dimanche 25 janvier 2015

Les âmes victimes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

Berchem, octobre 1874.

Au fond, nous le savons toujours, pour vos âmes : elles sont dans la Plaie du Coeur de Jésus, elles sont sur l’Autel, là où sont toujours les âmes victimes ; elles sont dans l’oblation et dans l’immolation continuelle, avec l’Amour Crucifié. Elles reçoivent Jésus, elles l’offrent, elles se donnent à Lui et sont emportées avec Lui dans son perpétuel sacrifice. Quel don que Jésus et quelle offrande !...

L’Adorable Trinité nous donne Jésus blessé, ensanglanté... En le recevant ainsi, couvert de plaies, ne devons-nous pas le consoler, le dédom-mager, lui rendre autant d’honneur qu’il a reçu de mépris, panser et adoucir ses blessures par la compassion, l’amour sans réserve ?...

Nous le recevons pour réparer, et nous l’offrons ensuite pour le glorifier. Que ce commerce et ce don mutuel entre la Sainte Trinité et nos pauvres âmes est quelque chose d’admirable et d’émouvant ! Mes Soeurs, usons là notre vie; recevoir Jésus, s’unir à Lui, l’offrir et s’offrir avec Lui pour glorifier le Père Céleste, c’est assez et c’est tout. Par cette perpétuelle communion, dans la Croix, et par cette perpétuelle offrande, notre coeur bat à sa pauvre façon du même battement que le Coeur de Dieu, si on peut ainsi s’exprimer, puisque le Père Céleste donne sans cesse Jésus-Christ au monde, et le reçoit sans cesse offert d’autel en autel.

La Très Sainte Vierge Marie est là comme partout, notre Institutrice et notre Mère; c’est par Elle que la Très Sainte Trinité nous donne Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est Marie qui est l’Autel sur lequel l’âme le reçoit; le coeur par lequel l’âme l’aime et l’embrasse, les mains par lesquelles l’âme l’offre de nouveau à Dieu, l’âme aussi par laquelle nous jetons vers le Ciel ce cri des âmes acerdotales et victimes « Que par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, et en Jésus-Christ, tout honneur et toute gloire vous soient rendus, ô Dieu (1) ! »

Tout par Lui, et nous cachées en Lui, ensevelies dans sa mort et offertes avec Lui dans l’Unité du Grand Sacrifice; est-ce que la grandeur de cette voie royale des Ames-Victimes ne suffit pas à remplir nos désirs, à apaiser la soif de nos âmes, et à entraîner à tous les sacrifices ?...

Priez pour nous, mes chères Soeurs, afin que nous marchions généreusement au grand but que notre Dieu nous a fait.

La grâce seule peut en donner la force; et les petites victimes ne peuvent rien que par leur union avec la Grande et Divine Victime.

- (1) Canon de la Messe.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

mercredi 21 janvier 2015

Le prêtre ne peut sauver les âmes sans viser à la sainteté

Sanctifier et sauver les âmes est le devoir d‘état du prêtre [...]. Or il est de foi que ce qui convertit et sanctifie les âmes, c‘est la grâce de Dieu; nous ne sommes, nous, que des instruments dont Dieu veut bien se servir, mais qui ne produisent de fruit que dans la mesure où ils sont unis à la cause principale, instrumentum Deo conjunctum. Telle est la doctrine de Saint Paul: ―Moi, j‘ai planté, Apollon a arrosé, mais Dieu a fait croître. Ainsi celui qui plante n‘est rien, ni celui qui arrose; Dieu qui fait croître, est tout; [...]. Par ailleurs il est certain que cette grâce s‘obtient surtout de deux manières, par la prière et le mérite. Dans l‘un et l‘autre cas, nous obtenons d‘autant plus de grâces que nous sommes plus saints, plus fervents, plus unis à Notre Seigneur. Si donc notre devoir d‘état est de sanctifier les âmes, cela veut dire que nous devons d‘abord nous sanctifier nous-mêmes: ―Pro eis ego sanctifico meipsum ut sint et ipsi sanctificati in veritate.

Nous arrivons du reste à la même conclusion, en parcourant les moyens de zèle principaux, à savoir la parole et l‘action, l‘exemple, la prière. La parole ne produit d‘effets de salut que lorsque nous parlons au nom et en la vertu de Dieu, ―tanquam Deo exhortante per nos. C‘est ce que fait le prêtre fervent: avant de parler, il prie pour que la grâce vivifie sa parole; en pariant, il ne cherche pas à plaire, mais à instruire, à faire du bien, à convaincre, à persuader, et, parce que son coeur est intimement uni à celui de Jésus, il fait passer dans sa voix une émotion, une force de persuasion qui saisit les auditeurs; et, parce que, en s‘oubliant, il attire le Saint Esprit, les âmes sont touchées par la grâce et converties ou sanctifiées. —Un prêtre médiocre au contraire ne prie que du bout des lèvres, et, parce qu‘il se recherche lui-même, il se bat les flancs et n‘est souvent qu‘un airain sonore ou une cymbale retentissante, ―aes sonans aut cymbalum tinniens.

L‘exemple ne peut être donné que par un prêtre soucieux de son progrès spirituel. Alors il peut en toute confiance, comme S. Paul, inviter les fidèles à l‘imiter comme il s‘efforce d‘imiter le Christ: ―Imitatores mei estote sicut et ego Christi. A la vue de sa piété, de sa bonté, de sa pauvreté, de sa mortification, les fidèles se disent que c‘est un convaincu, un Saint, — le respectent et se sentent portés à l‘imiter: verba movent, exempla trahunt. Un prêtre médiocre peut être estimé comme un brave homme; mais on dira: il fait son métier comme nous faisons le nôtre; son ministère sera peu ou point fructueux.

Quant à la prière, qui est et sera toujours le moyen de zèle le plus efficace, quelle différence entre le saint prêtre et le prêtre ordinaire? Le premier prie habituellement, constamment, parce que ses actions, faites pour Dieu, sont au fond une prière; il ne fait rien, il ne donne pas un conseil, sans reconnaître son incapacité et prier Dieu d‘y suppléer par sa grâce. Dieu la lui accorde avec abondance ―humilibus autem dat gratiam, et son ministère est fructueux. Le prêtre ordinaire prie peu, et prie mal; par là même son ministère est paralysé. Ainsi donc qui veut travailler efficacement au salut des âmes doit s‘efforcer de progresser chaque jour: la sainteté est l‘âme de tout apostolat.

["Précis de Théologie Ascétique et Mystique", Adolphe Tanquerey, 1854-1932]

samedi 17 janvier 2015

Prière et mortification pour les missionnaires

[Dans les écrits de Sainte Thérèse de Lisieux]

Au Père Adolphe Roulland.

J.M.J.T.
23 juin 1896
Carmel de lisieux
Jésus +

Mon Révérend Père,

J'ai pensé que je serais agréable à notre Bonne Mère, en lui offrant le 21 Juin, pour sa fête, un corporal et un purificatoire […]. C'est à cette Vénérée Mère que je dois le bonheur intime d'être unie à vous par les liens apostoliques de la prière et de la mortification, aussi je vous supplie, mon Révérend Père, de m'aider au Saint Autel à lui payer ma dette de reconnaissance.

Je me sens bien indigne d'être associée spécialement à l'un des Missionnaires de notre Adorable Jésus, mais puisque l'obéissance me confie cette douce tâche je suis assurée que mon Céleste Epoux suppléera à mes faibles mérites (sur lesquels je ne m'appuie aucunement) et qu'Il exaucera les désirs de mon âme en fécondant votre apostolat. Je serai vraiment heureuse de travailler avec vous au salut des âmes; c'est dans ce but que je me suis faite carmélite; ne pouvant être missionnaire d'action, j'ai voulu l'être par l'amour et la pénitence comme Sainte Thérèse ma séraphique Mère... Je vous en supplie, mon Révérend Père, demandez pour moi à Jésus, le jour qu'Il daignera pour la première fois descendre du Ciel à votre voix, demandez-Lui de m'embraser du feu de son Amour afin que je puisse ensuite vous aider à l'allumer dans les coeurs.

Depuis longtemps, je désirais connaître un Apôtre qui voulût bien prononcer mon nom au Saint Autel le jour de sa première Messe... Je désirais lui préparer moi-même les linges sacrés et la blanche hostie destinée à voiler le Roi du Ciel... Ce Dieu de Bonté a voulu réaliser mon rêve et me montrer une fois de plus combien Il se plaît à combler les désirs des âmes qui n'aiment que Lui seul.

Si je ne craignais d'être indiscrète, je vous demanderais encore, mon Révérend Père, d'avoir chaque jour au Saint Autel, un souvenir pour moi... Lorsque l'océan vous séparera de la France, vous vous rappellerez en regardant la pale que j'ai peinte avec tant de bonheur, que sur la montagne du Carmel une âme prie sans cesse le Divin Prisonnier d'Amour, pour le succès de votre glorieuse conquête. Je désire, mon Révérend Père, que notre union apostolique ne soit connue que de Jésus seul, et je réclame l'une de vos premières bénédictions pour celle qui sera heureuse de se dire éternellement

Votre indigne petite soeur en Jésus-Hostie
Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face
rel. carm. ind.

mardi 13 janvier 2015

La méditation

La méditation répand des bons mouvements en la volonté ou partie effective de notre âme, comme sont l’amour de Dieu et du prochain, le désir du paradis et de la gloire, le zèle du salut des âmes, l’imitation de la vie de Notre Seigneur, la compassion, l’admiration, la réjouissance, la crainte de la disgrâce de Dieu, du jugement et de l’enfer, la haine du péché, la confiance en la bonté et miséricorde de Dieu, la confusion pour notre mauvaise vie passée:

et en ces affections, notre esprit se doit épancher et étendre le plus qu’il lui sera possible. Que si vous voulez être aidée pour cela, prenez en main le premier tome des Méditations de dom André Capilia, et voyez sa préface, car en icelle il montre la façon avec laquelle il faut dilater ses affections; et plus amplement, le Père Arias en son Traité de l’Oraison.

