dimanche 28 septembre 2014

Une vocation reçue grâce à l'intercession de Sainte Thérèse de Lisieux

Un soir, devant un hôtel prestigieux de Paris, s'arrêta un taxi duquel descendit un important homme d'affaires français. Il entra dans la hall et se dirigea vers la réception, mais à un moment, il eut la sensation d'être observé par quelqu'un par dessus l'épaule. Il se retourna et vit qu'il s'agissait d'une jeune soeur. Ne connaissant pas les habits religieux, il ne reconnut pas qu'il s'agissait d'une carmélite déchaussée. Du reste, cet entrepreneur était tellement occupé par ses affaires qu'il ne s'intéressait pas aux Ordres religieux, aux églises et aux monastères. Le fait était que la soeur continuait à l'observer et lui souriait avec une candeur céleste. L'entrepreneur ne connaissait pas cette mystérieuse religieuse, il souleva son chapeau pour la saluer, puis se retourna et s'avança vers la réception pour remplir les formalités administratives nécessaires. Pendant qu'il signait le registre il jeta un coup d'oeil par-dessus sont épaule pour voir si la jeune soeur était toujours là, mais il ne la vit pas. Il demanda alors à l'employé qui était cette fille en habit religieux, mais celui-ci haussa les épaules en lui répondant que dans la dernière demi-heure, aucune autre personne à part lui n'était entré dans la hall de l'hôtel.

Quelques jours après, pendant qu'il était chez des amis, l'homme d'affaire observa l'image d'une soeur : avec grande stupeur il reconnut la jeune soeur qui lui avait souri à l'hôtel. Il demanda de qui il s'agissait et ils lui répondirent que c'était Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

Quelques temps après, cet homme abandonna le monde de l'entreprise et entré à l'Abbaye d'Aiguebelle. Après la vision de Sainte Thérèse de Lisieux il s'était rapproché de la Religionet avait ressenti l'appel de Dieu à la vie monastique. Il ne portait plus d'habits chers et raffinés, mais une tunique avec un scapulaire sombre et une ceinture de cuir. Il avait également la tête rasée et la barbe longue. Il était devenu moine trappiste. Dans le silence et le recueillement du monastère, il avait finalement trouvé la paix intérieure que les richesses qu'il possédait dans le monde n'avait pu lui procurer.

mercredi 24 septembre 2014

Les femmes les plus heureuses du monde

Le monde pense que les sœurs de clôture sont des femmes qui mènent une vie triste et malheureuse. Lui ne comprend rien aux choses spirituelles, c’est pour cela qu’il a des discours erronés.

Il y a quelque temps, j’ai visité un monastère de clôture de la branche contemplative des Servantes (Servidoras). Ce fut une expérience touchante d ‘entrer dans le parloir et de voir les sœurs au-delà des grilles. Presque toutes étaient jeunes et leurs visages irradiaient une grande joie intérieure. Parler avec elles a été une chose très intéressante et le temps est passe très vite. Elles ont été très gentilles et cordiales, mais la charité fraternelle est pratiqué principalement avec la prière et la pénitence en faveur des âmes. Même s’il est «caché », cet apostolat est très important pour l’Eglise, le Corps Mystique du Christ.

Je suis convaincu que les sœurs qui appartiennent aux ordres religieux fervents et observants sont les femmes les plus heureuses du monde. Pourtant, le monde ne peut pas comprendre ces choses...

samedi 20 septembre 2014

La nature des fonctions sacerdotales exige la sainteté

En vertu de sa mission, le prêtre doit glorifier Dieu au nom de toutes les créatures et plus spécialement du peuple chrétien. Il est donc vraiment, et cela en vertu du sacerdoce tel que Notre Seigneur l'a institué, le religieux de Dieu. C'est surtout par le saint sacrifice de la messe et la récitation du Saint Office qu'il s'acquitte de ce devoir ; mais toutes ses actions, même les plus communes peuvent y contribuer, comme nous l'avons dit plus haut, si elles sont faites pour lui plaire. Or cette mission ne peut être remplie convenablement que par un prêtre saint, ou du moins disposé à le devenir.

Quelle sainteté est requise pour le Saint Sacrifice? Les prêtres de l'Ancienne Loi qui voulaient s'approcher de Dieu, devaient être saints (il s'agit surtout de la sainteté légale) sous peine d'être châtiés (Exod., XIX, 22). Pour offrir l'encens et les pains destinés à l'autel, ils devaient être saints (Levit., XXI,6). Combien plus saints, d'une sainteté intérieure, ceux qui offrent non plus des ombres et des figures, mais le sacrifice par excellence, la victime infiniment sainte? Tout est saint dans ce divin sacrifice: la victime et le prêtre principal qui n'est autre que Jésus, qui, nous dit Saint Paul, « est saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et élevé au-dessus des cieux (Hebr., VII, 26); l'Eglise, au nom de laquelle le prêtre offre la sainte messe, et que Jésus a sanctifiée au prix de son sang : « seipsum tradidit pro ea ut illam sanctificaret... ut sit sancta et immaculata » (Ephes., V, 25-27); le but, qui est de glorifier Dieu et de produire dans les âmes des fruits de sainteté ; les prières et cérémonies, qui rappellent le sacrifice du Calvaire et les effets de sainteté qu'il a mérités; la communion surtout, qui nous unit à la source de toute sainteté. N'est-il donc pas nécessaire que le prêtre qui, comme représentant de Jésus-Christ et de l'Eglise, offre cet auguste sacrifice, soit lui-même revêtu de sainteté? Comment pourrait-il représenter dignement Jésus-Christ, au point d'être alter Christus, si sa vie était médiocre, sans aspirations vers la perfection? Comment serait-il le ministre de l'Eglise immaculée, si son âme, attachée au péché véniel, n'avait cure de progrès spirituel? Comment glorifierait-il Dieu, si son cœur était vide d'amour et de sacrifice? Comment sanctifierait-il les âmes, s'il n'avait lui-même le désir loyal de se sanctifier? Comment oserait-il monter au saint autel, et réciter les prières de la messe, qui respirent les sentiments les plus purs de pénitence, de foi, de religion, d'amour, d'abnégation, si son âme y était étrangère? [...] Et comment communier chaque jour au Dieu de toute sainteté, sans avoir le désir sincère de participer à cette sainteté, de s'en rapprocher du moins chaque jour par un effort progressif? Ne serait-ce pas là une contradiction flagrante, un manque de loyauté, une provocation, un abus de la grâce, une infidélité à sa vocation?

["Précis de Théologie Ascétique et Mystique", Adolphe Tanquerey, 1854-1932]

mardi 16 septembre 2014

L'aridité durant la méditation

S’il vous arrive, Philothée, de n’avoir point de goût ni de consolation en la méditation, je vous conjure de ne vous point troubler, mais quelquefois ouvrez la porte aux paroles vocales : lamentez-vous de vous-même à Notre Seigneur, confessez votre indignité, priez-le qu’il vous soit en aide, baisez son image si vous l’avez [..]. Autres fois, prenez un livre en main, et le lisez avec attention jusques à ce que votre esprit soit réveillé et remis en vous ; piquez quelquefois votre coeur par quelque contenance et mouvement de dévotion extérieure, vous prosternant en terre, croisant les mains sur l’estomac, embrassant un crucifix: cela s’entend si vous êtes en quelque lieu retiré.

Que si après tout cela vous n’êtes point consolée, pour grande que soit votre sécheresse, ne vous troublez point, mais continuez à vous tenir en une contenance dévote devant votre Dieu. Combien de courtisans y a-t-il qui vont cent fois l’année eu la chambre du prince sans espérance de lui parler, mais seulement pour être vus de lui et rendre leur devoir. Ainsi devons-nous venir, ma chère Philothée, à la sainte oraison, purement et simplement pour rendre notre devoir et témoigner notre fidélité. Que s’il plaît à la divine Majesté de nous parler et s’entretenir avec nous par ses saintes inspirations et consolations intérieures, ce nous sera sans doute un grand honneur et un plaisir délicieux; mais s’il ne lui plaît pas de nous faire cette grâce, nous laissant là sans nous parler, non plus que s’il ne nous voyait pas et que nous ne fussions pas en sa présence, nous ne devons pourtant pas sortir, ains au contraire nous devons demeurer là, devant cette souveraine bonté, avec un maintien dévotieux et paisible; et lors infailliblement il agréera notre patience, et remarquera notre assiduité et persévérance, si qu’une autre fois, quand nous reviendrons devant lui, il nous favorisera et s’entretiendra avec nous par ses consolations, nous faisant voir l’aménité de la sainte oraison. Mais quand il ne le ferait pas, contentons-nous, Philothée, que ce nous est un honneur trop plus grand d’être auprès de lui et à sa vue.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

vendredi 12 septembre 2014

Vivons de sacrifice, c’est vivre de vrai amour

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

21 avril 1874.

