chercher et Le voir dans tout ce qu'elles font pour les pauvres. Il n'y aura aucune différence entre les Soeurs - elles doivent toutes apprendre à cultiver la terre, cuisiner, soigner et enseigner un peu - et être toujours prêtes à accomplir n'importe laquelle de ces tâches si l'obéissance l'exige.

En union de prière,
(Lettre signée)

mardi 1 avril 2014

Sacrifice et sacrement de la messe

1. Je ne vous ai encore point parlé du soleil des exercices spirituels, qui est le très saint, sacré et très souverain sacrifice et sacrement de la messe, centre de la religion chrétienne, coeur de la dévotion, âme de la piété, mystère ineffable qui comprend l’abîme de la charité divine, et par lequel Dieu s’appliquant réellement à nous, nous communique magnifiquement ses grâces et faveurs.

2. L’oraison faite en l’union de ce divin sacrifice a une force indicible, de sorte, Philothée, que par icelui, l’âme abonde en célestes faveurs, comme appuyée sur son bien-aimé, qui la rend si pleine d’odeurs et suavités spirituelles, qu’elle ressemble à une colonne de fumée de bois aromatique, de la myrrhe, de l’encens et de toutes les poudres du parfumeur, comme il est dit ès Cantiques.

3. Faites donc toutes sortes d’efforts pour assister tous les jours à la sainte messe, afin d’offrir avec le prêtre le sacrifice de votre Rédempteur à Dieu son Père, pour vous et pour toute l’Eglise. Toujours les anges en grand nombre s’y trouvent présents, comme dit saint Jean Chrysostôme, pour honorer ce saint mystère; et nous y trouvant avec eux et avec une même intention, nous ne pouvons que recevoir beaucoup d’influences propices par une telle société. Les choeurs de l’Eglise triomphante et ceux de l’Eglise militante se viennent attacher et joindre à Notre Seigneur en cette divine action, pour avec lui, en lui et par lui ravir le coeur de Dieu le Père et rendre sa miséricorde toute nôtre. Quel bonheur a une âme de contribuer dévotement ses affections pour un bien si précieux et désirable.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

vendredi 28 mars 2014

Immolation de victimes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny a propos des Filles du Cœur de Jésus]

«Comme Marie, sur le Calvaire, a offert le premier et grand Sacrifice, unie au Prêtre éternel, Jésus-Christ, et a renouvelé chaque jour ce Sacrifice par les mains de Saint Jean, ainsi ces âmes offriront Jésus-Hostie, immolé d’autel en autel par toute la terre, d’heure en heure, unies à tous les Prêtres du monde, célébrant de cœur avec eux, ‘suivant l’Agneau partout où il va’, partout où il s’immole.

Aussi peut-on dire combien elles devront avoir l’Esprit du Calvaire, ni dans quelle plénitude, par la miséricorde du Cœur de Jésus, leur seront conférés les mérites du Précieux Sang du Sauveur immolé, pour l’employer au salut du monde, mais surtout de ceux qui doivent être, par la sainteté de leur vie, la lumière du monde, c’est-à-dire des âmes Sacerdotales et des âmes consacrées à Dieu. […]

Enfin, Marie, par l’excès de sa douleur au Calvaire, a enfanté en la personne de Saint Jean, tous les Prêtres. Là, elle en a été faite l’Institutrice et la Mère; c’est pourquoi ensuite, au Cénacle et dans les premières années de l’Eglise, elle a formé, nourri et instruit les Apôtres, les Prêtres. Par Elle, comme un canal, sont arrivées toutes les grâces nécessaires au Sacerdoce.

Ainsi les Filles du Cœur de Jésus, seront-elles les aides, les auxiliaires des Prêtres. En même temps que l’exercice de leur mystique sacerdoce et de leur immolation de victimes, glorifiera Jésus-Christ et Marie, tous les mérites de ces états seront exclusivement consacrés au salut des Prêtres et à la réparation des blessures que font au Cœur de Jésus les âmes de ceux qui faillissent à leur éminente vocation.

Les Religieuses de cette Congrégation feront une profession spéciale de se dévouer au Prêtre, d’aider le Prêtre, de sanctifier le Prêtre, par leurs quotidiennes et incessantes immolations. Elles formeront une phalange invisible et cachée, qui soutiendra les bras du Prêtre, fertilisera ses travaux, et l’aidera à atteindre la sublimité de sa vocation.»

lundi 24 mars 2014

La méditation sur l'enfer

Préparation

1. Mettez-vous en la présence divine.

2. Humiliez-vous et demandez son assistance.

3. Imaginez-vous une ville ténébreuse, toute brûlante de soufre et de poix puante, pleine de citoyens qui n’en peuvent sortir.

Considérations

1. Les damnés sont dedans l’ab!me infernal comme dedans cette ville infortunée, en laquelle ils souffrent des tourments indicibles en tous leurs sens et en tous leurs membres, parce que, comme ils ont employé tous leurs sens et leurs membres pour pécher, ainsi souffriront-ils en tous leurs membres et en tous leurs sens les peines dues au péché: les yeux, pour leurs faux et mauvais regards, souffriront l’horrible vision des diables et de l’enfer; les oreilles, pour avoir pris plaisir aux discours vicieux, n’ouïront jamais que pleurs, lamentations et désespoirs ; et ainsi des autres.

2. Outre tous ces tourments, il y en a encore un plus grand, qui est la privation et perte de la gloire de Dieu, laquelle ils sont forclos de jamais voir. Que si Absalon trouva que la privation de la face amiable de son père David était plus ennuyeuse que son exil, o Dieu! quel regret d’être à jamais privé de voir votre doux et suave visage!

3. Considérez surtout l’éternité de ces peines, laquelle seule rend l’enfer insupportable. Hélas! si une puce en notre oreille, si la chaleur d’une petite fièvre nous rend une courte nuit si longue et ennuyeuse, combien sera épouvantable la nuit de l’éternité avec tant de tourments! De cette éternité, naissent le désespoir éternel, les blasphèmes et rages infinies.


Affections et résolutions

1. Epouvantez votre âme par les paroles de Job: « O mon âme, pourrais-tu bien vivre éternellement avec ces ardeurs perdurables et emmi ce feu dévorant ? Veux-tu bien quitter ton Dieu pour jamais?

2. Confessez que vous l’avez mérité, mais combien de fois! Or, désormais je veux prendre parti au chemin contraire; pourquoi descendrais-je en cet abîme ?

3. Je ferai donc tel et tel effort pour éviter le péché, qui seul peut me donner cette mort éternelle.

Remerciez, offrez, priez.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

jeudi 20 mars 2014

Méditer sur la Passion de Jésus-Christ

L’oraison mettant notre entendement en la clarté et lumière divine, et exposant notre volonté â la chaleur de l’amour céleste, il n’y a rien qui purge tant notre entendement de ses ignorances et notre volonté de ses affections dépravées : c’est l’eau de bénédiction qui, par son arrosement, fait reverdir et fleurir les plantes de nos bons désirs, lave nos âmes de leurs imperfections et désaltère nos coeurs de leurs passions.

Mais surtout je vous conseille la mentale et cordiale, et particulièrement celle qui se fait autour de la vie et passion de Notre Seigneur: en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui ; vous apprendrez ses contenances, et formerez vos actions au modèle des siennes. Il est la lumière du monde: c’est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés et illuminés; c’est l’arbre de désir à l’ombre duquel nous nous devons rafraîchir; c’est la vive fontaine de Jacob pour le lavement de toutes nos souillures. Enfin, les enfants à force d’ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage; et nous, demeurant près du Sauveur par la méditation, et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

dimanche 16 mars 2014

Offrir Jésus

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Chaque battement de nos cœurs devrait être un acte d’offrande de Jésus et d’union à son Sacrifice perpétuel pour la gloire du Père. Cachés, perdus en Jésus-Christ, revêtus de Jésus-Christ, tellement unis à Jésus-Christ, que sa vie devienne notre vie, voilà ce que nous devrions être pour atteindre la fin du Sacrifice de Jésus.»

«Notre-Seigneur semble avoir fait un autel dans mon âme, où Il s’offre incessamment à son Père et à l’Adorable Trinité. Il paraît vouloir qu’elle se tienne en sa présence, devant cet autel, dans une incessante adoration, se contentant de me regarder et de m’unir aux actes divins qu’Il opère.»