Il ne faut pas pourtant, Philothée, s’arrêter tant à ces affections générales, que vous ne les convertissiez en des résolutions spéciales et particulières pour votre correction et amendement. Par exemple, la première parole que Notre Seigneur dit sur la croix répandra sans doute une bonne affection d’imitation en votre âme, à savoir, le désir de pardonner à vos ennemis et de les aimer. Or, je dis maintenant que cela est peu de chose, si vous n’y ajoutez une résolution spéciale en cette sorte: or sus donc, je ne me piquerai plus de telles paroles fâcheuses qu’un tel ou une telle, mon voisin ou ma voisine, mon domestique ou ma domestique disent de moi, ni de tel et tel mépris qui m’est fait par cestui-ci ou cestui-là; au contraire, je dirai et ferai telle et telle chose pour le gagner et adoucir, et ainsi des autres. Par ce moyen, Philothée, vous corrigerez vos fautes en peu de temps, là où par les seules affections vous le ferez tard et malaisément.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)

vendredi 9 janvier 2015

Nous avons besoin de religieuses fervents

Une lectrice m’a écrit le message suivant que je publie volontiers:

Cher D.,
             Merci pour ta réponse. Je suis contente que tu ais pu visiter le séminaire et les Soeur. Tu as beaucoup de chance. Sur toutes les photos des Servidoras, les Soeurs ont l'air très heureuse, elles sont radieuses. C'est vraiment bien que par ton blog, certaines jeunes femmes les connaissent et aillent les rencontrer. Ton travail porte de très bons fruits. C'est une bonne chose qu'elles aient des vocations. Nous avons tellement besoin de religieux et de religieuses fervents, qui soient un exemple, qui attirent les âmes à Dieu. Nous avons aussi deux maisons de Servidoras en France (il y a trois Soeurs par maison). J'espère que ces communautés grandiront. [...]

En union de prière,
(Lettre signée)
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Les Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará en France:

Communauté "Santa María Magdalena"
Presbytère 209 avenue de la IVème Republique
Le Cannet-des-Maures, Diócesis de Frejus-Toulon
Tel. +33 (494) 607327
E-Mail: c.mariamagdalena@servidoras.org

Communauté "Santa Clotilde"
Paroisse "Saint Ferréol"
66, Rue de l'Eglise
69700 Loire sur Rhône, Lyon
Tel. +33 (478 ) 732038
E-Mail: c.clotilde@servidoras.org

lundi 5 janvier 2015

Adoratrices


Parmi les jeunes filles attirées par la vie religieuse, gagne de plus en plus d’intérêt l'Institut des Sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre, branche féminine de l’Institut de Christ Roi Souverain Prêtre. Les premières trois filles (françaises) se sont réunies en 2001, puis en 2004 il y a eu leur prise d’habit, à la présence du Cardinal Ennio Antonelli, qui était alors Archevêque de Florence. En 2008 elles ont obtenu la reconnaissance officielle par le Saint-Siège, devenant ainsi un institut religieux de Droit Pontifical. C’est une très bonne chose, parce-que habituellement doivent passer beaucoup plus d’années avant d’obtenir l’approbation de Rome. Actuellement (juin 2014) les Sœurs Professes sont 11, plus 14 Novices et 3 Postulantes: dans quelques années les vocations, toutes jeunes et ferventes, ont considérablement prospéré. Les Sœurs viennent de la France (la plupart d’entre elles est de langue maternelle française), des États-Unis d’Amérique, de l’Irlande, de l’Allemagne e même…de la Suède!

Leur maison mère est située à Sieci, un hameau de la ville de Pontassieve, dans la province de Florence. Elles habitent aussi une maison religieuse dans le Jura Suisse et une autre en Allemagne (où maintenant il y a le siège du noviciat), mais est probable que dans l’avenir elles puissent ouvrir de nombreux autres couvents, partout dans le monde, grâce aux nombreuses vocations dont elles bénéficient.

Actuellement la Supérieure Générale est Mère Caroline-Marie de la Trinité (dans la photo ci à coté). 


Cet institut religieux est lié à l’ancienne et vénérable forme liturgique du Rite Romain (la soi-disant “Messe en latin”, également appelée “Messe Tridentine”), qui plaît tellement aux jeunes gens pour le sens fort du sacré que ce rite émane. Il ya beaucoup de filles qui chaque année sont attirées par Dieu pour entrer chez les Sœurs Adoratrices, tandis que de nombreux autres instituts religieux n’ont plus de vocations depuis des décennies. Quel est le secret pour avoir tant de vocations? En plus de beaucoup de prière, il est nécessaire de mener un style de vie authentiquement évangélique, vivant simplement, humblement, avec ferveur et observant fidèlement sa Règle approuvée par l'Église. Il est vraiment réconfortant de voir que, malgré la sécularisation de la société contemporaine, beaucoup de filles quittent le monde pour embrasser la vie religieuse et de devenir les épouses de Jésus-Christ. L'un des buts de cet ordre est de prier avec ferveur le Seigneur pour la sanctification des prêtres: il y en a tellement besoin! Les Sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre mènent principalement la vie contemplative, mais ils ne sont pas religieuses cloîtrées. 

Pour contacter ces sœurs, s'il vous plaît écrivez (en français) à l'adresse suivante:

Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre
Maison du Cœur Royal
Via di Gricigliano, 45
I-50065 SIECI (FI)
e-mail: adoratrices@icrsp.org

Si vous résidez en Suisse, l'adresse la plus proche est la suivante:

Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre
Maison du Cœur Eucharistique
Les Côtes
CH-2340 LE NOIRMONT (Canton Jura)


Voici quelques photos édifiantes:

Mère Caroline-Marie de la Trinité avec son frère prêtre, M. le Chanoine Marc Téqui




Une postulante en robe de mariée s'apprête à prendre l'habit de novice accompagnée de son frère bras dessous



L'évêque coupe les cheveux d'une postulante en robe de mariage 
avant de prendre l'habit de novice



Novices en recevant la Communion à genoux



samedi 3 janvier 2015

Adoration Perpétuelle

Pensées des fondateurs des Clarisses de l'Adoration Perpétuelle

Se dévouer à Jésus-Eucharistie, à l'Eglise, aux intérêts de la gloire de Dieu, à l'extension du règne de Notre-Seigneur, voilà nos fonctions. Et ne dites pas que, pour notre humilité, c'est une vocation trop élevée. Comme adoratrices, nous devons conduire toutes les âmes à Jésus, mais principalement les âmes des prêtres. Dans nos saintes Constitutions, en effet, il nous est dit que nous ne devons pas nous contenter de viser à notre propre sanctification, mais que nous devons encore nous faire un devoir de prier pour les missionnaires. Tous ceux qui ont charge d'âmes doivent faire l'objet de nos supplications. Pour atteindre les pécheurs, il faut de saints prêtres ; pour conduire les âmes d'élite, il faut de saints prêtres ; et, pour nous aussi, pour que notre petite Communauté soit fervente, il nous faut de saints prêtres. Et enfin, qui nous donnera Jésus dans son sacrement d'amour, sinon le prêtre ?

(Mère Marie de sainte Claire, fondatrice des Clarisses de l'Adoration Perpétuelle)

Si la sainteté de Jésus a son imitatrice dans la vierge, si sa justice a sa victime dans la réparatrice, si sa grandeur est exaltée sur les débris du monde par la pénitente, il est également juste que son Amour Eucharistique soit honoré, loué et remercié par une Action de grâces perpétuelle. Et telle est la fin principale de l'adoration pour les Religieuses Franciscaines du Très Saint Sacrement (ancien nom des Clarisses de l'Adoration Perpétuelle).

(Père Bonaventure, fondateur des Clarisses de l'Adoration Perpétuelle)

jeudi 1 janvier 2015

Prier et souffrir par l’Eglise et la France

[Dans les écrits de la Bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny]

L’Eglise...la France. O patrie bien-aimée ! Nos cœurs de catholiques et de Français sont brisés : nous expérimentons des douleurs toujours plus grandes. Espérons qu’avec l’aide puissant de Marie, reine de la France et de l’Eglise, nous pourrons dire à la première occasion : jamais il n’y a eu un tel triomphe...Si nous savions prier et souffrir, l’Eglise et la France seraient unies dans le même triomphe : une Eglise plus belle qu’avant et la France, revigorée par la douleur, redevenue chrétienne.

(Pensieri scelti dagli scritti della Beata Maria di Gesù Deluil-Martiny, tradotti dal libro "Gesù deve regnare", a cura di Paolo Risso, LEV)

mercredi 31 décembre 2014

Expérience vocationnelle

Une jeune fille m'a écrit pour me raconter son expérience vocationnelle chez les Filles du Coeur de Jésus fondées par la zélée Bienheureuse Marie Deluil-Martiny.