Je crois, chère enfant, que l’absence resserre mille fois plus nos liens !... Qu’il fait bon être étroitement unies en Jésus !... Voilà des chaînes solides que rien ne peut rompre. La distance ne touche pas les âmes, et elle ne sert que de matière à l’immolation, c’est-à-dire, elle unit encore plus, car la grande union des âmes se fait sur la croix et par la croix. Vous y êtes, j’y suis avec vous, et Jésus y est avec nous... Vivons de sacrifice, c’est vivre de vrai amour. Choisies comme de petites victimes, appelées à une étroite union au sacrifice, que pouvons-nous attendre sinon l’immolation ?... Comment être emportées à toute heure dans l’oblation de Jésus-Eucharistie, si notre être n’est pas en sacrifice ?... Comment être un seul coeur avec le Coeur ensanglanté de Jésus, si aucune des épines de sa couronne ne nous touche !... Dans l’union au Coeur de Jésus, comptons sur la croix du coeur : agonies, angoisses, brisements intimes, délaissements qui avez fait le martyre perpétuel du Coeur de Dieu qui est le Coeur de mon Epoux, venez aussi en mon pauvre coeur et rendez mon coeur conforme au Coeur de mon Epoux et de mon Dieu !... Disons cela, ma fille, et faisons bon accueil à ces souffrances qui nous rendent semblables en quelque petite chose à notre Céleste Bien-Aimé !... Ayez un grand courage l’état d’immolation où Jésus vous tient est une confirmation nouvelle de votre vocation pour l’OEuvre... Ne vous regardez pas, n’examinez pas vos peines ; offrez-les avec le Sang de Jésus et abandonnez-vous en aveugle. ... Plus l’immolation grandira, plus l’union avec Notre- Seigneur deviendra étroite. Humilité et abandon.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

lundi 8 septembre 2014

Penser à la mort

1. Considérez l’incertitude du jour de votre mort. O mon âme, vous sortirez un jour de ce corps. Quand sera-ce ? sera-ce en hiver ou en été ? en la ville ou au village ? de jour ou de nuit ? sera-ce à l’impourvu ou avec avertissement ? sera-ce de maladie ou d’accident ? aurez-vous le loisir de vous confesser, ou non P serez-vous assistée de votre confesseur et père spirituel! Hélas, de tout cela nous n’en savons rien du tout; seulement cela est assuré que nous mourrons, et toujours plus tôt que nous ne pensons.

2. Considérez qu’alors le monde finira pour ce qui vous regarde, il n’y en aura plus pour vous; il renversera sans dessus dessous devant vos yeux. Oui, car alors les plaisirs, les vanités, les joies mondaines, les affections vaines nous apparaîtront comme des fantômes et nuages. Ah chétive, pour quelles bagatelles et chimères ai-je offensé mon Dieu ? Vous verrez que nous avons quitté Dieu pour néant. Au contraire, la dévotion et les bonnes oeuvres vous sembleront alors si désirables et douces: et pourquoi n’ai-je suivi ce beau et gracieux chemin ? Alors les péchés qui semblaient bien petits paraîtront gros comme des montagnes, et votre dévotion bien petite.

3. Considérez les grands et langoureux adieux que votre âme dira à ce bas monde: elle dira adieu aux richesses, aux vanités et vaines compagnies, aux plaisirs, aux passetemps, aux amis et voisins, aux parents, aux enfants, au mari, à la femme, bref, à toute créature; et, en fin finale, à son corps, qu’elle délaissera pâle, have, défait, hideux et puant.

4. Considérez les empressements qu’on aura pour lever ce corps-là et le cacher en terre, et que, cela fait, le monde ne pensera plus guère en vous, ni n’en sera plus mémoire, non plus que vous n’avez guère pensé aux autres : Dieu lui fasse paix, dira-t-on, et puis, c’est tout. O mort, que tu es considérable, que tu es impiteuse !

5. Considérez, qu’au sortir du corps, l’âme prend son chemin ou à droite ou à gauche. Hélas, où ira la vôtre ? quelle voie tiendra-t-elle ? non autre que celle qu’elle aura commencée en ce monde.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

jeudi 4 septembre 2014

Vocation

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Chacun a sa voie et n’a de paix que dans cette voie. La vôtre est toute d’humilité, de vie cachée, de douce et humble cordialité, de silencieux dévouement.»

«C’est une grande grâce de Notre-Seigneur que ce désir qu’il vous donne, contre vous-même, de l’appel… Recevez cette douce inspiration avec reconnaissance; ne vous en tourmentez pas; laissez à Jésus le soin de la faire croître et de la perfectionner… Oui, oui, seulement ce que Jésus voudra, vous ne voudrez jamais rien d’autre, ni moi non plus pour vous. Ce n’est pas vous qui devez faire votre vocation: c’est Jésus qui fera votre vocation, quelle qu’elle soit. Vous n’avez qu’à prier Notre-Seigneur d’accomplir en vous ses desseins selon que son divin Cœur les a formés.»

«Ce n’est pas pour rien que Dieu a promis le centuple en ce monde, avec la vie éternelle dans l’autre, à ceux qui quittent tout pour Le suivre; tout, ses sœurs, son époux, ses proches, ses champs, ses biens, et même son âme, c’est-à-dire l’amour de soi-même et de sa vie. Il nomme tout ce qu’il y a de cher et de sacré, pour que nous restions sans excuses, et que nous sachions bien que rien ne prévaut contre ses droits: ni la tendresse d’une mère, ni la désolation d’un père, ni la douce affection des sœurs, ni rien de ce que la nature et le monde peuvent avoir pour nous de meilleur et de plus attrayant.»

dimanche 31 août 2014

La dévotion est la douceur des douceurs et la reine des vertus

Le monde voit que les dévots jeûnent» prient et souffrent les injures, servent les malades, donnent aux pauvres, veillent, contraignent leur colère, suffoquent et étouffent leurs passions, se privent des plaisirs sensuels et font telles et autres sortes d’actions, lesquelles en elles-mêmes et de leur propre substance et qualité sont âpres et rigoureuses; mais le monde ne voit pas la dévotion intérieure et cordiale, laquelle rend toutes ces actions agréables, douces et faciles. Regardez les abeilles sur le thym: elles y trouvent un suc fort amer, mais en le suçant elles le convertissent en miel, parce que telle est leur propriété. O mondains, les âmes dévotes trouvent beaucoup d’amertume en leurs exercices de mortification, il est vrai, mais en les faisant elles les convertissent en douceur et suavité. Les feux, les flammes, les roues et les épées semblaient des fleurs et des parfums aux martyrs, parce qu’ils étaient dévots; que si la dévotion peut donner de la douceur aux plus cruels tourments et à la mort même, qu’est-ce qu’elle fera pour les actions de la vertu ?

Le sucre adoucit les fruits mal mûrs et corrige la crudité et nuisance de ceux qui sont bien mûrs; or, la dévotion est le vrai sucre spirituel, qui ôte l’amertume aux mortifications et la nuisance aux consolations : elle ôte le chagrin aux pauvres et l’empressement aux riches, la désolation à l’oppressé et l’insolence au favorisé, la tristesse aux solitaires et la dissolution à celui qui est en compagnie; elle sert de feu en hiver et de rosée en été, elle sait abonder et souffrir pauvreté» elle rend également utile l’honneur et le mépris, elle reçoit le plaisir et la douleur avec un coeur presque toujours semblable, et nous remplit d’une suavité merveilleuse.

Contemplez l’échelle de Jacob (car c’est le vrai portrait de la vie dévote) : les deux côtés entre lesquels on monte, et auxquels les échelons se tiennent, représentent l’oraison qui impètre l’amour de Dieu et les sacrements qui le confèrent; les échelons ne sont autre chose que les divers degrés de charité par lesquels l’on va de vertu en vertu, ou descendant par l’action au secours et support du prochain, ou montant par la contemplation à l’union amoureuse de Dieu, Or voyez, je vous prie, ceux qui sont sur l’échelle : ce sont des hommes qui ont des coeurs angéliques, ou des anges qui ont des corps humains ; ils ne sont pas jeunes, mais ils le semblent être, parce qu’ils sont pleins de vigueur et agilité spirituelle ; ils ont des ailes pour voler, et s’élancent en Dieu par la sainte oraison, mais ils ont des pieds aussi pour cheminer avec les hommes par une sainte et amiable conversation; leurs visages sont beaux et gais, d’autant qu’ils reçoivent toutes choses avec douceur et suavité; leurs jambes, leurs bras et leurs têtes sont tout à découvert, d’autant que leurs pensées, leurs affections et leurs actions n’ont aucun dessein ni motif que de plaire à Dieu. Le reste de leurs corps est couvert, mais d’une belle et légère robe, parce qu’ils usent voirement de ce monde et des choses mondaines, mais d’une façon toute pure et sincère, n’en prenant que légèrement ce qui est requis pour leur condition : telles sont les personnes dévotes.

Croyez-moi, chère Philothée, la dévotion est la douceur des douceurs et la reine des vertus, car c’est la perfection de la charité. Si la charité est un lait, la dévotion en est la crème; si elle est une plante, la dévotion en est la fleur; si elle est une pierre précieuse, la dévotion en est l’éclat ; si elle est un baume précieux, la dévotion en est l’odeur, et l’odeur de suavité qui conforte les hommes et réjouit les anges.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 27 août 2014

Différence entre l’Ascétique et la Mystique

Ce que nous avons dit s'applique à la fois à l'une et à l'autre.