«Le grand attrait de mon âme sera toujours, par delà la question des âmes, dans l’offrande de Jésus-Christ Lui-même à l’Adorable Trinité, pour lui rendre tous les hommages d’amour, de bénédiction, de louange, d’action de grâces, toute la gloire, tout l’honneur qui Lui sont dûs, et que Jésus-Christ seul peut Lui rendre.»

«Voilà le modèle, regardez-le, méditez-le sans cesse et imitez-le! Honneur, amour, respect profond, service fervent, hommages incessants à Jésus-Hostie, sans cesse exposé à nos adorations. Union continuelle au sacrifice de l’autel: offrande non interrompue, par le cœur, du Calice élevé dans les mains des prêtres. Et, pour être victimes avec Jésus-Christ, avec Marie: sacrifice, sacrifice!... Offrons le Sang de Jésus et les larmes de Marie, offrons les sentiments, les mérites, le martyre, les réparations, les actions de grâce de leurs Cœurs sacrés.»

mercredi 12 mars 2014

L’égoisme et la piété ne sauraient vivre ensemble

Comment organisez-vous vos journées? Le matin, avec votre oraison, la messe, vos divers autres exercices, vous devez vous trouver encore libre d’assez bonne heure; vous avez ensuite à caser vos exercices du soir. Dans le cours de la journée, vous avez quelques instants de recuefflement à prendre par ci par là. Le reste du temps, dépensez-vous pour le prochain, pour votre mère surtout; ne vous fixez pas dans votre chambre, ne donnez pas à votre piété le vernis sauvage; notre piété doit être douce, affectueuse, prévenante, attrayante. E...] L’égoisme et la piété ne sauraient vivre ensemble. Certainement, il serait plus commode de vivre en solitude, de s’enfermer dans sa coquille, et de laisser les autres se débrouiller; mais tant que vous êtes dans voire famille, votre vertu doit consister à n’en pas négliger les devoirs en uien, tout en donnant à Notre-Seigneur vos exercices de piété et le constant souvenir de votre coeur...(lbid,Le 187)

[René Laurentin, "Marie Deluil-Martiny. Précurseur et martyre béatifiée par Jean-Paul II. La sainte de Marseille.", Fayard, Paris 2003.]

samedi 8 mars 2014

Apostolat dans le champ de l’instruction des jeunes


Il y a de nombreuses congrégations féminines ,,dominicaines”, qui suivent la règle de Saint Dominique. Parmi les meilleures sont ,,les Dominicaines du Saint-Esprit”, société de vie apostolique de droit pontifical avec six fondations en France. Ces sœurs s’occupent du très important apostolat dans le champ de l’instruction des jeunes. Dans les écoles de l’Etat il est possible de trouver des professeurs ennemis de la religion, qui enseignent une doctrine contraire à l’Evangile, en mettant de la confusion parmi les jeunes élèves. Par exemple, ils enseignent que l’avortement, le divorce, les unions homosexuelles, l’utilisation des anticonceptionnels et d’autres choses de ce genre sont des ,,droits civiques”. C’est nécessaire que les jeunes bénéficient d’une bonne instruction didactique, accompagnée d’une vraie formation religieuse qui les aide non seulement à trouver facilement un emploi, mais aussi à être de bons citoyens et chrétiens. A quoi bon être experte dans quelque matière, avoir un bon lieu de travail, si après on vit constamment dans le péché mortel?

Les Dominicaines du Saint-Esprit prennent soin de six écoles en France. Elles sont des sœurs de stricte observance qui attirent de nombreuses vocations religieuses, malgré la tres grande crise vocationnelle qui a frappé d’autres congrégations françaises. Combien édificatrice est la manière dévote dont elles portent leur habit religieux traditionnel. Ce n’est pas avec la sécularisation de la vie religieuse qu’on obtient des vocations, mais avec un retour à l’observance et à la ferveur des Fondateurs de ces ordres!

J’espère que ces bonnes sœurs pourront ouvrir des écoles encore dans d’autres pays européens comme l’Italie et l’Espagne, car le besoin d’un enseignement authentiquement catholique est très fort. Malheureusement, certaines écoles italiennes d’inspiration catholique ressemblent plutôt aux écoles de l’Etat, il suffit de penser qu’elles fêtent même leur stupide fête d’Halloween.

mardi 4 mars 2014

L’amour de Dieu

On se retire en Dieu parce qu’on aspire à lui, et on y aspire pour s’y retirer; si que l’aspiration en Dieu et la retraite spirituelle s’entretiennent l’une l’autre, est toutes deux proviennent et naissent des bonnes pensées.

Aspirez donc bien souvent en Dieu, Philothée, par des courts mais ardents élancements de votre coeur: admirez sa beauté, invoquez son aide, jetez-vous en esprit au pied de la croix, adorez sa bonté, interrogez-le souvent de votre salut, donnez-lui mille fois le jour votre âme, fichez vos yeux intérieurs sur sa douceur, tendez-lui la main, comme un petit enfant à son père, afin qu’il vous conduise, mettez-lui sur votre poitrine comme un bouquet délicieux, plantez-le en votre âme comme un étendard, et faites mille sortes de divers mouvements de votre coeur pour vous donner de l’amour de Dieu, et vous exciter à une passionnée et tendre dilection de ce divin Epoux.

On fait ainsi les oraisons jaculatoires, que le grand saint Augustin conseille si soigneusement à la dévote dame Proba. Philothée, notre esprit s’adonnant à la hantise, privauté et familiarité de son Dieu, se parfumera tout de ses perfections ; et si, cet exercice n’est point malaisé, car il se peut entrelacer en toutes nos affaires et occupations, sans aucunement les incommoder, d’autant que, soit en la retraite spirituelle, soit en ces élancements intérieurs, on ne fait que des petits et courts divertissements qui n’empêchent nullement, ains servent de beaucoup à la poursuite de ce que nous faisons.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

vendredi 28 février 2014

Réflexions spirituelles

- Considérez qu’il n’y a que tant d’ans que vous n’étiez point au monde, et que votre être était un vrai rien. Où étions-nous, o mon âme, en ce temps-là ? Le monde avait déjà tant duré, et de nous, il n’en était nulle nouvelle.

- Dieu vous a fait éclore de ce rien, pour vous rendre ce que vous êtes, sans qu’il eût besoin de vous, ains par sa seule bonté.

- Considérez l’être que Dieu vous a donné; car c’est le premier être du monde visible, capable de vivre éternellement et de s’unir parfaitement à sa divine Majesté.

- Dieu ne vous a pas mise en ce monde pour aucun besoin qu’il eût de vous, qui lui êtes du tout inutile, mais seulement afin d’exercer en vous sa bonté, vous donnant sa grâce et sa gloire. Et pour celà il vous a donné l’entendement pour le connaître, la mémoire pour vous souvenir de lui, la volonté pour l’aimer, l’imagination pour vous représenter ses bienfaits, les yeux pour voir les merveilles de ses ouvrages, la langue pour le louer, et ainsi des autres facultés.

- Etant créée et mise en ce monde à cette intention, toutes actions contraires à icelle doivent être rejetées et évitées, et celles qui ne servent de rien à cette fin doivent être méprisées, comme vaines et superflues.

- Considérez le malheur du monde qui ne pense point à cela, niais vit comme s’il croyait de n’être créé que pour bâtir des maisons, planter des arbres, assembler des richesses et faire des badineries.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mardi 25 février 2014

Eucharistie

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Veillons à la porte des Tabernacles solitaires… et soyons hosties avec Jésus. Hosties! c’est-à-dire comme des apparences sous lesquelles vivra, pensera, agira Jésus-Christ! Alors le moi mauvais est détruit, et ce mot devient vrai: ‘Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi’ (Ga2,20). Prêtons à Jésus nos immolations comme l’hostie lui prête sa forme et ses apparences.»

«A la sainte Messe, le monde chrétien par la voix du prêtre appelle Jésus-Christ! L’adorable Trinité le donne; le monde et le prêtre le reçoivent, ils l’offrent et le donnent à la Sainte Trinité qui vient de leur en faire don.»