Cher D.,
              Je ne trouverai jamais assez de mots pour te remercier de m'avoir conseillé le couvent des Filles du Coeur de Jésus. Ca a été une expérience extraordinaire qui a allumé un grand feu dans mon coeur. Ces soeurs semblent être des anges blancs sur terre. Elles m'ont accueillie avec beaucoup de disponibilité et d'amour. Cela se voit qu'elles aiment ardemment les Coeurs de Jésus et Marie. Leur prière ne cesse jamais, un hymne continu de louanges jusqu'au plus haut des cieux, sans signe de fatigue mais avec joie et amour. En ces jours, j'ai prié intensément et j'ai demandé au Seigneur quelle voie Il veut que je suive pour L'aimer de plus en plus. Aujourd'hui pendant la Messe, avant de partir, durant le dernier chant d'adoration avec le Très Saint exposé, mon coeur s'est mis à battre la chamade et j'ai commencé à pleurer presque contre ma volonté et j'ai ressenti une émotion indescriptible, à quel point Jésus nous aime, son Coeur bat ainsi pour nous !!!

Encore merci pour toute ta précieuse aide !

Bons baisers dans les Coeurs de Jésus et Marie !!

(Lettre signée)

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Les jeunes qui veulent passer quelques jours de retraite spirituelle dans le monastère de clôture des Filles du Cœur de Jésus de Marseille pour discerner leur propre vocation, peuvent les contacter en écrivant à ces adresses:

Monastère des Filles du Cœur de Jésus
68 Traverse de la Serviane
Les Trois Lucs
13012 Marseille

Tél. 04 91 93 43 46

samedi 27 décembre 2014

Discernement vocationnel

Je publie le texte tiré d’une oeuvre intéressante de saint Alphonse Marie de Liguori adressé à une jeune fille en discernement vocationnel:

Sœur bénie, vous délibérez sur l’état de vie que vous devez embrasser. Je vous vois agitée parce que le monde vous veut pour lui en prenant un mari; Jésus Christ vous veut aussi pour Lui pour vous prendre comme épouse en vous faisant religieuse dans quelque monastère observant. Considérez que de cette décision que vous devez prendre dépend votre salut éternel ; c’est pourquoi je vous recommande de prier chaque jour le Seigneur et de commencer a le faire dès que vous aurez lu ce présent écrit pour qu’Il vous donne la lumière et la force de choisir l’état de vie le plus avantageux pour vous sauver, afin que vous n’ayez pas à vous repentir plus tard du choix fait pour toute votre vie et pour toute l’éternité, alors qu’il ne sera plus de remède à l’erreur. Examinez donc ce qui vous est le plus favorable et ce qui peut vous rendre heureuse: avoir comme époux un homme de la terre ou Jésus Christ, Fils de Dieu et Roi du ciel ; réfléchissez qui des deux vous semble un meilleur époux et choisissez celui-là. La sainte vierge Agnès avait treize ans et parce qu’elle était très belle elle était aimée par beaucoup de gens: parmi eux se trouvait aussi le fils du préfet de Rome qui désirait l’épouser. Mais elle, pensant au Christ qui la voulait pour Lui, a répondu à celui-ci : j’ai trouvé un époux qui est meilleur que vous et que tous les rois de la terre ; donc, je ne peux pas l’échanger avec un autre. Et pour ne pas l’échanger elle a préféré perdre sa vie à ce tendre âge et elle est morte contente comme martyre pour le Christ. C'est la même chose qu'a répondu la sainte vierge Domitilla au conte Aurélien qui était un grand seigneur ; elle aussi est morte martyre, brûlée vive pour ne pas quitter Jésus Christ. Puis, examinez les conséquences que subit celui qui choisit le monde et celui qui choisit Jésus Christ. Le monde vous offre des biens de la terre, de beaux vêtements, des honneurs et des plaisirs. Au contraire, Jésus Christ vous présente des flagellations, des épines, des répulsions et des croix, étant donné que ceux-ci ont été les biens qu’Il s’est choisis pour Lui pendant tous les jours qu’Il a vécus sur cette terre ; mais après Ils vous offre deux biens immenses que le monde ne peut pas vous donner, c’est-à-dire la paix du cœur dans cette vie et le paradis dans l’autre. Aussi, avant de décider l’état de vie à embrasser, est-il nécessaire de penser que votre âme est éternelle et qu’après cette vie qui passe vite vous devrez passer dans l’éternité où, une fois entrée, on vous donnera un lieu perpétuel de châtiment ou de bonheur selon celui que vous avez mérité par les œuvres de votre vie. Et qu’après la mort vous habiterez cette maison de vie ou de mort éternelle où vous resterez pour toute l’éternité, ou sauvée pour toujours et heureuse au milieu des joies du paradis ou perdue et désespérée pour toujours au milieu des tourments de l’enfer. Pensez donc que toutes les choses de ce monde vont vite s’achever. Heureux celui qui se sauve, misérable celui qui se damne ! Rappelez-vous toujours de cette grande maxime de Jésus Christ : A quoi servirait à l’homme de gagner le monde entier s’il perd son âme ? Cette maxime a déterminé tant de chrétiens à s’enfermer dans les cloîtres ou à s’enfuir dans les déserts et tant de femmes à quitter le monde pour se donner au Seigneur et faire une sainte mort. Au contraire, considérez le sort misérable de tant de femmes, de tant de princesses et de reines qui dans le monde ont été servies, louées, honorées et presque adorées : mais si ces pauvres dames se sont damnées, à quoi leur servent à l’enfer de si nombreuses richesses, délices et honneurs offerts, sinon pour leur causer de la peine et des remords de conscience qui les tourmenteront pour toujours, pendant que Dieu sera Dieu, sans avoir aucun abri de leur éternelle ruine ? Mais regardons un peu les biens que donne le monde dans cette vie à celui qui le suit et les biens que Dieu offre à l’âme qui pour son amour quitte le monde. Celui-ci promet de grandes choses à ceux qui le suivent ; mais qui ne se rend pas compte que le monde est un traître qui promet et ne tient pas sa parole ? Mais même s’il tiendrait ses promesses, quels sont les biens qu’il offre ? Des biens terrestres. Mais donne-t-il la paix, la vie heureuse qu’il promet? Non, parce que tous ses biens satisfont les sens et la chair, mais ne comblent pas le coeur et l’âme. Notre âme a été créée par Dieu pour L’aimer dans cette vie et jouir de Lui dans l’autre; tous les biens de la terre, tous ses délices et toutes ses grandeurs restent en dehors du coeur, mais n’y entrent pas, car seulement Dieu peut le combler. Salomon appelait tous les biens mondains vanité et mensonge qui ne remplissent pas le coeur, mais l’affligent: Vanitas vanitatum et affliction spiritus. Et, en effet, l’expérience nous montre que plus on a de ces biens, plus on est angoissé et affligé. Si le monde contentait avec ses biens les princesses, les reines qui ne manquent pas de promenades, de comédies, de festins, de banquets, de palais, de carrosses, de beaux vêtements, de précieux bijoux, de servants et de servantes qui les servent et fassent leur cortège, toutes ces dames seraient satisfaites. Mais non ; ceux qui les croient ainsi se trompent : demandez-leur si elles jouissent de la paix, si elles vivent parfaitement heureuses; qu’est-ce qu’elles vous répondront ? Quelle paix, quel bonheur ! Chacune d’elles vous dira qu’elles mènent une vie malheureuse et qu’elles ne connaissent point la paix. Les mauvais traitements qu’elles reçoivent de leurs maris, les troubles causés par leurs enfants, les jalousies, les peurs, les besoins domestiques les font vivre dans de perpétuelles angoisses et amertumes. Chaque femme mariée peut se considérer martyre de la patience : seulement si elle en a ; autrement, elle subira un martyre en ce monde et un plus dur dans l’autre. Quand elle n’aurait aucune autre peine, seuls les remords de conscience suffiront à la tenir toujours dans le tourment, car elle vit attachée aux biens terrestres, pense peu à son âme, fréquente peu les sacrements, se recommande peu à Dieu ; et, privée de telles aides pour bien vivre, elle ne peut pas vivre sans péchés et sans de continuels remords de conscience. Et voilà que toutes les promesses de divertissement faites par le monde deviennent les amertumes et les peurs de leur damnation. Pauvre que je suis ! Dira-t-elle, qu’est-ce qu'il en sera de moi à l’heure de la mort avec cette vie que je mène, loin de Dieu et avec tant de péchés, allant toujours de mal en pis ? Je voudrais me retirer pour faire un peu d’oraison, mais les devoirs de ma famille et de la maison ne me le permettent pas ; je voudrais entendre les sermons, me confesser, communier souvent, frequenter l’église, mais mon mari ne le veut pas; il me manque souvent l’accompagnement nécessaire et les affaires continuelles, le soin des enfants, les visites et tant d’intrigues ne me quittent plus et me tiennent enfermée chez moi. Juste les jours de fête je peux aller entendre une messe. Que j’ai été folle quand j’ai voulu me marier ! J’aurais pu me faire sainte dans un monastère ! Mais toutes ces lamentations à quoi serviront-elles, sinon à agrandir sa peine, voyant qu’il n’est plus le temps de changer le choix qu’elle avait fait de rester dans le monde ? Et si sa vie sera amère, plus amère sera encore sa mort. Alors elle verra autour du lit les domestiques, le mari, les fils qui la pleureront ; mais tout cela ne la soulagera pas, mais l’affligera encore plus; et, ainsi affligée, pauvre en mérites et pleine de tourments pour son salut éternel, elle devra aller se présenter à Jésus-Christ qui la jugera. Au contraire, une religieuse qui a laissé le monde pour Jésus Christ, combien elle sera contente en vivant parmi tant d’épouses de Dieu dans une cellule solitaire loin du bruit du monde et des continuels et proches dangers de perdre Dieu qui s’y trouvent pour celui qui y vit ! Et combien plus elle se trouvera consolée dans la mort pour avoir passé ses années en oraisons, en mortifications et en tant d’exercices de visites au Saint Sacrement, de confessions, de communions, d’actes d’humilité, d’espérance et d’amour envers Jésus Christ. Et bien que le demon ne cesse pas d’attirer son attention vers les défauts de sa jeunesse, l’Epoux Céleste, pour lequel elle a laissé le monde, saura bien la consoler ; et, ainsi, pleine de confiance, elle mourra en embrassant le crucifix qui la conduira au ciel pour vivre dans un éternel bonheur. Soeur bienheureuse, vu que vous devez choisir votre état de vie, choisissez celui que vous voudriez avoir choisi à l’heure de la mort. A cette heure là, chacune verra finie sa présence dans le monde et dira : Oh, si je m’étais faite sainte ! Oh, si j’avais abandonné le monde et m’étais donnée à Dieu ! Mais maintenant ce qui est fait est fait ; il ne me reste plus autre chose que de donner mon dernier souffle et aller entendre Jésus Christ qui me dira : Viens, bienheurese, te réjouir avec moi pour toujours ; ou : Va à l’enfer séparée de moi pour toujours. C’est à vous a présent de choisir : ou le monde ou Jésus Christ. Si vous choisissez le monde, sachez que tôt ou tard vous vous en repentirez. Donc, réfléchissez bien. Dans le monde il y a de nombreuses femmes qui se perdent ; dans les monastères, celles qui se perdent sont rares. Recommandez-vous au crucifix et à la Sainte Vierge Marie pour qu’Ils vous fassent choisir ce qui est mieux pour votre salut éternel. Si vous voulez vous faire religieuse, efforcez-vous encore à vous faire sainte : car si vous pensez vivre au monastère d’une manière relâchée et imparfaite, comme vivent certaines moniales, il ne vous sert pas d’y entrer, puisque vous aurez une vie malheureuse et malheureuse sera aussi votre mort. Puis, si vous avez de la répugnance à la pensée de vous enfermer dans un monastère, je ne puis pas vous conseiller l’état du mariage, étant donné que Saint Paul ne le conseille à personne sauf cas de nécessité absolue, ce qui j’espère n’est pas votre cas ; au moins restez chez vous et cherchez à vous sanctifier. Pendant neuf jours je vous demande de prier Notre Seigneur Jésus-Christ de vous donner la lumière et la force pour choisir l’état qui vous aidera le plus à vous sauver. Priez aussi Notre Dame de vous obtenir cette grâce par sa puissante intercession.