1) Pour les distinguer, on peut définir la théologie ascétique cette partie de la science spirituelle qui a pour objet propre la théorie et la pratique de la perfection chrétienne depuis ses débuts jusqu'au seuil de la contemplation infuse. Nous faisons commencer la perfection avec le désir sincère de progresser dans la vie spirituelle, et l'ascétique conduit l'âme, à travers les voies purgative et illuminative, jusqu'à la contemplation acquise.

2) La Mystique est cette partie de la science spirituelle qui a pour objet propre la théorie et la pratique de la vie contemplative, depuis la première nuit des sens et la quiétude jusqu'au mariage spirituel.

a) Nous évitons donc, dans notre définition, de faire de l'Ascétique l'étude des voies ordinaires de la perfection, et de la Mystique l'étude des voies extraordinaires... aujourd'hui en effet on réserve plutôt ce mot d'extraordinaire à une catégorie spéciale de phénomènes mystiques, ceux qui sont des grâces gratuitement données venant s'ajouter à la contemplation, comme les extases et les révélations.

b) La contemplation est une vue simp/e et affectueuse de Dieu ou des choses divines : elle s'appelle acquise quand elle est le fruit de notre activité aidée de la grâce, infuse quand, dépassant cette activité, elle est opérée par Dieu avec notre consentelnent).

c) C'est à dessein que nous réunissons dans un seul et même traité la théologie ascétique et mystique. 1) Assurément il y a des différences profondes entre l'une et l'autre, que nous aurons soin de signaler plus tard ; mais il y a aussi entre les deux états, ascétique et mystique, une certaine continuité qui fait que l'un est une sorte de préparation à l'autre, et que Dieu utilise, quand il le juge à propos, les dispositions de l’ascète pour l’élever aux états mystiques. 2) En tout cas, l’étude de la mystique projette beaucoup de lumiere sur l'ascé- tique et réciproquement; car les voies de Dieu sont harmonieuses, et l'action si puissante qu'il exerce sur les âmes mystiques fait mieux saisir, par le relief avec lequel elle apparaît, son action moins forte sur les débutants ; ainsi les épreuves passives décrites par S. Jean de la Croix font mieux comprendre les sécheresses ordinaires qu'on éprouve dans les états inférieurs, et de même on comprend mieux les voies mystiques quand on voit à quelle docilité, à quelle souplesse arrive une âme qui, pendant de longues années, s'est livrée aux rudes travaux de l'ascèse. Ces deux parties d'une même science s'éclairent donc naturellement et gagnent à n'être pas séparées.

["Précis de Théologie Ascétique et Mystique", Adolphe Tanquerey, 1854-1932]

samedi 23 août 2014

Amitié avec ceux qui peuvent communiquer avec vous de choses vertueuses

O Philothée, aimez un chacun d’un grand amour charitable, mais n’ayez point d’amitié qu’avec ceux qui peuvent communiquer avec vous de choses vertueuses; et plus les vertus que vous mettrez en votre commerce seront exquises, plus votre amitié sera parfaite. Si vous communiquez ès sciences, votre amitié est certes fort louable; plus encore si vous communiquez aux vertus, en la prudence, discrétion, force et justice. Mais si votre mutuelle et réciproque communication se fait de la charité, de la dévotion, de la perfection chrétienne, o Dieu! que votre amitié sera précieuse! Elle sera excellente parce qu’elle vient de Dieu, excellente parce qu’elle tend à Dieu, excellente parce que son lien c’est Dieu, excellente par ce qu’elle durera éternellement en Dieu. Oh! qu’il fait bon aimer en terre comme l’on aime au ciel, et apprendre à s’entre-chérir en ce monde comme nous ferons éternellement en l’autre!

Je ne parle pas ici de l’amour simple de charité, car il doit être porté à tous les hommes; mais je parle de l’amitié spirituelle, par laquelle deux ou trois ou plusieurs âmes se communiquent leur dévotion, leurs affections spirituelles, et se rendent un seul esprit entre elles. Qu’à bon droit peuvent chanter telles heureuses âmes : « Oh! que voici combien il est bon et agréable que les frères habitent ensemble! » Oui, car le baume délicieux de la dévotion distille de l’un des coeurs en l’autre par une continuelle participation, si qu’on peut dire que Dieu a répandu sur cette amitié sa bénédiction et la vie jusques aux siècles des siècles.

Il m’est avis que toutes les autres amitiés ne sont que des ombres au prix de celle-ci, et que leurs liens ne sont que des chaînes de verre ou de jayet, en comparaison de ce grand lien de la sainte dévotion qui est tout d’or.

Ne faites point d’amitié d’autre sorte, je veux dire des amitiés que vous faites: car il ne faut pas ni quitter ni mépriser pour cela les amitiés que la nature et les précédents devoirs vous obligent de cultiver, des parents, des alliés, des bienfaiteurs, des voisins et autres; je parle de celles que vous choisissez vous-même.

Plusieurs vous diront peut-être qu’il ne faut avoir aucune sorte de particulière affection et amitié, d’autant que cela occupe le coeur, distrait l’esprit, engendre les envies : mais ils se trompent en leurs conseils ; car ‘ils ont vu ès écrits de plusieurs saints et dévots auteurs que les amitiés particulières et affections extraordinaires nuisent infiniment aux religieux; ils cuident que c’en soit de même du reste du monde, mais il y a bien à dire. Car attendu qu’en un monastère bien réglé le dessein commun de tous rend à la vraie dévotion, il n’est pas requis d’y faire ces particulières communications, de peur que cherchant en particulier ce qui est commun, on ne passe des particularités aux partialités; mais quant à ceux qui sont entre les mondains et qui embrassent la vraie vertu, il leur est nécessaire de s’allier les uns aux autres par une sainte et sacrée amitié; car par le moyen d’icelle ils s’animent, ils s’aident, ils s’entreportent au bien. Et comme ceux qui cheminent en la plaine n’ont pas besoin de se prêter la main, mais ceux qui sont ès chemins scabreux et glissants s’entretiennent l’un l’autre pour cheminer plus sûrement, ainsi ceux qui sont ès religions n’ont pas besoin des amitiés particulières, mais ceux qui sont au monde en ont nécessité pour s’assurer et secourir les uns les autres, parmi tant de mauvais passages qu’il leur faut franchir. Au monde, tous ne conspirent pas à même fin, tous n’ont pas le même esprit , il faut donc sans doute se tirer à part et faire des amitiés selon notre prétention ; et cette particularité fait voirement une partialité, mais une partialité sainte, qui ne fait aucune division, sinon celle du bien et du mal, des brebis et des chèvres, des abeilles et des frelons, séparation nécessaire.

Certes, on ne saurait nier que Notre Seigneur n’aimât d’une plus douce et, plus spéciale amitié saint Jean, le Lazare, Marthe, Madeleine, car l’Ecriture le témoigne. On sait que saint Pierre chérissait tendrement saint Marc et sainte Pétronille, comme saint Paul faisait son Timothée et sainte Thècle. Saint Grégoire Nazianzène se vante cent fois de l’amitié nonpareille qu’il eut avec le grand saint Basile, et la décrit en cette sorte : « Il semblait qu’en l’un et l’autre de nous, il n’y eût qu’une seule âme portant deux corps. Que s’il ne faut pas croire ceux qui disent que toutes choses sont en toutes choses, si nous faut-il pourtant ajouter foi que nous étions tous deux en l’un de nous, et l’un en l’autre; une seule prétention avions-nous tous deux, de cultiver la vertu et accommoder les desseins de notre vie aux espérances futures, sortant ainsi hors de la terre mortelle avant que d’y mourir. » Saint Augustin témoigne que saint Ambroise aimait uniquement sainte Monique pour les rares vertus qu’il voyait en elle, et qu’elle réciproquement le chérissait comme un ange de Dieu.

Mais j’ai tort de vous amuser en chose si claire. Saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire, saint Bernard et tous les plus grands serviteurs de Dieu ont eu de très particulières amitiés, sans intérêt de leur perfection. Saint Paul reprochant le détraquement des Gentils, les accuse d’avoir été gens sans affection, c’est-à-dire qui n’avaient aucune amitié. Et saint Thomas, comme tous les bons philosophes, confesse que l’amitié est une vertu: or, il parle de l’amitié particulière, puisque, comme il dit, la parfaite amitié ne peut s’étendre à beaucoup de personnes. La perfection donc ne consiste pas à n’avoir point d’amitié, mais à n’en avoir que de bonne, de sainte et sacrée.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mardi 19 août 2014

Nous avons un Dieu pour ami

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

Berchem, 24 juillet 1874.

Mes chères petites Soeurs, mon coeur m’avait bien dit votre deuil, avant que m’arrive votre touchante lettre. Pauvre terre ! on n’y voit que larmes, séparations, douleurs ! Mon Dieu, qu’il est heureux que Jésus y soit avec nous ! Que deviendrions-nous sans Lui ?... Je me demande comment ceux qui n’ont pas la foi supportent la vie, en certaines heures de détresse, d’écrasement du coeur.