«Jésus-Christ a fait jaillir, à la fois de son Cœur, ces deux dons de l’Eucharistie et du sacerdoce; que serait le sacerdoce sans l’Eucharistie? L’Eucharistie est le sacrifice et le sacerdoce est la tribu des sacrificateurs. Que ferait le prêtre sans l’Eucharistie? Le ministère principal du prêtre n’est-il pas d’offrir le sacrifice? Ainsi l’Eucharistie est, si l’on peut ainsi parler, la divine matière du sacerdoce.»

«Nous nous tiendrons cachées dans ce divin calice, semblables à la goutte d’eau que le prêtre mêle au vin de l’autel, afin que nos humbles réparations et notre sacrifice se mêlent au sacrifice de notre Sauveur, et que de son oblation et de la nôtre il ne soit fait qu’une seule oblation.»

«Des yeux de l’âme, il me semblait voir le Père céleste se penchant du ciel vers une réunion des ces âmes pour chercher sur la terre son Fils bien-aimé. Le prêtre élevait vers le Père céleste son Fils-Hostie, Soleil étincelant de la lumière divine; toutes ces âmes prosternées reflétaient avec un éclat incomparable ce divin Soleil, comme de splendides miroirs. Le Père y voyait son Fils mille fois répété, et il s’élançait à la fois vers son Fils et vers ces miroirs fidèles, avec la divine profusion de son amour et de ses complaisances.»

«L’Hostie est devenue l’indispensable de ma vie; je voudrais ne plus la quitter… Notre-Seigneur solitaire au Tabernacle vous appelle à partager sa vie de solitude et de silencieuse adoration. Que ne sommes-nous groupées bien nombreuses autour du Trésor-Hostie! J’en ai tant soif!»

«Etant un soir devant le Saint-Sacrement, j’eus le cœur subitement brisé de l’isolement ordinaire de Notre-Seigneur. Il était nuit; ma sœur, ma bonne et moi étions seules dans l’église. Quel prince de la terre, me disais-je, consentirait à vivre en pareil désert? Impossible de vous exprimer ce que je sentis alors sur l’immense amour du Cœur de Jésus seul là!... sur l’oubli, la froideur, l’indifférence des âmes!»

«Tout pour Jésus… Occupez-vous de votre Jésus, seul dans tant de sanctuaires, et tenez-Lui compagnie par le cœur; soyez sa petite adoratrice dans tous les lieux où Il est délaissé.»

vendredi 21 février 2014

Faire aimer Jésus!

[Dans les écrits de Sainte Thérèse de Lisieux]

J.M.J.T.
15 Octobre 89.
Jésus +

Ma Céline chérie,
                              Si tu savais comme tu as touché le coeur de ta Th.!... Tes petits pots sont RAVISSANTS, tu ne sais pas le plaisir qu'ils m'ont fait!... Céline... Ta lettre m'a fait bien bien plaisir; j'ai senti combien nos âmes sont faites pour se comprendre , pour marcher par la même voie!... La vie... ah! c'est vrai que pour nous elle n'a plus de charme... mais je me trompe c'est vrai que les charmes du monde se sont évanouis pour nous, mais c'est une fumée... et la réalité nous reste, oui, la vie c'est un trésor... chaque instant c'est une éternité, une éternité de joie pour le ciel, une éternité de voir Dieu face à face, de n'être qu'un avec lui!... Il n'y a que Jésus qui est; tout le reste n'est pas... aimons-le donc à la folie, sauvons-lui des âmes, ah! Céline, je sens que Jésus demande de nous deux, de désaltérer sa soif en lui donnant des âmes, des âmes de prêtres surtout, je sens que Jésus veut que je te dise cela, car notre mission c'est de nous oublier, de nous anéantir... nous sommes si peu de chose... et pourtant Jésus veut que le salut des âmes dépende de nos sacrifices, de notre amour, il nous mendie des âmes... ah! comprenons son regard! si peu savent le comprendre, Jésus nous fait la grâce insigne de nous instruire lui-même, de nous montrer une lumière cachée!... Céline... la vie sera courte, l'éternité est sans fin... Faisons de notre vie un sacrifice continuel, un martyre d'amour, pour consoler Jésus, il ne veut qu'un regard, un soupir, mais un regard et un soupir qui soient pour lui seul!... Que tous les instants de notre vie soient pour lui seul, que les créatures ne nous touchent qu'en passant... Il n'y a qu'une seule chose à faire pendant la nuit, l'unique nuit de la vie qui ne viendra qu'une fois, e'est d'aimer, d'Aimer Jésus de toute la force de notre coeur et de lui sauver des âmes pour qu'il soit aimé... Oh! faire aimer Jésus! Céline! comme je parle bien avec toi... c'est comme si je parlais à mon âme... Céline, il me semble qu'à toi je peux tout dire... […]

Sr Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face
nov. carm. ind.

lundi 17 février 2014

Que Jésus soit aimé de tous les coeurs!

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Aimer c’est se donner; aimer c’est se livrer; aimer c’est se sacrifier; aimer c’est s’enchaîner à ce que l’on aime; aimer c’est brûler; aimer c’est se consumer; aimer c’est avoir une si grande soif de voir aimer ce qu’on aime que rien ne coûte pour l’obtenir; aimer c’est chercher partout mille vies, mille cœurs pour les sacrifier et les embraser, et pour les jeter en trophée sous les pas du Bien-Aimé vainqueur.»

«Aimez bien Jésus qui vous a aimée jusqu’à la pauvreté de la crèche, jusqu’à l’humilité de Nazareth, jusqu’au dénuement du désert, jusqu’à l’excès de la sainte Cène, jusqu’à l’agonie du Jardin, jusqu’à la honte du Prétoire, jusqu’aux tourments de la Flagellation et du Couronnement d’épines, jusqu’au martyre de l’adieu à sa Mère, jusqu’au supplice de la Croix, jusqu’à la soif brûlante de sa dernière heure, jusqu’à son délaissement de l’agonie, jusqu’au dernier soupir de son Cœur, jusqu’au coup de lance et à l’épuisement de son Sang par cette Blessure sacrée! Ah! aimez! aimez!»

«N’avoir qu’un amour: Jésus. Qu’un désir: Lui plaire et ne plaire qu’à Lui. Me détruire pour qu’Il vive en moi. Qu’un but: sa gloire, l’extension du règne de son Cœur. Qu’un travail: le faire aimer. Qu’une demeure: la Plaie de son Cœur au tabernacle. Ne plus mettre de bornes à l’amour. Désespérer de moi et tout attendre de Lui.»

jeudi 13 février 2014

Solesmes

Une jeune fille française m'a gentiment suggéré de parler d'un monastère cloîtré qu'elle apprécie beaucoup.

Les moniales bénédictines de l'Abbaye Sainte Cécile de Solesmes ont été fondées en 1866 par Jenny-Cécile de Bruyère, fille spirituelle de Dom Guéranger. Elle était malade et ne pouvait se préparer à sa Première Communion. Par conséquent, Dom Guéranger a commencé à lui enseigner la Doctrine Catholique et a vu que Cécile était une fille très spirituelle, celle-ci ayant fait sa Première Communion le 28 mars 1857 à Sablé-Sur-Sarthe (la ville de Dom Guéranger). Le 12 octobre 1861, à l'âge de 16 ans, elle est devenue vierge consacrée. Elle a lu la biographie de Sainte Gertrude et s'est sentie attirée par la vocation bénédictine et a demandé à Dom Guéranger de devenir la première moniale de Solesmes. Dom Guéranger était trop occupé avec ses monastères masculins et a refusé sa proposition. Mais il y avait beaucoup de filles à Sablé-Sur-Sarthe (près de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes) et à Marseille (près de l'abbaye Sainte-Madeleine de Solesmes, fondation des moines de Solesmes) jeunes filles qui avaient un grand intérêt pour la liturgie et la sainte doctrine comme à Solesmes. Dom Guéranger parla à son Prieur, Dom Couturier (le second abbé de Solesmes après Dom Guéranger) qui lui déclara que c'était peut-être bien la volonté de Dieu.

Fin 1866, le chantier s'ouvrir. Les moniales furent formées par Dom Guéranger, plein de zèle, et Cécile Bruyère fut élue abbesse de Sainte Cécile à l'âge de seulement 21 ans. Avant de mourir, Dom Guéranger dit à Cécile de prendre soin du monastère masculin de Saint-Pierre de Solesmes. Cela lui fit beaucoup souffrir parce qu'elle devait quitter la clôture pour s'y rendre.