Viens et suis-moi

[Pensées de la Bienheureuse Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus]

«Le choix de Dieu ne se borne pas sur notre mérite; Il dit le premier mot de cet appel à qui Il veut; Il ramasse Paul, Augustin, Madeleine, au fond de leurs rébellions et de leurs faiblesses. Son choix entraîne sa grâce pour former l’âme selon ses desseins si elle est fidèle à l’appel. Dieu appelle, sa grâce descend; c’est à l’âme de saisir cette grâce et de répondre à cet appel; si elle se détourne et si elle refuse, Dieu, après d’instantes sollicitations, se retire; et qui peut comprendre ce qu’est la jalousie irritée d’un amour divin méprisé?... Je crains Jésus qui passe…»

«Nous ne pouvons user de la liberté que pour la soumettre à quelque chose. Préférerons-nous à notre Dieu, notre bon maître, une créature ou un désir de notre cœur? Les plus étroites, les plus sacrées des affections humaines ne sauraient légitimer la moindre résistance à la volonté de Dieu. Que pourrais-je aimer? Jésus-Christ est le seul aimable… A la mort, je voudrais n’avoir aimé que Lui… Pour bien vivre dans ce monde, je dois abhorrer le péché, fuir les occasions, haïr le monde et ce qui est du monde. Me sera-ce facile à moi qui aime naturellement ce qu’il aime et qui crains les difficultés?...»


Les jeunes qui veulent passer quelques jours de retraite spirituelle dans le monastère de clôture des Filles du Cœur de Jésus de Marseille pour discerner leur propre vocation, peuvent les contacter en écrivant à ces adresses:

Monastère des Filles du Cœur de Jésus
68 Traverse de la Serviane
Les Trois Lucs
13012 Marseille

Tél. 04 91 93 43 46

mardi 23 décembre 2014

Servidoras

Parmi les ordres religieux de qui se développent considérablement, il y a les " Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará " qui en très peu d'années ont dépassé les 1000 personnes et qui continue de toujours susciter plus d'intérêt chez les jeunes filles attirées par la vie consacrée, il faut garder à l'esprit qu'elles ont environ quatre-vingt-dix novices et postulantes, sans compter les "aspirantes". C'est une croissance exponentielle vraiment extraordinaire. Seul Dieu peut être l'auteur d'un tel triomphe d'amour !

La majeure partie de ces sœurs zélées sont de vie active, mais elles ont aussi quelques monastères de clôture dans lesquels on trouve une vie contemplative.

Le Père Carlos Miguel Buela, leur Fondateur, a réussi à transmettre à ces sœurs un esprit "apostolique" et "missionnaire" grâce à qui elles ont été facilement "contaminées". Parmi les "Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará" je note leur "soif" du salut des âmes qu'avaient Saint Ignace de Loyola et Saint Alfonse de Liguori.

A la différence des autres ordres religieux qui n'acceptent pas les jeunes filles qui ont plus de 35 ans, les "Servidoras" (diminutif espagnol des " Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará ") acceptent les candidates de tous âges, du moment qu'elles aient des signes concrets d'une vocation. Les filles qui n'ont pas réussi à trouver un bon directeur spirituel peuvent également faire une expérience vocationnelle dans leur noviciat où elles seront aidées de la maitresse des novices à faire un discernement sain.

Autrement, il est possible de trouver un bon guide spirituel parmi quelques uns des nombreux prêtres de la branche masculine de l'Institut du Verbe Incarné, qui ont reçu une bonne préparation doctrinale et spirituelle.

Celles qui désirent embrasser la vie consacrée dans cette famille religieuse, en plus des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, doivent également faire un quatrième vœu de servitude mariale selon l'enseignement de Saint Louis Marie Grignon de Montfort. Ce vœu consiste en un esclavage maternel d'amour avec lequel on se donne totalement à Jésus par le biais de Marie.

Il est enthousiasmant de constater le zèle apostolique de ce jeune ordre religieux, j'espère que le Seigneur veut continuer à les inonder de nombreuses vocations. Il y a beaucoup besoin d'âmes qui se dédient à l'apostolat, non seulement sur les terre des missions, mais aussi dans notre chère Italie toujours plus sécularisée et esclave du néo-paganisme matérialiste.

Celles qui veulent faire une expérience vocationnelle chez les Servidoras ou qui veulent simplement demander des informations sur la vie consacrée peuvent écrire à l'e-mail suivant : c.mariamagdalena@servidoras.org

vendredi 19 décembre 2014

Ne refuses pas la vocation

Il y a longtemps que j’ai réçu une lettre d’une jeune fille qui, les larmes aux yeux, a senti le besoin de lancer un appell affligé:

Cher frère en Christ,
                                   je vous écris afin que mon témoignage puisse servir à toutes les jeunes filles qui se sentent appelées à la vie religieuse. Je suis une jeune fille de vingt ans et, à défaut de mon âge , j’ai vécu très intensément, et si je pouvais retourner en arrière, je revivrais chaque instant de ma vie. A douze ans, j’ai commencé, presque par hazard, à frequenter un ordre de clôture étroite qui m’a emmenée à aimer sans mesure le Christ et son Ėglise. Quand j’etais petite, j’ai toujours pensé qu’un jour je me donnerais au Christ…au sein de celle que j’appellais ma vraie maison, c’est –à- dire dans quelque couvent de mon ordre préféré et il est inutile de dire que mes parents ne m’ont jamais donné la permission d’entrer au couvent et que jai anxieusement attendu le jour de mon dix-huitième anniversaire. Lorsque on était en train de preparer la fête de mon anniversaire, moi, dans mon for intérieur, je préparais mon âme à se donner à l’Ėpoux Bien-Aimé. Quelques mois après, je partis en disant à mes parents que cette retraite spirituelle n’aurait pas été comme les autres et que tôt au tard je serais retournée…Je commençai mon chemin sous la direction des moniales saintes et fidéles à l’ordre et à la observance, des personnes qui donneraient leur propre vie afin de rester fidèles à leur profession. J’avais une joie qui dérivait de moi-même et que personne-pensai –je-pouvait jamais m’ ôter. Bien-sûr, il y aurait des difficultés, mais les problèmes existent même dans l’amour entre deux creatures. De bonne heure, mes parents sè rendirent compte que cette retraite n’aurait pas eu de retour. Très affligés, ils vinrent me voir et, désespérés, les larmes aux yeux, ils me supplièrent de retourner…Je retournai chez moi, dans l’espoir de tôt revenir. Et il se passa comme ça. Quelques semaines après, je retournai au même ordre, mais au sein d’une étroite clôture. Je parle des Clarisses de l’ Immaculée que vous- mêmes vous citez dans votre blog. Jamais de la vie, j’avais senti una joie si grande et je suis sûre que je ne la sentirai plus. Tout en vivant derrière ces grilles, je me sentais libre. Il est difficile à croire, mais il était bien cela. Pour moi, il s’agissait de l’antichambre du Paradis. Même à présent, je ferais n’importe quoi, pour y retourner. Je vous écris les larmes aux yeux et la mort au coeur, je vous en prie: encouragez chaque personne à ne pas abandonner la voie de la consécration au Christ, parce que- croyez- moi- on meurt vraiement. O présent, je suis engagée, je vis dans une famille aisée, j’ étudie et je ne manque de rien…poutant- je vous le dis- je manque de tout. Je donnerais ma propre vie pourvu que je puisse retourner en arrière de quelques ans, mais il est malheureusement impossible, et sûre de ça, je continue a survivre en espérant d’avoir encore un minimum de joie. Je vous en prie- au nom du Christ et de la Sainte Vierge- faites l’impossible, mais encouragez et aidez ceux qui ont la tentation d’abandonner, ditez- eux que la joie se trouve seulement sur la voie que le Christ a choisi pour nous.
Merci bien pour votre blog.