Mais nous, nous avons un Dieu pour ami, pour frère, pour époux; Il est là, toujours là... Tout passe, et Il reste; tout nous manque un jour, Il est encore près de nos coeurs, tous disparaissent et Lui ne nous quitte pas ; personne ne comprend la profondeur de certaines de nos blessures intimes, et Lui il compte tout, il sonde tous nos déchirements, Il les adoucit avec une délicatesse divine.

Chacun peut dire Il est à moi, et nul ne me le ravira. Et quand je resterais seule, Il n’en serait pas moins là, aussi doux, aussi tendre, aussi miséricordieux, aussi ami et frère de mon âme.

Voilà ce qui console dans toutes les épreuves; mon pauvre coeur connaît les arrachements, et vous pouvez le croire quand il vous dit que la terre entière est insuffisante pour panser ces plaies-là ; Jésus seul a du baume et il ne le refuse jamais.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

vendredi 15 août 2014

Prier le Rosaire

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

« En méditant avec plus de piété que jamais les mystères du saint Rosaire, et en en récitant les prières, nous accomplirons une des saintes œuvres de notre vocation. La dernière partie de la vie de Marie que nous honorons tout spécialement, et que nous nous efforçons d’imiter en ce qui nous est possible, a été tout occupée du double sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ (sur le Calvaire et dans l’Eucharistie), et de son propre dévouement à l’Eglise. Nous imiterons donc Marie, en méditant dans notre cœur les mystères sacrés de la vie, de la mort et du triomphe de Notre-Seigneur, dont chaque dizaine nous apportera les précieux souvenirs. En invoquant Marie de nos lèvres, pendant que notre âme se rendra présents tous ces divins mystères, nous lui demanderons d’intervenir en notre faveur et de parler à Dieu pour empêcher la ruine de son peuple. »

lundi 11 août 2014

La télévision au couvent ?

L'utilisation de la télévision au sein du couvent est un moyen ravageur pour parvenir au relâchement des Ordres religieux. Il faut l'utiliser rarement et seulement pour voir quelque film édifiant ou quelque documentaire instructif, son usage n'est acceptable que dans ces conditions. Mais en certains lieux, la télévision est utilisée fréquemment et de façon inconvenante, devenant le cancer des communautés religieuses. En regardant certaines émissions télévisées, on permet la dissipation de l'esprit de ferveur, de mortification, de dévotion et de pénitence. Les films racontent souvent des histoires d'intrigues, de chantages, de vengeances, de passions, de flirts, de trahisons et de tout ce qu'il y a de pire dans le monde. Sans parler de ces programmes qui montrent effrontément des femmes déshabillées. Ces choses ne sont pas édifiantes, et finissent inévitablement par conduire au relâchement de l'esprit religieux.

Malheureusement, si on fait remarquer aux religieux relâchés qu'il vaudrait mieux éteindre la télévision, ils nous accuse d'être trop intransigeant. Heureusement, dans les Ordres religieux de stricte observance, il ne se trouve pas de télévisions, ou s'il y en a, elles sont utilisées rarement et avec beaucoup de prudence. Dans ces lieux de prière, pour se tenir informé de ce qui arrive dans le monde, on lit les journaux et des magasines catholiques.

Nous devons prier Sainte Thérèse de Lisieux afin qu'elle intercède pour les pauvres religieux qui vivent de manière détendue leur vocation.

jeudi 7 août 2014

Encouragement

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny. Lettre d'encouragement dans la vie spirituelle.]

21 avril 1876.

Courage, ma fille, courage ! Jésus mérite bien que nous préférions ses intérêts divins aux bas intérêts de notre nature; n’attendons pas que la mort nous en donne trop tard la conviction. C’est à cette dernière heure où tout nous quit tera et où nous quitterons tout, que nous verrons clairement le néant des créatures e du monde, le néant des affections purement humaines, le néant de l’amour-propre, la fou de l’esprit du monde et l’inutilité, le danger même d’une foule de satisfactions naturelles auxquelles nous sommes assez misérables, vous, moi, hélas ! et tant d’autres, pour nous laisser prendre. C’est alors que nous gémirons d’avoir abaissé jusqu’à ce qui est terrestre nos âmes nobles et immortelles, faites pour Dieu, et que lui seul peut satisfaire et remplir.

Apprenons-le dès maintenant, ma fille, laissons les ombres, courons après la réalité. Montons, montons vers ce qui est céleste; car c’est descendre pour nous que de nous coller à ce qui est de la terre et du monde ; c’est descendre. ma fille. Et nous coller à l’amour-propre, à notre volonté aveugle, à notre jugement faussé par le péché, à notre moi corrompu, hideux, ennemi de Jésus-Christ, c’est plus que descendre, c’est nous avilir, nous dégrader, c’est condamner notre éme, elle, qui est le prix du sang précieux de Jésus-Christ, à la nourritur des pourceaux. Et voilà pourtant, ma fille, ce que le monde, et même le monde à demichrétien, appelle monter, s’élever, se grandir, se mettre à sa vraie place ! Voilà ce que, par Ia plus étrange aberration de pensées et de sentiments, ce pauvre monde appelle gloire, honneur, bonheur, noblesse, grandeur. Voilà en quoi il se complaît jusqu’au jour terrible de l’Eternjté, où toutes ces illusions basses et insensées tomberont, où l’on s’éveillera de tous ces rêves, et où il faudra bien reconnaître qu’on s’est trompé qu’entre les affirmations d’un Dieu dans l’Evangile, et du monde dans ses fausses maximes, c’est Dieu qui avait raison !... Oh ! quelle honte alors pour l’âme qui verra qu’appelée à des destinées si hautes, elle s’est roulée dans la poussière ici-bas ! Et, si elle n’est pas allée jusqu’à se rouler dans la boue et qu’elle n’ait pas consommé sa ruine, quelle expiation au moins l’attend en purgatoire ! Et quel malheur pour elle, quel irréparable malheur, si elle a roulé dans la boue, la boue de l’orgueil ou des passions, si elle est tombée d’une existence vide et folle, dans une vie qui tue la vie de la grâce, et si elle est descendue ainsi dans la mort... Tout est fini, tout est perdu. Hélas ! ce n’est point là un rêve d’une imagination ardente, c’est, ma fille, ce qui arrive tous les jours. Tous les jours pour des milliers d’âmes, la mort ferme la porte des illusions, des folies, des frivolités, des adorations de soi-même, des jouissances terrestres et des rébellions contre Dieu ; et ouvre la porte du jugement, de la honte, du désespoir et de la mort éternelle. Tous les jours, la mort pour des milliers d’âmes, d’âmes demi-chrétiennes dans le monde, d’âmes, hélas ! hélas ! demireligieuses dans les cloîtres !... la mort ferme la porte des compromis, des exigences de l’amour-propre, des satisfactions naturelles, des révoltes contre l’autorité, — apparentes ou secrètes, — des complaisances et des flatteries envers soi-même, et envers les créatures, des lâchetés, des fautes volontaires, de l’estime orgueilleuse de son jugement et de ses pensées, des jouissances au détriment du devoir, que sais-je ?... Et la mort ouvre la porte du jugement, de la confusion immense, des regrets amers et des longues tortures expiatrices du purgatoire, loin de Dieu L.. — Oh ! pensez à ce moment terrible : quand une âme religieuse, lâche, souillée, misérable, se trouve pour la première fois, seule, en face de l’Epoux divin délaissé, oublié par elle ; quand elle lui présente sa couronne de fiancée, salie, flétrie, sa robe en lambeaux, ses mains vides, son coeur qui s’est si souvent préféré aux intérêts de Dieu, ses pieds couverts de la poussière du monde, et de la boue de son amour-propre que répondre, où se cacher, et par quelles flammes faudra-t-il qu’elle passe pour refaire son vêtement de gloire et atteindre une place au ciel ?... Que sera-ce si elle a trahi, outragé en face ici-bas, Celui qu’elle devait aimer et faire aimer par-dessus toutes choses ; si elle est noire des souillures de ses rébellions, si elle arrive comme un monstre en face de celui qui l’avait consacrée pour être éternellement sa bien-aimée ?... Je crois que son enfer sera tel qu’aucune expression humaine ne peut le rendre !...