Aujourd'hui, le monastère de Sainte Cécile est considéré comme un des meilleurs de France. Une fois rentré à Sainte Cécile (doppo sei entrata a Sainte Cécile), il faut apprendre par coeur la Règle de Saint Benoît, ( bisogna imapare a memoria la santa regola di Sa Benedetto). De plus, il est nécessaire d'étudier l'histoire du monachisme au noviciat, la liturgie, la doctrine, le merveilleux chant grégorien, la Bible et le Latin.

Elles vivent avec une observance stricte et respectent attentivement la clôture papale. Elles ont par conséquent gardé les grilles aux parloirs, à l'église, etc. Beaucoup de prières sont récitées en latin qui, par sa noblesse est maîtresse qui élève mieux que toutes les langues l'âme au sacré. Quand une soeur fait des erreurs, elle est tenue de faire "satisfaction", ou réparation. L'usage de s'incliner toujours devant l'abbesse s'est conservé.

Leur principal artisanat est la réalisation de parements liturgiques et d'icônes sacrées.

Abbaye Sainte-Cécile
23, rue Jules Alain
72300 Solesmes
France

Téléphone : 02 43 95 45 02
Fax : 02 43 95 52 01

dimanche 9 février 2014

Comme il faut communier

Commencez le soir précédent à vous préparer à la sainte communion par plusieurs aspirations et élancements d’amour, vous retirant un peu de meilleure heure afin de vous pouvoir aussi lever plus matin. Que si la nuit vous vous réveillez, remplissez soudain votre coeur et votre bouche de quelques paroles odorantes, par le moyen desquelles votre âme soit parfumée pour recevoir l’Epoux, lequel, veillant pendant que vous dormez, se prépare à vous apporter mille grâces et faveurs, si de votre part vous êtes disposée à les recevoir. Le matin levez-vous avec grande joie, pour le bonheur que vous espérez, et vous étant confessée, allez avec grande confiance, mais aussi avec grande humilité, prendre cette viande céleste qui vous nourrit à l’immortalité. [...]

L’ayant reçu, excitez votre coeur à venir faire hommage à ce Roi de salut; traitez avec lui de vos affaires intérieures, considérez-le dedans vous, où il s’est mis pour votre bonheur; enfin, faites-lui tout l’accueil qu’il vous sera possible, et comportez-vous en sorte que l’on connaisse en toutes vos actions que Dieu est avec vous. Mais quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la sainte messe, communiez au moins de coeur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur.

Votre grande intention en la communion doit être de vous avancer, fortifier et consoler en l’amour de Dieu; car vous devez recevoir pour l’amour ce que le seul amour vous fait donner. Non, le Sauveur ne peut être considéré en une action ni plus amoureuse ni plus tendre que celle-ci, en laquelle il s’anéantit, par manière de dire, et se réduit en viande afin de pénétrer nos âmes et s’unir intimement au coeur et au corps de ses fidèles.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 5 février 2014

Vraie dévotion

Vous aspirez à la dévotion, très chère Philothée, parce qu’étant chrétienne, vous savez que c’est une vertu extrêmement agréable à la divine Majesté : mais, d’autant que les petites fautes que l’on commet au commencement de quelque affaire s’agrandissent infiniment au progrès et sont presque irréparables à la fin, il faut avant toutes choses que vous sachiez que c’est que la vertu de dévotion; car, d’autant qu’il n’y en a qu’une vraie, et qu’il y en a une quantité de fausses et vaines, si vous ne connaissiez quelle est la vraie, vous pourriez vous tromper et vous amuser à suivre quelque dévotion impertinente et superstitieuse.

Arélius peignait toutes les faces des images qu’il faisait, à l’air et ressemblance des femmes qu’il aimait, et chacun peint la dévotion selon sa passion et fantaisie. Celui qui est adonné au jeûne se tiendra pour bien dévot pourvu qu’il jeûne, quoique son coeur soit plein de rancune; et n’osant point tremper sa langue dedans le vin ni même dans l’eau, par sobriété, ne se feindra point de la plonger dedans le sang du prochain par la médisance et calomnie. Un autre s’estimera dévot parce qu’il dit une grande multitude d’oraisons tous les jours, quoiqu’après cela sa langue se fonde toute en paroles fâcheuses, arrogantes et injurieuses parmi ses domestiques et voisins. L’autre tire fort volontiers l’aumône de sa bourse pour la donner aux pauvres, mais il ne peut tirer la douceur de son coeur pour pardonner à ses ennemis; l’autre pardonnera à ses ennemis, mais de tenir raison à ses créanciers, jamais qu’à vive force de justice. Tous ces gens-là sont vulgairement tenus pour dévots, et ne le sont pourtant nullement. Les gens de Saül cherchaient David en sa maison; Michol ayant mis une statue dedans un lit et l’ayant couverte des habillements de David, leur fit accroire que c’était David même qui dormait malade : ainsi beaucoup de personnes se couvrent de certaines actions extérieures appartenant à la sainte dévotion, et le monde croit que ce soient gens vraiment dévots et spirituels; mais en vérité ce ne sont que des statues et fantômes de dévotion.

La vraie et vivante dévotion, o Philothée, présuppose l’amour de Dieu, ains elle n’est autre chose qu’un vrai amour de Dieu; mais non pas toutefois un amour tel quel: car, en tant que l’amour divin embellit notre âme, il s’appelle grâce, nous rendant agréables à sa divine Majesté; en tant qu’il nous donne la force de bien faire, il s’appelle charité; mais quand il est parvenu jusques au degré de perfection auquel il ne nous fait pas seulement bien faire, ains nous fait opérer soigneusement, fréquemment et promptement, alors il s’appelle dévotion. Les autruches ne volent jamais; les poules volent, pesamment toutefois, bassement et rarement; mais les ,aigles, les colombes et les arondelles volent souvent, vitement et hautement. Ainsi les pécheurs ne volent point en Dieu, ains font toutes leurs courses en la terre et pour la terre; les gens de bien qui n’ont pas encore atteint la dévotion volent en Dieu par leurs bonnes actions, mais rarement, lentement et pesamment; les personnes dévotes volent en Dieu fréquemment, promptement et hautement. Bref, la dévotion n’est autre chose qu’une agilité et vivacité spirituelle par le moyen de laquelle la charité fait ses actions en nous, ou nous par elle, promptement et affectionnément; et comme il appartient à la charité de nous faire généralement et universellement pratiquer tous les commandements de Dieu, il appartient aussi à la dévotion de les nous faire faire promptement et diligemment. C’est pourquoi celui qui n’observe tous les commandements de Dieu, ne peut être estimé ni bon ni dévot, puisque pour être bon il faut avoir la charité, et pour être dévot il faut avoir, outre la charité, une grande vivacité et promptitude aux actions charitables.

Et d’autant que la dévotion gît en certain degré d’excellente charité, non seulement elle nous rend prompts et actifs et diligents à l’observation de tous les commandements de Dieu; mais outre cela, elle nous provoque à faire promptement et affectionnément le plus de bonnes oeuvres que nous pouvons, encore quelles ne soient aucunement commandées, ains seulement conseillées ou inspirées. Car tout ainsi qu’un homme qui est nouvellement guéri de quelque maladie chemine autant qu’il lui est nécessaire, mais lentement et pesamment, de même le pécheur étant guéri de son iniquité, il chemine autant que Dieu lui commande, pesamment néanmoins et lentement jusques à tant qu’il ait atteint à la dévotion; car alors, comme un homme bien sain, non seulement il chemine, mais il court et saute « en la voie des commandements de Dieu », et, de plus, il passe et court dans les sentiers des conseils et inspirations célestes. Enfin, la charité et la dévotion ne sont non plus différentes l’une de l’autre que la flamme l’est du feu, d’autant que la charité étant un feu spirituel, quand elle est fort enflammée elle s’appelle dévotion : si que la dévotion n’ajoute rien au feu de la charité, sinon la flamme qui rend la charité prompte, active et diligente, non seulement à l’observation des commandements de Dieu, mais à l’exercice des conseils et inspirations célestes.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

samedi 1 février 2014

Adoration Perpétuelle

Pensées des fondateurs des Clarisses de l'Adoration Perpétuelle

Se dévouer à Jésus-Eucharistie, à l'Eglise, aux intérêts de la gloire de Dieu, à l'extension du règne de Notre-Seigneur, voilà nos fonctions. Et ne dites pas que, pour notre humilité, c'est une vocation trop élevée. Comme adoratrices, nous devons conduire toutes les âmes à Jésus, mais principalement les âmes des prêtres. Dans nos saintes Constitutions, en effet, il nous est dit que nous ne devons pas nous contenter de viser à notre propre sanctification, mais que nous devons encore nous faire un devoir de prier pour les missionnaires. Tous ceux qui ont charge d'âmes doivent faire l'objet de nos supplications. Pour atteindre les pécheurs, il faut de saints prêtres ; pour conduire les âmes d'élite, il faut de saints prêtres ; et, pour nous aussi, pour que notre petite Communauté soit fervente, il nous faut de saints prêtres. Et enfin, qui nous donnera Jésus dans son sacrement d'amour, sinon le prêtre ?