Chère soeur en Christ,
                                      tutoye-moi (je le préfère).

Je te remercie pour ton témoignage que je crois utile aux personnes hésitantes pour l’ état de vie à choisir.

Pourtant, dans ta lettre, j’ ai remarqué un peu de découragement. Ma chère, chaque chrétien doit espérer en Dieu, il ne doit donc rien craindre, et la joie spirituelle doit toujours habiter son âme. Es- tu sûre de ne plus pouvoir embrasser la vie religieuse parmi le Clarisses de l’ Immaculée ou bien dans quelques autres ordres religieux? Et si, par hazard, Dieu veut que tu sois une nouvelle Zélie Guérin (la mère de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus)? En tout état de cause, tu ne peux pas vivre de regret tout le rest de ta vie. Confie- toi à la Médiatrice de toutes le grâces et tu verras qu’ on trouvera une solution. Si tu m’ écriras encore par l’avenir, j’ espére de tout mon Coeur, de te sentir l’ âme heureuse et pleine de joie spirituelle.

Je tiens beaucoup au salut éternel de ton âme, car tu as été payée cher par le Christ cloué sur la Croix. Confie toujours dans Jésus et Marie!

Je t’ exhorte à accomplir la volonté de Dieu sur toi et je te salue fraternellement en Cordibus Jesu et Marie.

Cordialiter

lundi 15 décembre 2014

Aimôns l’amour !

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

Novembre 1875.

Aimez bien Jésus qui vous a aimée jusqu’à la pauvreté de la Crèche, jusqu’à l’humilité de Nazareth, jusqu’au dénûment du désert, jusqu’à l’excès de la sainte Cène, jusqu’à l’agonie du Jardin, jusqu’à la honte du Prétoire, jusqu’aux tourments de la flagellation et du couronnement d’épines, jusqu’au martyre de l’adieu à sa Mère, jusqu’au supplice de la Croix, jusqu’à la soif brûlante de sa dernière heure, jusqu’à son délaissement de l’agonie, jusqu’au dernier soupir de son Coeur, jusqu’au coup de lance et à l’épuisement de son Sang par cette Blessure sacrée ! Ah ! aimez ! aimez !

Or, aimer c’est se donner; aimer c’est se livrer ; aimer c’est se sacrifier; aimer c’est s’enchaîner à ce que l’on aime; aimer c’est brûler; aimer c’est se consumer ; aimer c’est ne rien refuser ; aimer c’est tout abandonner à l’amour aimer c’est avoir une si ardente soif de voir aimer ce que l’on aime, que rien ne coûte pour l’obtenir ; aimer c’est chercher partout mille vies, mille coeurs pour les sacrifier et les embraser, et pour les jeter en trophée sous les pas du Bien-Aimé vainqueur.

O amour, amour! ô feu brûlant! qu’est-ce que mille vies pour vous les sacrifier, qu’est-ce que mille coeurs pour vous les consacrer? Ma fille, aimons Celui qui nous a tant aimées ! O Jésus, élargissez nos coeurs, étendez notre capacité d’amour, et pour cela élargissez notre capacité de souffrir, de nous sacrifier, de nous humilier, de descendre dans notre néant, de nous baigner dans vos douleurs, afin d’être unies un jour à votre triomphant amour au Ciel !

Aimôns l’amour !

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

jeudi 11 décembre 2014

Vie religieuse

Une fille m'a envoyé le témoignage suivant.

Je suis une polonaise de 29 ans. Aujourd’hui j’ai la grâce et la joie de vivre dans la maison de Jésus dans la congrégation des Filles du Cœur de Jésus en Venise (Italie). Avec chaque jour qui passe je m’étonne, pleine d’admiration, à voir combien Jésus a été bon avec moi et comme Il continue de l’être. Depuis plusieurs années j’avais le désir ardent de vivre seulement pour Lui, gardant pour Lui mon cœur, sans le partager. Dans le monde, je menais une vie normale, essayant de Lui être toujours proche par la prière et l’adoration, mais je ne voyais pas clairement ma place dans ce monde, je me demandais le mode de vie qui me serait le plus convenable. J’en étais un peu préoccupée, je me sentais même perdue, mais ma confiance en Jésus etait ma force et ma paix. Je portais dans mon cœur le désir d’être proche de Jésus Eucharistique et de connaitre de mieux en mieux la mystérieuse vie eucharistique qui m’attirait, elle étant le principal sujet de mes méditations. A un certain moment de ma vie, mon cher Jésus a usé de certaines personnes et circonstances pour me faire connaitre son projet de bonheur pour moi. Ainsi, j’ai connu le monastère des Filles du Cœur de Jésus et je me suis retrouvée dans leur spiritualité: aimer, consoler le Cœur de Jésus, réparer toutes les offenses qui Lui sont faites, m’unir au Jésus Victime à chaque Messe et tout cela par l’intermédiaire de la Vierge Marie, en étant étroitement unie à son Cœur Immaculé. Etre ensemble avec Jésus pour le Père en priant, en souffrant, en réparant, en aimant et en intercédant pour les pécheurs, demandant leur salut, voilà le programme des Filles du Cœur de Jésus, le but de leur vie et existence. Je suis depuis peu de temps dans le monastère, mais déjà dès mon arrivée ici j’ai expérimenté le soin pour Jésus et je l’expérimente chaque jour d’une façon qui m’impressionne beaucoup et il ne me reste plus d’autre chose à faire que L’aimer toujours plus, contempler sans cesse Sa bonté et Son délicatesse et premièrement Son amour pour moi, en voulant S’offrir à moi de cette façon. Il m’a volée, m’a tirée du jardin du monde pour me planter dans Son jardin clos, ensemble avec d’autres fleurs qui Lui appartiennent et en ayant soin de moi. Les Filles du Cœur de Jésus m’ont fascinée par leur grande fidélité envers l’esprit de leur fondatrice, la bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny, ses enseignements et ardentes pensées étant vécus et observés chaque jour, même dans les plus petites choses. Le silence, la modestie, le recueillement, l’esprit de prière édificateur nous permettent de rester toujours proches du Cœur de notre cher Rédempteur qui est ici notre joie, force et bonheur qui ne passent pas, mais qui sont à découvrir et à amplifier. Chaque jour est différent, malgré les mêmes prières, les activités et le travail. Ils apportent toujours quelques chose de différent, par exemple nous nous édifions par une pensée pieuse ou par les mots du sermon d’un prêtre. Ici, le cœur de la vie des sœurs et la Sainte Messe célébrée chaque matin; elle nous fortifie et nous prépare à accueillir une nouvelle journée. Le Saint Sacrement reste exposé depuis le matin et jusqu’au soir et chaque Fille du Cœur de Jésus a l’aimable devoir d’adorer Jésus selon un programme déjà établi. Chaque adoration est une nouvelle rencontre avec Lui et de cette manière nous Le servons par notre présence et devant Lui nous recevons de la lumière, de la paix et du courage, spécialement quand apparaissent les difficultés. Il est notre Médecin et Conseiller. Les Filles du Coeur de Jésus ont comme saints patrons qui les protègent d’une manière spéciale la Sainte Vierge Marie, saint Joseph, le saint Archange Michel et la bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny. Ici nous expérimentons leur aide et c’est pourquoi nous sommes pleines de confiance, paix et joie dans la Divine Providence et dans l’aide de nos amis du ciel.

Je dois remercier Jésus d’avoir pensé à moi pour partager Sa vie cachée!

(Lettre signée)

dimanche 7 décembre 2014

Confession

L’ennemi de l’humanité cherche à éloigner les âmes de Jésus, en mettant des craithes absurdes, comme par exemple une peur exagérée de se mal confesser. Voilà l’extrait d’une lettre d’une jeune fille:

Un problème parmi les plus importants pour moi, est que je ne sais pas si je fais tout correctément, si je me confesse bien, si je bien reçois la Communion, si je prie bien…et cette incertitude fait que j’évite la Communion, la prière, etc…Si j’étais sûre en avance que le Signeur est content de ma confession, je courerais. Cependant, je m’arrête a un Dieu- Amour, qui m’appelle, peut-être, à me consacrer à Lui, mais j’ai peur de m’approcher à Lui. Pries pour moi, afin que le Seigneur me donne le courage de faire ce qu’ Il attend de moi.
Chère soeur en Christ,
                                     il y a beaucoup de mois qu’on s’écrit des e-mail, je suis content que pendant ce temps, tu as persévéré dans ton chemin spirituel et dans le discernement vocational. Tu ne dois jamais te rendre, mais il faut toujours avancer dans le chemin de perfection chrétienne. Ne t’inquiètes pas trop des péchés commis, car le Signeur est miséricordieux et nous pardonne volentiers lorsque nous nous confessons avec un repentir sincère. Aucune fille n’est digne d’être l’épouse de Jésus, car Lui, Il est Dieu, par contre nous tous, enfants d’ Ève, nous sommes pécheurs. Quand le Seigneur accorde à quelqun le don de la vocation réligieuse, Il ne le fait pas sur la base des mérites, mais pour amour. Si tu deviendras réligieuse (je l’ espère vivement), ce ne sara pas pour tes mérites, mais simplement parce que Jésus l’a voulu, car Il est bon. Le diable ne veut pas que tu vives chrétiennement, et c’ est pourquoi il cherche à t’éloigner de Jésus, en te faisant tomber dans la tristesse et le découragement. Quand une personne est découragée et démoralisée, il est facile pour le diable l’éloigner de la prière et de la Communion. Tu ne dois pas tomber dans ce piège. Tu ne peux plus vivre sans Jésus, parce que quand ton amour pour Lui est froid, il y a beacoup de douleur dans ton coeur tu dois beaucoup aimer Jésus, mais il y a beaucoup de distractions et tentations dans le monde; c’est pourquoi, j’espère tant que tu puisses entrer dans un monastère. Là, il sera facile pour toi de vivre le christianisme avec ferveur, là tu ne pourras que penser à aimer Dieu de tout ton coeur, sans te distraire avec les choses inutiles de la terre. Tu dois chercher à vivre ta foi joieusement et éloigner toutes les craintes inutiles. Il faut prier chaque jour, sans craindre de “prier mal” ,l’important est ne pas se distraire volontairement au cours de la prière. De plus, il serait bon de dialoguer avec Jésus et Marie. Oui, tu peux parler fraternellement avec eux, en racontant tes problèmes, tes souffrances, tes désirs, mais surtout en leur disant que tu les aimes et que tu veux les aimer pour le reste de l’éternité, etc. Saint Alphonse a écrit un livret très joli qui explique la manière dont il faut dialoguer avec Dieu. Pour ce qui concerne la confession, tu ne dois pas craindre; l’important est être repenti des fautes commises, puis il suffit de ne confesser que les péchés mortels, mais, si tu veux, tu peux confesser même les péchés véniels. Pour commettre un péché mortel, il faut que tu raisonnes de telle façon: “Ce que je suis en train de faire est une faute grave qui offense beaucoup Dieu, j’en suis pleinement consciente et j’y consense pleinement”. Si tu ne sais pas qu’une chose est une faute grave, ou bien si tu n’avais pas la pleine conscience ou tu n’as pas totalement consenti avec ta volonté, tu peux être sûre de ne pas avoir commis des péchés mortels. De toute façon, si ton confesseur est un bon prête, tu peux lui raconter tes doutes de conscience et il aidera à comprendre s’il s’agissait de péchés mortels, péchés véniels ou même de simples scrupules. Le diable ne veut pas que tu fasses la Communion, parce que de telle façon tu te lies totalement à Jésus. Il devient tout à toi, et tu deviens toute à Lui. Quand Jesus est en toi, tu dois Lui dire des mots d’amour, tu dois Lui dire que tu L’aimes et que tu veux L’ aimer encore plus parce qu’Il le mérite; tu dois Lui dire que tu es disposée a Lui donner ta vie, que tu ne veux aimer que Lui, que tu veux que toutes les âmes L’aiment, qu’Il règne sur tous les coeurs des hommes, que toutes les âmes se sauvent et aillent au Ciel pour l’aimer à jamais; tu dois Lui dire que tu préfères mourir plutôt que commettre même un seul péché de pleine conscience. Après ta confession, tu peux continuer à recevoir la Communion jusqu’à quand tu n’es pas sûre d’avoir commis un péché mortel. Les théologiens einsegnent que si tu doutes d’être en état de grâce ou bien de péché mortel, tu peux recevoir la Communion, mais il est bon de réciter avant tout et de tout ton coeur, un “acte de contrition”, c’est- à- dire une prière dont tu demandes pardon à Dieu de toutes les fautes, non tant pour avoir merité ses punitions, mais surtout parce que tu as offensè Lui, Il qu’est infinimment bon et digne d’ être aimé au de là de tout chose. En te communiant, tu éloigneras les scrupules, mais surtout tu éloigneras la tentation du diable qui veut que tu ne t’approches pas à la Communion, c’est- à- dire à Jésus. La Communion te donnera la force de résister aux tentations, et te donnera une ferveur plus grande dans la prière et t’ allumera de charité vers Dieu et vers ton prochain. J’ espère avoir été utile, dans quelque mesure, mais je reste à ta disposition pour d’autres explications.

En Jésus et Marie,
Cordialiter

mercredi 3 décembre 2014

Si une fille n'est pas vierge peut devenir une moniale?

Quelques-uns pensent que pour devenir frère ou sœur (épouse du Christ) il est nécessaire d’avoir garde le lis de la virginité depuis l’enfance. En réalité, même ceux qui ont connu le péché peuvent entrer au monastère s’ils s’en repentent et sont absolument décis de ne plus pécher. Ecoutez l’histoire d’une des maitresses de Gabriel D’Annunzio. Alessandra di Rudini est née à Naples en 1876. Son père était maréchal et un homme politique connu (il a été même Ministre d’Affaires internes et Chef du gouvernement). Elle a eu une enfance ,,vivace” et à cause de son manque de discipline elle a été chassée du collège. Elle vivait dans un milieu rationaliste et c’est pourquoi sa foi a beaucoup fléchi. Elle pensait que le christianisme était seulement un phénomène social-politique. Puis, en lisant les idées de Renan, sa foi s’est écroulée complètement. Elle était vue comme une jeune fille très jolie et de nombreux hommes avec une bonne condition sociale ont voulu l’épouser. Parmi ceux-ci se trouvait le maréchal Marcello Carlotti avec lequel elle a accepté de se marier et, ainsi, ils ont eu deux enfants. Pourtant, peu après le mariage elle est restée veuve. Elle avait seulement 24 ans et, étant donne sa beauté et sa jeunesse, il n’eut pas été difficile de trouver un autre mari. En 1903 elle a connu Gabriele D’Annunzio, un poète célèbre qui séduisait beaucoup de femmes. Premièrement il les séduisait et puis les abandonnait et choisissait une autre fille malheureuse. D’Annunzio a fait des avances à Alessandra, qui, dans un premier temps l’a refusé, mais à la fin elle a cédé et ils ont décidé de vivre ensemble ,,comme les époux”, dans le manoir du poète. Ceci est un péché grave contre le sixième commandement, qui interdit les rapports sexuels entre les personnes non-mariées. Mais la Vierge Marie, comme une mère attentive, veillait sur elle, et le Bon Dieu lui a envoyé un châtiment salutaire. Dieu est l’amour infini, et quand Il envoie une croix Il la fait pour notre bien, c’est-à-dire pour un bien encore plus grand. Ainsi, Alessandra est tombée gravement malade et courait le danger de mourir sans avoir reçu les derniers sacrements. Quand elle est guérie, D’Annunzio l’a quittée. Apres la maladie, la jeune marquise n’était plus aussi belle qu’avant et le poète était déjà amoureux d’une autre femme. Voilà combien fragile est l’amour mondain et avec quelle rapidité il change! Alessandra a beaucoup pleuré son amour perdu, mais immédiatement elle s’est rappelé que son amour n’était que vanité: ,,vanitas vanitatum et omnia vanitas” dit la Sainte Ecriture. Après une longue période de recherches, elle s’est sentie attirée d’un Homme spécial, le meilleur des hommes, Celui qui ne trahit jamais: Jésus-Christ, le Roi du Ciel. Apres s’être consultée avec son directeur spirituel et pris contact avec les sœurs, elle est entrée dans un monastère de clôture en France, où elle a reçu comme religieuse le nom de Marie de Jésus et a vécu sa vocation d’une manière exemplaire. Les pécheurs scélérats qui se convertissent sincèrement à Dieu, en général deviennent des apôtres zélés de l’Evangile. Ainsi, sœur Marie de Jésus a été choisie prieure du couvent et s’est révélée d’être une bonne supérieure, en fondant d’autres monastères en France. Elle est morte en odeur de sainteté dans le mois de janvier de l’année 1931, heureuse d’avoir quitté le monde qui l’avait trahie et de s’être consacrée au Bon Jésus. Gabriele D’Annunzio ne pouvait pas remplir de joie et de paix le cœur d’Alessandra, qui était créé pour aimer Dieu et seulement en Lui elle a pu trouver son bonheur. ,,Inquietum est cor nostrum”, notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il ne se repose pas en Dieu.

samedi 29 novembre 2014

L’esprit de l’Œuvre, c’est l’union à l’immolation incessantes de Jésus-Christ

[Dans les écrits de la Bienheureuse Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice des Filles du Coeur de Jésus]

Ma bien chère Fille,
                                Comme Notre-Seigneur prend soin de votre petite âme au milieu de toutes vos faiblesses! Mais, c’est un soin douloureux pour votre pauvre nature, qu’il faut réduire à céder la place, à mourir sous les coups de la grâce, et à laisser vivre en vous Jésus seul. Soyez calme, généreuse, abandonnée; et laissez faire Notre-Seigneur. Seulement, étudiez-vous à ne lui rien refuser, parce que plus vous tergiverserez, plus le travail de destruction sera long. Courage!

Vous me décrivez toutes vos agonies intérieures, et vous en concluez que vous vous éloignez de l’OEuvre, et que vous n’en prenez pas l’esprit. Pensez-vous que l’esprit de l’Œuvre soit l’ardeur et la joie sensibles?... Ma pauvre Enfant, l’esprit de l’Œuvre, c’est l’union à l’immolation et à l’oblation incessantes de Notre-Seigneur Jésus-Christ; Punion aux douleursinté rieures de son Coeur Sacré, en particulier. Ce Coeur, pendant la vie mortelle de Notre-Seigneur, ne cessa pas d’être broyé, angoissé, immolé sans limites. Voilà le modèle; voilà la part de nos âmes. Aussi, l’immolation intime du coeur, de l’âme, de l’esprit, le martyre intérieur, les agonies, les sécheresses, etc., etc., tout cela doit être accueilli par nous comme une part d’héritage qui nous est échue; nous devons unir le calice de nos angoisses à celui du Sang de Jésus et les offrir ensemble pour les fins de l’Œuvre. [..]