Mais, tous les jours aussi, ma fille, pour bienr des âmes fidèles, la mort adoucie et souriante, ferme comme une bienfaitrice et une amie la porte des tribulations, des douleurs, des sacrifices, des luttes contre la nature et le monde, des mortifications, des humiliations, des travaux obscurs, de l’amour-souffrant, des privations, des angoisses, des persécutions et des mépris soufferts, des critiques endurées de la part des fous du monde, des injustices supportées, des souffrances imposées à la nature, de la pauvreté, des épreuves de tous genres, des combats de l’humilité et de l’obéissance, des efforts persévérants contre le démon et contre soi-même, et elle ouvre la porte de l’éternité bienheureuse, du repos éternel, du bonheur sans fin. O joie ineffable de cette première rencontre face à face avec le Sauveur de nos âmes, purifiées par son sang divin et fidèles à sa loi !... Mais, si c’est une âme consacrée, une âme épouse de Jésus, la voyez-vous, ma fille, se précipitant de la terre avec une joie plus incomparable encore !... Jésus, Marie, tout le ciel arrivent à sa rencontre; l’Epoux divin et l’épouse consacrée se réunissent pour jamais ; plus de pleurs, plus de souffrances, plus de craintes ; elle ne perdra plus son Bien-Aimé, elle le possède dans la gloire, dans l’amour triomphant, elle est vic- torieuse pour l’éternité, elle est dans son Coeur adorable, elle n’en sortira plus. Elle l’a aimé dans l’agonie, elle l’aime dans le bonheur sans mesure et sans terme ; elle jouit de sa gloire, elle règne avec lui pour toujours. Ses douleurs passées sont des diamants attachés à sa couronne; sa pauvreté est devenue une robe étin celante des richesses du ciel ; son humble obéis sance est devenue un trône et un sceptre ; ses humiliations lui sont un manteau royal ; son amour-souffrant lui est une auréole éblouissante; le monde insensé ou méchant, auj la plaignait ou la méprisait ici-bas, le monde est sous ses pieds ; elle est reine, épouse du Roi éternel. Son coeur nage dans une joie sans bornes, qui ne lui sera pas ravie : L’oeil de l’homme n’a point vu, son coeur n’a pas compris, son intelligence n’a pas sondé ce que le divin Epoux des âmes réserve dans le ciel de délices et de gloire à ses bien-aimées. Hâtons-nous, ma fille, courons, souffrons, traversons tout ; armées de la grâce, renversons tous les obstacles ; sacrifions-nous, méprisons-nous, travaillons, mourons et arrivons meurtries mais heureuses, à ce terme où Jésus nous attend. La route est semée d’épines patience, le ciel les vaut bien ; pas à pas, nous atteindrons le but. Suivons la grâce, et selon la mesure qui nous en est donnée, n’accordons rien à la nature, cédons tout à Dieu. A mesure que nous avancerons dans la carrière, la lumière augmentera, la grâce deviendra plus abondante, l’amour divin plus exigeant, nous donnerons davantage; et donnant ainsi d’heure en heure tout ce que Jésus demandera, nous arriverons à la mort, le coeur vide de nous-mêmes mais plein de Dieu, nous l’aurons glorifié par notre entier sacrifice sur la terre, il nous glorifiera et nous béatifiera pour l’éternité. N’attendons plus ; si nous sommes lâches au début, si nous ne suivons pas pleinemènt la grâce de jour en jour, malheur à nous Remettre sa fidélité à plus tard en face d’un Dieu si bon qui ne demande que petit à petit avec une infinie sagesse, mais qui demande le tout qui nous est possible avec la grâce de l’heure présente, de moment en moment, c’est être lâche, ingrate, téméraire; c’est compromettre sa persévérance et risquer la victoire dernière, le trône et la gloire du ciel !

Courage et confiance, Jésus est avec nous.
Allons ! et mourons avec lui !...


[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

dimanche 3 août 2014

De la retraite spirituelle

Ressouvenez-vous donc, Philothée, de faire toujours plusieurs retraites en la solitude de votre coeur, pendant que corporellement vous êtes parmi les conversations et affaires; et cette solitude mentale ne peut nullement être empêchée par la multitude de ceux qui vous sont autour, car ils ne sont pas autour de votre coeur, ains autour de votre corps, si que votre coeur demeure lui tout seul en la présence de Dieu seul. [...] Les père et mère de sainte Catherine de Sienne lui ayant ôté toute commodité du lieu et de loisir pour prier et méditer, Notre Seigneur l’inspira de faire un petit oratoire intérieur en son esprit, dedans lequel se retirant mentalement, elle pût parmi les affaires extérieures vaquer à cette sainte solitude cordiale. Et depuis, quand le monde l’attaquait, elle n’en recevait nulle incommodité, parce, disait-elle, qu’elle s’enfermait dans son cabinet intérieur, où elle se consolait avec son céleste Epoux. Aussi dès lors elle conseillait à ses enfants spirituels de se faire une chambre dans le coeur et d’y demeurer.

Retirez donc quelquefois votre esprit dedans votre coeur, où, séparée de tous les hommes, vous puissiez traiter coeur à coeur de votre âme avec son Dieu [...].

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

mercredi 30 juillet 2014

L’Eglise

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«L’Eglise, dans les diverses parties de sa vie, reflète, comme un très fidèle miroir, la vie de Jésus, son Chef et son Epoux. Tous les mystères, tous les actes de la vie de Notre-Seigneur sont devenus l’objet d’hommages particuliers, et de sources spéciales de grâces, appliquées avec une abondance plus ou moins grande, suivant les temps, les périls ou les besoins de l’Eglise.»

«N’ayez pas grand peur pour les dangers de l’Eglise: ce n’est pas l’Eglise qui est en danger, elle a la parole de Jésus-Christ, et rien ne l’ébranlera. Ceux qui sont en danger ce sont les dissidents et les opposants de toute nature…»

«Dans les maux extrêmes et universels que souffre l’Eglise, dans cette oppression infernale de la foi des peuples, dans cette désolation des cœurs chrétiens, et cette rage contre les Ordres religieux, ne faut-il pas essayer de réunir quelques mains suppliantes qui ne cessent de s’élever vers le Ciel, quelques cœurs qui crient sans cesse miséricorde, et qui offrent perpétuellement le Sang de Notre-Seigneur et leurs pauvres sacrifices en réparation de tant de crimes, et pour obtenir la fin des maux inouïs de l’Eglise.»

«Ah! que j’aime cette promptitude de soumission à Rome! C’est la pierre ferme; hors de là, point de vérité.»

«‘Il a fallu que le Christ souffrît et qu’il entrât ainsi dans sa gloire’ (Lc24,26); il faut que l’Eglise et les âmes passent par le même chemin. L’Eglise ne vit pas seulement un jour: quand les martyrs tombaient, comme tombent l’hiver les flocons de neige, n’eût-on pas pu croire que tout était perdu? Non, leur sang préparait les triomphes de l’avenir! Nous ne vivons pas pour nous, il faut tout voir dans les desseins de Dieu.»

«Le but de Satan, l’idéal des sectes est de chasser Jésus-Christ du monde, d’abolir jusqu’au souvenir de sa doctrine et de lui arracher les âmes: il faut donc aimer Jésus-Christ, nous unir à Jésus-Christ, imiter Jésus-Christ, gagner des âmes à Jésus-Christ.»

samedi 26 juillet 2014

Confiance et courage

Confiance et courage; tenons notre cœur en haut, avec Jésus, notre âme dans le Tabernacle, et tout notre être dans la petitesse, l’humilité, l’abaissement. Petite et simple comme une enfant, voilà votre devise actuelle. Plus tard, on fera plus, avec la grâce. Quand Jésus vous le dira, ne craignez pas les petits actes de simplicité qui humilient l’esprit humain et l’amour-propre. Se renoncer et s’abaisser! (4 juillet 1873, Le 190)

[...] Faites-vous petite, petite, si petite, que Jésus seul vous aperçoive. Satan redoute les humbles. Et puis, méditez cette parole: Et ils ne virent plus que Jésus seul! (Mt 17, 8) Ah! ne voyez plus que Lui dans tout ce que vous devez aimer pour Lui. Votre coeur est si petit! Faut-il encore le partager pour l’offrir à ce divin Jaloux des cœurs ?... Vous avez tout quitté de vos affections de la terre; ne raccrochez rien pour vous des affections spirituelles et de devoir. Petite et seule: méditez cela. Petite par l’humilité [...]. Seule, par le détachement de tout ce qui n’est pas Jésus, par la vue de Jésus seul en votre pauvre Mère et en vos chères Soeurs, par le renoncement à vous-même (Ibid., Le 191).


[René Laurentin, "Marie Deluil-Martiny. Précurseur et martyre béatifiée par Jean-Paul II. La sainte de Marseille.", Fayard, Paris 2003.]

mardi 22 juillet 2014

Clarisses de l’Immaculée

Il y a quelques années, dans une revue italienne est parue une lettre ouverte d’une jeune sœur du monastère des Clarisses de l’Immaculée de Creazzo, dans la province Vicenza (Italie). Par l’intermédiaire de cette lettre, elle voulait répondre à la question que beaucoup de ses connaissances s’étaient posée : pourquoi avoir abandonné le monde pour s’enfermer dans un monastère de clôture ? Car, dans le monde, elle était une jeune étudiante brillante et passait son temps libre sans soucis, en se divertissant jusqu’à l’épuisement. Elle ne pensait pas du tout à entrer dans un ordre religieux. Même si elle avait tout ce qu’une jeune peut désirer, elle sentait un grand vide intérieur. Ce mode de vie ne peut certainement pas remplir le cœur de l’homme car, comme nous enseigne Saint Augustin, il a été créé pour aimer Dieu, et il est inquiet jusqu’à ce qu’il ne se repose pas en Lui. Ce sentiment de vide intérieur était si déprimant qu’il la faisait pleurer. Un jour, en discutant avec une personne de foi, elle a compris que la vie sans Jésus n’a aucun sens.