(Mère Marie de sainte Claire, fondatrice des Clarisses de l'Adoration Perpétuelle)

Si la sainteté de Jésus a son imitatrice dans la vierge, si sa justice a sa victime dans la réparatrice, si sa grandeur est exaltée sur les débris du monde par la pénitente, il est également juste que son Amour Eucharistique soit honoré, loué et remercié par une Action de grâces perpétuelle. Et telle est la fin principale de l'adoration pour les Religieuses Franciscaines du Très Saint Sacrement (ancien nom des Clarisses de l'Adoration Perpétuelle).

(Père Bonaventure, fondateur des Clarisses de l'Adoration Perpétuelle)

mardi 28 janvier 2014

Oportet Illum regnare

En 2002, un prêtre m’a demandé si je voulais l’accompagner dans la chapelle d’un monastère de clôture pour lui servir la Messe qu’il devait y célébrer. J’ai pris les habits et nous sommes partis. J’ai été surpris par la piété des sœurs et par l’attention avec laquelle elles participaient à la Messe. C’étaient les Filles du Cœur de Jésus-Christ, un ordre religieux fondé par la bienheureuse Marie Deluil-Martiny, dont le corps est demeuré intact depuis 1884. Sa biographie m’a beaucoup édifié.

Les Filles du Cœur de Jésus passent beaucoup d’heures par jours en prière pour réparer les offenses faites au Cœur de Jésus, pour obtenir de Dieu la victoire sur la société qui complote contre l’Eglise (comme la maçonnerie), pour réparer les sacrilèges contre le Saint Sacrement, pour avoir de nombreux prêtres saints et pour d’autres intentions pieuses. Encore, elles ont la belle dévotion de réciter chaque jour les derniers 7 mots prononcés par Jésus sur la Croix. Quelques jeunes qui ont passé quelques jours dans leur monastère de Vénise m’ont dit qu’elles ont été enthousiasmées par l’ambiance de ferveur et de piété qui y règne. Elles me l’ont décrit comme une oasis de paix pour l’âme.

Je suis heureux que les Filles du Cœur de Jésus-Christ aient gardé la fidélité a la Doctrine Catholique et leur ancien habit, le même que portait leur fondatrice. Leur spiritualité a une ,,saveur” jésuite, étant donne qu’elle est liée à la spiritualité de Saint Ignace de Loyola, l’héroïque fondateur de la Société de Jésus. Je considère que leur ordre religieux est un des meilleurs ordres féminins de clôture.



Les jeunes qui veulent passer quelques jours de retraite spirituelle dans ce monastère italien ou dans d’autres monastères des Filles du Cœur de Jésus, pour discerner leur propre vocation, peuvent les contacter en écrivant à ces adresses:

Monastère du Sacré-Coeur de Jésus
68, Traverse de la Servianne
Les Trois Lucs
13012 Marseille
France

Filles du Coeur de Jésus
de Merodelei 12
2600 Berchem-Antwerpen
Belgique

Figlie del Cuore di Gesù
Via Navarrino 14
30126 Venezia - Lido
Italia

Töchter des Herzens Jesu
Schulgasse 2
6060 Hall in Tirol
Autriche

St. Josefsklösterli
CH-6430 Scwyz
Suisse

Sestre Kćeri Srca Isusova
Trg. Hrvatskih branitelja 8A
HR- 47206 Lasinja
Kroatie

vendredi 24 janvier 2014

Les âmes victimes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

Berchem, octobre 1874.

Au fond, nous le savons toujours, pour vos âmes : elles sont dans la Plaie du Coeur de Jésus, elles sont sur l’Autel, là où sont toujours les âmes victimes ; elles sont dans l’oblation et dans l’immolation continuelle, avec l’Amour Crucifié. Elles reçoivent Jésus, elles l’offrent, elles se donnent à Lui et sont emportées avec Lui dans son perpétuel sacrifice. Quel don que Jésus et quelle offrande !...

L’Adorable Trinité nous donne Jésus blessé, ensanglanté... En le recevant ainsi, couvert de plaies, ne devons-nous pas le consoler, le dédom-mager, lui rendre autant d’honneur qu’il a reçu de mépris, panser et adoucir ses blessures par la compassion, l’amour sans réserve ?...

Nous le recevons pour réparer, et nous l’offrons ensuite pour le glorifier. Que ce commerce et ce don mutuel entre la Sainte Trinité et nos pauvres âmes est quelque chose d’admirable et d’émouvant ! Mes Soeurs, usons là notre vie; recevoir Jésus, s’unir à Lui, l’offrir et s’offrir avec Lui pour glorifier le Père Céleste, c’est assez et c’est tout. Par cette perpétuelle communion, dans la Croix, et par cette perpétuelle offrande, notre coeur bat à sa pauvre façon du même battement que le Coeur de Dieu, si on peut ainsi s’exprimer, puisque le Père Céleste donne sans cesse Jésus-Christ au monde, et le reçoit sans cesse offert d’autel en autel.

La Très Sainte Vierge Marie est là comme partout, notre Institutrice et notre Mère; c’est par Elle que la Très Sainte Trinité nous donne Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est Marie qui est l’Autel sur lequel l’âme le reçoit; le coeur par lequel l’âme l’aime et l’embrasse, les mains par lesquelles l’âme l’offre de nouveau à Dieu, l’âme aussi par laquelle nous jetons vers le Ciel ce cri des âmes acerdotales et victimes « Que par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, et en Jésus-Christ, tout honneur et toute gloire vous soient rendus, ô Dieu (1) ! »

Tout par Lui, et nous cachées en Lui, ensevelies dans sa mort et offertes avec Lui dans l’Unité du Grand Sacrifice; est-ce que la grandeur de cette voie royale des Ames-Victimes ne suffit pas à remplir nos désirs, à apaiser la soif de nos âmes, et à entraîner à tous les sacrifices ?...

Priez pour nous, mes chères Soeurs, afin que nous marchions généreusement au grand but que notre Dieu nous a fait.

La grâce seule peut en donner la force; et les petites victimes ne peuvent rien que par leur union avec la Grande et Divine Victime.

- (1) Canon de la Messe.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

lundi 20 janvier 2014

Le prêtre ne peut sauver les âmes sans viser à la sainteté

Sanctifier et sauver les âmes est le devoir d‘état du prêtre [...]. Or il est de foi que ce qui convertit et sanctifie les âmes, c‘est la grâce de Dieu; nous ne sommes, nous, que des instruments dont Dieu veut bien se servir, mais qui ne produisent de fruit que dans la mesure où ils sont unis à la cause principale, instrumentum Deo conjunctum. Telle est la doctrine de Saint Paul: ―Moi, j‘ai planté, Apollon a arrosé, mais Dieu a fait croître. Ainsi celui qui plante n‘est rien, ni celui qui arrose; Dieu qui fait croître, est tout; [...]. Par ailleurs il est certain que cette grâce s‘obtient surtout de deux manières, par la prière et le mérite. Dans l‘un et l‘autre cas, nous obtenons d‘autant plus de grâces que nous sommes plus saints, plus fervents, plus unis à Notre Seigneur. Si donc notre devoir d‘état est de sanctifier les âmes, cela veut dire que nous devons d‘abord nous sanctifier nous-mêmes: ―Pro eis ego sanctifico meipsum ut sint et ipsi sanctificati in veritate.