Comment seriez-vous une vraie Victime, si vous étiez sans cesse portée par les ardeurs sensibles, par les consolations et les joies senties? ... Ce n’est pas ainsi que s’apprend la grande science de l’immolation; aussi, Notre-Seigneur, qui [seul] veut vous remplir de cette science, vous mène par le bon et sûr chemin. Chaque matin, montez au Calvaire par un élan du coeur, pour y être immolée avec Notre-Seigneur [...] Que Jésus et Marie vous soutiennent et vous bénissent (2 mars 1873, Le 188-189).

[René Laurentin, "Marie Deluil-Martiny. Précurseur et martyre béatifiée par Jean-Paul II. La sainte de Marseille.", Fayard, Paris 2003]

mardi 25 novembre 2014

Entrer au monastère

Pour entrer dans un ordre religieux il est nécessaire d’avoir la vocation qui, bien plus qu’un sentiment ou une attraction sensible, consiste principalement dans la juste intention de celui qui aspire à la vie religieuse. Qui veut devenir frère ou sœur pour la noble raison de se consacrer au service de Dieu et au salut des âmes, en vivant avec ferveur la Règle monastique, celui-ci prouve avoir les signes d’une vocation sincère. Donc, que faut-il faire pour nous assurer que le désir d’une vie plus parfaite vient de Dieu lui-même? C’est important que cette personne-là parle avec un bon directeur spirituel, mais il n’est pas facile d’en trouver un, c’est pour cela que je conseille les gens qui n’ont pas ce guide de contacter directement un ordre religieux de stricte observance, en demandant de faire pendant quelques jours un discernement spirituel. Attention, l’ordre religieux doit être de stricte observance, c’est-à-dire qu’il vive avec ferveur la vie religieuse, autrement on court le danger de perdre la vocation, comme ceci est arrivé à d’autres. Encore, la discrétion est très importante, on ne doit pas révéler pour le moment ce désir aux amis et aux parents (sauf si ceux-ci sont des catholiques pratiquants), car souvent les parents deviennent les plus grands ennemis de la vocation de leurs enfants. Par conséquent, s’ils vous demandent le motif pour lequel vous voulez passer quelques jours dans un monastère, dites-leur que vous voulez faire une retraite pour le bien de votre âme (ce n’est pas un mensonge, c’est seulement une restriction mentale qui ne constitue ni même un pèche véniel). Durant ces quelques jours de discernement (par exemple une semaine) vous allez rencontrer des personnes qui vous aideront à apprendre si vous avec véritablement une vocation religieuse. Chers amis, que vous dire de plus? Courage! Pour entrer dans un couvent il est nécessaire d’avoir beaucoup de courage pour pouvoir supporter les adversités et rompre les liens avec le monde. Quelques-uns, même s’ils ont la vocation, n’ont pas la force de quitter les biens matériels et les autres vanités dont la vie séculaire est pleine. Si votre vocation est véritable, comme je l’espère, si vous allez entrer dans un bon ordre religieux, vous allez être plein de reconnaissance pour le Seigneur qui vous l’a offerte. Il est Le seul qui puisse donner cette paix intérieure si difficile de trouver dans le monde, où il y a tant de préoccupations et de distractions mondaines.

vendredi 21 novembre 2014

L'amour n'est pas aimé!

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

« O mes sœurs, l'amour n'est pas connu, l'amour n'est pas aimé ! Quand j'ai vu la haine du monde pour le Dieu qui est amour... les mépris et les outrages du monde pour Celui à qui toute puissance appartient au Ciel et sur la terre... quand j'ai vu l'armée de Satan dévaster le champ des âmes pour lesquelles mon Maître a déversé son sang, « mon cœur s'est fondu comme la cire au-dedans de moi-même. », et comme « l'amour désire faire plus qu'il ne peut, et qu'il croit que tout lui est possible et permis, » j'ai osé demander au divin Amour de se former une petite légion de Vierges qui soient des Séraphins de la terre : d'âmes prêtes à la souffrance, ardentes au dévouement, que l'obéissance seule, guidée par la prudence qui appartient à l'autorité, puisse arrêter dans la voie du sacrifice, d'âmes livrées et abandonnées à son action divine, en qui ses desseins de miséricorde se réalisent pleinement ; d'âmes eucharistiques, réparatrices et apostoliques ; d'âmes hosties, unies à Lui, transformées en Lui, offertes et sacrifiées par Lui, avec Lui et pour Lui, consommées en Lui, qui ne vivent plus, mais dans lesquelles il vive, et dont la vie soit cachée avec Lui, en Dieu ; des hosties vivantes, dans lesquelles il achève en quelque sorte sa passion, et dont il dispose selon son bon plaisir... dans l'intérêt de sa gloire. »

« Les sectes n'enseignent que la poursuite de la jouissance des sens, le matérialisme, l'égoïsme le plus révoltant ; nous leur opposerons la poursuite de l'abnégation la plus entière, la vigueur de la perfection intérieure et une mortification continuelle ne toutes choses, autant que possible ; un généreux amour de la Croix ; l'esprit de sacrifice, l'esprit d'union à Jésus immolé, qui est l'esprit même du Christianisme ; l'exquise pureté et les chastesdélicatesses de la virginité ; l'oubli de nos intérêts propres ; et le sacrifice total de nous-mêmes pour la plus grande gloire de Dieu. »

lundi 17 novembre 2014

Témoignage d'une vocation

Une étudiante à une université de Naples a vécu tranquille jusqu’à l’âge de 21 ans, mais quand elle est devenue la fiancée d’un jeune homme, elle a commencé à se disputer avec ses parents. D’un ange de la maison, elle s’est transformée dans une vipere prête à mordre tout le monde. Elle se sentait malheureuse, pleurait beaucoup et considerait tous comme ses ennemis, spécialement Dieu qui est la Bonté infinie. Et, ainsi, elle a chassé Dieu de sa vie, mais Il ne l’a pas oubliée et lui a tendu un piege pour l’attrapper. Sa mère s’est decidée d’aller dans la Terre Sainte pour un pèlerinage et a reussi à convaincre sa fille de l’accompagner. Dans le groupe de pèlerins il y avait aussi des frères et des soeurs de stricte observance. Au début, la jeune rebelle avait une attitude hostile envers ces personnes consacrées, elle leur disait des mots durs, mais en voyant leur comportement édifiant et leur manière fervente de prier, elle a changé d’avis, a medité la Passion de Jésus-Christ et, repentie du mal qu’elle avait fait, la jeune a reçu le sacrement de la Réconciliation dans la Basilique du Sacré Tombe de Jérusalem. Une soeur lui a même indiqué un prêtre avec lequel elle puisse parler, qui est devenu après son père spirituel. Toutefois, la jeune n’était pas encore complètement offerte, car elle vivait une vie chrétienne pleine de compromis et de contradictions.

Le changement s’est produit durant un pèlerinage à Fatima, quand elle a décidé d’avoir un comportement plus cohérent. Revenue en Italie, elle a demandé à son père spirituel de la préparer, elle et son fiancé, au mariage. Entre temps, elle a pris la resolution de réciter tous les jours le Rosaire, a changé sa façon de se vêtir, ne se maquillait plus et ne fréquentait plus les discothèques. Ce changement lui a causé de nombreux problèmes avec sa famille, c’est pourquoi elle s’est décidée de s’instaler dans le couvent des soeurs qu’elle avait connues dans la Terre Sainte, dans le but de mieux poursuivre ses études universitaires.

La jeune fille n’avait aucune intention de se faire religieuse, mais son père spirituel lui a lancé cette idée. En vivant dans le couvent des soeurs, elle a commencé à participer à la vie communautaire et à la priere commune et au lieu d’étudier, elle lisait les vies des saints. Elle a commencé à sentir pour la première fois l’appel à la vie religieuse, mais elle a essayé d’etouffer la voix de son coeur. Elle en a parlé avec son père spirituel, qui lui a confirmé ses peurs: c’etait vraiment une vocation religieuse. C’est pourquoi la fille a quitté le monastre, ne voulant plus entendre parler de vocation, et s’est dédiée aux derniers preparatifs pour le mariage, afin d’empêcher le Seigneur de se mêler dans ses plans. Pourtant, tous ces préparatifs, au lieu de la rendre heureuse, la tourmentaient. Tout le monde s’en est rendu compte, mais elle ne voulait pas admettre que la vie de prière avec les soeurs et le rapport intime avec Jesus lui manquaient, car ils etait devenus indispensables comme l’air. Entre temps, sa chambre ressemblait à une cellule monastique.

Le jour de son anniversaire elle a reçu un coup de fil des soeurs, qui l’ont invitée à passer quelques jours chez elles. La fille a accepté avec joie, car son coeur était attiré par la vie religieuse. Elle est partie avec l’idée d’y rester quelques jours, mais elle ne s’est plus retournée. Jesus l’appelait et elle etait fatiguée de lutter, de résister et de fuir. Ainsi, elle s’est rendue à l’amour du Rédempteur et a appelé ses parents et son fiancé pour leur communiquer sa décision d’embrasser la vie consacrée. Avec Jésus et Marie, son coeur était finalement heureux.

jeudi 13 novembre 2014

Aimez Jésus, ma fille, sacrifiez-lui toutes choses

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

1er avril 1876.

Votre lettre du Précieux Sang m’arrive, avec celles de toutes vos soeurs. Vous ne sauriez croire le baume que vous mettez sur tant de plaies rouvertes, béantes, saignantes, que l’épreuve actuelle à ravivées en mon coeur. Souffrir pour Jésus et pour vous, c’est-à-dire pour le règne de Jésus en vous, et vous savoir infidèles, lâches, déserteuses de sa sainte cause, vous comprenez que ce serait le martyre. Hélas ma fille, ce martyre-là, nous l’avons fait endurer au Coeur de Notre-Seigneur !...