Ce fut la première fois qu’elle sentit «l’appel » de Dieu. Après un temps, elle a décidé de passer quelques jours de retraite au monastère de Creazzo. Elle est restée fascinée de l’amour, de la douceur et de l’amabilité avec laquelle elle a été reçue par les Clarisses de l’Immaculée (jeune ordre religieux de stricte observance). Dans le silence du monastère elle a réussi finalement à retrouver la paix qu’elle voulait tant. Environ un an après, elle a quitté définitivement le monde pour entrer en clôture et pour s’unir plus étroitement à Dieu, selon la Règle de Sainte Claire.



vendredi 18 juillet 2014

Vocation prêtre

Une lectrice m’a écrit le message suivant que je publie volontiers :

Cher D,
               (...) je visite toujours avec plaisir ton blog qui est tellement intéressant !

Il fait du bien à l’âme de savoir qu’il y a tant de gens (et même des jeunes) qui parlent des choses spirituelles, tandis que la majorité des choses qui nous entourent sont superficielles...

Je te remercie pour tout, même pour tes réponses qui arrivent au cœur !

Etant donné que sur ton blog on parle des vocations, je crois que c’est nécessaire qu’on y trouve aussi les témoignages des prêtres saints et il me fait plaisir de me rappeler de Don Angelo, à la commémoration du premier anniversaire de sa mort, survenue le 21 novembre 2010. Il était toujours disponible avec tous, toujours prêt à consoler ceux qui étaient dans la souffrance, avec peu de mots mais avec beaucoup de bonne volonté. Un seul regard, une seule parole étaient suffisantes pour que les difficultés soient plus faciles à porter. Il était cohérent dans tout ce qu’il enseignait et indiquait : il était le premier à le mettre en pratique. Patience, discrétion et humilité étaient ses caractéristiques. Il a vécu pleinement le charisme de Don Bosco. Don Angelo ne s’est pas ménagé, il savait convaincre et enthousiasmer. Il était animé d’une profonde spiritualité, de l’amour pour Jésus Christ, pour Marie le Secours des chrétiens, pour Don Bosco et pour l’Eglise.

Merci pour tout.

(Lettre signée)


Chère sœur en Christ,
                                     Je suis content que tu continues à fréquenter le blog. Pour moi c'est une joie qu’il y ait encore des personnes qui sont intéressées par les sujets spirituels.

Don Bosco disait qu’un prêtre ne va jamais seul ni au paradis ni en enfer : il est toujours accompagné par le grand nombre d’âmes, sauvées par son saint ministère et avec son bon exemple, ou perdues par sa négligence dans l’accomplissement de ses devoirs et avec son mauvais exemple.

Donc, il faut prier le Seigneur d’envoyer de nombreux prêtres saints qui travaillent pour le bien des âmes.

Je profite de l’occasion pour te porter mes plus cordiales salutations in Corde Regis,

Cordialiter

lundi 14 juillet 2014

La perfection de la vie chrétienne

L'objet propre de la Théologie ascétique et mystique, c'est la perfection de la vie chrétienne.

Il a plu à la bonté divine de nous communiquer, outre la vie naturelle de l'âme, une vie surnaturelle, la vie de la grâce, qui est une participation à la vie même de Dieu, ainsi que nous l'avons montré dans notre Tr. de Gratia. Comme cette vie nous est donnée en vertu des mérites infinis de N. S. Jésus Christ, et qu'il en est la cause exemplaire la plus parfaite, on l'appelle avec raison vie chrétienne. Toute vie a besoin de se perfectionner, et elle se perfectionne en se rapprochant de sa fin. La perfection absolue c'est l'obtention de cette fin ; ce n'est qu'au ciel que nous l'atteindrons : là nous posséderons Dieu par la vision béatifique et l'amour pur, et notre vie aura son plein épanouissement ; alors en effet nous serons semblables à Dieu, parce que nous le verrons tel qu'il est, similes ei erimus quoniam videbimus eum sicuti est (Joan., III, 2). Sur terre nous ne pouvons acquérir qu’une perfection relative, en nous rapprochant sans cesse de cette union intime avec Dieu qui nous prépare à la vision béatifique. C’est de cette perfection relative que nous allons traiter : après avoir exposé les principes généraux sur la nature de la vie chrétienne, sa perfection, l’obligation de tendre à cette perfection et les moyens généraux par lesquels on y parvient, nous décrirons successivement les trois voies, purgative, illuminative et unitive par lesquelles passent les âmes généreuses, avides de progrès spirituel.

["Précis de Théologie Ascétique et Mystique", Adolphe Tanquerey, 1854-1932]

jeudi 10 juillet 2014

Purification de l'âme

« Les fleurs, dit l’Epoux sacré, apparaissent en notre terre, le temps d’émonder et tailler est venu. » Qui sont les fleurs de nos coeurs, o Philothée, sinon les bons désirs ? Or, aussitôt qu’il paraissent, il faut mettre la main à la serpe, pour retrancher de notre conscience toutes les oeuvres mortes et superflues. La fille étrangère, pour épouser l’Israélite, devait ôter la robe de sa captivité, rogner ses ongles et raser ses cheveux: et l’âme qui aspire à l’honneur d’être épouse du Fils de Dieu, se doit « dépouiller du vieil homme et se revêtir du nouveau », quittant le péché; puis, rogner et raser toutes sortes d’empêchements qui détournent de l’amour de Dieu. C’est le commencement de notre santé que d’être purgé de nos humeurs peccantes.

Saint Paul tout en un moment fut purgé d’une purgation parfaite, comme fut aussi sainte Catherine de Gênes, sainte Madeleine, sainte Pélagie et quelques autres; mais cette sorte de purgation est toute miraculeuse et extraordinaire en la grâce, comme la résurrection des morts en la nature, si que nous ne devons pas y prétendre. La purgation et guérison ordinaire, soit des corps soit des esprits, ne se fait que petit à petit, par progrès, d’avancement en avancement, avec peine et loisir. Les anges ont des ailes sur l’échelle de Jacob, mais ils ne volent pas, ains montent et descendent par ordre, d’échelon en échelon. L’âme qui monte du péché à la dévotion est comparée à l’aube, laquelle s’élevant ne chasse pas les ténèbres en un instant, mais petit à petit. La guérison, dit l’aphorisme, qui se fait tout bellement, est toujours plus assurée; les maladies du coeur aussi bien que celles du corps, viennent à cheval et en poste, mais elle s’en revont à pied et au petit pas.

Il faut donc être courageuse et patiente, o Philothée, en cette entreprise. Hélas ! quelle pitié est-ce de voir des âmes lesquelles, se voyant sujettes à plusieurs imperfections après s’être exercées quelquefois en la dévotion, commencent à s’inquiéter, se troubler et décourager, laissant presque emporter leur coeur à la tentation de tout quitter et retourner en arrière. Mais aussi, de l’autre côté, n’est-ce pas un extrême danger aux âmes lesquelles, par une tentation contraire, se font accroire d’être purgées de leurs imperfections le premier -jour de leur purgation, se tenant pour parfaites avant presque d’être faites, en se mettant au vol sans ailes? O Philothée, qu’elles sont en grand péril de rechoir, pour s’être trop tôt ôtées d’entre les mains du médecin! Ah! ne vous levez pas « avant que la lumière soit arrivée, dit le Prophète, levez-vous après que vous aurez été assis » ; et lui-même pratiquant cette leçon et ayant été déjà lavé et nettoyé, demande de l’être derechef.

L’exercice de la purgation de l’âme ne se peut ni doit finir qu’avec notre vie: ne nous troublons donc point de nos imperfections, car notre perfection consiste à les combattre, et nous ne saurions les combattre sans les voir, ni les vaincre sans les rencontrer. Notre victoire ne gît pas à ne les sentir point, mais à ne point leur consentir; mais ce n’est point leur consentir que d’en être incommodé. Il faut bien que pour l’exercice de notre humilité, nous soyons quelquefois blessés en cette bataille spirituelle; néanmoins nous ne sommes jamais vaincus sinon lorsque nous avons perdu ou la vie ou le courage. Or, les imperfections et péchés véniels ne nous sauraient ôter la vie spirituelle, car elle ne se perd que par le péché mortel ; il reste donc seulement qu’elles ne nous fassent point perdre le courage [...]. C’est une heureuse condition pour nous en cette guerre, que nous soyons toujours vainqueurs, pourvu que nous voulions combattre.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

dimanche 6 juillet 2014

Vivons désormais les yeux fixés sur l’éternité

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

23 avril 1876.

Que n’avez-vous été ici, pour ces moments si pénibles et cette visite de la mort ! Je vous ai regrettées toutes, non seulement pour l’adoucissement de ma peine, mais encore pour votre instruction et votre avancement spirituel ; le spectacle de notre fin est une si grande leçon Toute vie est courte, même celles qui semblent les plus longues ; et puis, il faut tout quitter, et s’en aller, seul à Dieu !... Et alors, quels regrets pour toutes nos lâchetés, nos impatiences, nos raisonnements, nos infidélités, notre amour-propre !... Réparons le passé, ma fille, et vivons désormais les yeux fixés sur l’éternité où nous attend un si bon Maître si nous sommes fidèles, un si grand juge, si nous sommes lâches et tièdes.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

mercredi 2 juillet 2014

Méditations spirituelles

1. Considérez les grâces corporelles que Dieu vous a données : quel corps, quelles commodités de l’entretenir, quelle santé, quelles consolations loisibles pour icelui, quels amis, quelles assistances. Mais cela considérez-le avec une comparaison de tant d’autres personnes qui valent mieux que vous, lesquelles sont destituées de ces bénéfices : les uns gâtés de corps, de santé, de membres; les autres abandonnés à la merci des opprobres et du mépris et déshonneur; les autres accablés de pauvreté; et Dieu n’a pas voulu que vous fussiez si misérable.