Nous arrivons du reste à la même conclusion, en parcourant les moyens de zèle principaux, à savoir la parole et l‘action, l‘exemple, la prière. La parole ne produit d‘effets de salut que lorsque nous parlons au nom et en la vertu de Dieu, ―tanquam Deo exhortante per nos. C‘est ce que fait le prêtre fervent: avant de parler, il prie pour que la grâce vivifie sa parole; en pariant, il ne cherche pas à plaire, mais à instruire, à faire du bien, à convaincre, à persuader, et, parce que son coeur est intimement uni à celui de Jésus, il fait passer dans sa voix une émotion, une force de persuasion qui saisit les auditeurs; et, parce que, en s‘oubliant, il attire le Saint Esprit, les âmes sont touchées par la grâce et converties ou sanctifiées. —Un prêtre médiocre au contraire ne prie que du bout des lèvres, et, parce qu‘il se recherche lui-même, il se bat les flancs et n‘est souvent qu‘un airain sonore ou une cymbale retentissante, ―aes sonans aut cymbalum tinniens.

L‘exemple ne peut être donné que par un prêtre soucieux de son progrès spirituel. Alors il peut en toute confiance, comme S. Paul, inviter les fidèles à l‘imiter comme il s‘efforce d‘imiter le Christ: ―Imitatores mei estote sicut et ego Christi. A la vue de sa piété, de sa bonté, de sa pauvreté, de sa mortification, les fidèles se disent que c‘est un convaincu, un Saint, — le respectent et se sentent portés à l‘imiter: verba movent, exempla trahunt. Un prêtre médiocre peut être estimé comme un brave homme; mais on dira: il fait son métier comme nous faisons le nôtre; son ministère sera peu ou point fructueux.

Quant à la prière, qui est et sera toujours le moyen de zèle le plus efficace, quelle différence entre le saint prêtre et le prêtre ordinaire? Le premier prie habituellement, constamment, parce que ses actions, faites pour Dieu, sont au fond une prière; il ne fait rien, il ne donne pas un conseil, sans reconnaître son incapacité et prier Dieu d‘y suppléer par sa grâce. Dieu la lui accorde avec abondance ―humilibus autem dat gratiam, et son ministère est fructueux. Le prêtre ordinaire prie peu, et prie mal; par là même son ministère est paralysé. Ainsi donc qui veut travailler efficacement au salut des âmes doit s‘efforcer de progresser chaque jour: la sainteté est l‘âme de tout apostolat.

["Précis de Théologie Ascétique et Mystique", Adolphe Tanquerey, 1854-1932]

jeudi 16 janvier 2014

Prière et mortification pour les missionnaires

[Dans les écrits de Sainte Thérèse de Lisieux]

Au Père Adolphe Roulland.

J.M.J.T.
23 juin 1896
Carmel de lisieux
Jésus +

Mon Révérend Père,

J'ai pensé que je serais agréable à notre Bonne Mère, en lui offrant le 21 Juin, pour sa fête, un corporal et un purificatoire […]. C'est à cette Vénérée Mère que je dois le bonheur intime d'être unie à vous par les liens apostoliques de la prière et de la mortification, aussi je vous supplie, mon Révérend Père, de m'aider au Saint Autel à lui payer ma dette de reconnaissance.

Je me sens bien indigne d'être associée spécialement à l'un des Missionnaires de notre Adorable Jésus, mais puisque l'obéissance me confie cette douce tâche je suis assurée que mon Céleste Epoux suppléera à mes faibles mérites (sur lesquels je ne m'appuie aucunement) et qu'Il exaucera les désirs de mon âme en fécondant votre apostolat. Je serai vraiment heureuse de travailler avec vous au salut des âmes; c'est dans ce but que je me suis faite carmélite; ne pouvant être missionnaire d'action, j'ai voulu l'être par l'amour et la pénitence comme Sainte Thérèse ma séraphique Mère... Je vous en supplie, mon Révérend Père, demandez pour moi à Jésus, le jour qu'Il daignera pour la première fois descendre du Ciel à votre voix, demandez-Lui de m'embraser du feu de son Amour afin que je puisse ensuite vous aider à l'allumer dans les coeurs.

Depuis longtemps, je désirais connaître un Apôtre qui voulût bien prononcer mon nom au Saint Autel le jour de sa première Messe... Je désirais lui préparer moi-même les linges sacrés et la blanche hostie destinée à voiler le Roi du Ciel... Ce Dieu de Bonté a voulu réaliser mon rêve et me montrer une fois de plus combien Il se plaît à combler les désirs des âmes qui n'aiment que Lui seul.

Si je ne craignais d'être indiscrète, je vous demanderais encore, mon Révérend Père, d'avoir chaque jour au Saint Autel, un souvenir pour moi... Lorsque l'océan vous séparera de la France, vous vous rappellerez en regardant la pale que j'ai peinte avec tant de bonheur, que sur la montagne du Carmel une âme prie sans cesse le Divin Prisonnier d'Amour, pour le succès de votre glorieuse conquête. Je désire, mon Révérend Père, que notre union apostolique ne soit connue que de Jésus seul, et je réclame l'une de vos premières bénédictions pour celle qui sera heureuse de se dire éternellement

Votre indigne petite soeur en Jésus-Hostie
Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face
rel. carm. ind.

dimanche 12 janvier 2014

La méditation

La méditation répand des bons mouvements en la volonté ou partie effective de notre âme, comme sont l’amour de Dieu et du prochain, le désir du paradis et de la gloire, le zèle du salut des âmes, l’imitation de la vie de Notre Seigneur, la compassion, l’admiration, la réjouissance, la crainte de la disgrâce de Dieu, du jugement et de l’enfer, la haine du péché, la confiance en la bonté et miséricorde de Dieu, la confusion pour notre mauvaise vie passée:

et en ces affections, notre esprit se doit épancher et étendre le plus qu’il lui sera possible. Que si vous voulez être aidée pour cela, prenez en main le premier tome des Méditations de dom André Capilia, et voyez sa préface, car en icelle il montre la façon avec laquelle il faut dilater ses affections; et plus amplement, le Père Arias en son Traité de l’Oraison.

Il ne faut pas pourtant, Philothée, s’arrêter tant à ces affections générales, que vous ne les convertissiez en des résolutions spéciales et particulières pour votre correction et amendement. Par exemple, la première parole que Notre Seigneur dit sur la croix répandra sans doute une bonne affection d’imitation en votre âme, à savoir, le désir de pardonner à vos ennemis et de les aimer. Or, je dis maintenant que cela est peu de chose, si vous n’y ajoutez une résolution spéciale en cette sorte: or sus donc, je ne me piquerai plus de telles paroles fâcheuses qu’un tel ou une telle, mon voisin ou ma voisine, mon domestique ou ma domestique disent de moi, ni de tel et tel mépris qui m’est fait par cestui-ci ou cestui-là; au contraire, je dirai et ferai telle et telle chose pour le gagner et adoucir, et ainsi des autres. Par ce moyen, Philothée, vous corrigerez vos fautes en peu de temps, là où par les seules affections vous le ferez tard et malaisément.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 8 janvier 2014

Nous avons besoin de religieuses fervents

Une lectrice m’a écrit le message suivant que je publie volontiers:

Cher D.,
             Merci pour ta réponse. Je suis contente que tu ais pu visiter le séminaire et les Soeur. Tu as beaucoup de chance. Sur toutes les photos des Servidoras, les Soeurs ont l'air très heureuse, elles sont radieuses. C'est vraiment bien que par ton blog, certaines jeunes femmes les connaissent et aillent les rencontrer. Ton travail porte de très bons fruits. C'est une bonne chose qu'elles aient des vocations. Nous avons tellement besoin de religieux et de religieuses fervents, qui soient un exemple, qui attirent les âmes à Dieu. Nous avons aussi deux maisons de Servidoras en France (il y a trois Soeurs par maison). J'espère que ces communautés grandiront. [...]

En union de prière,
(Lettre signée)
______________________________________________________

Les Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará en France:

Communauté "Santa María Magdalena"
Presbytère 209 avenue de la IVème Republique
Le Cannet-des-Maures, Diócesis de Frejus-Toulon
Tel. +33 (494) 607327
E-Mail: c.mariamagdalena@servidoras.org

Communauté "Santa Clotilde"
Paroisse "Saint Ferréol"
66, Rue de l'Eglise
69700 Loire sur Rhône, Lyon
Tel. +33 (478 ) 732038
E-Mail: c.clotilde@servidoras.org

samedi 4 janvier 2014

Amour pour les pauvres

Une fille française m'a écrit pour me parler des Petites Soeurs des Pauvres.