L’inutilité de ses souffrances pour les pécheurs obstinés, et même pour nous, misérables, nous les Filles de son Coeur, nous ses Epouses; l!inutilité de son Sang versé à flots; la perte des âmes malgré sa mort douloureuse ; les dédains de ses plus aimés, malgré toutes ses agonies ; voilà le martyre des martyres pour Notre-Seigneur. — Et nous le lui avons infligé! Chaque grâce repoussée, c’est une goutte du Sang de Jésus foulée aux pieds, c’est une tendre avance de son amour méprisée !

Aussi, en assistant par anticipation au triste spectacle de nos ingratitudes, de nos infidélités, de nos dédains, de nos insouciances, son âme a été triste jusqu’à la mort, ainsi qu’il l’a dit lui-même.

Venez, ma chère fille, allons le dédommager et le consoler ; si beaucoup rendent inutile son sang répandu, nous, allons le recueillir et l’offrir ; si beaucoup l’insultent sur la Croix, nous, bénissons-le et laissons-nous clouer avec lui à ce bois sacré; si beaucoup le blasphèment, nous, baisons ses plaies adorables; si beaucoup le trahissent, nous, serrons-nous autour de lui, et par une fidélité sans réserve, dédommageons-le des injures des uns, des résistances des autres, de la haine du monde et des froideurs du grand nombre. — Quelle mission, ma fille, quel honneur et quels devoirs ! Avec la grâce, disons mille fois, car avec elle tout est possible « Plutôt mourir que de trahir ! »

Vous comprenez donc, mon Enfant, que souffrir pour Jésus en vous et vous savoir fidèles, dévouées, fermes au devoir, désireuses du bien et persévérantes, c’est l’adoucissement à toutes les douleurs ; c’est voir la fleur et espérer le fruit, sur un arbre qui coûte des peines inouïes à cultiver, émonder, arroser, et à qui Dieu donne l’accroissement.

Que Notre-Seigneur vous bénisse toutes pour votre fidélité à me procurer cette satisfaction.

C’est Jésus lui-même qui paiera le peu que je vous donne Comment ! il a donné son Sang pour vous, mon Enfant; et moi, sa pauvre servante, je ne donnerais pas un peu de ma souffrance et du sang de mon coeur pour votre âme qu’il a rachetée ?...

Un coeur de plus qui l’aime, ce doux Jésus, une âme de plus qui se consacre à Lui et qui le glorifie, une bouche de plus qui le confesse et qui le chante, un esprit de plus qui le contemple et se remplisse de Lui ; et plus tard, un jour au Ciel, si vous êtes fidèle jusqu’à la fin, un petit Séraphin qui brûle pour Lui pendant l’Eternité entière.., vraiment, ma fille, cela vaut la peine de verser son sang jusqu’à la dernière goutte. Et si c’est là une folie, selon le monde, je vous prie de remarquer que Jésus-Christ m’en a donné le premier l’exemple ; c’est la même folie qui a précipité le Verbe divin sur la terre, si l’on peut se servir de cette expression ; c’est Ja même folie qui l’a anéanti à Nazareth, qui l’a couvert de sang au Jardin des Olives, qui l’a tué au Calvaire, et qui a percé son Coeur mort pour en tirer la dernière goutte de sang, comme l’épuisement de son amour. Si la gloire de Dieu, et le salut, la perfection d’une âme valent le Sang de Jésus-Christ, ils valent bien mon sang et ma vie misérables. Aimez Jésus, ma fille, sacrifiez-lui toutes choses, et vous me comprendrez.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

dimanche 9 novembre 2014

L'amitié spirituelle

O Philothée, aimez un chacun d’un grand amour charitable, mais n’ayez point d’amitié qu’avec ceux qui peuvent communiquer avec vous de choses vertueuses; et plus les vertus que vous mettrez en votre commerce seront exquises, plus votre amitié sera parfaite. Si vous communiquez ès sciences, votre amitié est certes fort louable; plus encore si vous communiquez aux vertus, en la prudence, discrétion, force et justice. Mais si votre mutuelle et réciproque communication se fait de la charité, de la dévotion, de la perfection chrétienne, o Dieu! que votre amitié sera précieuse! Elle sera excellente parce qu’elle vient de Dieu, excellente parce qu’elle tend à Dieu, excellente parce que son lien c’est Dieu, excellente par ce qu’elle durera éternellement en Dieu. Oh! qu’il fait bon aimer en terre comme l’on aime au ciel, et apprendre à s’entre-chérir en ce monde comme nous ferons éternellement en l’autre!

Je ne parle pas ici de l’amour simple de charité, car il doit être porté à tous les hommes; mais je parle de l’amitié spirituelle, par laquelle deux ou trois ou plusieurs âmes se communiquent leur dévotion, leurs affections spirituelles, et se rendent un seul esprit entre elles. Qu’à bon droit peuvent chanter telles heureuses âmes : « Oh! que voici combien il est bon et agréable que les frères habitent ensemble! » Oui, car le baume délicieux de la dévotion distille de l’un des coeurs en l’autre par une continuelle participation, si qu’on peut dire que Dieu a répandu sur cette amitié sa bénédiction et la vie jusques aux siècles des siècles.

Il m’est avis que toutes les autres amitiés ne sont que des ombres au prix de celle-ci, et que leurs liens ne sont que des chaînes de verre ou de jayet, en comparaison de ce grand lien de la sainte dévotion qui est tout d’or.

Ne faites point d’amitié d’autre sorte, je veux dire des amitiés que vous faites: car il ne faut pas ni quitter ni mépriser pour cela les amitiés que la nature et les précédents devoirs vous obligent de cultiver, des parents, des alliés, des bienfaiteurs, des voisins et autres; je parle de celles que vous choisissez vous-même.

Plusieurs vous diront peut-être qu’il ne faut avoir aucune sorte de particulière affection et amitié, d’autant que cela occupe le coeur, distrait l’esprit, engendre les envies : mais ils se trompent en leurs conseils ; car ‘ils ont vu ès écrits de plusieurs saints et dévots auteurs que les amitiés particulières et affections extraordinaires nuisent infiniment aux religieux; ils cuident que c’en soit de même du reste du monde, mais il y a bien à dire. Car attendu qu’en un monastère bien réglé le dessein commun de tous rend à la vraie dévotion, il n’est pas requis d’y faire ces particulières communications, de peur que cherchant en particulier ce qui est commun, on ne passe des particularités aux partialités; mais quant à ceux qui sont entre les mondains et qui embrassent la vraie vertu, il leur est nécessaire de s’allier les uns aux autres par une sainte et sacrée amitié; car par le moyen d’icelle ils s’animent, ils s’aident, ils s’entreportent au bien. Et comme ceux qui cheminent en la plaine n’ont pas besoin de se prêter la main, mais ceux qui sont ès chemins scabreux et glissants s’entretiennent l’un l’autre pour cheminer plus sûrement, ainsi ceux qui sont ès religions n’ont pas besoin des amitiés particulières, mais ceux qui sont au monde en ont nécessité pour s’assurer et secourir les uns les autres, parmi tant de mauvais passages qu’il leur faut franchir. Au monde, tous ne conspirent pas à même fin, tous n’ont pas le même esprit , il faut donc sans doute se tirer à part et faire des amitiés selon notre prétention ; et cette particularité fait voirement une partialité, mais une partialité sainte, qui ne fait aucune division, sinon celle du bien et du mal, des brebis et des chèvres, des abeilles et des frelons, séparation nécessaire.

Certes, on ne saurait nier que Notre Seigneur n’aimât d’une plus douce et, plus spéciale amitié saint Jean, le Lazare, Marthe, Madeleine, car l’Ecriture le témoigne. On sait que saint Pierre chérissait tendrement saint Marc et sainte Pétronille, comme saint Paul faisait son Timothée et sainte Thècle. Saint Grégoire Nazianzène se vante cent fois de l’amitié nonpareille qu’il eut avec le grand saint Basile, et la décrit en cette sorte : « Il semblait qu’en l’un et l’autre de nous, il n’y eût qu’une seule âme portant deux corps. Que s’il ne faut pas croire ceux qui disent que toutes choses sont en toutes choses, si nous faut-il pourtant ajouter foi que nous étions tous deux en l’un de nous, et l’un en l’autre; une seule prétention avions-nous tous deux, de cultiver la vertu et accommoder les desseins de notre vie aux espérances futures, sortant ainsi hors de la terre mortelle avant que d’y mourir. » Saint Augustin témoigne que saint Ambroise aimait uniquement sainte Monique pour les rares vertus qu’il voyait en elle, et qu’elle réciproquement le chérissait comme un ange de Dieu.

Mais j’ai tort de vous amuser en chose si claire. Saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire, saint Bernard et tous les plus grands serviteurs de Dieu ont eu de très particulières amitiés, sans intérêt de leur perfection. Saint Paul reprochant le détraquement des Gentils, les accuse d’avoir été gens sans affection, c’est-à-dire qui n’avaient aucune amitié. Et saint Thomas, comme tous les bons philosophes, confesse que l’amitié est une vertu: or, il parle de l’amitié particulière, puisque, comme il dit, la parfaite amitié ne peut s’étendre à beaucoup de personnes. La perfection donc ne consiste pas à n’avoir point d’amitié, mais à n’en avoir que de bonne, de sainte et sacrée.

(Texte repris de "Introduction a la vie dévote" de Saint François de Sales)