2. Considérer les dons de l’esprit: combien y a-t-il au monde de gens hébétés, enragés, insensés; et pourquoi n’êtes-vous pas du nombre ? Dieu vous a favorisée. Combien y en a-t-il qui ont été nourris rustiquement et en une extrême ignorance; et la Providence divine vous a fait élever civilement et honorablement.

3. Considérez les grâces spirituelles : o Philothée ! vous êtes des enfants de l’Eglise; Dieu vous a enseigné sa connaissance dès votre jeunesse. Combien de fois vous a-t-il donné ses sacrements ? combien de fois, des inspirations, des lumières intérieures, des répréhensions pour votre amendement? combien de fois vous a-t-il pardonné vos fautes ? combien de fois, délivrée des occasions de vous perdre où vous étiez exposée ? Et ces années passées, n’étaient-ce pas un loisir et commodité de vous avancer au bien de votre âme? Voyez un peu parle menu combien Dieu vous a été doux et gracieux.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

samedi 28 juin 2014

Vivre dans le monastère

(Extrait d'une lettre d'une jeune fille attirée par la vie religieuse)


Cher D.,
                merci pour ta réponse rapide et encourageante.

Je ne pourrai pas entrer au monastère avant Noël. J'ai encore plusieurs communautés à visiter et mon discernement est loin d'être fini. [...] J'aimerais vraiment entrer plus tôt, mais s'il s'agit de ma vocation, je ne pourrai pas l'abandonner. Par contre, si Dieu m'appelle ailleurs, je pense qu'un an d'attente sera le maximum.

[…] Tu n'as pas à t'inquiéter que je ne veuille plus entrer au monastère. Depuis que je suis rentrée de mon stage, j'ai l'impression d'étouffer. C'est comme si ma vie était devenue vide. Jamais je ne pourrai m'habituer à une vie dans le monde. Je n'arrive pas à être vraiment unie à Dieu. Peu importe le temps qui passe et les activités que je fais, il y a un manque en moi. Alors ne t'inquiète surtout pas.

Merci beaucoup pour l'information sur les Soeurs. Avant de les contacter, j'aimerais tout de même en parler à mon directeur spirituel. J'utiliserai volontiers le texte que tu as écrit. Je ne saurai pas mieux faire. Merci beaucoup.

En union de prière,
(Lettre signée)

mardi 24 juin 2014

Unissez vos souffrances aux agonies que le Coeur de Jésus a souffertes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

26 janvier 1875.

Ma chère fille et Soeur en Notre-Seigneur, il me tardait bien de pouvoir revenir auprès de vous. Le doux Jésus vous a donc un peu remontée? Mais, sans doute comme vous voulez être sa petite victime, Il n’aura pas manqué de frapper bientôt à la porte de votre coeur avec sa croix : Courage ! Jésus ne mérite-t-Il pas d’être courageusement servi et généreusement aimé par quelques âmes quand tant d’autres l’outragent, le délaissent, le méprisent? Lorsqu’Il n’a presque plus dans le monde où reposer son coeur, ne faut-il pas qu’il puisse se réfugier dans l’âme de ses filles et y trouver l’amour, le dévouement et le sacrifice? Dieu compte tout, ma chère fille, et il est bien content de tout ce que vous faites pour son oeuvre, dans la mesure de vos forces. Remontez bien votre courage, et unissez toutes vos souffrances aux agonies que le Coeur de Jésus a souffertes. Tenez-vous sur l’autel afin qu’il vous offre avec lui.

Il faut s’aguerrir un peu. Quand on se porte bien, il ne faut s’épargner en rien; quand on est souffrant, il faut accepter les soins sans les chercher ; il faut les recevoir comme une aumône faite à Notre-Seigneur Jésus-Christ en notre personne, car nous sommes toutes les pauvres de Jésus : c’est-à-dire les recevoir humblement, généreusement, trouvant touj ours que c’est trop pour nous ; portant nos souffrances avec un coeur bien soumis et d’un extérieur doux et content, pour l’édification et la consolation du prochain. Autrement, que ferait-on de nous dans les fondations qui se préparent et où tout peut manquer à la fois ?... Ce courage sur soi-même ne s’apprend pas en un jour; mais, avec la grâce et la bonne volonté, les bien portantes et les malades ne peuvent manquer de l’acquérir. Et cette vertu a cela d’excellent qu’elle peut nous accompagner dans les plus rudes extrémités, et même à la mort. Avec elle on peut mourir l’arme au bras, comme un vaillant soldat de Dieu.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

dimanche 22 juin 2014

Sortie du monastère

Une lectrice m'a écrit pour me parler des...

Cher D.,
             J'ai lu ta lettre ouverte (en italien) à la jeune fille qui est sortie du monastère à cause des pressions de sa famille. Je ne sais pas si cela est possible, mais peut-être que tu pourrai lui transmettre le témoignage d'une soeur que je connais ?

Cette soeur vient du Kenya. Elle a tout quitté pour suivre l'appel de Dieu, sa famille, son pays (elle fait partie d'une Congrégation française), ses études. Mais cela ne s'est pas fait sans heurte. Pendant un an, sa famille a refusé d'entendre parlé de sa vocation et l'a forcée à travailler. Elle réussissait cependant à trouver du temps pour aller à la maison des Soeurs et y passait tout son temps libre. Au bout d'un an, elle a enfin pu entrer au couvent avec l'autorisation de ses parents (qui était obligatoire). Mais là encore, elle a subi de grande pression. Une fois par mois, elle a droit à un appel téléphonique de sa famille. a chaque fois, sa maman pleurait tellement, qu'elle a fini par lui demander de ne plus l'appeler. C'était très dur pour elle car elle était dans un pays étranger, avec une autre culture, elle devait apprendre une nouvelle langue, elle n'avait presque pas de contact avec sa famille. Mais elle m'a dit que Dieu donne la grâce. Si nous suivons notre vocation, si nous faisons la volonté de Dieu, alors il suffit de s'abandonner totalement entre ses mains, peu importe ce qu'il en coûte, et le Seigneur nous soutiendra, Il nous aidera à tenir dans les épreuves. Et puis il faut se rappeler qu'il n'y a qu'en remplissant notre vocation qu'on peut être heureux. Sinon, on court le risque de passer sa vie entière à avoir des regrets et à se poser des questions sur comment aurait pu être notre vie si nous avions suivi l'appel de Dieu. J'ai été en contact avec beaucoup de religieux, tous m'ont dit qu'au début, tous les parents posent problème, à différents niveaux, de l'opposition totale à la peine affichée et difficile à supporter pour la personne entrant au couvent, mais ils finissent presque tous par accepter en voyant leur enfant si heureux.

En union de prière,
(Lettre signée) 

jeudi 19 juin 2014

Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre


Parmi les jeunes filles attirées par la vie religieuse, gagne de plus en plus d’intérêt l'Institut des Sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre, branche féminine de l’Institut de Christ Roi Souverain Prêtre. Les premières trois filles (françaises) se sont réunies en 2001, puis en 2004 il y a eu leur prise d’habit, à la présence du Cardinal Ennio Antonelli, qui était alors Archevêque de Florence. En 2008 elles ont obtenu la reconnaissance officielle par le Saint-Siège, devenant ainsi un institut religieux de Droit Pontifical. C’est une très bonne chose, parce-que habituellement doivent passer beaucoup plus d’années avant d’obtenir l’approbation de Rome. Actuellement (juin 2014) les Sœurs Professes sont 11, plus 14 Novices et 3 Postulantes: dans quelques années les vocations, toutes jeunes et ferventes, ont considérablement prospéré. Les Sœurs viennent de la France (la plupart d’entre elles est de langue maternelle française), des États-Unis d’Amérique, de l’Irlande, de l’Allemagne e même…de la Suède!

Leur maison mère est située à Sieci, un hameau de la ville de Pontassieve, dans la province de Florence. Elles habitent aussi une maison religieuse dans le Jura Suisse et une autre en Allemagne (où maintenant il y a le siège du noviciat), mais est probable que dans l’avenir elles puissent ouvrir de nombreux autres couvents, partout dans le monde, grâce aux nombreuses vocations dont elles bénéficient.

Actuellement la Supérieure Générale est Mère Caroline-Marie de la Trinité (dans la photo ci à coté). 