Cher D.,
               Comment vas-tu ?

Je devais te parler des Petites Soeurs des Pauvres afin que tu puisses mettre un article sur elles.

Elles ont été fondées par Sainte Jeanne Jugan en 1839 à Saint-Servan, en France. Elle a recueilli un vielle femme aveugle chez elle. Elle l'avait trouvée dans la rue car à cette époque, il n'y avait pas d'aides pour les personnes âgées pauvres. Très vite, d'autres femmes se sont jointes à elle et peu à peu la Congrégation est née.

A l'heure actuelle, les Petites Soeurs des Pauvres sont une Congrégation internationale qui oeuvre sur les cinq continents. La langue de la Congrégation est le français. Elles tiennent des maisons de retraites pour les personnes pauvres. Leur vocation est de rendre les pauvres heureux. Elles mettent tout en oeuvre pour que cela soit possible. Elles organisent des animations, des activités, elles accueillent des petits groupes parfois pour visiter les maisons, elles vont visiter les personnes dans leur chambre lorsqu'elles ne peuvent pas venir au réfectoire. Elles voient le Seigneur dans les pauvres, particulièrement dans les personnes malades et souffrantes.

Chaque soeur commence sa journée par une demi-heure d'oraison. Les soeurs ont les offices de Laudes, du milieu du jour et de Vêpres, la Messe et le chapelet quotidiens dans la chapelle de la maison. Elles essaient d'avoir au moins une journée d'Adoration Eucharistique par mois. La fréquentation de la Parole de Dieu a une grande place dans leur vie de prière. Elles prient beaucoup pour la conversion des âmes.

Lorsqu'une personne est mourante, une soeur lui tient compagnie jour et nuit et prie avec elle. Les soeurs acceptent des personnes de toutes les confessions religieuses. Elles n'obligent pas à venir à l'église, mais prient pour leurs résidents. Chacun a la possibilité de recevoir les sacrements, plus particulièrement les derniers sacrements. Grâce aux Petites Soeurs des Pauvres, de nombreuses âmes finissent leur vie dans la paix et vont au Ciel. Leur apostolat est nécessaire et très beau.

Il est souhaitable qu'elles aient encore de nombreuses vocations. A l'heure actuelle, les vocations viennent essentiellement d'Afrique et d'Inde. Il n'y a malheureusement presque plus de vocations françaises. Il faut beaucoup prier pour cela, pour que leur oeuvre continue.

Je peux rajouter que les Petites Soeurs que je connais (il y a une maison pas loin de chez moi et je m'y rend régulièrement) sont rayonnantes. Elles sont pleines de joie et de charité et font un travail admirable. La Mère supérieure de la maison m'a dit une fois qu'elle se considère comme contemplative. Elle n'a pas de nombreuses heures de prières comme dans les monastères de clôture, mais elle contemple le Seigneur dans les pauvres. C'est une personne qui a une grande foi et prie beaucoup pour les âmes.

En union de prière dans le Coeur de Jésus,

(Lettre signée)

jeudi 2 janvier 2014

Prier et souffrir par l’Eglise et la France

[Dans les écrits de la Bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny]

L’Eglise...la France. O patrie bien-aimée ! Nos cœurs de catholiques et de Français sont brisés : nous expérimentons des douleurs toujours plus grandes. Espérons qu’avec l’aide puissant de Marie, reine de la France et de l’Eglise, nous pourrons dire à la première occasion : jamais il n’y a eu un tel triomphe...Si nous savions prier et souffrir, l’Eglise et la France seraient unies dans le même triomphe : une Eglise plus belle qu’avant et la France, revigorée par la douleur, redevenue chrétienne.

(Pensieri scelti dagli scritti della Beata Maria di Gesù Deluil-Martiny, tradotti dal libro "Gesù deve regnare", a cura di Paolo Risso, LEV)

mardi 31 décembre 2013

Expérience vocationnelle

Une jeune fille m'a écrit pour me raconter son expérience vocationnelle chez les Filles du Coeur de Jésus fondées par la zélée Bienheureuse Marie Deluil-Martiny.

Cher D.,
              Je ne trouverai jamais assez de mots pour te remercier de m'avoir conseillé le couvent des Filles du Coeur de Jésus. Ca a été une expérience extraordinaire qui a allumé un grand feu dans mon coeur. Ces soeurs semblent être des anges blancs sur terre. Elles m'ont accueillie avec beaucoup de disponibilité et d'amour. Cela se voit qu'elles aiment ardemment les Coeurs de Jésus et Marie. Leur prière ne cesse jamais, un hymne continu de louanges jusqu'au plus haut des cieux, sans signe de fatigue mais avec joie et amour. En ces jours, j'ai prié intensément et j'ai demandé au Seigneur quelle voie Il veut que je suive pour L'aimer de plus en plus. Aujourd'hui pendant la Messe, avant de partir, durant le dernier chant d'adoration avec le Très Saint exposé, mon coeur s'est mis à battre la chamade et j'ai commencé à pleurer presque contre ma volonté et j'ai ressenti une émotion indescriptible, à quel point Jésus nous aime, son Coeur bat ainsi pour nous !!!

Encore merci pour toute ta précieuse aide !

Bons baisers dans les Coeurs de Jésus et Marie !!

(Lettre signée)


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Les jeunes qui veulent passer quelques jours de retraite spirituelle dans le monastère de clôture des Filles du Cœur de Jésus de Marseille pour discerner leur propre vocation, peuvent les contacter en écrivant à ces adresses:

Monastère des Filles du Cœur de Jésus
68 Traverse de la Serviane
Les Trois Lucs
13012 Marseille

Tél. 04 91 93 43 46

vendredi 27 décembre 2013

Discernement vocationnel

Je publie le texte tiré d’une oeuvre intéressante de saint Alphonse Marie de Liguori adressé à une jeune fille en discernement vocationnel:

Sœur bénie, vous délibérez sur l’état de vie que vous devez embrasser. Je vous vois agitée parce que le monde vous veut pour lui en prenant un mari; Jésus Christ vous veut aussi pour Lui pour vous prendre comme épouse en vous faisant religieuse dans quelque monastère observant. Considérez que de cette décision que vous devez prendre dépend votre salut éternel ; c’est pourquoi je vous recommande de prier chaque jour le Seigneur et de commencer a le faire dès que vous aurez lu ce présent écrit pour qu’Il vous donne la lumière et la force de choisir l’état de vie le plus avantageux pour vous sauver, afin que vous n’ayez pas à vous repentir plus tard du choix fait pour toute votre vie et pour toute l’éternité, alors qu’il ne sera plus de remède à l’erreur. Examinez donc ce qui vous est le plus favorable et ce qui peut vous rendre heureuse: avoir comme époux un homme de la terre ou Jésus Christ, Fils de Dieu et Roi du ciel ; réfléchissez qui des deux vous semble un meilleur époux et choisissez celui-là. La sainte vierge Agnès avait treize ans et parce qu’elle était très belle elle était aimée par beaucoup de gens: parmi eux se trouvait aussi le fils du préfet de Rome qui désirait l’épouser. Mais elle, pensant au Christ qui la voulait pour Lui, a répondu à celui-ci : j’ai trouvé un époux qui est meilleur que vous et que tous les rois de la terre ; donc, je ne peux pas l’échanger avec un autre. Et pour ne pas l’échanger elle a préféré perdre sa vie à ce tendre âge et elle est morte contente comme martyre pour le Christ. C'est la même chose qu'a répondu la sainte vierge Domitilla au conte Aurélien qui était un grand seigneur ; elle aussi est morte martyre, brûlée vive pour ne pas quitter Jésus Christ. Puis, examinez les conséquences que subit celui qui choisit le monde et celui qui choisit Jésus Christ. Le monde vous offre des biens de la terre, de beaux vêtements, des honneurs et des plaisirs. Au contraire, Jésus Christ vous présente des flagellations, des épines, des répulsions et des croix, étant donné que ceux-ci ont été les biens qu’Il s’est choisis pour Lui pendant tous les jours qu’Il a vécus sur cette terre ; mais après Ils vous offre deux biens immenses que le monde ne peut pas vous donner, c’est-à-dire la paix du cœur dans cette vie et le paradis dans l’autre. Aussi, avant de décider l’état de vie à embrasser, est-il nécessaire de penser que votre âme est éternelle et qu’après cette vie qui passe vite vous devrez passer dans l’éternité où, une fois entrée, on vous donnera un lieu perpétuel de châtiment ou de bonheur selon celui que vous avez mérité par les œuvres de votre vie. Et qu’après la mort vous habiterez cette maison de vie ou de mort éternelle où vous resterez pour toute l’éternité, ou sauvée pour toujours et heureuse au milieu des joies du paradis ou perdue et désespérée pour toujours au milieu des tourments de l’enfer. Pensez donc que toutes les choses de ce monde vont vite s’achever. Heureux celui qui se sauve, misérable celui qui se damne ! Rappelez-vous toujours de cette grande maxime de Jésus Christ : A quoi servirait à l’homme de gagner le monde entier s’il perd son âme ? Cette maxime a déterminé tant de chrétiens à s’enfermer dans les cloîtres ou à s’enfuir dans les déserts et tant de femmes à quitter le monde pour se donner au Seigneur et faire une sainte mort. Au contraire, considérez le sort misérable de tant de femmes, de tant de princesses et de reines qui dans le monde ont été servies, louées, honorées et presque adorées : mais si ces pauvres dames se sont damnées, à quoi leur servent à l’enfer de si nombreuses richesses, délices et honneurs offerts, sinon pour leur causer de la peine et des remords de conscience qui les tourmenteront pour toujours, pendant que Dieu sera Dieu, sans avoir aucun abri de leur éternelle ruine ? Mais regardons un peu les biens que donne le monde dans cette vie à celui qui le suit et les biens que Dieu offre à l’âme qui pour son amour quitte le monde. Celui-ci promet de grandes choses à ceux qui le suivent ; mais qui ne se rend pas compte que le monde est un traître qui promet et ne tient pas sa parole ? Mais même s’il tiendrait ses promesses, quels sont les biens qu’il offre ? Des biens terrestres. Mais donne-t-il la paix, la vie heureuse qu’il promet? Non, parce que tous ses biens satisfont les sens et la chair, mais ne comblent pas le coeur et l’âme. Notre âme a été créée par Dieu pour L’aimer dans cette vie et jouir de Lui dans l’autre; tous les biens de la terre, tous ses délices et toutes ses grandeurs restent en dehors du coeur, mais n’y entrent pas, car seulement Dieu peut le combler. Salomon appelait tous les biens mondains vanité et mensonge qui ne remplissent pas le coeur, mais l’affligent: Vanitas vanitatum et affliction spiritus. Et, en effet, l’expérience nous montre que plus on a de ces biens, plus on est angoissé et affligé. Si le monde contentait avec ses biens les princesses, les reines qui ne manquent pas de promenades, de comédies, de festins, de banquets, de palais, de carrosses, de beaux vêtements, de précieux bijoux, de servants et de servantes qui les servent et fassent leur cortège, toutes ces dames seraient satisfaites. Mais non ; ceux qui les croient ainsi se trompent : demandez-leur si elles jouissent de la paix, si elles vivent parfaitement heureuses; qu’est-ce qu’elles vous répondront ? Quelle paix, quel bonheur ! Chacune d’elles vous dira qu’elles mènent une vie malheureuse et qu’elles ne connaissent point la paix. Les mauvais traitements qu’elles reçoivent de leurs maris, les troubles causés par leurs enfants, les jalousies, les peurs, les besoins domestiques les font vivre dans de perpétuelles angoisses et amertumes. Chaque femme mariée peut se considérer martyre de la patience : seulement si elle en a ; autrement, elle subira un martyre en ce monde et un plus dur dans l’autre. Quand elle n’aurait aucune autre peine, seuls les remords de conscience suffiront à la tenir toujours dans le tourment, car elle vit attachée aux biens terrestres, pense peu à son âme, fréquente peu les sacrements, se recommande peu à Dieu ; et, privée de telles aides pour bien vivre, elle ne peut pas vivre sans péchés et sans de continuels remords de conscience. Et voilà que toutes les promesses de divertissement faites par le monde deviennent les amertumes et les peurs de leur damnation. Pauvre que je suis ! Dira-t-elle, qu’est-ce qu'il en sera de moi à l’heure de la mort avec cette vie que je mène, loin de Dieu et avec tant de péchés, allant toujours de mal en pis ? Je voudrais me retirer pour faire un peu d’oraison, mais les devoirs de ma famille et de la maison ne me le permettent pas ; je voudrais entendre les sermons, me confesser, communier souvent, frequenter l’église, mais mon mari ne le veut pas; il me manque souvent l’accompagnement nécessaire et les affaires continuelles, le soin des enfants, les visites et tant d’intrigues ne me quittent plus et me tiennent enfermée chez moi. Juste les jours de fête je peux aller entendre une messe. Que j’ai été folle quand j’ai voulu me marier ! J’aurais pu me faire sainte dans un monastère ! Mais toutes ces lamentations à quoi serviront-elles, sinon à agrandir sa peine, voyant qu’il n’est plus le temps de changer le choix qu’elle avait fait de rester dans le monde ? Et si sa vie sera amère, plus amère sera encore sa mort. Alors elle verra autour du lit les domestiques, le mari, les fils qui la pleureront ; mais tout cela ne la soulagera pas, mais l’affligera encore plus; et, ainsi affligée, pauvre en mérites et pleine de tourments pour son salut éternel, elle devra aller se présenter à Jésus-Christ qui la jugera. Au contraire, une religieuse qui a laissé le monde pour Jésus Christ, combien elle sera contente en vivant parmi tant d’épouses de Dieu dans une cellule solitaire loin du bruit du monde et des continuels et proches dangers de perdre Dieu qui s’y trouvent pour celui qui y vit ! Et combien plus elle se trouvera consolée dans la mort pour avoir passé ses années en oraisons, en mortifications et en tant d’exercices de visites au Saint Sacrement, de confessions, de communions, d’actes d’humilité, d’espérance et d’amour envers Jésus Christ. Et bien que le demon ne cesse pas d’attirer son attention vers les défauts de sa jeunesse, l’Epoux Céleste, pour lequel elle a laissé le monde, saura bien la consoler ; et, ainsi, pleine de confiance, elle mourra en embrassant le crucifix qui la conduira au ciel pour vivre dans un éternel bonheur. Soeur bienheureuse, vu que vous devez choisir votre état de vie, choisissez celui que vous voudriez avoir choisi à l’heure de la mort. A cette heure là, chacune verra finie sa présence dans le monde et dira : Oh, si je m’étais faite sainte ! Oh, si j’avais abandonné le monde et m’étais donnée à Dieu ! Mais maintenant ce qui est fait est fait ; il ne me reste plus autre chose que de donner mon dernier souffle et aller entendre Jésus Christ qui me dira : Viens, bienheurese, te réjouir avec moi pour toujours ; ou : Va à l’enfer séparée de moi pour toujours. C’est à vous a présent de choisir : ou le monde ou Jésus Christ. Si vous choisissez le monde, sachez que tôt ou tard vous vous en repentirez. Donc, réfléchissez bien. Dans le monde il y a de nombreuses femmes qui se perdent ; dans les monastères, celles qui se perdent sont rares. Recommandez-vous au crucifix et à la Sainte Vierge Marie pour qu’Ils vous fassent choisir ce qui est mieux pour votre salut éternel. Si vous voulez vous faire religieuse, efforcez-vous encore à vous faire sainte : car si vous pensez vivre au monastère d’une manière relâchée et imparfaite, comme vivent certaines moniales, il ne vous sert pas d’y entrer, puisque vous aurez une vie malheureuse et malheureuse sera aussi votre mort. Puis, si vous avez de la répugnance à la pensée de vous enfermer dans un monastère, je ne puis pas vous conseiller l’état du mariage, étant donné que Saint Paul ne le conseille à personne sauf cas de nécessité absolue, ce qui j’espère n’est pas votre cas ; au moins restez chez vous et cherchez à vous sanctifier. Pendant neuf jours je vous demande de prier Notre Seigneur Jésus-Christ de vous donner la lumière et la force pour choisir l’état qui vous aidera le plus à vous sauver. Priez aussi Notre Dame de vous obtenir cette grâce par sa puissante intercession.