Cet institut religieux est lié à l’ancienne et vénérable forme liturgique du Rite Romain (la soi-disant “Messe en latin”, également appelée “Messe Tridentine”), qui plaît tellement aux jeunes gens pour le sens fort du sacré que ce rite émane. Il ya beaucoup de filles qui chaque année sont attirées par Dieu pour entrer chez les Sœurs Adoratrices, tandis que de nombreux autres instituts religieux n’ont plus de vocations depuis des décennies. Quel est le secret pour avoir tant de vocations? En plus de beaucoup de prière, il est nécessaire de mener un style de vie authentiquement évangélique, vivant simplement, humblement, avec ferveur et observant fidèlement sa Règle approuvée par l'Église. Il est vraiment réconfortant de voir que, malgré la sécularisation de la société contemporaine, beaucoup de filles quittent le monde pour embrasser la vie religieuse et de devenir les épouses de Jésus-Christ. L'un des buts de cet ordre est de prier avec ferveur le Seigneur pour la sanctification des prêtres: il y en a tellement besoin! Les Sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre mènent principalement la vie contemplative, mais ils ne sont pas religieuses cloîtrées. 

Pour contacter ces sœurs, s'il vous plaît écrivez (en français) à l'adresse suivante:

Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre
Maison du Cœur Royal
Via di Gricigliano, 45
I-50065 SIECI (FI)
e-mail: adoratrices@icrsp.org

Si vous résidez en Suisse, l'adresse la plus proche est la suivante:

Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre
Maison du Cœur Eucharistique
Les Côtes
CH-2340 LE NOIRMONT (Canton Jura)


Voici quelques photos édifiantes:

Mère Caroline-Marie de la Trinité avec son frère prêtre, M. le Chanoine Marc Téqui




Une postulante en robe de mariée s'apprête à prendre l'habit de novice accompagnée de son frère bras dessous



L'évêque coupe les cheveux d'une postulante en robe de mariage 
avant de prendre l'habit de novice



Novices en recevant la Communion à genoux



lundi 16 juin 2014

Conseils sur la méditation

Il faut surtout, Philothée, qu’au sortir de votre méditation vous reteniez les résolutions et délibérations que vous aurez prises, pour les pratiquer soigneusement ce leur-là. C’est le grand fruit de la méditation, sans lequel elle est bien souvent, non seulement inutile, mais nuisible, parce que les vertus méditées et non pratiquées enflent quelquefois l’esprit et le courage, nous étant bien avis que nous sommes tels que nous avons résolu et délibéré d’être, ce qui est sans doute véritable si les résolutions sont vives et solides; mais elles ne sont pas telles, ains vaines et dangereuses, si elles ne sont pratiquées. Il faut donc par tous moyens s’essayer de les pratiquer, et en chercher les occasions petites ou grandes : par exemple, si j’ai résolu de gagner par douceur l’esprit de ceux qui m’offensent, je chercherai ce jour-là de les rencontrer pour les saluer amiablement ; et si je ne les puis rencontrer, au moins de dire bien d’eux, et prier Dieu en leur faveur. [...]

Il vous arrivera quelquefois qu’incontinent après la préparation, votre affection se trouvera toute émue en Dieu : alors, Philothée, il lui faut lâcher la bride, sans vouloir suivre la méthode que je vous ai donnée; car bien que pour l’ordinaire, la considération doive précéder les affections et résolutions, si est-ce que le Saint-Esprit vous donnant les affections avant la considération, vous ne devez pas rechercher la considération, puisqu’elle ne se fait que pour émouvoir l’affection. Bref, toujours quand les affections se présenteront à vous, il les faut recevoir et leur faire place, soit qu’elles arrivent avant ou après toutes les considérations. Et quoique j’aie mis les affections après toutes les considérations, je ne l’ai fait que pour mieux distinguer les parties de l’oraison; car au demeurant, c’est une règle générale qu’il ne faut jamais retenir les affections, ains les laisser toujours sortir quand elles se présentent. Ce que je dis non seulement pour les autres affections, mais aussi pour l’action de grâces, l’offrande et la prière qui se peuvent faire parmi les considérations; car il ne les faut non plus retenir que les autres affections, bien que, par après, pour la conclusion de la méditation, il faille les répéter et reprendre. Mais quant aux résolutions, il les faut faire après les affections et sur la fin de toute la méditation, avant la conclusion, d’autant qu’ayant à nous représenter des objets particuliers et familiers, elles nous mettraient en danger, si nous les faisions parmi les affections, d’entrer en des distractions.

Emmi les affections et résolutions, il est bon d’user de colloque, et parler tantôt à Notre Seigneur, tantôt aux anges et aux personnes représentées aux mystères, aux saints et à soi-même, à son coeur [...].

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

jeudi 12 juin 2014

Un peu de sacrifice, une éternité de bonheur!

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

13 mai 1874.

Courage! Jésus est content de votre bonne volonté ! Pour nous, soyons contentes de Lui, parce qu’il est souverainement parfait et aimable! et soyons mécontentes de nous, parce que nous ne sommes que néant et misères. Nous faisons ce que nous pouvons et encore avec mifie imperfections et ce que nous pouvons n’est rien; heureusement, le Coeur miséricordieux de Jésus regarde non tant à nos actes qu’à nos intentions et au fond de notre volonté que sa grâce maintient unie à Lui. Plus l’union grandit, plus nos misères nous sont dévoilées; nous sommes ténèbres, et plus nous nous approchons de Jésus qui est la vraie Lumière, plus nous voyons clairement nos plaies et nos innombrables imperfections. Plus l’union à la sainteté deviendra étroite, plus le contraste avec notre immense misère, avec notre néant pécheur, nous apparaîtra grand ! Mais, si nous sommes bien humbles, Jésus couvrira tout du manteau de son sang, de ses mérites, de ses miséricordes, et un jour au Ciel, du manteau de sa gloire Confiance !... Un peu de sacrifice, une éternité de bonheur! Un peu d’union douloureuse à Jésus-Victime, une éternité d’union ineffable à Jésus glorieux et triomphant ! C’est pour nous qu’Il a souffert... Oserions-nous l’aimer et ne pas vouloir de ses souffrances ? Voudrions-nous le suivre à la joie sans l’avoir suivi à la douleur !... L’amour ne pourrait souffrir un pareil choix. Et puis, l’amour qui veut l’union ne peut supporter les obstacles ces obstacles sont le misérable moi, la nature, l’amour-propre, l’esprit propre, etc... Sacrifions tout, détruisons tout, écartons tout ce qui gêne l’union intime de nos âmes avec Jésus ! Il en coûte, mais il en coûte encore plus de sentir un mur entre le Bien-Aimé et nos pauvres âmes. Plus rien que Jésus ! Qu’Il vous fasse cette grâce, demandez-la pour moi. Amour à notre Mère du Ciel ! Portez-Lui mon coeur et dites-Lui combien je L’aime.

Menez mon âme partout avec la vôtre.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

dimanche 8 juin 2014

Cœur de Jésus

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Le Cœur de Jésus déborde et ne peut plus contenir les torrents d’amour qu’il veut verser sur le monde. Ah! qu’il laisse échapper ces flots bénis et que les cœurs soient vaincus par tant de tendresse.»

«Ayons confiance en son très doux, très puissant, très sage, très amoureux Cœur! La pauvre nature a des peurs involontaires, des calculs involontaires sur le possible ou le probable. Mais qu’est-ce que cela? Un vent léger qui ride l’eau à la surface… Là-dessous, avec la grâce, l’eau profonde est calme et sans mouvement et la volonté, pleine de confiance et d’amour, est ancrée dans l’Océan de l’abandon, à la toute-puissance, à la sagesse, à l’amour du Cœur de Jésus.»

«Tout est si grand en Notre-Seigneur Jésus-Christ qu’il semble vraiment que si l’on pouvait compter les battements de son Divin Cœur, chacun d’eux mériterait non seulement un hommage, mais un hommage spécial, car de chacun d’eux, comme d’une source, s’échappent les eaux vives de la grâce. Le Cœur de Jésus est un abîme sans fond dans lequel on trouve toujours de plus sublimes, de plus riches, de plus immenses trésors, à mesure qu’on y pénètre davantage.»

«Le Sang et l’Eau ne vont point sans la plaie; ni la plaie sans eux. ‘De son côté transpercé sortit aussitôt du sang et de l’eau’ (Jn19,34). Impossible d’entrer dans la Plaie, sans être comme arrosé du Sang dont elle est tout imprégnée. Jésus parle, touche, attendrit, par la plaie de son Cœur, lave et guérit par le Sang et l’Eau de sa Plaie, cache et garde ceux qu’il a sauvés, dans le plus profond de l’abîme d’amour de son Cœur ouvert par sa Plaie.»

«Ce qui blesse au Cœur, ce sont les outrages, l’ingratitude, l’oubli et même la langueur des cœurs consacrés à Lui d’une manière spéciale, de ses plus proches amis. Aussi la sainteté d’un Prêtre fait-elle ses plus douces délices. Ah! ma vie, je la lui donne, s’il la veut si misérable! Mais qu’il ait cette gloire et cette joie.»

«Aimer, chanter, acclamer, la foule sait le faire en face de ce Cœur qui a tant aimé les hommes. Prier, compatir, offrir, réparer, souffrir en face de ce Cœur qui a puisé toutes les agonies et toutes les douleurs, ah! c’est la part des amis privilégiés. Allons-y, allons-y, malgré notre petitesse.»